Tribune de Genève, 4 février 2008

 
Deux Genevois sur trois prêts à interdire la fumée
(publié avec l'autorisation de la Tribune de Genève)
 

 

❚ Une étude réalisée sur dix ans montre que l’idée d’une interdiction de fumer a progressivement gagné les Genevois.

❚ Durant la même période, les fumeurs ont modifié leurs habitudes, sans pour autant abandonner la cigarette.

par ANNE-MURIEL BROUET

 


Alors que la campagne sur l’exposition passive à la fumée fait rage, le doute existe-t-il encore? Le 24 février prochain, les Genevois accepteront vraisemblablement d’interdire la fumée dans les lieux publics, cafés et restaurants inclus. C’est du moins ce que révèle une vaste enquête réalisée par l’Institut de médecine sociale et préventive sur l’évolution de la consommation de tabac et d’alcool entre 1996 et 2006.

Deux tiers des personnes interrogées, un échantillon représentatif de 1487 personnes en 2006, estiment qu’il faudrait interdire de fumer dans les restaurants. Une majorité, 54%, se dessine aussi lorsqu il s’agit des bars et des cafés. Les fumeurs sont, bien entendu, moins enthousiastes, 40% dans le premier cas et 25% dans le second.

Ces chiffres étaient inimaginables il y a seulement dix ans. En 1996, les enquêteurs n’avaient même pas osé le terme «interdiction». Ils avaient demandé aux participants quelle proportion de tables, dans les restaurants – même pas les bars et les cafés – il convenait de réserver aux non-fumeurs. A peine 15% avaient alors estimé que l’entier de la clientèle devait pouvoir prendre son repas sans être enfumé. Près de 29% mentionnaient les deux tiers de la salle.

Dix ans plus tard, à la même question, 41% des personnes interrogées demandent à manger dans de l’air pur; 25% acceptent, si l’option existe, qu’un tiers des tables soit réservé aux fumeurs. C’est là que se retrouvent vraisemblablement les deux tiers des personnes en faveur de l’interdiction totale, fumeurs et non fumeurs confondus (voir infographie).

«Le nombre de messages antitabac a augmenté dans les médias, leur contenu n’est plus le même et l’opinion publique est beaucoup plus favorable à une interdiction», résume Jean- François Etter, chercheur à l’Institut de médecine sociale et préventive, qui a mené l’étude.

Enthousiasme modéré

Si l’évolution est remarquable, l’enthousiasme des Genevois reste modéré. «Au Tessin, 80% de la population a approuvé l’interdiction», rappelle le chercheur. Et de préciser que ce genre d’enquête «n’est pas complètement représentatif car elle oublie le quart le moins éduqué de la population, qui ne répond pas à ce genre de questionnaire ».

Succès sans loi

N’empêche, un autre mérite de ce travail est de mesurer l’exposition des Genevois à la fumée passive, l’objectif de l’initiative populaire du 24 février étant de protéger les non-fumeurs. En dix ans, le nombre d’heures d’exposition à la fumée passive a diminué drastiquement. Ainsi, entre 1996 et 2006, pour une personne âgée de 26 à 35 ans, il est passé de huit à cinq heures par semaine. Entre 36 et 45 ans, il a chuté de sept heures et demie à trois heures.

Les personnes à faible revenu et bas niveau d’éducation restent les plus exposées en  2006: sept heures hebdomadaires pour un revenu annuel du ménage inférieur à 40 000 francs, contre trois heures quand il atteint 80 000 francs et plus. En 1996, ces chiffres étaient respectivement de dix et cinq heures.

Ce succès est essentiellement dû à l’interdiction croissante de fumer sur le lieu de travail, la proportion des lieux interdits ayant plus que doublé en dix ans. Sans aucune législation. En faut-il donc une? «Oui, assure Jean-François Etter. Il reste encore beaucoup de personnes qui sont exposées. La question est loin d’être réglée pour l’instant.»

 

Toujours autant de fumeurs

Si, en dix ans, l’opinion publique a fait volte-face concernant l’interdiction du tabac, les fumeurs ont eux aussi modifié leur habitude… sans pour autant l’abandonner. La proportion de fumeurs reste sensiblement identique, autour de 27%, de même que l’âge de la première cigarette, 17 ans.

Toutefois, la structure de la population de fumeurs s’est modifiée. Aujourd’hui, les fumeuses sont aussi nombreuses que les fumeurs, alors que l’écart était de 10 points en 1996 en faveur des hommes. Ils fument jeunes: 42% des 18-25 an  et 31% des 26-35 ans. En 1996, la tranche la plus touchée était les 26-35 ans avec une proportion de 38%, contre 31% en 2006.

Les fumeurs quotidiens fument un peu moins: une moyenne de 13 cigarettes par jour, contre 15 dix ans plus tôt. Cette diminution est surtout significative chez les personnes à haut revenu et haut niveau d’éducation. L’écart entre catégories sociales s’est creusé: les personnes les moins éduquées et les moins riches sont plus nombreuses à fumer en 2006. Quant au type de cigarettes, 34% fument des «légères», 28% des «mild», 22% des normales.

En outre, le moins grand nombre de cigarettes ne s’accompagne pas d’une diminution du degré de dépendance, ce qui laisse supposer que la réduction du nombre de clopes est compensée par un fumage plus intensif des cigarettes restantes.

N’empêche, 46% des fumeurs sont persuadés qu’ils peuvent facilement arrêter (34% en 1996). L’âge moyen de l’arrêt du tabac reste stable, vers 32 ans. Enfin, alors que le tabagisme est une des principales causes de mortalité en Suisse, les fumeurs sont soucieux de leur santé: 85% des fumeurs estiment qu’il faudrait interdire les additifs chimiques dans les cigarettes. (amb)

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