Tabac chauffé et tabagisme passif?

Les produits de tabac chauffé se multiplient, dans le cadre du développement de produits dits à risque réduit. Ces nouveaux produits du tabac sont-ils vraiment moins dangereux pour l'entourage ? Le point sur les connaissances actuelles. 

Tabagisme passif : les dangers de la fumée secondaire des cigarettes classiques

La fumée du tabac qui s'échappe latéralement de la cigarette (courant secondaire) a une composition différente de la fumée de cigarette inhalée par les fumeurs. La composition de la fumée du tabac du courant secondaire de la cigarette est plus riche en monoxyde de carbone, oxyde d'azote, goudrons, benzène… que celle qu'inhale le fumeur avec le courant primaire de la cigarette.

Les risques liés à l'exposition au tabagisme passif sont aujourd'hui bien connus.

L'exposition  passive à la fumée du tabac provoque une augmentation du risque d’infections respiratoires basses de l’enfant, d’otites récidivantes de l’enfant, de crise d’asthme et de râles sibilants chez l’enfant, de retard de croissance intra-utérin et petit poids de naissance, de mort subite du nourrisson (risque doublé), d’accidents coronariens (+ 25 %), et de cancer du poumon (+ 26 %).

Tabac chauffé enceinte

Il est donc important de savoir si les produits de tabac chauffé représentent un risque en ce qui concerne le tabagisme passif.

Tabac chauffé : un danger (même moindre) pour les fumeurs passifs?

L’aérosol de tabac produit par iQOS contient-il des produits polluant l'air des non-fumeurs ? Une étude est menée par le gouvernement suisse sous l'égide de l'Institut de Santé au travail afin d'évaluer la potentielle nocivité de ces émanations. Des études similaires sont menées également au Japon afin de savoir si les cigarettes Heat not burn (HNB) doivent être interdites dans les lieux publics.

Les données sur cette question sont rares à l'heure actuelle. Une étude réalisée par Philip Morris International (PMI) sur l'impact de l'IQOS sur la qualité de l'air a été réalisée en 2016. (1) Sa conclusion ? Leur dispositif n'a pas d'impact sur la qualité de l'air. Seules les concentrations en nicotine et en acétaldéhyde étaient augmentées mais de façon bien inférieure à celles engendrées par une cigarette traditionnelle. Pour le cigarettier, IQOS n'est pas une source de tabagisme passif.

Une étude a conclu que la quantité de particules ultrafines libérées par les cigarettes traditionnelles et qui se déposent dans le tractus respiratoire étaient 4 fois plus élevée que celle délivrée par un produit de tabac chauffé, l'IQOS. (2)

Les particules ultrafines délivrées par le courant secondaire des cigarettes traditionnelles persistent dans l'air beaucoup plus longtemps après la fin de l'utilisation que celles délivrées par des dispositifs chauffant le tabac sans le brûler. Voici des points plutôt positifs.

Mais, pour tous les produits étudiés dans cette étude, la moitié des particules parvenant au système respiratoire étaient si petites qu'elles pouvaient parvenir jusqu'aux alvéoles pulmonaires. Une heure dans un espace clos avec une personne fumant une cigarette traditionnelle, une cigarette roulée, une e-cigarette et l'IQOS correspondrait à respectivement 49, 32, 12 et 10 mn passées dans un trafic routier dense en termes d'exposition aux particules ultrafines. Relevons cependant que cette étude ne portait sur la densité des particules, non leur composition. Or le risque pour la santé dépend de la composition chimique de ces particules.

Imperial Tobacco a annoncé avoir détecté des traces de composés organiques volatils (COV) dans l’aérosol secondaire d'IQOS. Mais comme c'est un concurrent de Philip Morris, il faudrait d'autres études pour être certain de ce phénomène et aussi pour apprécier le risque lié à des traces de COV, dont certains sont cancérogènes.

Il semblerait donc que les produits de tabac chauffé mais non brûlé (Heat not Burn) pourraient exposer l'entourage des fumeurs aux particules ultrafines dont beaucoup pénètrent dans les alvéoles respiratoires. Ces données préliminaires doivent bien sûr être confirmées par des études portant sur plus de produits. Quant aux cigarettes électroniques (qui vaporisent un liquide et ne contiennent pas de tabac), deux récentes études ont conclu que l'inhalation passive d'aérosols de e-cigarettes constituait une source de contamination de l'air en ce qui concerne les particules, notamment fines et ultrafines, certains métaux lourds, les COV et la nicotine. (3)

Auteur: Anne-Sophie Glover-Bondeau (oct.2017)

Références:

(1) Maurice R.Smith, Manuel C.Peitsch, Evaluation of the Tobacco Heating System 2.2. Part 1: Description of the system and the scientific assessment program, Regulatory Toxicology and Pharmacology, Volume 81, Supplement 2, 30 November 2016, Pages S17-S26

(2) Protano C, et al., Second-hand smoke exposure generated by new electronic devices (IQOS® and e-cigs) and traditional cigarettes: submicron particle behaviour in human respiratory system. Ann Ig. 2016 Mar-Apr;28(2):109-12

(3) Hess I, Lachireddy K, Capon A. A systematic review of the health risks from passive exposure to electronic cigarette vapour. Public Health Research & Practice. 2016.

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