Qui suis-je? Question pompeuse à laquelle j'ai tâché de répondre il y a fort longtemps et qui a fini de me tarauder il y a bien longtemps aussi... jusqu'à ces dernières semaines.
Fêter mon "premier mois d'arrêt" en revenant là-dessus me paraît une bonne idée.
Rêves Au bout de deux semaines d'arrêt, manifestement très profondément effrayée de craquer à la vue d'une cigarette, et très incertaine du succès de ma défume, j'ai commencé à rêver que je fumais.
J'avais lu que cela arrive fréquemment chez les nouveaux ex-fumeurs qu'ils se mettent à rêver de la cigarette. Mais je pensais alors que c'était des rêves heureux, où l'on retrouvait les odeurs, la chaleur, le goût de cette cigarette qui nous manque.
Pas du tout. Chacun des rêves que j'ai faits était marqué d'un terrible sentiment de culpabilité. Par exemple, dans l'un de mes rêves, je traversais le canton pour me rendre chez un ami. En cours de trajet, je tombe sur mon père avec lequel je bois un café. Puis nous nous mettons à fumer. Je reprends mon chemin et arrive chez cet ami. Soudain, dans la conversation, je me souviens d'avoir bu un café avec mon père et "je crois" avoir fumé une cigarette, sans pouvoir m'en souvenir réellement. Je me mets alors à paniquer, ayant l'impression d'avoir franchi un interdit.
L'interdit.C'est comme cela que je perçois la cigarette. Inconsciemment, mais aussi un petit peu consciemment. À l'époque de ce rêve, le café faisait aussi partie de l'interdit, car trop tentant. (Heureusement, j'ai réussi à en boire à nouveau sans céder à la tentation d'une cigarette.)
Je suis, je ne suis pas Se voir fumer; se voir paniquer; se réveiller en ne sachant plus si c'était un rêve ou pas; tousser et se demander: "Tiens, est-ce que j'ai fumé?"; sentir ses mains pour se convaincre qu'on n'a pas fumé... C'est délirant. Et en y pensant, je me suis souvenue de ce fameux film de David Lynch "Mulholand Road" dans lequel <em>elle</em> est <em>elles</em>. La vignette de ce post renvoie à une scène culte du reflet en abime mais où le reflet n'est jamais tout à fait le même. C'est exactement comme ça que me sens.
Sommeil. Mais enfin, je fais de moins en moins ce genre de cauchemars. Ouf. Quoique... je préférerais ça à mes infernales insomnies. Voilà deux semaines que je ne parviens plus à m'endormir normalement. Moi qui adore m'endormir le nez sur la page d'un livre, c'est devenu impossible. Dès que j'éteins la lumière, aussi fatiguée que je sois, voilà que ma conscience s'éveille: vive, déchaînée, enragée. Ma conscience ou ma dépendance?
Être ou ne pas être. Ces événements m'ont amenée à me "repenser" en tant que "non fumeuse". Qui suis-je, moi, en tant que non fumeuse? Lorsque je jette un oeil à mon passé, je me vois avec une cigarette à la main ou aux lèvres dans beaucoup de situations. C'était une bouée, un moment de solitude, de bien-être.
Aujourd'hui, je n'ai plus ces 5 minutes que je prenais à longueur de journée. Je n'ai plus beaucoup de temps pour moi. Le pire, c'est que par moments, je me dis: "Tiens, si je fumais, je n'aurais même pas le temps de m'en taper une." Pourtant, ma vie n'est pas plus remplie. Rien de nouveau ne s'est glisser dans les heures de mon agenda quotidien. Ces moments me manquent quand même. Je le sens au fond de moi. J'essaye de les rattraper le soir, entre 20h30 et... (Tiens, mes insomnies ne seraient-elles pas en lien?)
Quant à ma personnalité, je me réjouissais de me découvrir un tempérament zen sans la cigarette. La fatigue, quelques moments de stress... je ne sais pas... ont fait que je suis de nouveau plus tendue, plus irritable. Dommage. Néanmoins, il me semble quand même accueillir les petites vicissitudes de la vie avec plus d'aplomb et de calme.
J'ai fait une sortie resto-copains, et grâce à mon inhaleur et à mes chewing gums, tout s'est bien passé. J'étais même ravie de ne pas devoir "planter les copains" pour aller m'en fumer une, comme me le disait Laweln (http://www.stop-tabac.ch/forum_fr/viewtopic.php?t=38160&highlight=); de ne pas aller me les geler alors qu'il faisait si bon dans ce restaurant; de profiter de l'ambiance...
Qui suis-je alors en tant que non fumeuse? Je ne sais pas. Une femme très fatiguée, en tout cas.
Après avoir résolu un problème de gestion du blog, j'ai enfin pu découvrir les commentaires que certains d'entre vous ont laissés. Certains de ces commentaires datent de... 2009!!
Merci à tous ceux qui m'ont lue et aidée avec autant d'humour et de caractère.
À bientôt peut-être, en espérant que mon absence de réponses (peut-on poster des commentaires sur son propre blog?) ne vous aura pas découragés!
Ca y est! J'y suis arrivée! Voilà 12 jours que je n'ai pas fumé. Je ne sais toujours pas si ce sera pour toujours ou pas. Mais ce dont je suis certaine, c'est que ça vaut vraiment le coup! Il est donc possible qu'un jour je reprenne une cigarette. D'ailleurs, aucun mauvais coup dur ne m'est encore tombé dessus. C'est ce que je redoute le plus. J'ai peur de paniquer. Mais qui ne paniquerait pas dans ce cas? Comment je gérerai ces moments-là? Je n'en sais rien. Et pour ne jamais oublier, je veux écrire ici les étapes et les points positifs de mon expérience de défume.
1. Les premiers jours. ... ont été un véritable calvaire. Mais un calvaire intérieur. Physiquement, j'ai eu comme des courbatures pendant les trois-quatre premiers jours, comme si j'étais en train de choper une monstre grippe. Mentalement, j'ai commencé à me sentir comme une merde au bout du deuxième jour. Je n'avais plus envie de me lever. Comme je n'osais pas boire de café pour ne pas être tentée, j'avais le sentiment de me priver de tout, que ma vie n'avait plus de saveur. En fait, je n'avais plus d'envies du tout. Pas envie de travailler, de me lever, de faire ci ou cela. Dur quand on a un petit bout de chou. Ces premiers jours de galère devraient donc être dissuasifs! Est-ce que je serais prête à revivre cela si je refumais?
2. L'état de tension la première semaine. Intérieurement, je me sentais très crispée. Cela m'arrive encore parfois quand je sens l'envie d'une clope qui surgit, comme ça, sans que je la cherche. Mais j'ai gardé un sang-froid, un self-control extraordinaire! Sans me venter! Je dis cela comme ça, car je ne me doutais pas une seule seconde que je réagirais avec autant de sérénité. Est-ce que ce sera comme cela si je devais à nouveau arrêter?
3. La bonne période. - Je crois que j'ai eu une chance super d'arrêter là, ce fameux jeudi 3 novembre. On est en plein automne. Le froid s'installe gentiment mais sûrement. Qu'est-ce que ça fait du bien de rester au chaud sans être obligée de sortir pour s'en fumer une!! - J'ai pas de gros souci. C'est une période calme, même assez joyeuse. Je suis amoureuse de mon chéri, notre fils est magnifique. Au travail, ça va. Il y a des moments de stress, mais je fais avec. Mais ce n'est pas toujours comme ça. Je pourrais tomber sur une année difficile!
4. Des économies, c'est chouette$$$$$$ - depuis que j'ai arrêté de fumer (le 3 novembre avec un 4 novembre assez raté puisque j'avais craqué et acheté un paquet... d'ailleurs, je remercie mon chéri qui m'avait envoyé un SMS d'encouragement sans se douter que j'avais craqué. Je me suis sentie comme un traitre. Et j'ai jeté mon paquet à peine entamé. Merci à lui!). Depuis que j'ai arrêté de fumer donc, j'ai gagné 86Frs40 en seulement 12 jours. Pas mal, hein?! Les fins de mois deviennent de plus en plus difficiles. Qui sait ce que sera notre situation dans quelques années... Peut-être que ce sera plus dur d'entretenir ma dépendance!
5. I feel free! Oui, je me sens bien dans ma tête, bien dans mon corps. Finalement, ne pas fumer, c'est pas si sorcier, pas si compliqué que cela. "Non, c'est non." C'est décider d'arrêter qui est difficile! Si je devais à nouveau arrêter, cette décision pourrait être encore plus difficile à prendre.
Voilà. C'est fait. Tout ou presque est là. Je passe quelques détails, peut-être les noterai-je un de ces quatre. N
Où sont passées les fameuses 5 minutes d'attente en cas de gros manque? J'inspire, je bois de l'eau, j'attends que ça passe, mais il n'y a rien à faire. Allez, ça ne sert à rien de se torturer de la sorte. J'en parlerai à un spécialiste en tabacologie.
Ça y est. J'ai recommencé à arrêter. Ça faisait des semaines que j'essayais et reprenais après 10 minutes de tentative. J'attendais la bonne occasion: finir mon paquet le soir, ne pas avoir mon petiot le lendemain, passer une bonne nuit, avoir du courage. Il y avait toujours quelque chose de contraignant. Curieusement, je n'ai pas passé une bonne nuit (le petit s'est réveillé à je ne sais quelle heure, comme une fois sur deux en ce moment), et j'ai le petit aujourd'hui. Bon, normal, me dira-t-on, c'est samedi. Ouf, son père est là. Enfin, "ouf". C'est vite dit. Voyons:
Le réveil. En deux parties: un premier réveil à 7h30, je crois. Heureusement, c'est le papa qui est allé cherché le petit bout de chou. J'avais la tête dans le coaltar. Et j'avais envie de rester au lit pour ne pas être tentée.
10h00: j'émerge. Merci papa. Ça se passe assez bien. J'avais prévu mon patch. Pas trop fort, puissance moyenne.
11h00: premiers symptômes. Je commence gentiment à stresser: mon chéri me gonfle. Je n'arrive pas à me maîtriser. Je prépare le repas et me sens distraite. J'avale un chewing-gum-nico. L'envie de dégueuler couvre mon manque.
11h35: je commence à morfler. Je suis là à écrire, guettant les patates qui bouillent dans la casserole. Je ne me sens pas "aware" du tout. Moi aussi, je bouillonne intérieurement. Putain!! Mais qu'est-ce qu'ils foutent mon patch et mes nicorettes? Hé! Ho! Réveillez-vous! Envoyez-moi les escadrons de secours!
Et dire que ça va être de pire en pire! Bon sang!
Allez Nat, rappelle-toi toute ces images qui t'ont donné envie d'arrêter. - "Tara" dans "True Blood"... - être une nouvelle "moi" - avoir le "fight instinct" en "moi"
Et pourquoi pas devenir sportive, combattante, forte... découvrir de nouvelles sensations?
Rappelle-toi cette idée que cette clope, cette foutue première clope, si tu en l'allumes pas, ça rallongera ta vie d'une minute, une toute petite minute pour la passer avec ton enfant.
Profil de
Taz
Age: 38 Expérience avec le tabac: 1 arrêt de 24h00 il y a longtemps
1 arrêt de 3 jours il y a 2 ans
quelques tentatives d'arrêt en août 2011
non fumeuse depuis le 3/5 novembre Voir mon profil complet Accéder au forum
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