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Aides et conseils pour arrêter de fumer

La Juul : une e-cigarette dangereuse pour les jeunes ?

La cigarette électronique Juul connaît un franc succès, notamment chez les jeunes aux USA. Cet engouement a récemment entraîné une réaction virulente de la FDA. Ce type de cigarette électronique fortement dosée en nicotine est accusée de pouvoir entraîner une addiction à la nicotine, laquelle fait craindre entre autres risques la possibilité d’une passerelle vers les cigarettes traditionnelles.

La Juul, qu’est-ce que c’est ?

La Juul est une cigarette électronique commercialisée par Pax Labs, une société américaine. C’est un modèle dit Electronic Nicotine Delivery System ou ENDS qui contient de la nicotine. La Juul ressemble à une clé USB et est rechargeable sur ordinateur. On y insère des recharges de nicotine (pods) et on aspire comme sur une cigarette traditionnelle. Ces recharges de nicotine sont très riches en nicotine : elles peuvent contenir jusqu’à 59 mg par ml de nicotine aux USA, soit l’équivalent d’un paquet de cigarettes traditionnelles, sous la forme de sels de nicotine. « Les sels de nicotine sont la forme naturelle sous laquelle la nicotine est présente dans le plant de tabac. C’est une nicotine avec un pH plus bas (plus acide) ce qui lui confère des propriétés moins irritantes » explique Jacques Le Houezec, scientifique et tabacologue spécialiste de la nicotine. Ce pH relativement bas facilite son inhalation, « ce qui est parfait pour aider les fumeurs qui ont de gros problèmes d’inhalation au départ (ceux qui ont une BPCO ou une gorge très irritée par exemple) et n’arrivent pas à obtenir le bon taux de nicotine » informe Jacques Le Houezec. Ainsi, les sels de nicotine offrent un apport de nicotine (vitesse et quantité) proche de l’apport des cigarettes traditionnelles, ce qui permet de procurer aux vapoteurs une substitution plus efficace. Les concentrations de nicotine dans le sang mesurées après une bouffée de vapeur de la Juul sont semblables à celles atteintes avec une cigarette traditionnelle, et au-dessus des concentrations de nicotine après une bouffée de vapeur d’autres cigarettes électroniques. « Mieux vaut un fort taux de nicotine et moins de vapeur que le contraire. Mieux vaut réduire la quantité inhalée de vapeur » estime ce spécialiste de la nicotine.

Les pods de la Juul présentent de nombreuses saveurs aromatiques, attractives, le plus souvent au goût fruité : on y trouve ainsi des recharges au goût de concombre, vanille, crème brûlée ou encore mangue... Des goûts qui sont accusés de plaire aux plus jeunes... « Ces goûts plaisent aux fumeurs qui arrêtent les cigarettes. Ces arômes sont un moteur pour arrêter de fumer » nuance Jacques Le Houezec.

Cigarettes électroniques et addiction à la nicotine : ce que l’on sait

La FDA met en avant le pouvoir addictogène de la nicotine dans les cigarettes électroniques fortement dosées en nicotine. « Ce système est pourtant bien moins addictogène que les cigarettes et les personnes qui passent à la vape ont une diminution de la dépendance à la nicotine » estime Jacques Le Houezec. « La nicotine est addictive lorsqu'elle est fumée, beaucoup moins avec les formes non combustibles».  Si l’on regarde les études et expériences récentes, que voit-on ?

L’expérience du SNUS en Suède montre que la consommation d’autres produits que le tabac fumé peut entraîner une addiction et entraîner une consommation mixte ou vers le tabac fumé, même si elle permet aussi a contrario l’arrêt des cigarettes chez des fumeurs.

La Juul, un succès, y compris chez les jeunes ?

Disponible depuis juin 2015 aux Etats-Unis, Juul y a fait un tabac. C’est la cigarette électronique la plus vendue à tous les âges, représentant 72,9% du marché (Nielsen data-Septembre 2018) «  Cela ne représente que ce qui est vendu par les canaux des « dépanneurs », pas la vape vendue dans les boutiques de vape, donc ce pourcentage est sur-évalué » précise Jacques Le Houezec.  Le boom de cette cigarette électronique a d’ailleurs donné lieu aux Etats-Unis à l’invention d’un nom désignant les vapoteurs de la Juul, les Juuleurs. Les détracteurs de la Juul mettent en avant le fait que la Juul est adoptée par de plus en plus d’adolescents et de jeunes adultes. Celle-ci leur permet de vapoter discrètement dans les établissements scolaires. Une étude américaine de 2017 rapporte que 8% des adolescents et jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans ont déclaré avoir utilisé la Juuul le mois précédant l’étude. (1) Des chiffres à prendre avec précaution estime Jacques Le Houezec: « Ces chiffres ne sont pas ceux des jeunes qui utilisent régulièrement la Juul. Ils comprennent aussi ceux qui l’ont juste expérimentée une fois. » « On parle de 0,2-0,3% des adolescents non-fumeurs qui vapent. A l’échelle des USA, cela paraît énorme mais c’est un phénomène marginal ». A noter que la FDA n’a pas encore publié de chiffres sur le nombre d’adolescents utilisant la Juul.

Pour cet expert, la Juul chez les jeunes est un phénomène de mode qui va s’éroder.

Juul est aussi commercialisée au Royaume-Uni, au Canada et en Israël. En Europe, le dosage est limité à 20 mg/ml. Le Japon et l’Australie la commercialisent seulement dans un cadre médical.

La Juul n’est pas un phénomène unique en matière d’attrait pour les jeunes. En règle générale, le vapotage chez les jeunes est en hausse. Deux études polonaises récentes ont conclu qu’il y avait une importante augmentation de consommation de cigarettes électroniques chez les jeunes de 15 à 19 ans. (2) Une étude américaine est arrivée à la même conclusion : entre 2011 et 2013, le nombre de vapoteurs à triplé chez les élèves du secondaire.(3)

La Juul, un marketing qui cible les jeunes ?

Des études très récentes se sont intéressées au marketing de la Juul. Elles en ont conclu que la croissance des ventes de cette cigarette électronique avait été accompagnée par des campagnes de marketing de grande envergure menées par Juul et ses distributeurs affiliés sur Twitter, Facebook, YouTube mais aussi sur Instagram et Snapchat. (4) Des médias sociaux fortement fréquentés par les adolescents et les jeunes adultes. Cependant, l’entreprise se défend de cibler les jeunes et rappelle régulièrement qu’elle vise les fumeurs souhaitant cesser le tabac. « Là-encore, c’est un problème très américain: en Europe, la vente de cigarettes électroniques est interdite aux mineurs et la publicité interdite » estime Jacques Le Houezec.

La Juul, une porte d’entrée dans la cigarette ?

Face au succès de cette cigarette électronique, les autorités sanitaires et les experts s’alarment : peut-elle inciter les jeunes à fumer des cigarettes traditionnelles ? La crainte : que les jeunes deviennent dépendants à la nicotine sans fumée, potentielle passerelle vers la consommation de tabac fumé. Une étude très récente qui s’est intéressée aux posts sur Twitter consacrés à la Juul ont relevé que très peu d’utilisateurs de Twitter évoquaient un sevrage tabagique avec l’aide de la Juul et le fait d’arrêter de fumer. (5) Cependant, les professionnels soulignent que le tabagisme traditionnel est en déclin constant. Des chiffres récents sont édifiants : la proportion d’adolescents américains qui ont fumé dans les derniers 30 jours est passée de 28,3 % en 1996 à 5,9 % en 2016. Rien n’indique donc que les cigarettes électroniques poussent les jeunes vers le tabac. « On peut penser que les jeunes qui se mettent à vapoter seraient ceux qui auraient commencé à fumer sans cela » souligne Jacques le Houeze qui estime que le « tabagisme diminuerait sûrement moins vite sans la vape ». Pour cet expert, même si beaucoup de non-fumeurs se mettaient à vaper, le gain sanitaire des fumeurs arrêtant les cigarettes serait toujours positif. Et en ce qui concerne les jeunes de citer une remarque faite un jour par le Dr Anne Borgne, tabacologue « Même si la vape conduisait les jeunes au tabac, cela reculerait déjà l’âge de l’entrée des jeunes dans le tabagisme ». Plus les jeunes commencent tôt à fumer des cigarettes et plus ils deviennent dépendants rapidement.

Deux rapports de 2018 sur les conséquences sanitaires de la cigarette électronique nous éclairent sur l’hypothèse de l’effet passerelle. Aucun ne montre un effet passerelle entre cigarettes électroniques et cigarettes. Le rapport du comité de l’Académie nationale des sciences, de l’ingénierie et de la médecine (NASEM) intitulé Public Health Consequences of E-Cigarettes a conclu que l’usage de cigarettes électroniques pourrait certes accroître la possibilité que les adolescents essaient des cigarettes traditionnelles mais que rien ne prouve qu’ils deviendront pour autant à long terme des fumeurs réguliers. (6) Le rapport Public Health England report (PHE) a conclu que les non-fumeurs qui essaient la cigarette électronique sont plus susceptibles d’essayer de fumer des cigarettes traditionnelles que les personnes n’ayant jamais essayé la cigarette électronique. Cependant, aucun lien de causalité n’a pas être établi et là-encore il n’y a pas de preuve de progression vers le tabagisme régulier. (7) Le rapport du UK Royal College of Physicians (RCP) avait conclu en 2016 qu’il n’y avait pas de preuve de passerelle entre cigarette électronique et cigarettes et que l’association entre consommation de cigarettes électroniques et de tabac s’expliquerait plutôt par des facteurs de risque communs qui causent à la fois l’entrée dans le tabagisme et dans la vape (common liability). (8) Cette théorie des facteurs de risque communs entend que les jeunes s’initient à la cigarette électronique pour les mêmes raisons qu’ils s’initient au tabac. Ces facteurs communs d’initiation à la nicotine comprennent : vulnérabilité génétique, traits de personnalité, maladies psychiatriques, troubles du comportement, présence de fumeurs dans leur entourage, influence des camarades, ...

Cigarette électronique avec nicotine : un danger sanitaire pour les jeunes ?

Outre le fait que la nicotine des cigarettes électroniques pourrait, mais cela n’est pas prouvé, mener les jeunes aux cigarettes traditionnelles, les inquiétudes se cristallisent aussi sur les aspects sanitaires de la nicotine. La nicotine est ainsi soupçonnée d’altérer le développement cérébral chez l’adolescent, entraîner une diminution de l’attention, une augmentation de l’impulsivité, une hausse de l’anxiété. (11) Enfin, la nicotine prise à l’adolescence pourrait entraîner un état dépressif à l’âge adulte, corrigée par des antidépresseurs ou par la nicotine. (12) Mais ces hypothèses sont discutées car ces effets n’ont été montrés que chez des animaux et chez des humains qui avaient commencé à fumer des cigarettes très jeunes. (13) Pour Jacques Le Houezec, « la nicotine en soi n’est pas dangereuse. Elle a juste une action psycho-stimulante. »

Des récents rapports sur les effets sanitaires de la cigarette électronique n’ont pas révélé de risque clairement démontré lié à l’usage de la nicotine.

Le rapport PHE 2018 conclut que plus d’études sur l’usage de la nicotine par les adolescents sont nécessaires. (14) Le RCP 2016 conclut lui que l’exposition à la nicotine pendant l’adolescence a un impact sur le développement cognitif dans des études chez l’animal mais que la pertinence de ces résultats est incertaine en ce qui concerne le développement du cerveau humain. Autre conclusion de ce rapport: le tabagisme à l’adolescence est liée à des déficits cognitifs et des troubles de l’attention mais il difficile d’exclure les effets des facteurs de confusion et de distinguer l’effet de la nicotine indépendamment des autres substances présentes dans la fumée. (16)

Pas de Juul ou e-cigarette équivalente pour les jeunes ?

Le 24 avril 2018, la Food and Drug Administration aux USA a annoncé plusieurs mesures dans le cadre d’un nouveau plan de prévention du tabagisme chez les jeunes visant à mettre un terme à l’accès et à l’utilisation de la Juul ainsi qu’à d’autres cigarettes électroniques aux jeunes. Ils ont demandé aux fabricants de certaines cigarettes électroniques, dont Juul, mais aussi Markten, Blu, Logic et Vuse de faire en sorte de diminuer les ventes de leurs produits auprès des jeunes et d’éliminer les saveurs qui les attirent.

Leur argumentaire ? Le cerveau en développement des jeunes est plus particulièrement à risque de développer une addiction. Rappelons qu’aux États-Unis, la vente de cigarettes électroniques est interdite aux mineurs (mais pas la commercialisation en ligne). En réponse à ces attaques, Juul a cessé ses campagnes de marketing sur les réseaux sociaux et a interdit la vente de ses produits en ligne aux personnes de moins de 21 ans. La FDA entend interdire les ventes de cigarettes électroniques en ligne et chez les dépanneurs, pour la limiter aux magasins de vape. Elle menace d’interdire complètement les cigarettes électroniques avec de la nicotine si les jeunes continuent à être de gros consommateurs. « Ce sont les fumeurs qui pâtissent de tout cela » estime Jacques Le Houezec.

L’idéal serait de ne pas priver les fumeurs de l’accès à un produit efficace pour se sevrer du tabac et de protéger les jeunes de la consommation d’un produit dont on ignore encore les conséquences à long terme. Il conviendrait aussi de réfléchir à la réduction des risques chez les adolescents. Est-ce que la réduction des risques ne doit concerner que les adultes ? Si l’on interdit la consommation de e-cigarettes aux jeunes, ils seront privés de produits concurrents à la cigarette et moins dangereux qu’elle, et ceux qui veulent consommer de la nicotine seraient contraints de la consommer sous sa forme la plus toxique : la combustion.

(Auteure :A-S Glover-Bondeau)

 

Références :

Sources :

  1. Willett JG, Bennett M, Hair EC, et al.Recognition, use and perceptions of Juul among youth and young adults. Tob Control 2018:tobacco control-2018-054273.
  2. Goniewicz ML, et al. Rise in electronic cigarette use among adolescents in Poland. J Adolesc Health, 2014 ; 55 : 713-715.
  3. Bunnell RE, et al. Intentions to smoke cigarettes among never-smoking US middle and high school electronic cigarette users : National Youth Tobacco Survey, 2011-2013 in Nicotine & Tobacco Research, février 2015 ; 17 (2) : 228-35.
  4. Huang J, et al. Vaping versus JUULing: how the extraordinary growth and marketing of JUUL transformed the US retail e-cigarette market. Tob Control. 2018.
  5. Allem JP, et al. Characterizing JUUL-related posts on Twitter. Drug Alcohol Depend. 2018.
  6. Coleman BN, et al. Association between electronic cigarette use and openness to cigarette smoking among US young adults inNicotine & Tobacco Research, février 2015 ; 17 (2) : 212-8.
  7. Leventhal AM, et al. Association of Electronic Cigarette Use With Initiation of Combustible Tobacco Product Smoking in Early Adolescence in JAMA, août 2015 ; 314 (7) : 700-7.
  8. Wills TA, et al. Longitudinal study of e-cigarette use and onset of cigarette smoking among high school students in Hawaii in Tobacco Control 2016 ; 0 : 1-6.
  9. Kristjansson AL, Mann MJ, Sigfusdottir ID. Licit and Illicit Substance Use by Adolescent E-Cigarette Users Compared with Conventional Cigarette Smokers, Dual Users, and Nonusers in J Adolesc Health, septembre 2015, pii : S1054- 139X (15) 00294-3.
  10. Dautzenberg B, et al. The e-cigarette disrupts other consumptions in Parisian teenagers (2012-2014) in Revue des Maladies Respiratoires, juillet 2015 ; pii : S0761-8425 (15) 00230-2.
  11. Centers for DiseaseControl (CDC)
  12. Iñiguez SD, et al. Nicotine exposure during adolescence induces a depression-like state in adulthood in Neuropsychopharmacology, mai 2009 ; 34 (6) : 1609-24.
  13. Michael Siegel E-Cigarette Opponent Claims that E-Cigarettes are Causing Permanent Brain Damage among Youth Experimenters. Vapor news.com Tuesday, May 05, 2015
  14. http://erj.ersjournals.com/content/51/5/1800278


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