Le 5 octobre 2005, je m'en souviens comme si c'était hier, 1 an, c'est court finalement!
A l'époque, j'essayais d'arrêter de fumer depuis des années déjà. Je résistais 2 jours, puis je craquais et je m'en voulais. Je recommencais quelques jours et ainsi de suite! Dès que je vivais des choses trop intenses émotionnellement, je re craquais! Je menais un combat constant, j'étais épuisée, déprimée, avec le sentiment que jamais je ne pourrais résister à l'appel de la cigarette qui me prenait toute entière. Quand je fumais, j'étais fébrile jusqu'au bout ... des plus petites cellules de mon cerveau. La cigarette était inscrite au plus profond de moi! Ca faisait plus de 20 ans que je fumais, plus d'années de vie à fumer que sans!!! Et quelles années aussi, celles de ma construction! La cigarette a été là, elle m'a suivi, m'a accompagnée, j'ai eu besoin d'elle très vite après mes premières cigarettes.
Je suis passée par les stades où la cigarette ne me fait pas de mal et j'aime fumer, c'est "fun" à, la cigarette est mon soutien et mon amie à, la cigarette ne me fait pas du bien physiquement mais j'en ai besoin pour vivre à, ... je ne sais plus vivre, car je n'ai plus de souffle ni d'énergie, mais je ne sais pas arrêter ...
Chaque fois que j'essayais de m'en débarrasser, la vie me faisait vivre des choses que je me sentais incapable de traverser sans fumer.
Le 5 octobre 2005 fut un jour comme celui-là. Essai d'arrêt, puis le soir venu, gros coup de blues, envie de fumer dans les tripes ( clin d'oeil à toi Zena), envie de tout casser! Pourtant, pour la première fois, avant de fumer, j'ai téléphoné à une amie. Je ne sais plus ce qu'elle m'a dit, mais je crois qu'entendre son "désir" de me dissuader à fumer m'a touché, et je lui ai dit "tu as raison, ce serait bête, je ne vais pas fumer". Ce fut la première fois, il y a un an que je passais un cap difficile où, cette envie de fumer violente s'est transformée en tendresse, en envie de cesser de retourner la violence contre moi. C'est là que j'ai eu confiance que j'étais capable de tenir jusqu'au lendemain.
C'est comme ça que j'ai décidé d'entreprendre mon sevrage. Le meilleur moyen de se débarrasser d'une drogue, c'est de s'en éloigner. Chaque jour éloigné d'elle, augmente la distance entre elle et moi, et me rapproche de mon libre arbitre, de ma capacité à décider!
J'ai décidé que lorsque j'aurais envie de fumer, je me dirais que je me savais capable de tenir jusqu'au lendemain, et que le lendemain, je déciderais si je fume ou pas. Mais en attendant, je ne fumais pas jusqu'au lendemain.
Aujourd'hui nous sommes le 5 octobre 2006, ça fait 1 AN que je n'ai plus aspiré, avalé, respiré, introduit cette drogue dans mon corps et il m'en remercie.
Quel chemin parcouru. On ne peut pas dire que je n'aie pas eu de soucis durant cette année. Le plus dur fut le suicide de mon père. J'ai connu et je connais encore des moments de tensions, d'émotions forts, alors je cherche des moyens de les gérer autrement. J'ai entre autre commencé rapidement le jogging, et je ne peux plus m'en passer. C'est à mon sens, le moyen plus oxygénant, ressourçant, nourrissant, défoulant, .... que j'aie trouvé.
Depuis un an donc je déborde d'énergie, je suis de plus en plus en forme, j'aime l'oxygène que je respire, et je n'ai plus peur de passer au travers de ce que la vie met sur ma route.
Je crois que le bénéfice le plus grand que je tire de tout cela, c'est bien sûr une meilleure santé, vitalité, une économie d'argent, mais bien au delà j'ai trouvé une paix et une estime de moi. J'ai cessé de me torturer le corps, de m'empoisonner, je peux faire confiance à moi-même maintenant. Je suis capable de me faire du bien, je suis capable de veiller sur moi, je suis capable de gérer mes émotions en amie pour moi-même, je n'ai plus envie de me détruire, oh non, je veux vivre.
Ce site fut pour moi essentiel et bien que je n'arrive plus à encourager les nouveaux, car je n'arrive plus à me mettre dans la peau des difficultés des débutants, ça reste quelque chose d'important pour moi cette partie de ma vie à fumer, et cette nouvelle partie de vie libérée. Avec cette tribu, je me sens entourée de personnes qui comprennent, qui vivent et ressentent les mêmes choses. Personne dans mon entourage ne peut comprendre, que lorsque je vis quelque chose de fort, positif ou difficile, ma première réaction est "l'envie de fumer". Personne ne peut comprendre ça, et que ce n'est pas parce que j'ai envie de fumer que je vais le faire, ou que c'est diffiile. Personne sauf vous tous, les ex-drogués que nous sommes

Je vous souhaite de retrouver comme moi, en abandonnant la cigarette, votre joie de vivre.