Voyons, que disait-il, ce gros malin de Jo, la semaine dernière ? Ah oui ; "J'ai à régler un problème de début de déprime, mais je me rends compte que la défume n'en est qu'un facteur aggravant, et que la cause est ailleurs. Je vais donc pouvoir m'y attaquer directement". Tu parles

! C'est vrai, la défume n'en est qu'un facteur aggravant. C'est comme quand on tombe de cheval : si la jambe casse, c'est parce qu'elle n'était pas assez musclée et qu'on n'a pas mangé assez de yaourts quand on était petit pour avoir des os solides. La chute, ce n'est que le facteur aggravant...
Ce qu'il faut comprendre, c'est que nous avons tous des mécanismes de lutte contre le stress et la déprime, et que c'est grâce à ces mécanismes que nous gérons en continu ce que la vie peut avoir de difficile et d'angoissant. Or, chez le fumeur dépendant, la nicotine a pris la place de ces mécanismes. Quand j'ai arrêté de fumer, je me suis trouvé confronté sans protection à une période professionnellement très complexe. La déprime a donc deux causes : la cause profonde (stress professionnel ou personnel) et la cause déclencheuse (la disparition de la nicotine qui permettait de gérer la situation).
Bref. J'ai passé un assez mauvais week-end et surtout une nuit de lundi à mardi très pénible, avec des sensations diverses de pénibilité, d'étouffement, d'angoisse, d'ennui mortel

. L'impression d'avoir perdu l'interrupteur qui permet de se calmer et de s'endormir

. Et surtout, sensation fort déplaisante depuis trois ou quatre jours : j'ai du mal à me souvenir de ce que j'ai fait dans la journée

. J'ai foncé hier chez le médecin, qui m'a prescrit un traitement anti-dépresseur modéré, en me disant que c'était quelque chose dont presque tous les défumeurs avaient besoin. Il m'a dit que lui, qui pense arrêter de fumer bientôt, prendra un anti-dépresseur à titre préventif. Je trouve qu'il va vite en besogne, mais je sais qu'il a raison quand il me dit que je suis dans les jours de rupture qui marquent le début d'une dépression.
Il y a deux façons de soigner une déprime : agir sur la cause profonde pour supprimer le stress ou agir sur la cause déclencheuse pour ré-apprendre à gérer ce stress. Dans mon cas : régler tous mes problèmes professionnels ou prendre un traitement le temps nécessaire pour que je réapprenne à gérer la situation sans aide. La première solution implique de changer radicalement le caractère de plusieurs personnes haut placées dans ma hiérarchie, de faire nettement progresser la compétence de quelques responsables du gouvernement et de concevoir autrement la gestion des finances publiques. Je choisis donc la première solution

. Et j'espère me rendre compte bientôt qu'il y a des moyens de me trouver à ma place dans mon boulot sans bouleverser pour mon confort toute l'organisation de la planète

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Jo
