Arrêter de fumer
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Ce que l'on sait sur la cigarette électronique

Où en est la recherche? Il n'existe pas actuellement de données pertinentes évaluant l'impact des cigarettes électroniques sur la santé à court et à long terme. Par contre, plusieurs études se sont déjà penchées sur la e-cigarette. Voici le résumé d'études récentes:

1. Un produit en vogue

Une analyse sur les termes recherchés dans Google a montré que les requêtes liées aux cigarettes électroniques ont globalement augmenté dans tous les pays anglo-saxons depuis 2008, pour même dépasser celles liés aux médicaments d'aide à l'arrêt; par ailleurs, il semblerait que les e-cigarettes soient utilisées pour arrêter de fumer, du moins pour contourner les politiques restricives en matière de tabac, car il y a plus de recherches liées à ces produits dans les pays s'étant dotés de mesures coercitives contre le tabac - augmentation de taxes, interdictions, etc. - (Ayers et al., 2011).

Différents chiffres peuvent être articulés sur l'ampleur du phénomène, des données complémentaires sont attendues à l'échelle internationale et locale. Dans une étude sur les nouveaux produits du tabac, un centre de recherche et de prévention américain a trouvé que 1.8% de son échantillon (plus de 3000 américains contactés par téléphone) avait utilisé au moins une fois lacigarette électronique; ce taux montait à 6.6% parmi les fumeurs de l'échantillon (McMillen, Maduka, Winickoff, 2011).

En France, la e-cigarette a été essayée par 6 millions de personnes, essentiellement des fumeurs et 1 million de personnes l'utiliseraient régulièrement.

En 2014 on s’attend à ce que le marché de la cigarette électronique quadruple. Il est passé de 250 millions de dollars en 2011 à 500 millions de dollars en 2012.

Ces données confirment bien l'importance du phénomène et la nécessité de l'étudier!

2. Les substances délivrées par les cigarettes électroniques sont-elles celles annoncées par les fabriquants?

Au-delà du débat sur la nocivité des cigarettes électroniques, ces dernières contiennent-elles toujours les substances annoncées par les fabricants? Par exemple, certaines publicités déclarent que leur produit ne délivre pas de nicotine mais qu'en est-il vraiment?

Une étude (Hadwiger et al., 2010) suggère qu'il n'y a actuellement pas assez de contrôles de qualité et d'analyses sur les cigarettes électroniques. En effet, cette recherche a démontré par des techniques d'analyse chimique - la chromatographie - que des produits ne devant pas contenir de nicotine en contenaient quand même et que certaines cigarettes électroniques délivraient des dérivés de substances non annoncés initialement (de l'amino-tadafil à la place de tadafil et des oxydations de rimonabant à la place du rimonabant). L'administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments, Food and Drug Administration (FDA), est arrivée aux mêmes constatations dans son rapport paru en juillet 2009.

Cependant, une autre étude de mai 2013 a montré que la teneur en nicotine affichée sur les flacons des produits les plus vendus correspondait généralement bien à la valeur mesurée. (Etter JF, Zätter E, Svensson S, 2013).

Le manque de transparence des fabricants ainsi que la grande disparité dans les produits proposés et le manque de contrôle sur la qualité posent des problèmes majeurs pour la recherche: ces questions doivent être résolues pour statuer sur l'utilité et sur la dangerosité des E-cigarettes.

3. Les premières données sur la santé

Très peu de données existent et nous sommes loin de connaitre les effets à long terme d'une consommation chronique de cigarettes électroniques. Toutefois, des chercheurs se penchent déjà sur la question..

Une étude a conclu que la tension artérielle et la fonction cardiaque ne semblent pas perturbées par la e-cigarette (Farsalinos K et al, 2012). Cependant, une autre étude suggère le contraire : Vansickel and Eissenberg (2013) ont rapporté ainsi une hausse de la fréquence cardiaque et l’étude a rapporté qu’à la fois fumer et vapoter induisaient une hausse similaire de la fréquence cardiaque et du taux de nicotine dans le sang.

La e-cigarette a un effet modéré sur la fonction respiratoire. On a ainsi pu observer un léger rétrécissement du volume du calibre des bronches chez les fumeurs de cigarette électronique, mais bien moindre que chez les fumeurs de cigarettes. (Flouris AD, Chortis MS et al, 2013).

Nous ne connaissons pas les effets à long terme de l'usage de la cigarette électronique, en particulier nous ignorons si l'inhalation de propylène glycol, de glycérol ou d'arômes ajoutés ne présente pas de danger à long terme.  Toutefois, nous mettons donc en garde les utilisateurs même si ces effets restent inconnus au long terme et si la cigarette présente, de son côté, encore bien d'autres effets mortels avérés et est donc potentiellement plus dangereuse.

Une étude de cas clinique a mis en cause l'utilisation de la cigarette électronique dans l'apparition d'une forme rare de pneumonie (McCauley et al., 2012): une femme de 47 ans a été hospitalisée consécutivement à une période de toux grasse et de fièvre accompagnée par une difficulté respiratoire (dyspnée). La patiente avait commencé à utiliser la e-cigarette 7 mois auparavant, ce qui coïncide avec l'apparition des symptômes respiratoires. A noter qu'elle utilisait une cigarette électronique avec glycérine, substance obtenue à partir de graisses. Il lui a été demandé d'éviter d'utiliser à nouveau des cigarettes électroniques et son état se serait alors amélioré. Ce genre de publications ne constituent pas encore des preuves suffisantes contre les e-cigarettes mais permettent de s'interroger, à juste titre, sur leurs conséquences inattendues sur la santé.

4. La cigarette électronique, une aide possible à l'arrêt?

Même si des recherches plus rigoureuses et plus approfondies restent nécessaires, des données suggèrent que les e-cigarettes sont prometteuses dans l'aide à l'arrêt du tabagisme et qu'elles permettent aux utilisateurs de réduire leur consommation, voire d'arrêter; sur 222 participants à une étude en ligne, 31% sont devenus abstinents au tabac 6 mois après la première utilisation de cigarettes électroniques, 66.8% ont déclaré avoir diminué leur consommation, 48.8% ont arrêté complétement durant une période (Siegel et al., 2011).

Déjà, des études de cas ont postulé en faveur d'une certaine utilité de la cigarette électronique dans l'aide à l'arrêt. Retenons une étude de 3 cas menée en Italie qui conclut que la cigarette électronique est positivement perçue par des fumeurs à l'histoire tabagique lourde, ayant déjà rechuté à plusieurs reprises malgré leur prise en charge dans des consultations d'aide au sevrage: ces patients déclarent que la cigarette électronique leur est d'une grande aide, notamment, selon les auteurs, parce que ce moyen reprend une gestuelle similaire à celle de la cigarette (Caponnetto et al., 2011). Une étude auprès de 11 fumeurs au Canada (Darredeau et al., 2010) a également montré que les e-cigarettes diminuaient le besoin urgent de fumer, bien que les sujets aient utilisé peu de doses des cigarettes électroniques.

Une étude de Chris Bullen et al. (2013) de l'Université d'Auckland, publiée dans The Lancet, a montré que la cigarette électronique présentait une efficacité au minimum équivalente aux patchs pour l'arrêt du tabac et nettement supérieure aux patchs pour la réduction de la consommation de tabac. Un peu plus de la moitié de ceux qui ont testé l'e-cigarette ont réussi à diviser par deux ou plus leur consommation de tabac, alors que seulement 41% de ceux utilisant le patch sont parvenus à ce résultat.

4.1 Un distributeur de nicotine à tester cliniquement

D'une manière plus clinique, Eissenberg (2010) et Vansickel (2010) ont testé en laboratoire les effets ressentis et perçus de la cigarette électronique. Cette étude de taille modeste (N=32) pourrait servir de base à une investigation de plus grande envergure, dont le but serait d'évaluer cliniquement les effets des e-cigarettes et leur utilité dans la supression des symptômes de manque.

Les auteurs ont réuni participants n'ayant pas fumé depuis 12 heures au moins (vérification par mesure de monoxyde de carbone). Ces deriners ont été réparti en quatre groupes indépendants:

A) Ceux qui allaient fumer leur cigarette habituelle ; B) Ceux qui allaient "mimer" et utiliser leur cigarette habituelle sans l'allumer ; C) Ceux qui allaient utiliser la e-cigarette avec des cartouches de 16-mg de nicotine; D) Ceux qui allaient utiliser la e-cigarette avec des cartouches de 18-mg.

Après l'intervention, tous les participants sont évalués en aveugle avec différentes mesures objectives physiologiques (pulsations cardiaques, mesure de monoxyde de carbone et analyses sanguines de la concentration plasmatique en nicotine) et subjectives psychologiques (Questionnaire QSU-Brief sur le désir de fumer, échelles visuelles, etc.).

Les cigarettes de tabac causent une augmentation significative de la nicotine dans le plasma, de la concentration du monoxyde de carbone et des pulsations cardiaques dans les 5 minutes après la consommation. Par contre, les e-cigarettes ne montrent aucun de ces effets. Pourtant, ces dernières diminueraient de manière significative les symptômes de manque et l'envie de fumer (dans une moindre mesure tout de même que les cigarettes fumées). Le mime avec des cigarettes non allumées ne montre quant à lui aucun effet significatif sur aucune mesure.

Ces résultats montrent que la e-cigarette peut constituer une aide à l'arrêt. Ce moyen permettant de diminuer les perceptions de manque sans avoir le même impact sur l'organisme que les cigarettes fumées. Ces données sont toutefois à prendre avec prudence avec le petit nombre de participants à l'étude. En outre, aucun effet n'a été observé sur le plus long terme et cette étude n'abordait pas les questions de l'impact sur la santé.

4.2 La façon d'inhaler n'est pas la même pour une e-cigarette et pour une cigarette standard

Trtchounian, Williams et Talbot (2010) du département de biologie cellulaire et de neuroscience de l'Université de Californie se sont intéressés aux propriétés d'inhalation spécifiques des e-cigarettes, comparativement à celles des cigarettes usuelles. Ces chercheurs voulaient savoir s'il fallait "tirer" (inspirer) différemment sur une e-cigarette que sur une cigarette standard pour obtenir le nuage désiré (respectivement d'aérosol et de fumée). Pour ce faire, ils ont mesuré le vide nécessaire à la production du nuage en couplant un manomètre à une machine à fumer. La densité du nuage d'aérosol ou de fumée était également mesurée. Il en ressort que le vide requis pour produire le nuage de fumée dans les essais sur les cigarettes était différent selon les marques ("light" ou "ultra-light" par exemple). Dans les essais sur la cigarette électronique il fallait presque à chaque fois un vide supérieur. Par ailleurs, à vide constant, la densité du nuage d'aerosol pour les e-cigarettes diminuait avec le nombre de bouffées, après dix bouffées il fallait un vide plus grand pour obtenir la même densité de nuage: cette propriété ne se retrouvant pas pour les cigarettes de tabac, le rapport entre le vide nécessaire et la densité du nuage ne variant qu'en fonction de la marque et non du nombre de bouffées.

Ces propriétés divergeantes, observées en laboratoire, devraient être prises en compte par les études cliniques portant sur l'utilisation de la cigarette électronique.

La création d'un plus grand vide (succion) pour produire le nuage peut avoir des effets néfastes sur la santé, en raison d'une pénétration plus profonde dans les voies respiratoires. D'autre part, le manque d'uniformité dans le temps de la force de succion nécessaire pour produire le nuage d'aérosol pourrait remettre en question l'utilité des e-cigarettes comme distributeurs de nicotine et donc comme produits de substitution, les doses n'étant pas précisément contrôlées.

4.3 La cigarette électronique pourrait avoir des propriétés comparables aux inhalateurs de nicotine

Bullen et collaborateurs (2010) ont eux aussi mésuré les effets à court terme de la cigarette électronique sur l'envie de fumer et sur les symptômes de manque, ainsi que ses propriétés pharmacocinétiques et ses effets secondaires. Les auteurs ont recruté 40 fumeurs adultes, consommant plus de 10 cigarettes par jour et qui n'étaient pas en train ou sur le point d'essayer d'arrêter. Ils leur ont aussi demandé de ne pas fumer une nuit avant l'expérimentation (vérification faite avec une mesure de monoxyde de carbone). A leur arrivée au laboratoire, les participants ont été répartis aléatoirement dans un des quatres groupes suivants : A) Utilisation des E-cigarettes, groupe expérimental (capsule de 16mg de nicotine) B) Utilisation des E-cigarettes, groupe contrôle (placebo, capsule de 0mg de nicotine) C) Utilisation d'inhalateurs de nicotine D) Utilisation de cigarettes de tabac. Après l'intervention, tous les participants ont été évalués en aveugle avec des échelles et des questionnaires sur leur satisfaction, leur symptômes de manque, leur intention d'arrêter, etc. Des indicateurs pharmacocinétiques ont également été mesurés.

Il en ressort que les utilisateurs de la e-cigarette avaient moins l'envie de fumer après l'intervention que ceux du placebo et qu'il n'y avait pas de différence entre le groupe e-cigarette et celui de l'inhalateur. Par ailleurs, les cigarettes électroniques étaient perçues comme plus agréables et produisant moins d'irritations de la gorge et de la bouche que les inhalateurs. Enfin, les indicateurs pharmacocinétiques pour les e-cigarettes étaient plus proches de ceux des inhalateurs que de ceux des cigarettes standards au tabac.

Encore une fois, ces résultats sont plutôt positifs pour les cigarettes électroniques en les rapprochant des effets des inhalateurs de nicotine, mais sont à prendre avec prudence à la vue du petit nombre de participants à l'étude et de la non observation du phénomène sur le long terme. En outre, cette étude n'abordait pas non plus l'impact sur la santé.

4.4 Les cigarettes électroniques dispensent autant de nicotine que les cigarettes de tabac

Dans un article publié dans le European Respiratory Journal, les résultats d'une étude sur la cigarette électronique montrent que les utilisateurs obtiennent autant de nicotine de ce produit que les fumeurs en obtiennent habituellement de la cigarette de tabac.

L'étude, conduite par des chercheurs des Universités de Genève (Jean-François Etter, 2011) et d'Auckland, analyse les niveaux de cotinine (un produit de la dégradation de la nicotine par le foie) chez les utilisateurs de cigarettes électroniques recrutés sur le site Stop-tabac.ch. C'est la première fois que sont publiées des données de cotinine chez des utilisateurs expérimentés de cigarettes électroniques. Jusqu'ici, on n'avait que des données de laboratoire chez des utilisateurs novices qui ont utilisé ce produit brièvement avant que des tests sanguins de nicotine soient effectués. Ces précédentes données montraient que les utilisateurs novices obtenaient peu ou pas de nicotine de ces produits. La recherche publiée aujourd'hui montre au contraire que les utilisateurs expérimentés (tous des ex-fumeurs), en situation réelle (hors laboratoire) obtiennent une dose de nicotine semblable à celle que les fumeurs obtiennent habituellement des cigarettes de tabac.

Ces résultats sont importants, car les gouvernements dans de nombreux pays élaborent des réglementations sur la cigarette électronique (actuellement, certains pays l'interdisent, d'autres l'autorisent avec nicotine, d'autres sans nicotine). Dans ce cadre, il est très important, pour les autorités, les médecins et les consommateurs, de savoir que la cigarette électronique peut délivrer autant de nicotine que les cigarettes de tabac.

5. Enquêtes auprès des utilisateurs: des indices de satisfaction

Une étude faite "in vivo", hors laboratoire, viendrait corroborer cette notion de satisfaction qu'apporterait la e-cigarette. Jean-François Etter (2010) à interrogé 81 utilisateurs de cigarettes électroniques sur leurs opinions quant à ce produit. La plupart d'entre eux les utiliserait pour les aider à arrêter de fumer ou à réduire leur consommation et y ont trouvé un effet bénéfique (moins de toux, meilleur souffle, meilleure condition physique). Les utilisateurs appréciaient les sensations lors de l'inhalation mais s'inquiètaient de la possible toxicité du produit et de son futur statut légal.

Toujours dans ce même souci de compréhension du phénomène par le biais de la motivation des "vapoteurs", un questionnaire sur Internet a été proposé à 3'587 utilisateurs de cigarette électronique (Etter et Bullen, 2011). Cette étude a révélé que la e-cigarette était perçue comme utile pour l'arrêt du tabac (96% des personnes ayant répondu à l'enquête) ou du moins pour réduire sa consommation de tabac (92%); beaucoup l'utilisaient en raison de sa toxicité moindre par rapport au tabac (84%), d'autres parce qu'elle leur permettait d'éviter la rechute (77%), de gérer les envie de fumer (79%) ou les symptômes de manque de tabac (67%). Plus marginalement, certains utilisateurs étaient motivés par le coût moins élevé que celui du tabac (57%) ou séduits par la possibilité de consommer dans des endroits où fumer est interdit (39%). La plupart des ex-fumeurs craignaient une rechute si on les empêchait d'utiliser la cigarette électronique (79%).

Cette enquête révèle donc que la cigarette électronique procure une satisfaction élevée chez ses utilisateurs et pourrait s'avérer utile dans l'arrêt du tabac. Cependant, l'innocuité de ce produit pour la santé n'est toujours pas démontrée. D'autres études sont nécessaires pour évaluer la toxicité et l'efficacité de ce nouveau produit.

Auparavant, une enquête réalisée auprès de 12'600 personnes au Royaume-Uni (Dockrell, 2010) avait montré que 9% des fumeurs ont utilisé la e-cigarette et que 3% l'utilisaient actuellement. Ces personnes utilisaient la e-cigarette dans les endroits où fumer est interdit et/ou pour réduire leur consommation de tabac. Les utilisateurs n'étaient cependant pas très satisfaits des sensations procurées par ces e-cigarettes.

Un autre enquête auprès de 257 utilisateurs de cigarettes électroniques en Pologne (Goniewicz, 2010) montrait que la moitié d'entre eux utilisait la e-cigarette pour arrêter de fumer et que 41% la prenait comme une alternative plus sûre à la cigarette.

Une enquête américaine auprès de 104 utilisateurs a conclu que s'il était grandement recommandé d'utiliser plutôt les traitements reconnus pour arrêter de fumer - consultations de tabacologie, thérapie cognitive et comportementale, traitements de substitution, etc. -, les e-cigarettes sont préférables à la consommation de tabac (Foulds et al., 2011). Là encore, les utilisateurs avaient majoritairement recours à la cigarette électronique pour arrêter de fumer et avaient l'impression que cela les aidait (75% de l'échantillon). Par contre, les deux tiers utilisaient des produits avec une concentration de nicotine de modérée à élevée (plus de 13mg). Par ailleurs, seulement 8% des personnes utilisaient les modèles les plus courants; la majorité des utilisateurs optaient pour d'autres modèles délivrant une vapeur plus intense. Il faut donc considérer ces modes d'utilisation particuliers dans l'étude de la nocivité de la cigarette électronique et de son potentiel addictogène.

6. Interview des "vapoteurs", qui sont-ils ?

Une étude qualitative s'est occupée à identifier les centres d'intérêts et les préoccupations des utilisateurs de cigarettes électroniques en menant des entretiens auprès de 15 "vapoteurs" réguliers (McQueen, Tower, Sumner, 2011). Certains thèmes récurrents sont ressortis de ces discussions. Par exemple, les auteurs parlent d'une courbe d'apprentissage concernant la cigarette électronique. En effet, ces objets sont plus complexes que les cigarettes de tabac, leurs utilisateurs apprennent à s'en servir et à connaitre la technologie qui les compose. Une véritable communauté au jargon spécifique nait de ce phénomène: les utilisateurs expérimentés accueillent et expliquent toutes les "ficelles de la vapote" aux nouveaux venus. Ces particularités d'emploi et cette complexité technologique (les différents fonctionnements des appareils, propriétés des liquides et substances utilisées, etc.) sont à prendre en compte dans toutes recherches futures, qu'elles portent sur l'efficacité de ces systèmes dans l'arrêt du tabac ou sur le danger qu'ils représentent pour la santé.

7. La e-cigarette, une incitation pour les plus jeunes ?

Les associations de lutte contre le tabagisme craignent que la e-cigarette incite les jeunes à fumer. Des études récentes laissent à penser qu’a priori cela ne serait pas le cas. Cho et al. (2011) d’après des données d’un projet de la KoreanHealth Project ont déterminé dans une étude que 10.2% des  4353 étudiants interrogés connaissaient l’e-cigarettes, mais que seulement  0.5% de ces étudiants avaient réellement essayé. Pepper et al. (2013) ont mené une étude nationale sur 228 jeunes homes (âge 11–19 ans) et ont rapporté que  <1% d'entre eux ont essayé. Par ailleurs, les fumeurs avaient plus de chance d'essayer que les non-fumeurs.

    Répertoire d'articles sur le sujet

    Le "National Vapers Club" tient à jour un répertoire d'articles scientifiques sur la cigarette électronique. Consultez-le à cette adresse:

    Scientific and Medical Information on Electronic Cigaretttes

    Références

    Dossier sur la cigarette électronique

    Usages de l'E-cig

    L'essentiel

    Mode d'emploi de l'e-cig pour un sevrage

    L'E-cig en question scientifiquement

    Un point sur la recherche

    E-cig avec nicotine, les conséquences sanitaires

    Décryptage des e-liquides

    Usage de l'e-cig chez les jeunes

    Nos publications sur la cigarette électronique

     

    Mise à jour le Mercredi, 03 Septembre 2014 12:39  

    tabac-rtl-oct-2014

     

     

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