Tribune de Genève, 4 mars 2008

 
Dès juillet, il faudra sortir pour fumer
 
 
Le peuple Genevois a accepté à 79,2% l'initiative "Fumée passive et santé". Dès le 1er juillet la fumée sera interdite dans tous les lieux publics. Nous avons rencontré Jean Barth, membre du comité d'initiative.

par MARC BRETTON 

L'interdiction de fumer dans les lieux publics fermés entrera en vigueur le 1er juillet avec une loi qui devrait lui ressembler comme deux gouttes d'eau. Le Conseil d'Etat a adopté hier le règlement élaboré dans la foulée de l'initiative acceptée par les Genevois il y a une semaine.

Amendes salées

Le règlement détermine combien coûteront les infractions. Les fumeurs devront s'acquitter d'une «douloureuse» de 100 à 1000 francs; le montant exact variera en fonction de la récidive. De leur côté, les patrons complaisants pourront recevoir une «prune» de 100 à 10 000 francs. De quoi se souvenir de l'événement!

Comment expliquer les fourchettes d'amendes prévues? Il s'agit de donner à l'administration une possibilité d'appréciation: «Fixer des montants trop faibles revenait à encourager l'arrogance de ceux qui sont prêts à jeter des billets sur la table pour que les propriétaires les laissent tranquilles», relève le président du Conseil d'Etat Laurent Moutinot. Selon le ministre socialiste, il faut en outre que l'amende soit dissuasive pour éviter que certains tenanciers fassent de la résistance. Du coup, les montants articulés le 24 février, soit entre 100 et 200 francs, ont explosé. «En choisissant des montants différents, l'autorité manifeste toutefois une grande mansuétude envers les fumeurs qui sont des malades et se montre plus dur avec ceux chargés de faire respecter le cadre», constate Laurent -Moutinot, lui-même fumeur de pipe.

Pas de chasse au contrevenant

Laurent Moutinot ne veut pas faire peur: «Au premier juillet, le règlement sera appliqué, mais la chasse aux contrevenants ne deviendra pas la priorité absolue des forces de l'ordre.»

Au fait, un client qui fumerait des cigarettes indiennes, les fameuses beedies, qui ne contiennent presque pas de tabac, sera-t-il aussi amendé? «Même les fumeurs d'épinards séchés sont concernés par la loi», souligne le magistrat socialiste, décidément très en forme après un repas officiel avec le Bureau du Grand Conseil.

Très apaisant, le chancelier Robert Hensler pronostique une entrée en vigueur en douceur de l'interdiction de la fumée: «Depuis le 1er janvier, l'Etat interdit la fumée et tout s'est passé à merveille», dit-il. «Depuis janvier, David Hiler et moi-même n'avons pas fumé une seule fois dans les locaux de l'Etat», avance Laurent Moutinot. C'est dire. On verra si les adolescents se montreront aussi disciplinés que les élus.


Contrôleurs variés


Voici comment se distribueront les tâches. La Direction générale de la santé inspectera et fera inspecter les établissements publics.

La police, les agents municipaux et le personnel de l'Office du commerce infligeront les amendes. Celles-ci seront transmises au service des contraventions.

Enfin, les amendes pourront être contestées devant le Tribunal de police, signale Corina Wieland-Karsegard, juriste au Département de l'économie et de la santé.

Les exceptions

La loi prévoit des exceptions. Ainsi, on pourra fumer dans les chambres d'hôpitaux et autres lieux de soin, les chambres d'hôtels et les cellules. Les tabacs pourront disposer d'un fumoir, comme d'ailleurs l'Aéroport. D'autre part, il sera possible de fumer dans certains établissements à caractère privé comme les cantines, les cercles (lire ci-dessous), les pensions et,paradoxalement, les clubs sportifs. 

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