Sensation étrange hier soir : j'avais plein de projets en tête

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J'ai un site Internet à faire (ce qui va supposer d'apprendre d'abord à faire un site Internet

). J'ai des photographies à faire, pièce après pièce, de notre collection de machins (et comme nous avons environ deux-cent cinquante ou trois-cent machins, ça va prendre du temps). Cherchez pas, je ne vous dirai pas de quelle collection il s'agit

. J'ai un projet d'aménagement de notre logement à dessiner, puis des entreprises à consulter, pour refaire une partie en bien mauvais état et agrandir notre appartement. J'ai des envies de week-end en Picardie, dans le Nord, en Suisse. J'ai envie d'écrire un roman. J'ai envie de me remettre aux arts graphiques. Nous devons repeindre un restaurant. Je dois à mon compagnon, depuis des années, un carton pour une tapisserie. Il me demande aussi de lui trouver des idées pour une fresque murale.
Je sais bien qu'avec mon rythme quotidien (trois heures et demi de trajet pour aller bosser...) et ma tendance à la contemplation tranquille, je ne vais pas lancer tous ces projets dans la même décennie. Mais je sens comme une excitation qui monte, qui me fait penser que la vie est globalement une belle chose, qu'on peut faire mieux que passer d'un jour à l'autre sans perspective, que la date du 27 mai, celle de ma dernière clope, il y a huit mois, est en train de perdre de l'importance.
Pendant huit mois, j'ai regardé en arrière vers la clope pour lui interdire de m'approcher. Je commence à regarder pluis souvent en avant qu'en arrière. Je n'ai plus besoin de surveiller la clope en continu, je sais qu'elle en train de me courir derrière mais j'ai pris assez d'avance. Un coup d'oeil de temps en temps dans le rétroviseur suffira à vérifier que je ne la laisse pas reprendre du terrain. Elle a perdu, elle perd et elle perdra. Comment dit-on, déjà ? Ah oui : "yes we can" !
Jo