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Archives pour Juillet 2010

non respect de la loi
L’interdiction de vendre des cigarettes aux mineurs est effective. Mais loin d’être appliquée. Comme le prouve le test organisé, hier, à Metz. Les trois ados de 15 et 16 ans que nous avons suivies ont systématiquement été servies.

V ous avez 18 ans ? », interroge la buraliste l’air suspicieux.

DOSSIER
Déborah, 15 ans, ne se démonte pas : « Oui, mais j’ai oublié ma carte d’identité. » Trente secondes plus tard, la gamine ressort du débit de tabac avec son paquet de Malboro light. C’est le seul moment où les trois adolescentes, que nous avons accompagnées hier après-midi, ont été inquiétées. Dans les cinq autres bureaux de tabac où ces jeunes filles de 15 et 16 ans ont demandé un paquet de cigarettes, elles ont obtenu gain de cause sans la moindre difficulté. Julie, Naomie et Déborah rentrent en classe de première. Mais comme les ados d’aujourd’hui, elles font plus que leur âge et il est difficile de leur en donner un avec certitude : « 15 ou 20 ans, comment voulez-vous faire la différence aujourd’hui ? C’est impossible. Comme il est impossible de demander systématiquement la carte avec tout le passage qu’on a », lâche l’un des plus gros débitants du centre-ville messin. « Elles n’ont que 15 ans ! Dire que j’ai failli leur offrir un briquet parce que je les trouvais mignonnes », ajoute un autre, âgé d’une vingtaine d’années !

Plusieurs arguments
La loi interdisant de vendre du tabac au moins de 18 ans, contre 16 auparavant, a été publiée au Journal Officiel le 27 mai dernier. Sans tapage ni communication de l’Etat. Comme si lui-même n’y croyait pas vraiment. Difficile dans ces conditions de sensibiliser le public et les vendeurs. Résultat : deux mois après, son application est très loin d’être effective.

Les six débits de tabac, visités hier dans le centre de Metz, ont pourtant tous apposé en bonne place l’affichette autocollante fournie par leur confédération et destinée à informer le public. Ils savent également tous qu’ils sont passibles d’une amende de 135 € s’ils sont pris sur le fait. Mais quatre d’entre eux affirment haut et fort qu’ils ne feront pas vraiment d’effort pour faire respecter cette loi. Certains par défi : « C’est une mesure électoraliste. L’Etat n’a qu’à aller jusqu’au bout. Si c’est un produit illicite, qu’il l’interdise, et renonce aux 80 % de taxes qu’il touche dessus. »

Mission absurde
D’autres par principe : « Nous ne sommes pas là pour faire la police. »

Ou par peur de représailles : « Les rapports avec les clients sont de plus en plus agressifs. On se fait déjà assez injurier comme ça, on ne va pas en rajouter. »

Mais surtout parce que la mission qui leur est confiée leur paraît absurde : « Quand on leur refuse, soit ils vont ailleurs, soit ils demandent à un adulte de leur acheter. L’autre jour, j’ai voulu tester. La mineure est revenue avec son copain, qui était non-fumeur mais avait 18 ans. Une autre fois, c’est un client qui faisait la queue derrière et s’en est chargé. C’est inapplicable. Je jette l’éponge », avoue ce commerçant, las. Deux exceptions affirment ne pas toujours lâcher l’affaire et demander l’âge à chaque fois qu’elles ont un doute. « Si on peut préserver les jeunes, pourquoi pas ? En tant que mère, je sais que je serai contente de savoir que mon buraliste essaye de faire respecter cette loi. Le problème, c’est qu’on est maintenant connu pour être ceux qui refusent. » Hier, cela ne les a pas empêchées de tomber dans le piège…

Philippe MARQUE.
Publié le 27/07/2010


Posté le 27 juillet 2010, à 10:25
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uruguay contre philip moris
Visé par Philip Morris, l'Uruguay examine ses lois anti-tabac
mardi 27 juillet 2010 06h27 Imprimer cet article | Page simple[-] Texte [+] par Conrado Hornos

MONTEVIDEO 27 juillet (Reuters) - Le gouvernement uruguayen a annoncé lundi qu'il envisageait d'assouplir ses lois anti-tabac afin d'éviter une procédure engagée par le cigarettier Philip Morris (PM.N: Cotation).

L'ancien président uruguayen Tabare Vazquez, oncologue de formation, avait imposé il y a quatre ans une interdiction de fumer dans les bâtiments publics.

La publicité pour le tabac est en outre interdite, de grands avertissements doivent être imprimés sur les paquets de cigarettes et il est interdit d'en vendre sous l'appelation "light".

Ces mesures, parmi les plus sévères au monde pour les cigarettiers, n'ont pas manqué de mécontenter Philip Morris, qui a déposé cette année une demande d'arbitrage auprès du Centre international de règlement des conflits d'investissement (Icsid), qui dépend de la Banque mondiale.

Le gouvernement uruguayen a indiqué que les réformes envisagées auraient pour but de rendre invalide la plainte de la multinationale, qui s'estime lésée par l'interdiction de vendre des produits dits "light".

"Sur certains points, la position de l'Uruguay est très solide du point de vue légal et aucun changement n'est nécessaire. Sur d'autres, nous devons modifier la loi, ou bien en rédiger une nouvelle", a déclaré à la presse le ministre des Affaires étrangères, Luis Almagro.

Les autorités ont assuré que si changement il y avait, il serait mineur. Les pistes envisagées prévoient la réduction de la taille des avertissements de 80% de la surface du paquet à 65% ou l'autorisation des cigarettes "light".

Mais ces suggestions ont déclenché la colère des associations anti-tabac, qui accusent le gouvernement de céder aux pressions d'une grande entreprise afin d'éviter un arbitrage négatif. Suite...L'ex-président Vazquez a accusé Philip Morris d'exercer "des pressions et un chantage" au moyen de sa plainte, qui repose sur un accord commercial entre l'Uruguay et la Suisse, pays où le cigarettier a son siège social.

"La seule chose que cherche Philip Morris, c'est de montrer sa force face à un petit pays qui a donné l'exemple au niveau mondial sur ce sujet", a-t-il dit lors d'une interview à la télévision publique.

Il n'a pas été possible dans l'immédiat de joindre un représentant de Philip Morris pour réagir à ces informations. (Gregory Schwartz pour le service français)



Posté le 27 juillet 2010, à 10:22
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suite et fin
suite et fin
La France accro à Marlboro
Gilles Tanguy - 01/04/2006 - L'Expansion
Aller plus loin
Les cigarettiers américains respirent
Amer Sports, aussi discret qu'intraitable
Ah ! qu'il est beau, le débit de demain !Constance aussi dans le matraquage publicitaire par le biais du sponsoring sportif. A la télévision, le week-end, pas moyen de passer à côté de Marlboro. Son logo ou son évocation orne l'écurie Ducati en championnat du monde de moto et surtout la Ferrari du champion de formule 1 Michael Schumacher (pour un montant estimé à 86 millions de dollars par an). En comparaison, les partenariats sportifs de Gauloises passeraient presque inaperçus, faute de moyens équivalents. « Le sponsoring du tabac est efficace car, à défaut d'inciter à fumer, il attire les fumeurs vers une marque », estime Antoine Tremblot, le président de l'agence spécialisée dans le marketing sportif Leroy-Tremblot.

Et si vous quittez le petit écran pour le grand, vous ne lui échapperez pas davantage. Marlboro est la marque la mieux représentée au cinéma. Comme le montre Nadia Collot dans son documentaire choc Tabac, la conspiration (dont la sortie est prévue le 5 avril dans une quarantaine de salles), les placements de produits ont longtemps été officiels et rémunérés. Même l'interdiction de cette pratique n'a pas réduit les apparitions de la blonde américaine. « Elle est très présente dans des films français récents comme Ma femme est une actrice, De battre mon coeur s'est arrêté, L'Ivresse du pouvoir ou 36 quai des Orfèvres », note Karine Gallopel, maître de conférences à l'université Rennes I et spécialiste du marketing des cigarettiers.

En France, Marlboro tente aussi de faire parler de lui à travers la politique de mécénat de sa maison mère, Philip Morris. Celle-ci a ainsi créé en 1996 un challenge à son nom, qui récompense chaque année des associations dans les quartiers difficiles. Elle a également parrainé la Maison de la mixité du mouvement Ni putes ni soumises, inaugurée en mars dernier à Paris par le président de la République en personne. La générosité des propriétaires de Marlboro semble sans limites. L'Institut du cerveau et de la moelle épinière, qui ouvrira ses portes d'ici à 2010 dans la capitale, compte parmi ses parrains Louis Camilleri, le président d'Altria (la holding propriétaire de Philip Morris), ainsi que Jean Todt et Michael Schumacher, icônes de Ferrari, et donc porte-drapeaux de Marlboro.

Problème : la plupart de ces actions ne respectent pas l'esprit de la loi Evin, qui interdit toute forme de publicité et de promotion directe ou indirecte en faveur du tabac. Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) multiplie les procédures à l'encontre de Philip Morris. Le groupe américain a été condamné à de nombreuses reprises : en novembre 2005 pour des animations commerciales à Roland-Garros ; en août 2000, pour avoir sponsorisé « le prix scientifique Philip Morris » ; en septembre 1997, pour avoir communiqué sur le tabagisme passif ; et en juin 1997, pour la tenue d'un stand Marlboro au salon de la moto à Paris. La marque de vêtements Marlboro Classics ne laisse pas non plus indifférent le CNCT, qui a déposé en janvier 2004 une plainte contre X à ce sujet. Philip Morris prétend n'avoir aucun lien avec cette ligne de vêtements qui lui assure une promotion indirecte. Or des documents internes indiquent que Marlboro Classics bénéficie d'une licence délivrée par la société International Trademarks Incorporated, qui ne serait qu'une filiale du Groupe Philip Morris.

Attaqué par les associations, Marlboro l'est aussi par les parlementaires. A l'initiative du député Yves Bur, le gouvernement pourrait faire voter très prochainement une loi interdisant totalement le tabac dans les cafés, les restaurants et les discothèques. Le coup serait dur pour les marchands de tabac. Mais à Philip Morris, on ne panique pas. A chaque nouvelle restriction, Marlboro a pris des parts de marché à ses concurrents. De l'avantage d'être leader !
Posté le 27 juillet 2010, à 09:42
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marlboro empoisonneur
La France accro à Marlboro
Gilles Tanguy - 01/04/2006 - L'Expansion

En dépit de toutes les campagnes antitabac, le cigarettier américain affiche une santé florissante. Son arme : un marketing ultra-efficace mais sans scrupule.

Aller plus loin
Les cigarettiers américains respirent
Amer Sports, aussi discret qu'intraitable
Ah ! qu'il est beau, le débit de demain !Al'image de son cow-boy vedette, Marlboro a la peau dure. Rien ne semble pouvoir ternir les couleurs blanche et rouge de la marque américaine de cigarettes incarnée par le célèbre « visage pâle ». Ni les hausses en flèche du prix du tabac, ni les grands procès intentés par l'administration américaine (145 milliards d'amendes pour les cigarettiers). Pas davantage la loi Evin, qui interdit depuis 1991 la publicité encourageant la consommation de tabac.

En France, Marlboro écrase toujours le marché en vendant une cigarette sur trois. Et pendant que les ventes de Gauloises ou de Winfield dévissent logiquement sous le coup des politiques antitabac, celles de Marlboro ont encore augmenté de 4,5 % en 2005 ! Toutes taxes déduites, les fumeurs de l'Hexagone ont versé 4,2 milliards d'euros dans les caisses de la maison mère de Marlboro, le géant américain Philip Morris. Un succès insolent qui s'explique par l'adoption d'une image haut de gamme bien maîtrisée et un marketing efficace qui flirte régulièrement avec l'illégalité.

Bien sûr, officiellement, tout est histoire de goût. La réussite de Marlboro tiendrait à la qualité supérieure de sa feuille de tabac (l'american blend) et de ses agents de saveur qui en conservent l'« onctuosité ». En réalité, des tests l'ont prouvé, seule une infime partie des fumeurs est capable de faire la différence entre une Marlboro et une Gauloise blonde. Comme dans le match qui oppose Coca-Cola à Pepsi, tout est donc affaire de marketing pour Philip Morris-France, dont la présidente, Jeanne Pollès, a refusé de répondre aux questions de L'Expansion.

L'axe majeur de cette stratégie est la « premiumisation », à savoir le positionnement de la marque sur le créneau supérieur du marché. Facturées un petit billet de 5 euros pour un paquet de vingt, les Marlboro sont 40 centimes plus chères que les Gauloises blondes, et 50 centimes au-dessus des Winfield. Un tarif rond attractif pour ceux que la petite monnaie irrite et qui parvient surtout à convaincre les fumeurs de la qualité supérieure du produit. « Dans la tête des gens, plus ça coûte cher, meilleur c'est », confirme Christian Bouffier, le délégué syndical central CFDT d'Altadis, dont les Gauloises sont laminées par la machine de guerre américaine (lire encadré page 106). « Et comme l'écart de prix avec les cigarettes d'entrée de gamme n'est plus très significatif, les jeunes préfèrent opter pour une marque mondialement réputée. »

Le phénomène est encore plus marqué pour les 15 % de cigarettes achetées à l'étranger. Tant qu'à faire, les Français préfèrent ramener dans leurs bagages les plus connues et les plus chères. Les Marlboro représenteraient 42 % de ces « importations ». Une fois ces cartouches terminées, les fumeurs restent généralement accros à la marque.

Enfin, cette politique de prix élevés séduit aussi les débitants de tabac, qui ont tout intérêt à les mettre en avant, puisque leur commission est indexée sur le prix de vente. Ils touchent entre 35 et 40 centimes sur chaque paquet. Pour vanter les mérites des boîtes rouges aux buralistes, Marlboro s'appuie sur de redoutables équipes de vente. A longueur d'année, 150 à 200 commerciaux ratissent les 31 000 bureaux de tabac de l'Hexagone pour promouvoir les cinq marques du Groupe Philip Morris (Marlboro, Philip Morris, Chesterfield, Basic et L&M). Chacun d'entre eux dispose d'un petit budget pour acheter un maximum d'espaces dans le débit, dernier refuge de la publicité pour le tabac. Contre quelques euros par mois, le commercial peut convaincre le buraliste d'adopter un tapis ramasse-monnaie à ses couleurs ou d'afficher un autocollant bien en vue sur son présentoir.

Les VRP de la nicotine démarchent aussi les boîtes de nuit, les cafés et les restaurants, qui ne vendent des cigarettes qu'à leurs clients. Les volumes y sont assez faibles mais peuvent permettre de convertir le fumeur à une autre marque, puisque seules deux ou trois références y sont généralement proposées. Pour en être, les commerciaux de Marlboro, comme leurs concurrents, arrosent ces établissements de pailles, cendriers, serviettes, calepins, briquets, etc. Mais pas question d'y apposer le logo rouge. La loi l'interdit et, surtout, cela nuirait à la réputation et au prestige du cigarettier.

Car il doit sans cesse peaufiner son image haut de gamme. C'est le coeur de la politique marketing du Groupe Philip Morris. « Marlboro capitalise son identité de manière très rigoureuse et cohérente », applaudit Gérard Caron, cofondateur de l'agence de design Carré noir. Ainsi, pendant que Gauloises, Camel ou Winfield cédaient à la mode des « paquets fun », changeant de couleur, de forme et de logo, Marlboro est le plus souvent resté fidèle à son emballage historique.
Posté le 27 juillet 2010, à 09:41
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des ordures et encore des ordures
Par Fabrice Nicolino

J’en connais qui cherchent encore le moyen d’arrêter la machine à mourir plus vite. J’en connais qui ont débranché. Je viens juste glisser mon grain de poivre au milieu de tout cela, moi qui ai fumé comme un abruti pendant quinze ans. Ce qui suit n’est pas une leçon de morale. Ce qui suit est une leçon de morale. Ce qui suit est une leçon de moral. Ce qui suit est ce que vous voudrez. Le quotidien britannique The Guardian (lire ici) a publié ces derniers jours un résumé d’une fracassante enquête de l’association américaine Human Rights Watch (lire ici).

Bon, inutile d’en faire des tonnes, d’autant qu’il fait réellement chaud. Vous ne trouvez pas qu’il fait chaud ? Chez vous aussi ? Ça ne m’étonne pas. Où en étais-je ? Une enquête, oui, menée au Kazakhstan, où entre 300 000 et 1 million de cueilleurs migrants se vendent à la puissante industrie du tabac locale. D’où viennent ces gueux ? Du pays lui-même, bien entendu, mais aussi des contrées voisines. On leur confisque alors, quand les maîtres le jugent nécessaire, leurs passeports, et pour être sûr qu’ils resteront jusqu’à la fin de la saison, on ne les paie qu’au dernier moment. Certains se retrouvent par quelque étrangeté les débiteurs de leurs employeurs. Ils ont travaillé, mais ils doivent encore payer. Est-ce malin ! Le travail, dans la fournaise de l’été, peut durer jusqu’à 18 heures par jour.

Inutile avec vous, je pense, d’insister sur les effets fortifiants des pesticides et autres produits de synthèse sur la santé des paysans. Un dernier point tout de même : Human Rights Watch a documenté 72 cas de gosses dont l’âge varie entre 10 et 17 ans, qui triment eux aussi dans les champs surchauffés. On se doute qu’il y en a des centaines, sans doute des milliers. Les 72 cas se situent tous dans le district d’Enbekshikazakh (désolé, je ne connais pas le nom français de cette région).

Et là, le seul destinataire de la récolte du tabac est Philip Morris International, et donc Marlboro, sa marque phare. En France, une cigarette sur trois est une Marlboro (lire ici). Eh ! les fumeurs n’attendent pas.

fabrice-nicolino.com
Posté le 27 juillet 2010, à 09:40
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