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Aides et conseils pour arrêter de fumer

Tabagisme: il favoriserait les troubles psychiatriques

On sait que les personnes ayant des troubles psychiatriques tels que la schizophrénie ont beaucoup plus de risque d'être fumeurs que le reste de la population. Une méta-analyse épidémiologique très récente suggère que le tabagisme pourrait accroître le risque de survenue de troubles psychiatriques.

Troubles psychiatriques: associés à une forte consommation de tabac

La littérature a depuis longtemps fait le lien entre troubles mentaux et consommation de tabac, notamment entre tabagisme et schizophrénie (1). Les personnes atteintes de troubles mentaux fument presque 2 fois plus que les autres individus. Une étude américaine de prévalence a montré que 41% des personnes souffrant de troubles mentaux et 38,4% de celles ayant présenté un trouble psychiatrique fumaient contre 22,5% de la population générale (2).

La fréquence du tabagisme chez les individus souffrant de schizophrénie varie de 64 à 93% selon les études et les pays (on retrouve 2 à 3 fois plus de fumeurs en moyenne chez les schizophrènes que dans la population générale). Les personnes dépressives elles fument en moyenne 50% plus que la population générale.

Leur consommation de tabac est importante le plus souvent chez les personnes atteintes de troubles psychiatriques, notamment chez les schizophrènes, la dépendance à la nicotine plus sévère et plus précoce. Les raisons de cette association ne sont pas claires. L'hypothèse la plus courante est celle de l'automédication: fumer permettrait de lutter contre les manifestations cliniques de la maladie, les déficits cognitifs, les effets secondaires des traitements neuroleptiques (3). Différents mécanismes neurochimiques expliqueraient cette automédication. La nicotine stimule en effet la production de dopamine, alors qu'il existe un déséquilibre dopaminergique chez les schizophrènes. On observe chez ces patients une hypodopaminergie corticale au niveau frontal, qui contribue à la symptomatologie négative (manque de motivation, retrait social, déficit intellectuel). D’autre part, les neuroleptiques prescrits à ces patients ont des effets bloqueurs dopaminergiques (4). La nicotine corrige également des anomalies neurophysiologiques comme les déficits de filtrage sensoriel, cela grâce à la stimulation du récepteur nicotinique alpha-7 (5). En outre, l'activation des récepteurs cholinergiques nicotiniques a d'autres effets sur d'autres neurotransmetteurs: la sérotonine, la norépinéphrine, les bêta-endorphines... (6). Les personnes atteintes de troubles psychiatriques pourraient aussi fumer pour lutter contre l'ennui et l'isolement (rôle de l'environnement) (7).

Cependant, une méta-analyse de 2012 montre que les patients présentant un premier épisode de psychose ont fumé pendant plusieurs années (5 ans en moyenne) avant l'apparition de la psychose, que la prévalence tabagique est de 59% chez les personnes traitées pour un premier épisode de psychose et que la proportion d'utilisateurs de tabac change peu au fil du temps (8). Les auteurs en ont déduit qu'il pourrait y avoir une vulnérabilité commune à la dépendance tabagique et à certains troubles psychiatriques.

Forts de ces informations, des chercheurs ont émis l'hypothèse que la consommation de tabac pourrait intervenir dans le développement de troubles psychiatriques, en association avec d'autres facteurs (génétiques et environnementaux).

Tabagisme: facteur possible d'augmentation du risque de troubles mentaux

Plusieurs études épidémiologiques ont montré une association entre tabagisme et certains troubles psychiatriques (dont la schizophrénie, la dépression, la dépendance aux substances psychoactives). Il apparaît que le tabagisme pourrait être un facteur de risque possible dans le développement de psychoses et de de dépression. Il a déjà été démontré que le cannabis favorisait la survenue de troubles psychotiques.

Une étude menée chez les adolescents a montré que la dépression survenait plus souvent chez des adolescents fumeurs (9). Une très récente méta-analyse épidémiologique (portant sur 61 études, incluant 14 555 fumeurs et 273 162 non-fumeurs) parue dans la revue Lancet Psychiatry a conclu que la consommation quotidienne de cigarettes est associée à un risque accru de psychoses, dont la schizophrénie, mais aussi à l'apparition plus précoce des troubles psychotiques. Les fumeurs quotidiens psychotiques ont développé leur psychose environ un an plus tôt que les non-fumeurs. En outre, un âge plus précoce de début de consommation du tabac est associé à un risque accru de psychose. Les auteurs ont également souligné que la prévalence tabagique des personnes présentant un premier épisode psychotique était trois fois plus élevée que dans le reste de la population (10).

D'autres travaux ont suggéré également que le tabagisme maternel pendant la grossesse pourrait être responsable de troubles psychiatriques à l'adolescence (11). Autant d'éléments qui amènent à reconsidérer les liens entre tabac et troubles mentaux.

Pourquoi le tabagisme serait-il facteur de troubles psychiatriques?

Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer l'association entre tabagisme et troubles mentaux, toutes en lien avec l'activité des composants du tabac sur les neurones modulateurs noradrénergiques, sérotoninergiques et dopaminergiques.

Première hypothèse: un certain nombre de maladies mentales, dont la dépression, sont liées à un dysfonctionnement des systèmes sérotoninergiques, or le tabac a des effets sur les systèmes sérotoninergiques (12). Ceci pourrait expliquer le lien entre tabagisme et troubles mentaux. L'action directe du tabac sur les troubles sérotoninergiques conduit à des anomalies qui pourraient vulnérabiliser ces systèmes et favoriser la survenue de troubles psychiatriques. Au cours de la période prénatale, l'action du tabac sur le cerveau en développement pourrait produire un trouble du développement des systèmes sérotoninergiques, ce qui entraînerait à l'âge adulte une vulnérabilité aux troubles psychiatriques. Des études menées chez l'animal ont montré que différents composés du tabac avaient un effet sur les neurones sérotoninergiques. (13) La nicotine et une autre substance, l'harmane inhibent les neurones sérotoninergiques. Autre hypothèse des chercheurs pour expliquer le lien entre tabac et troubles mentaux, notamment la schizophrénie: l'augmentation des taux de dopamine due à l'exposition à la nicotine (14). Plusieurs travaux ont émis l'hypothèse que les systèmes dopaminergiques sont impliqués de façon majeure dans la schizophrénie. En imagerie cérébrale, il a été démontré qu'il existe une hypersécrétion de dopamine au cours des états psychotiques aigus chez les schizophrènes (15).

La nicotine augmente également la libération et la synthèse de noradrénaline. La noradrénaline serait aussi impliquée dans les pathologies dépressives.

Le tabagisme ne serait bien sûr pas la seule cause du développement de schizophrénie- la récente méta-analyse souligne que l'effet du tabagisme reste modeste- ou de trouble psychiatrique et la preuve formelle reste de toute façon à faire. Il n'en reste pas moins que cela constitue une raison de plus de ne pas fumer et de réaliser de nouveaux travaux sur les liens biologiques entre tabac et psychoses.

Anne-Sophie Glover-Bondeau (septembre 2014)

Références scientifiques:

(1) De Leon J, Diaz FJ. A meta-analysis of worldwide studies demonstrates an association between schizophrenia and tobacco smoking behaviors. Schizophr Res 2005; 76: 135–57.
(2) Lasser K et al. (2000). Smoking and mental illness: a population-based prevalence study. Journal of the American Medical Association, 284: 2606-2610.
(3) Kumari V, Postma P. Nicotine use in schizophrenia: the self medication hypotheses. Neurosci Biobehav Rev 2005; 29: 1021–34.
(4)Dalack GW1, Healy DJ, Meador-Woodruff JH Nicotine dependence in schizophrenia: clinical phenomena and laboratory findings. Am J Psychiatry. 1998 Nov;155(11):1490-501.
(5)Freedman, R., Adams, C. E. & Leonard, S. (2000). « The alpha-7 nicotinic acetylcholine receptor and the pathology of hippocampal interneurons in schizophrenia ». Journal of Chemical Neuroanatomy. 20 (3), p. 299-306.
(6) Zevin, S. & Benowitz, N. L. (2000). « Pharmacokinetics and pharmacodynamics of nicotine ». [In M. Piasecki & P. A. Newhouse (sous la direction): Nicotine in Psychiatry. Psychopathology and emerging therapeutics] Washington, DC : American Psychiatric Press, p. 37-58.
(7)Smith, G. L. (1996). « Schizophrenia, smoking and boredom ». American Journal of Psychiatry. 153 (4), p. 583-584.
(8) Myles N1, Newall HD, Curtis J, Nielssen O, Shiers D, Large M. Tobacco use before, at, and after first-episode psychosis: a systematic meta-analysis. J Clin Psychiatry. 2012 Apr;73(4):468-75. doi: 10.4088/JCP.11r07222.
(9) Goodman E, Capitman J (2000). Depressive symptoms and cigarette smoking among teens. Pediatrics, 106(4): 748-755.
(10) Pedro Gurillo, MD†, Dr Sameer Jauhar, MRCPsych†, Robin M Murray, FRS, James H MacCabe, FRCPsych, Does tobacco use cause psychosis? Systematic review and meta-analysis, The Lancet Psychiatry, Volume 2, No. 8, p718–725, August 2015
(11) Weissman MM, Warner V, Wickramaratne PJ, Kandel DB. Maternal smoking during pregnancy and psychopathology in offspring followed to adulthoodJ Am Acad Child Adolesc Psychiatry 1999;38:892-899
(12) Renaud de Beaurepaire, Effets du tabac sur les neurones sérotoninergiques, in Tabac-Comprendre la dépendance pour agir, Inserm
(13)TOUIKI et coll. Harmane inhibits serotoninergic raphe neuronsSoc Neurosci Abs,New-Orleans, 2003
(14) Brody AL, Olmstead RE, London ED, et al. Smoking-induced ventral striatum dopamine releaseAm J Psychiatry 2004; 161: 1211–18.
(15) in R de Beaurepaire, Neuropathologie, neuromédiateurs et tabac

Sources:

Renaud de Beaurepaire, Effets du tabac sur les neurons sérotoninergiques, in Tabac-Comprendre la dépendance pour agir, Inserm
Pedro Gurillo, MD†, Dr Sameer Jauhar, MRCPsych†, Robin M Murray, FRS, James H MacCabe, FRCPsych, Does tobacco use cause psychosis? Systematic review and meta-analysis, The Lancet Psychiatry, Volume 2, No. 8, p718–725, August 2015
De Leon J, Diaz FJ. A meta-analysis of worldwide studies demonstrates an association between schizophrenia and tobacco smoking behaviors. Schizophr Res 2005; 76: 135–57.
Batra A (2000). Tobacco use and smoking cessation in the psychiatric patient. Forschritte de Neurologie-Psychiatrie, 68: 80-92.
Myles N, Newall HD, Curtis J, Nielssen O, Shiers D, Large M. Tobacco use before, at, and after first-episode psychosis: a systematic meta-analysis. J Clin Psychiatry 2012; 73: 468–7
Weiser M, Reichenberg A, Grotto I, et al. Higher rates of cigarette smoking in male adolescents before the onset of schizophrenia: a historical- prospective cohort study. Am J Psychiatry. 2004;161(7):1219–1223. doi:10.176/api.aj

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