Aujourd’hui, après 294 jours de défume (soit 9 mois 3/4), 2061 clopes non fumées et 15 jours d’espérance de vie de gagnés, je fais un petit bilan.
1-Je suis nettement mieux : Je dors mieux, globalement. Certes, il m’arrive encore de faire des cauchemars, des rêves où je fume comme un pompier et où je me réveille, en sursaut, avec l’impression d’avoir la gorge et le nez pris, la bouche pâteuse, les poumons dans un étau… Mais, c’est de plus en plus rare. Rien à voir avec les nuits des premiers mois, où je dormais à peine 2h par nuit, que j’étais crevée au boulot et où il fallait impérativement passer le week-end sous lexomil pour assurer un tant soit peu le reste de la semaine ! Les maux divers (mal aux dents et les gencives qui saignent, les crampes, les maux de tête, l’estomac, la gorge en feu, le nez qui coule….) ont disparus (ou presque). Je respire mieux : Ce n’est pas encore la panacée, mais j’ai l’impression que je ne m’essouffle plus au moindre effort. Je sens toutes narines dehors ! Ma cage thoracique semble avoir gagné en volume. Seul bémol et qui agit sur le n°2 et le N°3 (voir plus bas !) j’ai pris 15 kilos ! Je fais des crises de boulimies, envie de me jeter sur toute nourriture qui bouge dans le frigo ou dans les placards… Même ce que je n’aime pas, j’avale, je gobe…. Je n’arrive pas à me raisonner. Je fais des crises de manque… Toujours cette envie de porter quelque chose à la bouche, maintenant, ce n’est plus la cigarette, c’est (hélas) tout ce qui passe à portée de main et qui peut se manger ! J’ai bien essayé, avant l’été de perdre les 3 ou 4 kilos que j’avais pris…. Mission accomplie …. Qui a été balayée en un rien de temps au retour des congés ! Depuis, c’est la bouffe, la mal-bouffe, la trop-bouffe… Et surtout les kilos en trop qui s’accumulent. 2-Je n’ai pas réussi à canaliser mon humeur. J’ai toujours un moral en dents de scie, des sautes d’humeur inexplicables, qui font que j’envoie ch—r tout le monde : Mari, enfant, collègue, patron, clients… Ce qui m’a valu une grave mise au point par mon chef il y a 15 jours (pas fière la nénette !) Un débogage complet du système informatique interne et une remise à niveau des logiciels commerciaux indispensables à la maintenance de mon poste.. Mon mari a voulu divorcer au moins 20 fois (voire plus). Il dit qu’il ne peut pas parler avec moi, que je suis toujours sur la défensive, que je réponds d’une façon excédée, que je suis toujours à souffler, l’air de penser que tout ce que j’entends me gave au plus haut point… Que je suis passée de super sympa à super-pénible en un rien de temps et que franchement, si ça n’était pas un poison, il me conseillerait de reprendre la cigarette ! Je le sais que je ne suis pas sympa, que tout me gave… Et moi en premier, je me sors par les trous de nez. Je ne m’aime pas, je ne m’aime plus ! Je ne veux plus me regarder dans un miroir, je me sens moche, avec tous ces kilos de trop qui m'ont fait passer de "Arielle, petite sirène" à "Il faut sauver Willy" je me sens vieille et j'ai pas de baguette magique pour remonter le temps… J’ai heureusement de la chance, un mari gentil et aimant, qui reste toujours et encore malgré les misères que je lui fais vivre… Il faut vraiment que je fasse des efforts si je veux le garder, mon cher et tendre que j'adore 3- Je ne suis absolument pas sûre de moi ! Non, pas sûre du tout...de pourvoir dire que je ne fumerai plus jamais. Oui, je sais, après plus de 9 mois d’abstinence, je devrais pouvoir me dire que je suis sur la bonne route, le bon chemin vers une vie sans aucune clope et que tout ce que j’ai enduré pour en arriver là ne fait que renforcer mon sentiment de certitude de ne plus avoir envie de le revivre… Oui, je devrais… Mais j’ai toujours et encore cette petite voix de diablotin qui vient régulièrement me parler à l’oreille « rien qu’une taffe, une toute petite… Ca te dit ? ». Elle revient souvent, très souvent, encore trop souvent cette saleté, cette maudite ! Même si ce n’est plus aussi souvent qu’avant, je mentirais si je ne reconnaissais pas qu’elle est encore là avec ses paroles subversives et subliminales. Il y a toujours des occasions, des réminiscences d’actions du passé qui reviennent me titiller. Et puis les copains, les collègues fumeurs qui n’ont pas arrêté, qui souvent me dégoutent avec l’odeur de leur cigarette… mais qui parfois (le moment, l’occasion, l’absence de vigilance) me donne envie au lieu de m’écoeurer. J’ai peur de craquer et je me sens encore faible, pas encore suffisamment forte moralement pour être sûre de lui résister. J’ai beau me dire que je dois être fière de mon parcours, que je ne suis pas arrivée jusque là pour craquer maintenant, que je n’ai plus envie de refumer… Je ne suis pas sûr que toutes ces bonnes raisons je les ai assimilées comme étant indispensables voire vitales et le spectre de la cigarette vient toujours hanter ce petit coin de ma mémoire, encore… hélas.
Mais je tiens bon ! Et je m'accroche toujours à ces quelques mots dignes de la publicité pour une marque de lunettes... Avant, je fumais.... Mais ça, c'était avant ! Et rien qu'en l'écrivant, j'y crois encore et toujours !
Au premier temps de la défume, aux premières heures… la clope on y pense très souvent, trop souvent d’ailleurs pour le vivre sereinement. Il y a des moments où l’on vendrait père et mère pour une taffe, une ‘t’ite bouffée’. J’ai eu l’impression que mon cerveau n’avait pas entendu que j’avais commencé ma défume. Toutes les opportunités étaient prétextes à envies, appuyées, surlignées, exacerbées ! Je n’étais pas encore dans la pensée positive « j’ai arrêté de fumer », mais plutôt dans l’idée « j’essaie d’arrêter de fumer », avec le sous-entendu « je vais sûrement craquer, je vais très certainement replonger ». Les envies de la première semaine sont récurrentes, lancinantes, fulgurantes, douloureuses… C’est le cap le plus difficile à passer.
Au 2ème temps de la défume on entame une autre phase, celle ou le manque (physique) n’est plus de mise, mais où les messages subliminaux de la clope prennent le dessus. Il faut alors ruser, changer ses habitudes, son comportement, éviter les tentations... Etre sur le qui-vive, en alerte constante, guetter le moindre soupçon d’envie et se concentrer sur autre chose, rapidement, intensément. C’est un travail difficile, très éprouvant ! D’autant que, très vite, les ennuis arrivent : Les maux divers et variés, physiques et mentaux qui vont de paire avec la défume. La liste est longue et aucun défumeur ne la vivra de la même manière (ce serait trop simple). Et c’est alors la valse des maladies (souvent psychosomatiques d’ailleurs): Rhumes, toux, maux de tête, maux de dents, gencives qui saignent, insomnies, crampes, oppressions, sueurs, cauchemars, douleurs articulaires, sautes d’humeur, colères, déprimes voire dépression… et aussi, prise de poids, envie de vomir, fringales et crises de boulimies… et encore, problèmes de vue, déficiences olfactives, maux d’estomac, battements de cœur trop rapides, respiration sifflante, problèmes de circulation sanguine… J’en oublie certainement. Le pire c’est qu’aucun de nous, aux premiers jours de la défume, n’est capable de prévoir ce à quoi il faudra faire face. Certains (les heureux veinards !) passeront au travers ‘2 fingers in ze noze’, d’autres auront le droit à « la totale », certains seront dans le jus dès les premiers jours, d’autres attendront quelques semaines, quelques mois….. Ce 2ème temps dure…. un certain temps ! Mais un temps certain, c’est sûr ! Et nul ne peut prédire ce qu’il en sera ! Tellement de facteurs entrent en jeu : L’âge qu’on a, celui auquel on a commencé, le nombre d’années de fume, le nombre de cigarettes fumées, la volonté, le soutien, l’entourage… (va savoir si la météo ne joue pas un rôle dans l’histoire !)
Au 3ème temps de la défume, l’extrême vigilance est de mise ! En effet, l’ex fumeur surmonte maintenant mieux son manque. En fait, les crises sont de plus en plus espacées et fugaces et le défumeur peut passer quelques jours sans penser à la cigarette. En tous cas, il a appris a bien gérer son nouveau quotidien d’ex-drogué. Le « même pas peur » peut faire partie de son vocabulaire ! Il emploie avec un sourire béat les expressions « du temps où je fumais… », « j’ai arrêté de fumer il y a X mois », « je ne me rappelle plus le prix de mon paquet », « c’est fou comme je respire mieux », « incroyable comme je gère bien », « je ne pensais pas arriver jusque là », « moi, je ne replongerai pas, pas après tout ce que j’ai vécu » ! Il se sent fort, très fort…. TROP FORT ! Car la cigarette n’a pas dit son dernier mot. Elle arrive, sournoise, subliminale, au détour d’une situation, d’un mot, d’un ressenti… Subrepticement, lâchement, férocement elle attaque et il faut une sacrée dose de volonté pour y faire face ! Car justement, on a oublié les premiers jours atroces de la défume, on ne se souvient que de la « bonne cigarette », la cigarette plaisir, la conviviale ! Tous ces mois passés sont brusquement balayés, oubliés et l’envie fulgurante de replonger devient presque intolérable.
Puis vient le dernier temps, celui où la cigarette n’est plus qu’un lointain souvenir, on ne se souvient plus exactement de la date à laquelle on a arrêté, du prix de son paquet de cigarette, de la dernière fois qu’on a eu envie, on est indubitablement NON FUMEUR… Le seul bémol à cette jolie histoire, on ne sait jamais quand arrivera ce dernier temps, et si même il arrivera un jour.
Aujourd’hui, après 7 mois d’arrêt, j’en suis au 3ème temps, donc constamment sur mes gardes. Pour avoir eu une 1ère et 2ème phase de défume très, très difficile et très longue (réel mieux ressenti seulement au 6ème mois d’arrêt), il est hors de question que je replonge. Je veux pouvoir être fière de moi, dans quelques temps, me dire et m’entendre pouvoir dire : « Il y a quelques années, je fumais ….. Je me demande bien pourquoi ?? »
Si je pouvais tout effacer, tout gommer, tout recommencer !
Je viens d'apprendre la nouvelle et je suis DEVASTEE ! Mon amie s'est éteinte hier soir, après seulement 6 mois de lutte. Elle avait tout juste 50 ans !
Fumeuse depuis l'âge de 14 ans, elle avait tenté d'arrêter moultes fois... Même ses 2 grossesses n'avaient pas réussi à la faire arrêter (diminuer tout au plus)... Et puis, des petits problèmes de santé (toux trop grasses, maux de dents intenses) ces 2 dernières années ont beaucoup émoussé son plaisir de fumer et ses tentatives d'arrêts sont devenues plus fréquentes et duraient plus longtemps .... En septembre 2011, elle tousse très fort au réveil et crache un caillot de sang. Elle s'arrête immédiatement de fumer : La trouille aura été la plus forte ! Octobre, novembre : C'est difficile, mais elle tient bien le coup ! C'est d'autant plus méritoire que son mari et ses enfants (ainsi que leurs conjoints) eux n'ont pas arrêté ! Décembre, les envies sont moins fortes et elle sent que cette énième tentative d'arrêt sera la bonne ! Janvier, elle a mal aux dents et les gencives très irritées, saignent en permanence... Février, après le rendez-vous chez son dentiste, le couperêt tombe : Cancer ! Et commence alors la valse des visites chez les spécialistes et examens en tout genre... (Elle m'en informe le 13 février 2012, et j'arrête donc immédiatement moi aussi). Courant février, je l'ai souvent au téléphone pour prendre des nouvelles : Elle semble confiante, elle me dit qu'elle va se faire opérer, qu'il faut encore quelques examens complémentaires pour obtenir sa date d'intervention... Elle a près de chez elle un centre spécialisé, tout neuf... Elle sait qu'elle va y passer un bout de temps, et commence une liste de bouquins à lire. Elle me dit qu'elle songe sérieusement à s'attaquer à la série des 'harry potter' (quelle rigolade à ce sujet ! ) De mon côté (j'ai des amis dans le milieu médical) je prends quelques renseignements, puisque je ne savais même pas que ça existait, le cancer des gencives. Les informations que je récolte me paniquent grave ! "Très invalidant et douloureux, il faut gratter, scier, enlever les dents ...Il y a souvent de la chirurgie réparatrice ..... quand on s'en sort". Je suis éffondrée, mais je veux, comme elle, rester optimiste. Et puis, en mars, elle me dit qu'elle n'aura pas sa date d'opération car les résultats des derniers examens sont mauvais, les médecins soupçonnent un cancer des poumons également, il faut reporter l'opération et faire un check-up général... On la bourre d'ores et déjà de médicaments anti-douleurs, elle ne peut plus travailler... Elle garde néanmoins le moral, mais est furieuse contre son entourage qui continue de fumer... Fin mars, les médecins confirment le cancer du poumon (donc gencives et poumons) et commencent chimio et radio thérapie illico presto. Avril-Mai : Les traitements la mettent à plat, mais les premiers résultats de suivis semblent être encourageants. Juin : Elle déprime car son traitement ne semble plus progresser et elle se sent, elle, de plus en plus diminuée. En parallèle son mari m'annonce que les médecins sont très pessimistes : Les derniers résultats d'examen montrent que les métastases pullulent et diagnostiquent un cancer généralisé. Elle doit rentrer à l'hôpital, elle n'a plus d'autre choix ! Je suis anéantie ! Juillet, elle est à l'hôpital, dans le service de cancérologie ... et moi en vacances au bord de la mer, où je tire une taffe sur la clope d'un collègue !!!!!!
Voilà, aujourd'hui elle n'est plus et j'avais juste envie de vous parler un peu d'elle, de mon amie, que vous ne connaissiez pas, mais qui était méritante Elle était méritante, c'est vraiment le terme, elle méritait, oui, ne serait-ce que de vivre plus longtemps !
C'est c'te pouffiasse de clope qui devrait être 6 pieds sous terre, enterrée sans honneur, sans considération, sans fleurs..... Avec pour seule gerbe, celle que j'aurai moi, en crachant sur la tombe de cette sal-pe !
J'ai fêté mes 5 mois d'arrêt dans la joie, l'allegresse et la très bonne humeur !
Ce 13 juillet, en vacances d'été au bord de la mer ... Coquillages et crustacés, le ciel, le soleil, la chaleur... Que demande de plus le peuple ???
Je me sens belle : J'ai perdu du poids, je peux me remettre en maillot 2 pièces, je suis joliement bronzée, je suis reposée, je suis dans l'eau tous les jours, je respire... Bref, je profite à fond de ces premières vacances d'été sans cigarette...
Ce soir, nous sommes invités chez un ami (marcassin au barbecue !). Nous sommes une bande de copains, très heureux de passer la soirée ensemble. De la terrasse nous aurons une vue imprenable sur le feu d'artifice du village voisin. On n'est pas bien, là ? C'est l'apéro au rosé bien frais... puis le marcassin aux épices (un délice)... Le dessert est interrompu par le départ du feu d'artifice... La vie est belle ! De retour à table, dans le jardin, on termine le dessert... puis vient le café et le limoncello.... Les discussions vont bon train, les rires fusent.. Et les fumeurs (la minorité maintenant, après les arrêts successifs des uns et des autres) et leurs jolies cigarettes odorantes à ce moment-là de la soirée (pourquoi ?) me font follement, terriblement, incommensurablement envie....
Pourquoi, après 5 mois d'arrêt, l'envie est-elle si fulgurante, si irrépressible ???
Ou alors, c'est parce que je me sens si bien, si belle, si FORTE ... Que je me penche vers mon voisin et lui mendie une taffe .... MEME PAS PEUR !
Le geste n'a pas été oublié : Je retrouve immédiatement la façon de tenir la cigarette, de l'approcher de mes lèvres, de prendre une sorte d'élan pour aspirer sa 'subsantifique moelle' tout en fermant les yeux (histoire de mieux apprécier ???)
Et tout de suite, l'étau salvateur, l'impression d'avoir les poumons en feu, les yeux qui piquent, l'envie de tousser, irrépressible... J'ai mal... Mais surtout : J'ai HONTE !
Oui, honte d'avoir surestimé ma capacité à faire face à ce démoniaque poison, honte d'avoir cédé à la tentation et d'avoir gâché ce moment jusqu'à présent si délicieux.... Tout cela ne dure qu'une fraction de seconde... Mais déjà les larmes me viennent aux yeux.... Je repousse cette satanée clop de toutes mes forces, je l'éloigne de moi et lui crie intérieurement mon dégoût, ma peur, mon désespoir, ma lâcheté... Trop tard, Abélard, le mal est fait !
Aujourd'hui, près de 10 jours après ce faux-pas, je m'étonne encore de l'étendue de son pouvoir, de son emprise sur moi à cette clope, cette saleté ! Elle n'a toujours pas dit son dernier mot et je dois rester sur mes gardes, vigilence extrême !
Je n'ai pas repris ne serait-ce qu'une seule taffe... Mais, malgré mon dégoût, cet étau, mes poumons qui ont eu l'impression de passer sous une presse bouillante, j'ai toujours envie ! Ce dégoût salvateur du 13 juillet, je l'ai oublié... Non, je mens ! Je l'ai volontairement occulté... et mon esprit n'en garde aujourd'hui que l'envie, le souvenir de la cigarette plaisir, l'envie de recommencer à fumer ! Cela fait 12 jours et l'envie ne passe pas... C'est ma diabolique tentation, ma drogue infernale déguisée en madeleine de Proust ! J'ai l'impression d'être revenue aux premiers jours de ma défume, quand l'envie était si difficile à gérer ! Je frise la grosse déprime ! Bon sang de bois ! Juste pour une taffe, une toute petite taffe !! Je le paie cher !
J'ai eu de la chance sur ce coup-là... Une très grande chance ! Peut-être ma dernière chance ! Alors il faut que je m'y accroche !
Ne croyez pas aux miracles, aux mirages, aux promesses de la subliminale clope : Elle reste en sommeil, là, elle se fait oublier... On se croit fort, on se croit toujours plus fort, d'autant plus fort que le temps passe... Elle n'attend que le bon moment pour revenir à la charge, plus vite, plus durement... Elle vous surprend, vous prend au dépourvu, s'imprime profondémment dans votre esprit, votre âme presque.. Vous laisse une trace indélébile, qui ne cicatrisera qu'avec le temps, le poids des ans et l'abstinence totale.
Merci à vous tous de m'avoir lue. Je ne suis pas là pour vous faire la morale, juste vous faire part de mon imbécile expérience, dès fois que ça vous aide à tenir ! Bon courage à tous
Il fait beau et chaud cet après-midi ! Alors, j’ai envie d’aller m’aérer la tête en bord de mer ! Je frime avec mon petit coupé cabriolet, cheveux au vent et lunettes noires (genre grenouille, mais vachement mode, si-si, cht’assure !). Un peu de monde sur la départementale qui mène à la plage, je ne suis pas la seule à avoir eu cette idée… Je me la joue grave en bord de mer, une main sur le volant, l’autre accoudée sur la porte... De temps à autre, je passe une main nonchalante dans les cheveux… Tu vois, genre starlette au festival de Cannes (!)… Il y a du monde sur les terrasses… Bientôt l’été ! Un petit vent de rien du tout amène juste la fraicheur adéquate….
Tiens, c’est quoi ça ??? Un insecte ?? La vache, c’est tombé là, entre mes jambes sur le fauteuil de ma voiture……
NOM DE NOM, une clope a moitié fumée et ça fait déjà un trou dans la mousse de mon siège auto…… Miracle, j’arrive à la choper avant qu’elle ne fasse trop de dégâts…. Maintenant, se garer, le tôt vite possible, une main qui tient la clope, l’autre le volant…. Périlleux ! D'autant que la SAL-PE me nargue avec sa robe blanche et dorée, son parfum qui a des allures de madeleine de Proust…. Et…C’est pas vrai ! Juste la marque que j’achetais…….J’y crois pas, je suis pleine de schcoumoune !! Pourquoi moi ??
Je me jette, en crabe, là, dans la première place libre que je trouve… OUF ! Je respire en grand… 2 fois de suite.
Et je la regarde, là, droit dans les yeux ! Elle me toise, l’effrontée ! "Tu ne vas pas faire ta maligne bien longtemps, Pétasse !" Et HOP, je vire, je jette, je lance, je bazarde….. Et PAN juste là, le petit coup de vent qui me la ramène dans le décolleté… Elle me brûle cette pouffiasse
Je saute de la voiture, tel un zébulon monté sur ressorts et j'atterris, à la vitesse de l’éclair, au milieu de la chaussée à secouer ma chemise qu’elle a déjà noircit, la Radasse ! Elle tombe enfin, s’écrase mollement sur le bitume … Je lui saute dessus, je la piétine, l’écrase des deux talons… La madrilène et son furieux flamenco sera stoppée par le klaxon de la voiture qui attend de pouvoir poursuivre son chemin et que je bloque avec ma gestuelle incongrue. Le chauffeur et sa passagère me jette un regard de totale incompréhension, ou plutôt de complète certitude sur mon état mental.
Je fais le tour de la voiture et je m’assois, là, sur le petit muret côté plage… Et je pleure ! Mais c’est pas vrai ! J’ai brûlé ma voiture, moi qui n’ai jamais fumé en voiture du temps où j’étais fumeuse de peur que ça m’arrive cette histoire, j’ai brûlé la chemise que je me suis achetée dès que j’ai fêté mes 15 premiers jours de défume, je suis débraillée, échevelée, en sueurs et rouge écarlate ! Puis presque immédiatement, c’est la colère qui prend le dessus : Bande de cons (les fumeurs), vous avez pas fini de m’emmerder avec vos clopes que vous jetez n’importe où et n’importe comment. Vous ne voyez pas dans quel état je suis à cause de cette merde que vous continuez à fumer ??? Dans quel état est ma chemise, ma voiture… Saleté de clope ! Après je me calme… Et je me dis que finalement, ils avaient raison de douter de mon intégralité mentale, ces automobilistes de tout à l’heure… N’importe quoi ! Je me suis mise minable grave….
Mais quand même … Avouez ! J’ai vraiment pas eu de chance, sur ce coup-là, non ??
Profil de
Patricia1322
Age: 48 Expérience avec le tabac: J'ai fumé pendant près de 30 ans. Sans jamais arrêter totalement . 3 tentatives d'arrêt depuis octobre 2011... et rechute au bout de 10 jours, 21 jours, 2 jours Informations à mon sujet: Jusqu'à 1 paquet par jour, et depuis près de 6 ans, 2 paquets par semaine Voir mon profil complet Accéder au forum
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