Quelques nouvelles
Bonjour à tous !
Juste un coucou pour vous encourager dans vos efforts pour ne plus fumer.
J'ai arrêté en mai 2008, et depuis je n'ai pas pris une seule bouffée de tabac. C'est l'une des choses les plus positives qui me soient arrivées, et j'en suis vraiment très heureux. Moi qui avait des rhino-pharyngites très fréquentes, je n'en ai presque plus jamais.
Il y a deux mois, mon père est mort après des années de lutte contre un cancer du larynx (causé, comme souvent, par la conjonction du tabac et de l'alcool). Une vraie saloperie, croyez-moi. J'espère, après bientôt cinq ans d'arrêt, que mon corps s'est débarrassé des cochonneries que je lui ai fait inhaler.
Tenez bon, accrochez-vous, je vous promets que ça finit par être plus facile, et que cela vous fait du bien
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Jo
Posté le 22 janvier 2013, à 12:08
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Quelques nouvelles d'un ancien fumeur
Je passais par là par hasard pour donner un petit encouragement à Stéphanie2309, qui se relance avec courage et entrain, et je me suis dit qu'il n'était pas idiot de venir ici dire où j'en suis.
Alors voilà : je n'ai toujours pas fumé une clope depuis, je crois, le 18 mai 2008, soit bientôt trois ans et huit mois
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Je continue inlassablement à retenir ma respiration quand je croise un fumeur dans la rue et à écraser du pied les mégots que je vois encore fumant sur les trottoirs. Plus personne n'a jamais fumé dans mon appartement. Je me tiens autant que possible à l'écart des cigarettes, mais sans intégrisme (il m'arrive de passer une soirée dans un lieu enfumé).
Il m'arrive, une fois tous les six mois ou tous les ans, dans des moments de déprime, d'avoir une envie de clope très passagère. Mais je sais qu'il ne faut surtout pas laisser ce genre d'envie prospérer. C'est net : plus jamais une seule bouffée.
La dépression que j'ai traversée ces dernières années, qui était auparavant masquée par le tabac et que l'arrêt a mise à jour, est peu à peu en train de devenir un souvenir. Je sais que, ne pouvant m'appuyer sur la clope, je suis plus sujet qu'avant à des journées de mélancolie, mais j'ai appris à les gérer.
Je suis non-fumeur. Mais je suis un ancien fumeur, avec une forte propension à la dépendance à la nicotine, et je sais que la moindre faute se paierait très cher. Je fais attention.
Jo
Posté le 12 janvier 2012, à 15:50
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Engagement contre le tabac
Parfois, il y a des décisions qui arrivent sans que vous l'ayez du tout anticipé. Ce matin, par exemple, j'ai décidé de dire quelque chose que je n'aurais pas eu envie de dire plus tôt, si je m'étais posé la question. Je ne publie plus sur ce blog, donc c'est sur mon second blog que j'ai écrit un article, mais pourtant je trouve que ce texte doit se trouver aussi ici. Voici donc, après dix-huit mois sans cigarettes, ce que j'ai envie de dire :
À tous les anciens fumeurs qui tiennent le coup,
à tous les défumeurs qui, en ce moment, se battent au quotidien pour ne pas fumer,
à tous les fumeurs qui ont envie d'arrêter mais que la dépendance retient dans ses filets,
à tous les fumeurs qui restent dans l'illusion d'un libre choix,
à tous les morts du tabac,
à mon père récemment opéré d'un cancer,
je promets
que je vais continuer la défume jusqu'à la fin de mes jours
que je ne fumerai plus jamais la moindre cigarette,
que je ne fumerai plus jamais la moindre bouffée de tabac.
Je n'ai, de ma vie, fait que deux promesses, et je les tiens sans faille. Celle-ci est la troisième. Vous pouvez compter sur moi pour la tenir, vous pouvez vous appuyer en confiance sur ma force face au tabac.
Jo
Posté le 8 décembre 2009, à 09:44
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Mon second blog
Comme annoncé, j'ai envie d'un blog plus complet, et ne parlant pas que de défume. Je l'entame ces jours-ci, sans trop savoir encore à quoi il ressemblera vraiment. Il est encore vide ou presque, mais je pense l'alimenter à peu près au rythme où j'alimentais ce blog-ci : un peu plus d'une fois par semaine. Pour me lire donc, désormais, voici l'adresse :
Je reste présent également sur les forums du Stop.
Jo
Posté le 2 juillet 2009, à 09:40
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Ce n'est qu'un au revoir...
Voilà. Je sentais que cela se préparait depuis un moment, et le moment est venu. Après plus d'un an sans tabac, et dix mois en votre compagnie, je mets fin à la première partie de ce blog parce que ce que j'ai envie d'y dire est de moins en moins directement lié au tabac. Je ne quitte pas la tribu, et je continuerai à tenir un blog, ici ou ailleurs, mais ce ne sera plus le même type de blog.
En un an, j'ai appris que le tabac est un psychotrope, une drogue. Ces notions sont intéressantes. L'humanité utilise beaucoup de psychotropes, c'est-à-dire de substances qui modifient le fonctionnement biochimique du cerveau. Le but peut être très variable, mais on y distingue en général assez facilement l'envie de modifier l'état de conscience : pour me détendre, pour m'exciter, pour me réveiller, pour m'endormir, pour me calmer, pour oublier, pour me consoler, pour le plaisir... Pas mal de ces produits sont addictifs, ce qui signifie qu'il est difficile de s'en passer une fois que le corps en a pris l'habitude, et que cela nécessite une période de sevrage qui peut être difficile. Pas mal de ces produits sont toxiques. Certains au contraire sont, dans les doses courantes, sans aucun danger.
Est-il exagéré de dire que l'humanité toute entière recourt à des psychotropes ? Faisons un panorama rapide. Crack, éther, héroïne, cocaïne, morphine... : pas vous, n'est-ce pas ? Ecstasy, champignons, peyotl, opium, amphétamines, cannabis, chanvre... : quelques-uns d'entre vous, déjà ? Alcool, tabac, coca, qat... : ça commence à faire du monde, je suppose. Café, thé, cacao... : ah oui, tiens, même la bonne du curé ! Et bien sûr les médicaments psychotropes, qu'ils soient antidépresseurs, hypnotiques, sédatifs, anxiolytiques... : tous ces médicaments que prennent les gens qui sont trop raisonnables pour se droguer. Sans compter qu'un certain nombre de produits courants ont, à forte dose, une action psychotrope, tels que les sucres. Eh oui, pourquoi croyez-vous que les enfants raffolent de sucreries au point de parfois faire de véritables excès ? La consommation de psychotropes est telle que la conclusion s'impose : ils ne sont pas une simple conséquence de nos organisations sociales mais un rouage fondamental. L'État ne distribue plus de clopes aux soldats, mais ne lutte contre l'alcool à peu près que du strict point de vue de la sécurité routière, alors qu'il s'agit d'un problème sanitaire majeur. En prenant conscience de ce rôle social des psychotropes, on comprend que la société ne mettra en place de politique lourde et cohérente contre le tabac que si celui-ci cède la place à un produit remplaçant. Tiens, d'ailleurs, est-ce que les timides progrès récents de la politique de lutte contre le tabac ne sont pas une conséquence de la tolérance croissante pour le cannabis ? Est-ce que la lutte contre l'alcool au volant ne va pas de pair avec le développement des pré-mix, créés pour que les adolescents commencent de plus en plus jeunes les cuites graves ? La société ne luttera jamais sérieusement contre les psychotropes. En alcoologie, on parle de co-dépendance pour dire que les proches d'un alcoolique ont complètement intégré la dépendance de leur proche dans leur mode de vie, et ont souvent du mal à remettre cet équilibre en question lorsqu'il arrête de boire. Notre société est co-dépendante de nos addictions aux psychotropes, à de multiples niveaux.
Heureusement, chacun d'entre nous peut faire le choix personnel de se libérer, partiellement ou complètement. Heureusement, car les psychotropes posent deux problèmes. Le premier problème est qu'ils sont psychotropes. Cela peut, pour certains produits, avoir des effets graves (atteintes neurologiques irréversibles, comportements violents ou dangereux), mais de manière plus large on peut trouver pénible de se sentir sous la dépendance d'un produit qui provoque un comportement non-naturel. Le second problème est que beaucoup de ces produits ont des effets toxiques (provoquant cancers, maladies cardiovasculaires, cirrhose, problèmes rénaux...).
Ma gamme personnelle de psychotropes, fort peu originale mais déjà copieuse, s'est étendue au tabac, à l'alcool, au café, au chocolat, aux sucreries et aux anti-dépresseurs. L'alcool est un produit que j'ai eu besoin d'apprendre à gérer, et que j'ai appris à gérer. Il est devenu très rare que je sois ivre. Le tabac me posait problème aussi, par le risque sanitaire et par le sentiment de dépendance.
J'ai donc appris à ne plus fumer, et à retrouver un fonctionnement naturel... ou presque, car je prends encore un peu d'antidépresseurs, qui se sont avérés nécessaires au cours du sevrage tabagique. Je consomme aussi encore du café, de l'alcool, du chocolat et des sucreries, mais dans des quantités raisonnables, c'est-à-dire que ma raison peut librement contrôler ma consommation et que celle-ci n'entraîne pas de conséquence sur ma santé. Je sais remplacer le vin par de l'eau quand je sens que j'attends ma limite, alors que je ne savais pas renoncer à fumer quand je sentais pourtant que ma consommation était excessive.
Pour arrêter, j'ai eu besoin de comprendre pourquoi je fumais. Je fumais parce que l'effet psychotrope du tabac stabilise l'humeur, en masquant les émotions. Je le sais parce que j'ai dû apprendre, pour ne plus fumer, à affronter mes émotions de façon plus directe. Et c'est parce que j'ai su le faire que j'ai réussi à ne plus fumer. Je fumais parce que la vie n'est pas parfaite, et que la fatigue, l'ennui, le stress, la tristesse, la colère me touchaient moins quand mon cerveau baignait dans la nicotine, comme si toutes ces émotions m'arrivaient amorties par un petit matelas confortable et rassurant.
Je n'ai pas arrêté par la seule force de ma volonté. J'ignore si j'y serais arrivé sans aide, et ce n'est pas une question qui m'intéresse. J'ai arrêté avec deux grandes aides. D'une part, j'ai utilisé des patchs à la nicotine, qui permettent, avant de se passer complètement de nicotine, de perdre ce que certains appellent « le geste ». Ce n'est pas le geste qui est concerné, en fait :c'est le processus cérébral consistant à avoir envie d'une clope lorsqu'on ressent une émotion quelconque (y compris l'ennui). L'administration régulière de nicotine par le patch permet de supprimer cet automatisme, et l'arrêt de la nicotine est ensuite nettement facilité. D'autre part, j'ai utilisé votre soutien à tous. En vous appelant à l'aide, je savais pouvoir compter sur un appui autre que la nicotine lorsqu'une émotion devenait trop présente. En vous aidant comme je pouvais, humblement mais sans retenue, j'étais amené à me voir en vous, à me comprendre pour vous comprendre.
En ne fumant plus, j'ai comme beaucoup d'entre vous eu l'impression de me redécouvrir. Cela suffit à me donner envie de ne jamais refumer une cigarette. Plus jamais une seule, puisque j'ai compris qu'il y a deux types d'attirance vers la cigarette : la tentation du psychotrope, c'est-à-dire l'envie de ressentir l'effet psychotrope de la nicotine au moment où on fume, et la tentation de la dépendance, c'est-à-dire l'envie que cette cigarette, en ouvrant la porte aux suivantes, supprime toute sensation de manque. N'oublions pas que le manque premier, c'est le sevrage du lait maternel : le manque est un état normal. Arrêter de fumer, c'est faire le point sur ces tentations et trouver les moyens de leur résister en construisant d'autres façons de mener sa vie. Arrêter de fumer, en fin de compte, c'est, au sens le plus positif, apprendre à vivre sans cigarette. Ce n'est donc pas une privation, mais la redécouverte d'une compétence oubliée.
Jo
Posté le 17 juin 2009, à 14:53
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Le paquet de cigarettes
Il y a quinze ans, j’ai vécu un événement aussi banal que pénible : une séparation douloureuse d’avec un garçon avec qui je vivais, que j’aimais et qui m’aimait.
Pour construire une vie commune, l'amour ne suffit pas, surtout quand ses deux membres n'en donnent pas la même définition. Après deux ans de partage, nous avons connu une période de turbulence. Pendant plusieurs mois, j’ai fait des efforts considérables pour accepter une situation qui devenait de plus en plus difficile pour moi, et j’ai été de plus en plus malheureux. Ces efforts n'étaient pas reconnus, et au contraire j'avais le sentiment de voir ma souffrance niée. Mon ami me rendait malheureux et me reprochait d'être malheureux.
C'est dans cette période que j'ai écrit le texte que je vous livre aujourd'hui. Ce n'est pas un récit de ma séparation, mais une tentative d'exprimer la violence que j'ai ressentie à voir ma souffrance retournée contre moi, à me sentir enfermé dans cette souffrance. L'écrire m’a aidé à comprendre que je faisais trop de concessions, que nos discussions menaient à un marché de dupes, et qu'il était temps de mettre fin à ce couple.
Très peu de temps après l’avoir écrit, je suis passé voir mon ami à son travail pour lui expliquer que je n’acceptais plus la situation qu’il m’imposait. Moins d'une semaine plus tard, je suis allé m’installer chez des amis le temps de trouver un nouveau logement. Depuis, ce garçon est devenu un ami proche. Je ne lui ai jamais montré ce texte.
Si je vous le livre, c'est parce qu'il montre comment, inconsciemment, je vivais la cigarette (je fumais, à cette époque, cinquante cigarettes par jour). Il me dit, quand je le relis aujourd'hui, que la cigarette sert à taire les émotions, à les enterrer, à les nier. Que la cigarette peut faciliter la vie mais nous cache la réalité du monde, notre réalité.
Jo
Le paquet de cigarettes Le monde se renversa brusquement. Elle sentit le sol se jeter vers sa tête, elle vit le trottoir se dresser pour lui cogner l’épaule. VIOL. Il n’était pas possible que ce monde qu’elle connaissait, ce monde qu’elle aimait, son complice de toujours, puisse ainsi la voir jetée à terre. VIOL. Qu’y a-t-il de plus banal que d’être ainsi attrapée, bousculée, malmenée ? Ça arrive à tant d’autres ! VIOL. Impossible ! A-t-elle été trop imprudente ? Sa jupe est-elle trop courte ? Aurait-elle dû éviter ce quartier ? Aurait-elle dû prendre des leçons de karaté, avoir une arme ? A-t-elle eu tort de se maquiller ? VIOL. Non, pas de questions. Ça ne sert à rien. Il ne se peut pas que ce soit de sa faute. On n’est jamais coupable d’être violée. Mais alors, si ça lui arrive sans qu’elle en soit la cause, comment y survivre ? Comment vivre violée ? VIOL. Il faut refuser. Il ne faut pas être violée. Il ne faut pas risquer de toute sa vie être dégoûtée de soi-même, de toute sa vie éprouver une terreur des autres, des mots, des gestes, de toute sa vie être perdue dans un monde auquel on ne pourrait plus jamais faire confiance. VIOL. Il faut refuser d’avoir été violée. *** Alors elle se retourna. Il rebouclait déjà sa ceinture. Ce qui avait eu lieu ne devait pas avoir eu lieu. « Donne-moi cinquante francs. » Évidemment. Quand on fait l’amour contre son gré, c’est qu’on fait l’amour pour être payée. Il fallait qu’il la paye, il fallait qu’il joue le jeu. Combien est-on payée d’habitude ? Je ne sais pas. Cher. Il fallait qu’il paye. Il fallait qu’il accepte de payer. Il fallait qu’il puisse payer. Et s’il n’avait pas assez, oh mon Dieu, et s’il n’avait pas assez et qu’il ne payait pas ? Horreur ! Mais ce serait du viol ! La baiser et partir sans payer ! S’il ne payait pas, sa vie s’arrêtait. Le monde ne redeviendrait jamais celui qu’elle avait connu, celui d’avant le déchirement, celui qui était doux et heureux et parfumé. Le monde resterait une éternité de viol, un viol si long que sa vie durerait des siècles de douleur. Il fallait lui donner les moyens de payer. Fixer un prix qu’il accepte de payer. « Bon, d’accord, sur un trottoir, comme ça, c'est pas génial. File-moi quelques clopes et n’en parlons plus. » Il paya. Il lui tendit un paquet et partit. Il lui donnait un paquet de clopes, il lui disait merci. Il ne l’avait pas violée, puisqu’il la payait. C’était mieux pour lui, et c’était mieux pour elle. Elle serra le paquet dans ses mains. Elle avait un paquet de cigarettes. Elle l’avait échangé contre le droit de la jeter au sol, de remonter sa jupe, de la baiser. *** Elle se leva pour rentrer. Elle serrait toujours dans ses mains l’étui en carton, et dans cet étui vingt petits rouleaux de papier remplis de tabac. Dérisoire. Quel goût ça pouvait bien avoir ? Elle n’en savait rien. Elle fut tentée de mettre le paquet dans son sac. Après tout, elle n’allait pas se mettre à fumer simplement parce qu’elle s’était fait payer en cigarettes. Elle pouvait garder le paquet dans son sac et ne plus y toucher. Non. Si elle ne le fumait pas, ce paquet gagné à la sueur de ses cuisses, c’était comme si elle n’avait pas été payée. Pas payée après avoir fait l’amour sans désir ? Ça n’était pas possible. Ça n’existait pas. Un passant. Quelqu’un. Sa gorge se noua. Un instant de panique. Sottises ! Il n’allait quand même pas lui sauter dessus, ces histoires de passant qui vous sautent dessus pour vous violer, c’est bon pour le cinéma, ça n’arrive pas, pas à elle, en tout cas, parce que, elle, elle ne se laisserait pas faire, elle se défendrait. Elle sortit une cigarette et lui demanda du feu. Elle fuma sa première cigarette. Ça n’avait pas vraiment bon goût ; mais il y avait la satisfaction de fumer une cigarette qu’elle avait gagnée, méritée par son travail. Ça n’avait pas bon goût et ce n’était pas grand chose ; mais ça faisait du bien. *** Elle sourit. Le monde allait son train, le monde qu’elle aimait tant continuait son chemin. Ils allaient bien s’entendre, le monde et elle, comme hier et comme avant-hier. Le monde l’aimait, le monde ne permettrait pas qu’on lui fasse du mal. Oh, peut-être un ou deux bleus à l'épaule, elle avait dû se cogner sans y prendre garde ; et puis sa jupe était déchirée, un peu devant, et puis bien sale ; elle était très fatiguée ; merde, j’ai encore filé mon collant ; et puis elle aussi se sentait sale, va savoir pourquoi ; c’était pas un soir où tout allait bien. Mais tout ça, c’était des petits pas grand-chose. Il y avait des gens tellement plus malheureux qu’elle. Les femmes violées, par exemple. Écrit à Lyon, le 6 juin 1994
Posté le 16 juin 2009, à 11:01
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Je vais bien et je n'ai rien à dire.
Je me demandais dans mon dernier article si j'étais en déprime ou en défume, et par quel bout je devais attaquer une difficulté d'humeur. Vous avez été nombreux à laisser des commentaires sur mon article ou à me faire passer des messages par diverses voies. Vraiment, j'en éprouve une très grande reconnaissance, car vos avis, vos réactions, vos idées, m'ont aidé à dénouer l'écheveau et à y voir plus clair. J'ai repris mon traitement anti-dépresseur et pas les patchs. Je préfèrerais faire du sport puisque j'ai pu vérifier que cela aide à combattre la dépression, mais mon dos ne me le permet actuellement pas.
Aujourd'hui, je vais bien. Je ne peux pas dire que je me sente vraiment en pleine forme puisque mon dos n'est pas vraiment remis, mais pourtant, je suis détendu, serein. C'est donc que je n'ai plus besoin, pour être serein, de nicotine. La nicotine n'est plus le passage obligé vers le bien-être. Voilà, je n'ai pas grand chose de plus à vous dire, mais il serait dommage de ne faire d'article que quand quelque chose cloche. Je vais bien. Je ne suis pas, contrairement à ce que j'espérais, totalement sorti de la déprime, mais elle ne me pèse pas. Je vais bien, et je trouve que c'est une jolie chose à dire, sur ce blog derrière lequel se cache une année de combat. Je finis de panser mes blessures, mais la vie a déjà repris son cours normal.
Tiens, à propos de ne rien avoir à dire, il y a autre chose dont je voulais vous parler. Depuis quelques temps, j'envisage de mettre un terme à ce blog, pas forcément en arrêtant d'y écrire, mais plutôt en ouvrant un nouveau chapitre. J'ai envie de clore quelque chose, de pouvoir écrire "Fin de la défume" et de passer à la suite, qui serait plus du genre "Le cours de la vie". Je crois que j'ai surtout envie de rassembler le tout, le mettre en pages, l'imprimer pour pouvoir le relire de façon moins heurtée que ne le permet l'écran. Pouvoir le relire dans son ensemble, c'est pouvoir le ramasser en une petite chose peu encombrante à ranger dans un coin de ma tête, c'est le mettre à distance tout en l'intégrant définitivement à ma vie.
Je crois que je vais clore ce premier chapitre par un texte un peu curieux. Une courte nouvelle que j'ai écrite il y a des années, qui s'appelle "Le paquet de cigarettes", où la clope joue un rôle secondaire mais intéressant. Ce texte est triste, et je vous dirai pourquoi. Je me rends compte aujourd'hui, en pensant à ce texte, qu'au moment de ma vie où je fumais le plus, j'avais une vision de la clope lucide (quoiqu'alors inconsciente) mais vraiment sordide. Une vision qui combat de façon intéressante beaucoup d'illusions sur le plaisir de fumer. La clope, vous le verrez dès que j'aurai pu remettre la main sur ce texte, c'est d'abord un marché de dupes, et j'ai réussi à m'en libérer. J'ai repris ma liberté.
Jo
Posté le 15 juin 2009, à 12:02
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Défume ou déprime ? Je patauge...
J'ai mal au dos depuis deux semaines, alors je sors à nouveau de chez mon médecin. Il y a dix jours, il m'a dit que j'avais raison d'arrêter les anti-dépresseurs et m'avait donnée un anti-inflammatoire (un peu d'effet, mais pas trop). Aujourd'hui, il me dit de reprendre les anti-dépresseurs pour trois mois, et me donne un autre anti-inflammatoire. L'ostéopathe de la semaine dernière n'a pas eu d'effet, j'hésite à maintenir le rendez-vous de la semaine prochaine.
Si je regarde le problème depuis très haut, le diagnostic est simple. J'ai bossé comme un fou pendant trois ans, en faisant chaque semaine le trajet entre Lyon et le Nord et en passant la semaine sans mon compagnon. Puis j'ai trouvé un boulot plus près, mais avec de lourds trajets quotidiens et pas mal de stress, et j'ai arrêté de fumer. Normal que j'en ai plein le dos. La solution passe par un changement de vie. Aller s'il le faut jusqu'à abandonner le service public, que le gouvernement est en train de mettre à bas pour des raisons strictement idéologiques, et me lancer dans une nouvelle activité. Pas facile, mais j'y réfléchis.
Si je regarde le problème à la loupe, je vois que je suis, en ce moment, énervé et agressif comme en début de défume. Par contre, je ne suis pas découragé et apathique, ou du moins très peu. Mon humeur actuelle ne m'aide pas à me rétablir.
Alors je me pose une question difficile : faut-il que je traite cette humeur par un médicament ? Et si je la traite, ai-je plutôt besoin d'anti-dépresseurs ou de patchs à la nicotine ?
Il est pénible de ne pas pouvoir compter sur mon médecin pour ce genre de question. Et mon rythme habituel ne me donne pas vraiment envie de courir du généraliste à l'ostéopathe, de l'ostéopathe au pharmacien, du pharmacien au tabacoloque et du tabacologue au psychologue. Trajet compris, je consacre au boulot à peu près treize heures par jour, alors que je suis plutôt du genre à aimer prendre le temps de vivre...
Je suis peu présent sur les forums en ce moment, parce que je suis tourné vers moi. Mais je commence à me lasser de mon nombril. J'ai envie de changer d'air.
Jo
Posté le 9 juin 2009, à 18:00
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On n'arrête pas le progrès !
Après un an, j'ai l'impression d'avoir beaucoup appris sur le sevrage. Vraiment beaucoup. Et pourtant, régulièrement, je me fais avoir et je tourne en rond sans comprendre mon humeur alors que j'ai l'explication sous les yeux. Dans mon dernier article, je vous racontais, pour résumer, que la fatigue provoquée par un gros mal de dos relançait l'envie de clope (heureusement devenue assez facile à gérer). Et bien il m'a fallu deux ou trois jours pour comprendre ce qui s'était passé. Alors que j'aurais justement dû m'attendre à un changement d'humeur que j'avais en quelque sorte programmé moi-même.
Car la fatigue est effectivement une bonne explication, mais, surtout, il y avait deux jours que j'avais complètement arrêté mon traitement anti-dépresseur. Pour ceux qui ne s'en souviennent pas, allez lire Edila. La clope a un effet anti-dépresseur, et fumer permet donc de supporter des situations difficiles. Lorsqu'on arrête de fumer, ces situations difficiles resurgissent, et un anti-dépresseur est souvent utile pour ne pas rajouter une déprime à une défume. Seulement, voilà : peu à peu, on va mieux, on apprend à gérer sa vie sans tabac, on trouve un nouvel équilibre, et vient un jour où on arrête l'anti-dépresseur devenu inutile (normalement après six mois, même si je me suis contenté de cinq). Et qu'est-ce qu'on découvre à ce moment-là ? C'est qu'il reste encore une dernière étape chimique à passer : apprendre à se sentir bien sans substitut ni anti-dépresseur, sans rien, encore un peu plus libre.
Plutôt facile pour moi, en fin de compte, mais l'expérience de ces derniers jours m'apprend que cela ne se fait pas non plus tout seul. Je ressens en ce moment plusieurs symptômes de sevrage bien oubliés, notamment l'envie de massacrer les gens que je croise sur la route (imaginez la gueule des chauffeurs de bus s'ils savaient que le cycliste qu'ils doublent en le frôlant rêve de leur éclater la tête contre le bord du trottoir
) et un humour parfois un peu agressif qui fait trembler mes collaborateurs (tout en les faisant rire quand ce n'est pas leur travail que je critique
).
Pensez-y : beaucoup des difficultés du sevrage et de l'après-sevrage sont plus faciles à vivre si on les comprend. Et pour les comprendre, il faut se souvenir de tout ce qu'on a apporté comme changement aux habitudes des derniers jours : changement de dosage ou de marque de patch, fréquentation d'amis fumeurs, déménagement, soirée alcoolisée, modification d'un traitement médicamenteux, diminution de l'activité physique, mauvaise nouvelle sur la santé d'un proche, ordinateur en panne nous privant de forums... Cent mille détails peuvent expliquer nos changements d'humeur, et il est très utile de les identifier, pour éviter d'en rester à une morne plainte sur la durée du sevrage. Tout est chimique, même nos émotions ! Et comprendre que nos humeurs et émotions ont des explications chimiques (ou plutôt biochimiques) n'enlève rien de la magie de la vie. Au contraire. Quoi de plus beau que de comprendre ? C'est faire entrer dans ma petite tête toute la beauté du monde.
Ce soir, une fois de plus, je m'endormirais un peu moins con que la veille. Mon dos va mal, mais c'est son problème. Ma tête et moi, nous allons bien. Et je vais demain chez le kiné, parce que je peux jouer au dur un bon moment, personne ne se rend compte que la douleur me donne des vertiges, mais il va bien falloir trouver une solution
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Jo
Posté le 3 juin 2009, à 15:40
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C'est la vie !
T'y crois, toi ? Je viens de passer un an sans fumer, et je me suis levé ce matin d'une humeur de chien... et avec l'idée d'acheter un paquet de clope. J'ai un très gros mal de dos qui grandit depuis quelques semaines, et depuis hier après-midi je suis vraiment épuisé. Ce matin, les anti-inflammatoires que m'a prescrit hier le médecin font visiblement de l'effet, mais j'étais encore épuisé et je me suis retrouvé carrément furieux, hors de moi. Vraiment envie de massacrer tout le monde sur le trajet vers le boulot. J'ai mis un patch il y a deux heures, et ça va mieux.
Cela peut faire très peur à tous ceux qui débutent : n'en a-t-on jamais fini avec le sevrage ? Rassurez-vous, je ne crois pas qu'il faille voir les choses comme ça. La clope n'est pas seule en cause ! Ce mal de dos est vraiment très lourd à porter, et je suis vraiment épuisé. Mes allers-retours quotidiens (plus de trois heures de métro, train, vélo ou bus) n'y sont pas pour rien, bien sûr. Cet énervement aurait pu survenir quand je fumais. Cela aurait peut-être été moins intense, et au lieu d'avoir envie de fumer... j'aurais fumé comme un dingue. Mais je ne vis pas cela comme un problème. Mon corps a encore, et pour longtemps, le souvenir de la clope, mais je sais très bien ne pas céder à ces envies. Je sais très bien utiliser un patch pour calmer la colère.
Il ne faut donc pas avoir peur que le sevrage dure des années : il faut au contraire se dire qu'après quelques mois, on sait parfaitement gérer les vagues restes de dépendance. À quarante-et-un ans, je sais que je n'ai pas un corps de jeune homme : j'ai les genoux et les talons sensibles aux tendinites, j'ai un petit problème d'audition, ma libido a changé, je suis bien myope et bientôt presbyte et mon oesophage ne supporte plus très bien le champagne. Eh bien, à ces petits tracas que je sais gérer (semelles orthopédiques, lunettes, médicaments divers...), j'en ai ajouté un nouveau cette année : parfois, j'ai besoin d'un patch pour calmer un coup de stress. En contrepartie, ne plus fumer m'a ôté d'autres tracas : je ne tousse plus et je n'ai plus de migraine. Je vous assure qu'il est beaucoup plus facile de supporter ces coups de stress (que les patchs dissipent facilement) que de supporter des migraines que l'aspirine ne faisait pas reculer et qui duraient toute la journée.
Rêver qu'on est définitivement débarrassé du tabac, c'est comme rêver qu'on aura toujours vingt ans : c'est un rêve. On n'est jamais complètement débarrassé du tabac, et c'est comme d'avoir quarante ans : ce n'est pas grave du tout. À une condition quand même : il faut garder affûtés tous ses réflexes, pour ne jamais faire la bêtise de respirer une bouffée de cigarette.
Je vais encore passer une journée pénible, mais cela n'a rien a voir avec la défume : je vais passer une journée pénible parce que j'ai mal au dos. La colère a disparu. Même si je sais que mon cerveau se souvient encore du tabac, je ne me sens plus en phase de sevrage : je me sens en phase de vie normale. Et malgré la douleur et la fatigue, cela me fait plaisir.
Jo
Posté le 29 mai 2009, à 10:59
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Un an !
J'entame aujourd'hui ma seconde année sans tabac. Et je m'aperçois que je me suis souvent trompé, en parlant du plaisir de ne pas fumer. C'est le plaisir de vivre que j'éprouvais, tout simplement. Car pour réussir à ne pas fumer, à ne plus jamais fumer, j'ai eu besoin de m'explorer en détail, de m'observer, de me comprendre, et je sors de ce travail d'introspection plus attentif à moi, aux autres, à l'amour. J'ai réappris à vivre et à aimer. Le grand plaisir que je trouve à ne pas fumer, c'est de voir plus clairement à quel point la vie est belle.
Jo
Posté le 28 mai 2009, à 06:18
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Le deuil
Frankoise nous disait récemment avoir eu du mal à accepter que la défume soit un deuil à faire. Je reviens sur le sujet. Le deuil ne doit pas être confondu avec le décès ! Le deuil, c'est le processus par lequel nous faisons en sorte de survivre en bon état psychologique à un décès. Ou, par extension, à une disparition quelconque, par exemple la disparition de notre dépendance au tabac.
Je livre ci-dessous une explication sur ce qu'est le deuil selon Elisabeth Kübler-Ross, grande dame qui m'a aidé, moi comme tant d'autres, à apprivoiser la mort. Extrait de Wikipédia. Cela se passe de commentaire...
J'ai repensé très fort à ces cinq phases récemment, quand j'ai passé le moment de l'acceptation. J'aime beaucoup la dernière phrase de ce court texte : la fin du deuil, c'est d'avoir réorganisé sa vie en fonction de la perte. Frankoise, refuser l'idée de deuil, c'est la première des cinq phases du deuil. Mais tu n'en es déjà plus là, et de loin.
Jo
"Les travaux d'Elisabeth Kübler-Ross font retenir cinq étapes d'un deuil.
- Choc, déni : Cette courte phase du deuil survient lorsqu'on apprend la perte. C'est une période plus ou moins intense où les émotions semblent pratiquement absentes. C'est en quittant ce court stade du deuil que la réalité de la perte s'installe.
- Colère : Phase caractérisée par un sentiment de colère face à la perte. La culpabilité peut s'installer dans certains cas. Période de questionnements.
- Marchandage : Phase faite de négociations, chantages...
- Dépression : phase plus ou moins longue du processus de deuil qui est caractérisée par une grande tristesse, des remises en question, de la détresse. Les endeuillés dans cette phase ont parfois l'impression qu'ils ne termineront jamais leur deuil car ils ont vécu une grande gamme d'émotions et la tristesse est grande.
- Acceptation : Dernière étape du deuil où l'endeuillé reprend du mieux. La réalité de la perte est beaucoup plus comprise et acceptée. L'endeuillé peut encore vivre de la tristesse, mais il a retrouvé son plein fonctionnement. Il a aussi réorganisé sa vie en fonction de la perte.
Les 5 phases ci-dessus peuvent être linéaires mais il arrive souvent qu'un endeuillé puisse faire des retours en-arrière avant de recommencer à avancer. Une bonne façon de traverser un deuil est de comprendre ce que l'on vit et de partager ses sentiments et émotions avec des proches ou des gens qui vivent également un deuil.
Ces étapes ne se succèdent pas forcément. Il ne s'agit pas d'un mécanisme inévitable. Certaines personnes peuvent quitter un deuil et passer à l'ultime étape de liberté d'action, sans que les sentiments qu'elles pouvaient porter puissent être considérés comme négligeables."
Posté le 21 mai 2009, à 22:36
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Simple d'esprit
"Heureux soient les simples d'esprit, car le royaume des cieux est à eux.
― Pourquoi cette phrase ?
― Mais parce que je viens de réaliser que j'ai délaissé ce blog depuis un moment, que je me suis donc demandé ce que je pouvais avoir à y dire, que je me suis demandé quelle était mon humeur du jour, et que c'est cette phrase qui m'est venue.
― Oui, mais encore, pourquoi cette phrase ?
― Ah la la, vous en posez, de ces questions compliquées ! Prenez la vie comme elle vient, ça ira mieux ! Bon, pour expliquer en détail, disons que, depuis que je ne fume plus, beaucoup de choses me semblent plus simples.
― Plus simples ? Mais je croyais que c'était compliqué, d'arrêter de fumer ?
― Oui, arrêter de fumer est compliqué. Mais maintenant, je ne suis plus en train d'arrêter de fumer. Le travail est fait, et il y a quelques petites choses qui me paraissent plus simples qu'avant.
― Lesquelles ?
― Par exemple, l'amour. Ou l'amitié. La respiration. La confiance. La vie. Mon corps.
― Et c'est d'arrêter de fumer qui t'a fait ça ?
― Oui. Mon esprit est moins embrumé. Je suis devenu simple d'esprit. Au sens propre : mon esprit est plus simple, les circuits y sont plus directs, plus francs. Je réagis à ce qui se passe sans faire le détour de la clope.
― Vraiment, tu te sens simple d'esprit ?
― Oui. Et ça me rend heureux."
Jo le simplet
Posté le 7 mai 2009, à 11:45
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Crise de manque
J'ai dit récemment que la dépendance alimentaire avait des points communs avec la dépendances à la nicotine... Ce matin, c'était flagrant.
Depuis quelques temps, je suis redevenu plus raisonnable, et le matin, en arrivant à la gare, je prends une seule barre chocolatée (au lieu de deux). Puis à la gare d'arrivée, je prends mon croissant. Et le soir, une seule barre chocolatée au lieu de deux. Du coup, j'ai arrêté de prendre du poids !
Mais ce matin, je n'avais pas d'argent sur moi, et je n'ai pas trouvé de distributeur (il aurait fallu que je fasse un grand détour, et j'étais plutôt en retard). Pas d'argent, pas de barre chocolatée ! Le problème, c'est que je ne m'en suis aperçu qu'au moment de la payer, alors que je l'avais déjà en main. Et j'ai eu un mal fou à m'en passer, et j'ai pensé très fort à vous pour que ça passe. C'était une envie bien violente, comme je n'en ai eu pour la clope que pendant le premier mois, je crois. J'ai repensé au dernier article de Frankoise, au lancement de Klusy, et cela m'a distrait quelques minutes et m'a aidé.
Et à l'arrivée, pas de croissant... mais là je m'y attendais et cela n'a pas été si difficile. J'ai l'impression que je vais avoir bien faim avant le déjeuner. Il faut dire que mon petit-déjeuner... Flute ! J'allais dire que je le prends tôt, à 5 h 30, et qu'il est donc loin du déjeuner, et je me rends compte, en y repensant, que je ne l'ai pas pris ! J'ai bu un jus d'orange, j'ai bu un café, mais je n'ai pas pris mon bol de céréales ! J'ai fait la vaisselle plus tôt que d'habitude, et du coup j'ai oublié de manger. Cela a l'air d'un gag, mais je ne m'en aperçois vraiment qu'à l'instant, en écrivant.
Bon, je venais raconter que la gourmandise non satisfaite peut créer un manque, et je découvre que mon inconscient me joue des tours et me prive de tout petit-déjeuner. Sans doute à cause de ma décision d'hier soir : je ne prends plus qu'un demi-cachet d'antidépresseur. J'ai déjà remarqué cette nuit un effet secondaire de cette baisse : j'ai beaucoup rêvé. Je n'appellerais pas ça un effet indésirable, puisque ces rêves marquaient plutôt un retour du désir.
Voilà, je me sens bête, et en plus j'ai déjà faim. Je vais essayer de penser à autre chose. Bonne journée à tous !
Jo le distrait
Posté le 28 avril 2009, à 09:34
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Plénitude
Ce matin, j'ai fait une découverte, en voyant un fumeur. Jusqu'ici, et depuis longtemps, je les plaignais un peu d'être dépendants, et d'enfourner toutes ces mauvaises odeurs vers leurs poumons poisseux, de se remplir de noirceurs et de marketing chimique. Mais ce matin, j'ai trouvé que j'avais une énorme chance, et je me suis vraiment réjoui d'avoir arrêté, encore plus réjoui que d'habitude.
Avant, quand j'avais envie de me dire "Ah que je me sens bien, quand même la vie est belle", je sortais une cigarette
, je l'allumais
, j'inspirais
, et en quelques minutes je ressentais une plénitude sympathique et je me disais "Ah que je me sens bien, quand même la vie est belle"
.
Ce matin, j'ai eu envie de me dire "Ah que je me sens bien, quand même la vie est belle", alors je me suis dit "Ah que je me sens bien, quand même la vie est belle", et voilà
! Pas besoin de matériel, pas besoin de délai, pas besoin de noircir mes jolis alvéoles !
Les fumeurs n'ont accès à ce sentiment de plénitude qu'à travers la clope. Moi, j'y ai désormais accès dès que je veux, sans obstacle.
Jo
Posté le 23 avril 2009, à 15:00
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Super size me
J'ai vu hier soir un film documentaire très intéressant : Super size me, de Morgan Spurlock. Ce journaliste américain a décidé d'étudier la malbouffe en mangeant trois fois par jour chez McDonald's pendant un mois. Il s'est esquinté le foie, il a pris 11 kg, bref, sa santé en a pâti. Mais ce qui m'a particulièrement intéressé, c'est ce qu'il disait sur son humeur. Il s'est mis à se sentir déprimé et sans énergie, sauf quand il venait de manger.
Les médecins et diététiciens qui l'accompagnaient ont donné quelques éléments d'explication, qu'on aurait cru repris sur le blog d'Edila tant cela fonctionne comme l'industrie du tabac. Pour résumer, les sociétés de fast-food font en sorte que leur produits soient addictifs, en veillant à inclure dans les recettes des sucres et certains types de matières grasses. C'est la raison d'être du fromage dans le hamburger : les matières grasses du fromage sont plus addictives que celles du steack haché. Un hamburger sans fromage ne rendrait pas assez accro... C'est aussi le rôle du ketchup, sans doute, que de rendre les frites plus addictives...
Comment marche cette addiction ? Comme celle liée à la nicotine. Les produits font augmenter le taux dans le cerveau de certaines molécules qu'on associe au plaisir (notamment la dopamine). Il n'y a, je crois, pas la même nocivité que la clope, car la nicotine dérègle l'ensemble du système pour se rendre vraiment indispensable. Mais la dopamine est un produit puissant, qui agit sur l'humeur, et nous apprenons sans y prendre garde à associer malbouffe et bonne humeur.
En regardant ce documentaire, j'ai compris pourquoi nous compensons souvent, pendant le sevrage, la clope par le grignotage. Et j'ai compris pourquoi, après la phase de sevrage la plus dure et après avoir reperdu les quelques kilos pris, je me suis mis à reprendre du poids : le sevrage de la nicotine étant fait, je ne cherche plus à faire d'efforts et je mange PARCE QUE cela agit sur mon humeur et facilite l'apprentissage de la vie sans clope. Problème : si je continue, je vais avoir du mal à moins manger plus tard. Je dois apprendre, là encore, à me sentir bien sans doper artificiellement mon taux de dopamine.
J'ai aussi compris, en repensant à ce film, pourquoi il est si difficile de contrôler son alimentation. C'est qu'il y a une règle simple pour arrêter de fumer : c'est qu'il faut arrêter complètement. Pas facile, mais simple dans le sens où on sait toujours si on franchit la ligne jaune ou pas : une taffe, c'est trop ! Mais il n'y a pas de règle aussi simple pour la malbouffe : elle est indissolublement liée à notre alimentation. Je suppose que c'est ce qui explique le mouvement de balancier que certains connaissent entre boulimie et anorexie : si on veut éviter tout sucre, toute matière grasse, on tombe dans un problème de malnutrition aussi dangereux que la sur-nutrition. Ne pas manger assez est malsain. Trop manger est malsain. Et il est difficile de savoir où est l'équilibre. On peut rejeter McDonald's, mais cela ne suffit pas : une alimentation saine comporte nécessairement de nombreux aliments qui, consommés en excès, seraient malsains.
Maintenant que je ne fume plus, je dois apprendre à manger plus sainement. Oh, je mange déjà assez correctement, même si je raffole de chocolat et de barres de Bounty, et ma santé n'est pas mauvaise. En améliorant mon alimentation je peux améliorer ma santé, mais ce n'est pas cela qui me donne envie de veiller à ce que je mange. Je sais maintenant qu'en améliorant mon alimentation, je prends parti contre des sociétés cyniques qui rendent volontairement leurs produits malsains en les surdosant en sel, en sucre, en graisses, parce que cela fait vendre.
Manger sainement est un acte politique. Pas seulement l'acte militant de quelqu'un qui veut aider les producteurs de produits sains : aussi un acte de colère pour ne plus enrichir les grosses sociétés qui mènent peu à peu l'humanité à la ruine.
Jo
Posté le 10 avril 2009, à 08:14
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Vouloir
Je veux être un instrument de paix.
Là où est la haine, je veux mettre l'amour.
Là où est l'offense, je veux mettre le pardon.
Là où est la discorde, je veux mettre l'union.
Là où est la certitude, je veux mettre l'écoute.
Là où est le désespoir, je veux mettre l'espoir.
Là où sont les ténèbres, je veux mettre la lumière.
Là où est la tristesse, je veux mettre la joie.
Je veux chercher à consoler plus qu'à être consolé,
à comprendre plus qu'à être compris,
à aimer plus qu'à être aimé.
Car c'est en se donnant qu'on reçoit,
c'est en s'oubliant qu'on se retrouve,
c'est en pardonnant qu'on est pardonné,
c'est en mourant qu'on vit.
(D'après François d'Assise,
et en mémoire de mon grand-père François,
dont la prière préférée était celle de François d'Assise)
Jo
Posté le 9 avril 2009, à 08:50
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Merci Edila, merci Balzane
Balzane, ma chère Balzane,
Tu as commencé des mois et des mois après avoir arrêté de fumer à utiliser des patchs. J'en ai été surpris, tout en estimant que tu avais raison, puisque tu en ressentais le besoin. Cela t'a aidé, et cela m'aide aujourd'hui. Car ce soir, j'ai décidé de ressortir mes patchs demain. J'ai repris depuis quelques temps un appétit impressionnant, au point que je prends un kilo par semaine en ce moment ; je dors mal ; je recommence à ne plus tenir en place ; j'ai l'impression que quelque chose me manque ; je me sens en permanence tendu ; j'arrive encore moins à me concentrer que ces derniers temps. Bref, je cumule des symptômes de défume. Donc je vais utiliser des patchs, pas pour me protéger du risque de clope, car il n'y a, je crois, aucun risque qu'une clope me tente, mais pour améliorer mon confort de vie.
Edila, ma chère Edila, que je connais moins mais que j'admire tant,
Tu m'as aidé, par ton blog mais surtout par tes messages aux défumeurs en difficulté. Tu m'as aidé à bien comprendre la différence entre la cigarette et la nicotine, entre la nicotine de la cigarette et la nicotine des patchs, entre le sevrage de la clope et le sevrage de la nicotine. Tu m'as aidé à comprendre à quoi servent les patchs. Tu m'as aidé à comprendre que "substitut" ne signifie pas "produit similaire". Les patchs ne servent pas vraiment à "remplacer" la clope. Il n'est pas utile de les voir comme "substituts". Je les vois désormais comme un médicament de confort, qui permet de mieux vivre la longue et complexe période du sevrage.
Voilà. Au début, j'étais pressé d'arrêter les patchs. Puis j'ai compris qu'il ne fallait pas trop se presser. Aujourd'hui, je sais qu'arrêter les patchs ou ne pas les arrêter n'est d'aucune importance. Seul compte mon confort. Donc, cinq mois après avoir arrêté les patchs, je vais en remettre quelques jours, et si c'est bien ce dont j'ai besoin je continuerai aussi longtemps qu'il faudra. Et remettre des patchs ne me gênera aucunement, parce que cela ne va me faire que du bien.
Balzane et Edila, je vous remercie. Quand les études disent que les patchs sont utiles, elles ne parlent que de moyennes statistiques ; mais grâce à vous, j'ai compris à quoi servent les patchs dans mon cas individuel. J'ignore si j'aurais pu arrêter de fumer sans patchs. Je pense que non, mais comment savoir ? Par contre, je sais de façon certaine que, dans mon cas individuel, arrêter sans patch aurait été une souffrance inutile, gratuite, une violence contre moi-même qui ne m'aurait rien appris de plus.
Douce nuit à tous
.
Jo
Posté le 5 avril 2009, à 21:38
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Les quatre nobles vérités du bouddhisme
Parfois l'envie vient de venir ici faire un article, parce qu'on sait qu'on a des choses à dire, mais on ne sait pas lesquelles. Aujourd'hui, j'ai ouvert cette page depuis un moment, et je suis passé à autre chose. Les mots ne viennent pas.
Pourtant, j'en ai, des choses à dire ! Alors commençons, et voyons ce qui vient.
Je me rapproche doucement de l'année sans tabac, et il me semble évident que je ne fumerai plus jamais. Je continue à refuser la moindre odeur de tabac, de façon presque maniaque (je dis presque, parce que je ne vais pas jusqu'à être vraiment désagréable avec des amis). Cela en fait sourire certains, mais cela me convient bien.
En me rapprochant de l'année sans tabac, je m'éloigne du Stop. Je lis des messages, et je poste moins, ou des messages plus courts. J'ai envie d'aider, mais je me suis éloigné de mes premiers mois, et je me reconnais moins dans les tribuliens qui viennent d'arrêter. L'expérience croît, mais on perd la pratique. J'en suis encore à un point où je peux être très présent certains jours, mais d'autres fois je viens à peine survoler les titres sans lire les messages. Je suppose que ma présence sur le Stop dépendra beaucoup des tribuliens que je considère comme des amis (qu'ils le sachent ou pas). Le Stop ne sera sans doute plus pour moi que l'un des outils avec lesquels je communique avec eux. Je trouve plus difficile de faire connaissance avec les nouveaux. J'ai accepté avec plaisir de parrainer Stéphanie, et j'espère pouvoir l'aider et la soutenir quand elle en a besoin, mais cela se fera peut-être beaucoup en-dehors du Stop. Nous verrons.
Sur le Stop, j'ai vu fonctionner une micro-société, structurée, riche, confuse, passionnante. J'ai eu ici confirmation de mon intuition fondamentale, de ma foi : la nature de l'homme est fondamentalement bonne, et ce n'est que par les accidents qu'il rencontre qu'il bascule parfois dans l'égoïsme. Toute rancoeur, qu'elle soit tournée contre soi-même ou contre les autres, cache une souffrance. On devient toujours meilleur en comprenant sa propre vie.
Cela est vrai de la défume. Je suis aujourd'hui sûr que la cigarette est, d'abord, une drogue. Comme toute drogue, elle a d'abord une visée métaphysique : nous faire supporter notre vie. Défumer, c'est se rendre compte qu'il y a une alternative. Qu'au lieu de se faire aider par la clope pour supporter notre vie, nous pouvons tout simplement vivre. Défumer, c'est arrêter de considérer inconsciemment que la vie est une souffrance. Défumer, c'est parcourir à petite échelle les quatre nobles vérités du bouddhisme, que je vais essayer de résumer de façon simple :
1) L'insatisfaction est inhérente à ma vie actuelle.
2) L'insatisfaction naît de l'envie, du désir.
3) En éteignant l'envie, on éteint l'insatisfaction qu'elle fait naître.
4) L'extinction de l'envie passe par un travail progressif sur moi pour trouver un équilibre, une justesse dans huit domaines (opinion, intention, parole, activité corporelle, moyens d'existence, effort, attention, concentration mentale).
En matière de défume, on pourrait dire :
1) Le tabagisme porte en lui-même une insatisfaction. Je peux fumer tant que je veux, fumer ne sera jamais vraiment satisfaisant.
2) Cette insatisfaction vient de la dépendance, c'est-à-dire que mon corps réclame en permanence de la nicotine.
3) Mon objectif ne doit donc pas être de fumer raisonnablement, en contrôlant ma consommation, mais de me débarrasser de la dépendance. Si je me libère, le tabac ne pourra plus me nuire du tout.
4) Me débarrasser de la dépendance, c'est compliqué. Elle a des causes, qui ne sont pas forcément liées au tabac. Me débarrasser de la dépendance m'oblige à reconsidérer toute ma vie : mon rapport à mon corps, mon rapport aux autres, mon rapport à moi-même. Il ne s'agit pas que d'oublier une mauvaise habitude : je dois trouver un nouvel équilibre dans ma vie.
Fumer, c'est arracher la souffrance comme on coupe des ronces au sécateur : le jardin est propre, mais les ronces repoussent vite, et on finit par passer sa vie à entretenir le jardin. Défumer, c'est supprimer la souffrance à la racine : on a enfin le temps de profiter du jardin.
Bonne (et douce) route à tous.
Jo
Posté le 2 avril 2009, à 11:00
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Encore un rêve
Cette nuit, pour la troisième fois, je me suis réveillé en me souvenant d'un rêve lié au tabac.
La première fois, j'avais rêvé que j'avais eu envie d'une clope et vite mis un patch pour me protéger.
La deuxième fois, j'avais rêvé que j'avais fumé une demi-clope.
Cette fois, j'ai rêvé qu'en entrant dans une pièce, après des péripéties déjà assez complexes, je vois trois types qui fument une sorte de narguilé sans eau. Furieux de cette odeur de tabac, je les empoigne pour les jeter dehors (exactement comme j'ai déjà empoigné, avant même d'arrêter de fumer, les gamins du collège d'à coté qui viennent en groupe fumer dans notre immeuble et laissent leurs mégots sur notre paillasson). Grosse engueulade : les types m'expliquent qu'ils sont des réfugiés afghans, qu'ils ne savent pas où on peut fumer et on ne peut pas, qu'ils ne peuvent pas fumer dans la rue de peur que la police les contrôle. Après ces délicates insinuations, le rêve est passé à autre chose... J'ai l'impression que le tabac n'était qu'accessoire, cette fois. Que ce n'était pas un rêve lié à la défume. Tant mieux.
Jo
PS : Avez-vous remarqué que depuis quelques jours, il y a des tas de votes pour ou contre certains blogs, qui font descendre le classement "utile" ou "intéressant" de nombreux blogs et monter quelques-uns
? Je propose que nous laissions faire. Il suffira de se souvenir que, en haut du classement, on trouve aussi bien quelques blogs de qualité que ceux des pauvres filles qui ont des problèmes d'égo (les Niang et autres trolls bien connus dans les chaumières, qui sont assez inoffensifs quand on les ignore soigneusement).
Posté le 29 mars 2009, à 18:31
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L'odeur de la clope
Nous étions invités à un anniversaire, ce samedi. Huit à table, dont quatre fumeurs. La pièce était vaste, heureusement. Il y a quelques mois, j'aurais trouvé cela insupportable. Et respirer la drogue m'aurait amené des difficultés le lendemain, aurait provoqué un petit retour du stress et du manque.
Mais il y a près de dix mois que j'ai choisi de ne plus fumer, et cette soirée ne m'a pas posé de problème. L'odeur du tabac, toute séduction toxicologique mise à part, n'est pas quelque chose de très agréable à mon goût, et c'est la seule chose que j'en ai pensé. Ah, si, comme d'habitude, j'ai plaint les toxicomanes assis en face et à coté de moi, en pensant à chaque clope à leur taux de nicotine qui remontait, puis recommençait lentement à baisser jusqu'à la prochaine clope. L'un d'entre eux a arrêté la cigarette depuis des années, et au bout de quelques mois s'est mis aux cigarillos. Puis il a laissé tomber les cigarillos. Maintenant, il roule ses cigarettes.
Je vais continuer à fuir les odeurs de tabac et à retenir ma respiration quand je croise un fumeur dans la rue. Mais je peux accepter les invitations d'amis fumeurs exactement comme le ferait mon conjoint : ce n'est pas très agréable d'être dans une pièce enfumée et d'avoir une odeur de tabac sur ses vêtements le lendemain, mais cotoyer des fumeurs dans un lieu correctement aéré n'est pas grave. Je suis, par rapport au tabac des autres, dans la situation d'un non-fumeur qui n'aime pas l'odeur de la cigarette. Je n'ai eu à aucun moment de cette soirée l'idée que je pourrais en fumer une, ou que je n'allais pas en fumer une, ou que je choisissais de ne pas en fumer une, ou que j'avais envie d'en fumer une. Non, j'ai juste pensé que la fumée pourrait me gêner, que l'odeur était désagréable, que si je reculais ma chaise de vingt centimètres je n'étais plus dans le trajet des volutes, que j'arrivais à passer une bonne soirée malgré la fumée.
Je redeviens non-fumeur. Je veux rester ancien fumeur, c'est-à-dire militant de la cause de mes poumons, fuyant la nicotine, venant discuter avec la tribu, écrivant ici pour bien m'imprimer dans la tête que jamais jamais jamais je ne dois laisser croître en moi l'idée que fumer est bénin. Mais je suis content d'être aussi, en même temps et de plus en plus, non-fumeur, c'est-à-dire pas concerné par la question du tabac.
Jo
Posté le 23 mars 2009, à 09:15
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Vive la vie !
En moins de dix mois, j'ai évité de fumer 4.380 cigarettes.
Pour fumer 4.380 cigarettes, il faut acheter 219 paquets. Donc 22 cartouches. Un grand carton contient 50 cartouches. J'ai évité de fumer un demi-carton de cigarettes. Et ce ne sont pas des boîtes à chaussure, les cartons de 50 cartouches, ce sont d'énormes cartons remplis de produits toxiques !
Pour fumer 4.380 cigarettes, il faut acheter 219 paquets. Il faut donc dépenser environ 1.100 euros. En gros, j'ai évité de fumer un mois de SMIC. En écrivant ça, je me demande comment cette évidence m'a échappé : Serge Gainsbourg a scandalisé en brûlant un billet de 500 francs à la télévision, et moi j'en brûlais, discrètement, dix-sept par an. Et j'osais passer devant un mendiant sans rien lui donner, alors que je brûlais tant de gros billets juste pour le plaisir de me tapisser de goudron noir et épais l'intérieur des poumons...
En fumant 4.380 cigarettes, j'aurais augmenté le risque de développer un cancer ou de connaître des difficultés cardio-vasculaires ou respiratoires. J'aurais, en moyenne, renoncé à 33 jours de vie. Soit plus d'un mois. Plus d'un mois, c'est trois ou quatre sorties dans le petit café que j'aime bien, c'est quatre ou cinq repas au restaurant avec mon chéri ou des amis, c'est un ou deux repas à la maison avec des amis, c'est une ou deux invitations chez des amis, c'est un ou une amie qui vient passer deux jours à Lyon, c'est des calins, c'est un certain nombre de coups de téléphone avec des gens que j'aime, c'est deux repas du dimanche midi chez ma belle-mère, c'est quatre ou cinq brocantes et deux ou trois vide-greniers, c'est une visite aux puces, c'est quelques livres, c'est douze épisodes de Dr House. Plus d'un mois, en moins de dix mois d'arrêt, c'est énorme. Ma vie est devenue plus longue.
En renonçant à 4.380 cigarettes, j'ai rencontré grâce à ce site des amis qui ont arrêté ou qui ont en projet d'arrêter. J'en ai rencontré une bonne quinzaine. J'ai eu l'occasion d'en revoir certains, plusieurs fois. J'en ai découvert deux il y a huit jours, que j'aurai vraiment plaisir à revoir régulièrement. J'en ai revu ce week-end, que j'aime beaucoup. J'en découvrirai d'autres bientôt. Certains m'ont annoncé une visite dans un an. Et je n'ai coupé les ponts avec personne que j'ai pu connaître et fréquenter avant. J'ai gagné des amis sans en perdre aucun.
En renonçant à 4.380 cigarettes, je ne fais que commencer. Dans vingt ans, je serai allé beaucoup plus loin. Je suis de plus en plus heureux de ne pas fumer. J'ai arrêté de consumer ma vie, j'ai commencé à la respirer. Et elle sent bon.
Jo
Posté le 16 mars 2009, à 17:23
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J'en ai rêvé
Il m'est arrive une fois de rêver que j'avais envie d'une clope, et que pour ne pas craquer je me collais un patch. Un rêve qui m'a mis en forme, car il m'a montré que mon inconscient me respectait (oui oui, je sais, être respecté par son inconscient... ça va faire rigoler derrière les divans, mais le rire est une saine activité que je me réjouis de susciter).
Mais cette nuit, j'ai rêvé que je fumais une clope. Ce n'était pas la première, d'ailleurs : j'ai rêvé que c'était au moins la deuxième fois que je craquais. J'ai rêvé que je la trouvais infecte, et que je l'écrasais à moitié fumée dans un pot de confiture vide servant de cendrier, et déjà plein de demi-cigarettes écrasées.
Et j'ai pensé en me levant à tous ceux d'entre vous, les tibuliens qui pendant leur défume ont rêvé qu'ils fumaient. Et je me suis dit que j'avais de la chance, de ne faire ce rêve qu'aujourd'hui, après neuf mois et demi de défume. Car en début de parcours, cela aurait été perturbant. Cela m'aurait, je crois, semblé une complication inutile, comme un obstacle du plus sur un parcours qui n'en manquait pas.
Je peux vous assurer, mes amis, qu'aujourd'hui faire ce rêve ne me perturbe pas. Mon inconscient fait son boulot dans son coin, et le fait bien. Je n'ai pas trop besoin de le surveiller, coté clopes. S'il me fait rêver que j'allume une cigarette, c'est que cela doit lui être utile dans un processus quelconque dont les détails ne m'intéressent pas. Je lui fais conscience, je l'ai bien éduqué. Je suis non-fumeur, et comme je suis un ancien fumeur je connais tous les trucs pour rester non-fumeur.
Jo
Posté le 13 mars 2009, à 11:31
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J'ai rangé mon bureau !
J'ai rangé mon bureau cet après-midi
! Chez moi, cela veut en général dire que je sors d'une période où je tourne en rond, où j'ai du mal à avancer, et que j'entre dans une période efficace, où je vais attraper les dossiers les uns après les autres pour les traiter à fond. Quand je vais vite, je vais quelquefois très vite.
Je crois donc, j'espère, que c'est le signe que ma déprime s'en va. Les médocs m'ont permis, depuis Noël, de ne pas me sentir mal, de ne pas être au fond du trou, mais cela ne signifie pas que je suis en forme. Mais là, je crois que ça va mieux. Depuis une semaine, peu à peu, je me sens un peu plus présent dans mon boulot, dans ma vie personnelle. Et depuis cet après-midi, je me sens bien en forme, prêt à m'attaquer avec plaisir aux nombreux dossiers en retard.
Mon bureau est à peu près rangé. Les piles de dossiers sont nettes. Les dossiers sont bien posés dans l'ordre auquel je vais m'y attaquer. J'ai fait pas mal de tri, et j'ai commencé à préparer mes réunions de la semaine prochaine. Aujourd'hui, j'ai déjà abattu plus de boulot qu'il n'en est arrivé. Et je suis resté serein, malgré des problèmes informatiques sur nos serveurs.
Si cela se confirme, j'aurai achevé ma défume. Il me restera à l'entretenir, à la bichonner, pour qu'elle reste en plein état de marche. Je ne veux surtout pas risquer qu'elle tombe en panne ! Dès qu'elle sera complètement finie, je la photographierai pour vous la montrer. Je pense qu'elle sera prête dans moins de trois mois. Je commence à avoir mon idée sur les couleurs...
Il y a du soleil aujourd'hui, et pas seulement dehors.
Jo
Posté le 11 mars 2009, à 17:52
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La litanie contre la peur
Je me souviens d'avoir déjà cité sur un forum, mais je ne crois pas avoir évoqué sur ce blog, la litanie contre la peur, tirée de Dune, le chef-d'œuvre de Frank Herbert.
« I must not fear. Fear is the mind-killer. Fear is the little-death that brings total obliteration. I will face my fear. I will permit it to pass over me and through me. And when it has gone past I will turn the inner eye to see its path. Where the fear has gone there will be nothing. Only I will remain. » « Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi. » Ce texte nous parle de la peur, mais il est intéressant à lire par rapport aux émotions en général. Par exemple, cela pourrait donner :
« Je n'aurai pas peur de mes émotions car les émotions désaltèrent l'esprit. La peur des émotions dessèche l'esprit. La peur des émotions est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai mes émotions. Je leur permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elles seront passées, je tournerai mon œil intérieur sur leur chemin. Et là où elles seront passées, il n'y aura plus rien. Rien que moi, vivant. » Cette litanie, que je connais bien pour avoir lu Dune un grand nombre de fois, m'a aidé à gérer les bouffées de colère de la défume, en les laissant me traverser, se dissiper, en me recentrant sur moi et ainsi en voyant que cette colère m'apprenait quelque chose sur moi.
Jo
Posté le 2 mars 2009, à 15:45
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Neuf mois !
Neuf mois, ça compte forcément.
Dans les divers repères temporels avec lesquels nous rythmons la défume, il y en a pour moi deux assez intéressants à analyser : les neuf mois, durée d'une gestation, et l'année, durée du cycle solaire.
L'année, le cycle des saisons, me semble le plus important. Normal : chaque fois qu'il y a un grand changement dans nos vies, un nouvel état, il faut un an pour avoir éprouvé ce nouvel état à chaque période de l'année, à la date anniversaire de chacun de nos souvenirs. Les deuils importants, d'ailleurs, se construisent sur une année, et le premier anniversaire d'un décès est un moment dont beaucoup d'entre nous ont compris l'importance. J'ai été ancien fumeur tout un été, tout un automne, tout un hiver. Je n'ai pas encore été ancien fumeur au printemps. Je n'ai pas encore été ancien fumeur à l'anniversaire de ma belle-mère. Je n'ai pas encore été ancien fumeur lors des ponts du mois de mai. Dans trois mois, ce sera fait, et je verrai alors si cette année achevée est un repère aussi important que je le crois.
Mais pour une raison que je comprends mal, j'associe beaucoup la défume à la durée de gestation de neuf mois.
Pourtant, comme je viens de le dire, ce qui est intéressant dans l'année c'est qu'un an APRÈS un événement, on a pu le confronter à tous nos souvenirs. Alors que la gestation, si elle dure neuf mois après la conception, dure surtout neuf mois AVANT la naissance. Alors pourquoi ces neuf mois écoulés me semblent-ils importants ? Est-ce aujourd'hui pour moi une naissance ?
Il y a un ou deux jours, j'ai dit, hors des forums, que je ne me considérais pas seulement comme ancien fumeur, mais aussi comme non-fumeur. Peut-être est-ce ça : il m'a fallu neuf mois de gestation en tant qu'ancien fumeur pour pouvoir accoucher ces jours-ci d'un non-fumeur.
Certains me diront qu'on ne devient jamais non-fumeur, qu'on ne se débarrasse jamais de la dépendance passée. C'est vrai, et je garderai toujours une fragilité par rapport à la dépendance. Je ne serai jamais vierge de cette dépendance. Je suis en même temps ancien fumeur ET non-fumeur. J'ai fait mon deuil de la clope, je sais maintenant concilier ces deux états, je sais distinguer mon passé et mon avenir.
Je ne fume pas. Je n'en ai pas besoin : je suis tombé dedans quand j'étais petit, et quand je suis sorti de la marmite me sont restés des super-pouvoirs. Je peux sans retoucher à la moindre clope soulever des menhirs
! Mettre des coeurs dans mes messages
! Pleurer quand ça me chante
! Lancer mes émotions sur mon blog
! Vous aimer, ceux que je connais comme ceux que je ne connais pas
! Respirer comme un jeune homme
! Courir
! Embrasser un enfant sans qu'il recule
!
Voilà. Hier je n'avais pas le droit de fumer parce que j'étais tombé dedans quand j'étais petit
. Aujourd'hui je n'ai pas besoin de fumer parce que je suis tombé dedans quand j'étais petit et que j'ai réussi à sortir de la marmite
.
Jo
Posté le 27 février 2009, à 10:18
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La possibilité d'une île
(le titre est évidemment une référence à Houllebecq, dont j'ai beaucoup aimé certains livres, mais je n'ai pas lu celui-ci)
Deux de mes proches traversent des périodes compliquées, et cela provoque en moi ces jours-ci un tourbillon de sentiments divers, au sein duquel je sens que s'apprête à émerger une île.
Je me suis lancé dans une auto-analyse. J'ai commencé à emmener souvent mon ordinateur dans le train, pour écrire mes souvenirs, en vrac, en cherchant surtout tous ceux qui contiennent de la gêne, de la timidité, de la déprime, du manque de confiance en moi. Et j'en tire des leçons, déjà, après seulement trois séances. Sans doute étais-je prêt à me lancer, et écrire ne sert que de déclencheur, mais je sens des choses passer de l'inconscient à la conscience, je sens des idées se mettre en place, je sens que de vieux nœuds gordiens peuvent être tranchés.
Leçon numéro 1. Beaucoup de choses dans mes souvenirs, dans mes pratiques contre le stress, dans mes fantasmes, dans mon bagage affectif, dans mes goûts, me renvoient à l'époque où je baignais tranquillement dans le liquide amniotique
. Je prends conscience d'un grand besoin de me sentir rassuré, protégé
. Cela confirme que j'ai sans doute bâclé une étape dans la construction de ma personnalité, il y a bien longtemps, et que toutes mes périodes de déprime ont sans doute la même cause, ou le même type de cause. Ni la défume ni le boulot ne sont la cause, ils ne sont que le prétexte, le déclencheur.
Leçon numéro 2. Ma mère est un point de repère important pour moi, nous parlons assez librement, et pourtant jamais je n'ai parlé avec elle en détail de mon enfance. Cela vaudrait le coup. J'ai vécu ce que, de l'extérieur, on appelle une enfance heureuse, mais je m'en souviens comme d'une longue plainte, une longue marche pour me débarrasser de l'enfance, pour fuir une douleur de vivre. Je me souviens avec certitude d'avoir pensé au suicide à sept ou huit ans
. Je me souviens d'avoir pensé, quand j'étais lycéen, que je resterai éternellement spectateur de la vie des autres, sans jamais pouvoir rentrer dans le mouvement. Tout cela, ma mère n'en sait à peu près rien. J'en parlerai à ma mère, car elle peut sans doute me renvoyer une autre image et m'aider à faire la part des choses.
Leçon numéro 3. Je ne me sens plus en conflit avec mon père, mais je n'ai jamais non plus purgé le conflit de mon adolescence. Nous n'avons jamais parlé vraiment l'un à l'autre. J'ai souffert d'avoir pour père quelqu'un d'aussi lunaire, d'aussi perdu dans ses pensées intérieures. J'ai souffert de le sentir mal à l'aise en famille. J'ai appris à ne plus trop souffrir de ses difficultés personnelles, et je me souviens d'avoir décidé, ves vingt ans, que je ne pouvais pas me permettre d'attendre qu'il soit heureux pour m'autoriser à l'être. De tout cela, il est malsain de ne pas parler. J'envisage un long courrier à mon père.
Et je vais continuer à écrire mes souvenirs, car je n'ai pas du tout l'impression que l'accouchement de moi-même soit fini.
Jo
Posté le 23 février 2009, à 14:57
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Objectif atteint !
C'est fait, mon compteur arrive à l'objectif que je m'étais fixé il y a bien longtemps : un mois d'espérance de vie regagné
! Un jour ou deux, c'est très abstrait, et je n'imagine pas me dire un jour : "J'aimerais tenir encore un jour ou deux". Par contre, un mois, ça commence à compter dans une vie. On en fait, des choses, en un mois !
Pour regagner ce mois d'espérance de vie, il a fallu éviter 4.000 clopes, et donc verser 1.000 euros de moins au système
.
Jo
Posté le 17 février 2009, à 10:33
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Impatience
Mon humeur s'est bien rétablie. Les moments où je me sens franchement heureux sont encore un peu fugitifs, mais je ne connais plus ces moments de détresse où je me sentais malheureux.
J'arrive à nouveau à me concentrer sur une lecture au travail, donc je peux à nouveau lire des tas de documents compliqués. Des textes législatifs et réglementaires, des analyses savantes, des revues de presse ou des courriers officiels.
J'ai encore du mal, dans ma vie personnelle, à lire autre chose que la presse. Certes, je relis le Monde avec plaisir, alors que je m'étais contenté un moment des quotidiens gratuits. Mais les essais divers s'accumulent sur ma table de chevet car je commence des livres que je n'arrive pas à poursuivre. Les romans qu'on m'offre à l'occasion s'amoncellent. Ma table de chevet, pourtant habituée, déborde littéralement.
J'arrive parfois à écrire correctement, à faire un compte-rendu difficile, une note explicative bien synthétique. Mais souvent j'ai du mal à me mettre au travail, et j'avance lentement. Je crois avoir compris que quand j'avais du mal à avancer, c'était souvent parce qu'on me demande quelque chose que je n'ai encore jamais fait. Autrement dit : j'ai du mal à innover, à être créatif.
Le problème principal reste la mémoire. Les choses ne s'impriment pas. C'est vrai dans ma vie professionnelle comme dans ma vie personnelle. Très difficile de faire un compte-rendu de réunion si j'ai pris peu de notes. Difficile de me souvenir de ce que j'ai lu. J'ai du mal à distinguer les dossiers les uns des autres. Difficile de me souvenir de qui nous avons invité à la maison, quand, avec qui. Pour savoir quel jour on est, j'ai besoin de réfléchir : hier j'étais fatigué parce que j'ai trouvé le week-end trop court, donc c'était lundi, donc aujourd'hui nous sommes mardi, or je me souviens que le 2 février était un lundi (c'est l'anniversaire d'un proche), donc il y a eu un lundi 9 février, donc nous devons être mardi 10 février.
Et surtout... je rêve de vacances, de liberté, de farniente au soleil, d'une grande feuille de papier et de matériel de peinture, de shopping, d'amis et de siestes.
J'ai besoin de construire un Jo non-fumeur, et je ne sais pas trop comment m'y prendre. J'ai envisagé un bilan de compétences, mais je ne suis pas sûr que la question soit celle-là. On me conseille de voir un psy, mais je ne sais pas trop qu'en attendre et comment m'y prendre. La psy que j'ai vue il y a quinze ans ne m'a pas été très utile, juste une soupape de sécurité mais pas une aide à la reconstruction.
Je veux avancer, je sais que le chemin existe, et j'ai du mal à l'atteindre. Depuis quelques jours, chaque journée où je n'avance pas m'est pénible. Je ne tiens pas en place.
Quand j'irai mieux, j'aurai vraiment passé un cap important. Je suis en train de vivre une seconde adolescence, une troisième naissance. Le plus dur dans une mue, ce n'est pas d'arracher la peau d'avant mais d'apprivoiser la nouvelle.
Jo
Posté le 10 février 2009, à 10:46
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Un trou à combler
J'ai revu hier mon nouveau médecin généraliste. Je commence à l'apprécier : il est plus humain que professionnel
... Je ne sais pas si c'est un grand technicien, mais en tout cas je peux avoir avec lui un vrai dialogue sur ma santé. Il me dit que mon traitement anti-dépresseur doit durer au moins six mois. Pour lui, il faut souvent plus d'un an pour se remettre d'aplomb après avoir arrêté de fumer. Cela confirme ce que j'ai compris grâce à la tribu (dont Balzane
).
Il m'apprend que certains tabacologues préfèrent désormais conseiller les substituts nicotiniques comme un moyen de limiter la consommation de cigarettes et ainsi réduire les risques sanitaires, plutôt que comme un moyen d'arrêter totalement de fumer. Autrement dit : on limite l'empoisonnement, mais on ne soigne plus la dépendance. Je comprends très bien qu'on en arrive là, mais je trouve ça dommage. La dépendance était, pour moi, une souffrance. Mon objectif était bien de m'en débarrasser. Tout n'est pas réglé, mais au moins je n'ai plus cette pénible impression de ne plus commander mes faits et gestes, et d'allumer une cigarette simplement parce que le taux de nicotine dans mon cerveau est passé sous un seuil critique qui déclenche ce geste.
J'ai bien aimé l'image utilisée sur le blog de Frankoise : la clope comble un vide. Elle combe un trou dans notre tête, qu'elle a creusé elle-même. Le premier temps du sevrage consiste à ne pas tomber dans ce trou, et à se débarrasser du vertige qui nous oblige à s'y pencher en permanence les premières semaines. Pour moi, c'est fait. Le second temps du sevrage consiste à reboucher ce trou pour éviter de tomber dedans un jour où on a oublié qu'il est là. À se reconstruire comme on fait de la reconstruction faciale après un accident de la route. C'est en cours. Bientôt tout ira bien.
Jo
Posté le 6 février 2009, à 10:40
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Et c'est reparti...
Mon humeur créative n'a pas disparu. Il est bien dommage que j'ai si peu de temps... Certes, tous les prétextes sont bons pour ne pas se lancer dans mille projets en même temps, mais j'ai vraiment peu de temps à moi. Ceci dit, cette humeur dynamique m'apporte déjà beaucoup. J'ai fait hier un discours assez original pour un pot de départ en retraite, qui a été très apprécié : tout le monde est venu me demander où j'étais allé chercher mes idées. Alors j'ai répondu : "Le rétroviseur. C'est le rétroviseur qui m'a fait progresser"
.
Hier soir, je me suis tourné et retourné dans mon lit, avec beaucoup de mal à trouver le sommeil. Je n'arrêtais pas de parler à mon cher et tendre, qui essayait de s'endormir. Je me suis relevé pour ressortir ma boîte d'Euphytose, et je vais en faire une petite cure. Les idées dépressives sont parties, mais le stress est un peu revenu. Oh rassurez-vous, rien de comparable avec le stress des premiers mois ! C'est plutôt de la simple agitation, proche de l'excitation (ouais bon, pas sur tous les plans, parce que les anti-dépresseurs ont leurs petits désagréments
).
Mon humeur passe lentement du maussade au surexcité et inversement, mais l'oscillation se calme peu à peu et je vais finir par retrouver un équilibre normal. Je m'en rapproche globalement. Déjà, cette phase d'agitation est très positive, créative, ce qui n'était pas le cas de l'agitation stressée des premiers mois. Espérons que la prochaine marée basse, dans quelques semaines peut-être, sera plus proche de la méditation que de la déprime. Je serai alors toujours, quelle que soit l'humeur, en train de construire et d'avancer
.
Jo
Posté le 3 février 2009, à 07:04
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En avant !
Sensation étrange hier soir : j'avais plein de projets en tête
.
J'ai un site Internet à faire (ce qui va supposer d'apprendre d'abord à faire un site Internet
). J'ai des photographies à faire, pièce après pièce, de notre collection de machins (et comme nous avons environ deux-cent cinquante ou trois-cent machins, ça va prendre du temps). Cherchez pas, je ne vous dirai pas de quelle collection il s'agit
. J'ai un projet d'aménagement de notre logement à dessiner, puis des entreprises à consulter, pour refaire une partie en bien mauvais état et agrandir notre appartement. J'ai des envies de week-end en Picardie, dans le Nord, en Suisse. J'ai envie d'écrire un roman. J'ai envie de me remettre aux arts graphiques. Nous devons repeindre un restaurant. Je dois à mon compagnon, depuis des années, un carton pour une tapisserie. Il me demande aussi de lui trouver des idées pour une fresque murale.
Je sais bien qu'avec mon rythme quotidien (trois heures et demi de trajet pour aller bosser...) et ma tendance à la contemplation tranquille, je ne vais pas lancer tous ces projets dans la même décennie. Mais je sens comme une excitation qui monte, qui me fait penser que la vie est globalement une belle chose, qu'on peut faire mieux que passer d'un jour à l'autre sans perspective, que la date du 27 mai, celle de ma dernière clope, il y a huit mois, est en train de perdre de l'importance.
Pendant huit mois, j'ai regardé en arrière vers la clope pour lui interdire de m'approcher. Je commence à regarder pluis souvent en avant qu'en arrière. Je n'ai plus besoin de surveiller la clope en continu, je sais qu'elle en train de me courir derrière mais j'ai pris assez d'avance. Un coup d'oeil de temps en temps dans le rétroviseur suffira à vérifier que je ne la laisse pas reprendre du terrain. Elle a perdu, elle perd et elle perdra. Comment dit-on, déjà ? Ah oui : "yes we can" !
Jo
Posté le 27 janvier 2009, à 10:36
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Une envie
Jeudi matin, je me suis levé du pied gauche
. Tellement peu envie d'aller travailler que j'ai pris une heure de retard. Et pendant tout le trajet (plus d'une heure de voiture), j'ai eu une très forte envie de clope
, comme cela ne m'est pas arrivé depuis six mois au moins. Si j'avais eu mon patch de secours dans mon portefeuille, je me serais arrêté pour le coller. Seulement, je l'ai utilisé il y a un mois ou deux et j'ai oublié de le remplacer.
Dans la journée, l'envie a disparu
. Et j'ai réussi à vraiment bien travailler, comme cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps.
J'ai remis un patch dans mon portefeuille. Et je vois mes capacités de travail revenir peu à peu. Hier, j'ai très bien mené une réunion très difficile. Je me sens revenir peu à peu à mon état normal
.
Hier soir, j'ai parlé à un ami de mon traitement antidépresseur. Il était très intéressé, et m'a expliqué que quand il a arrêté de fumer, il y a des années, il a connu une période difficile au bout de huit mois. Il a refusé tout traitement, et semblait m'envier. Mais voilà... c'est un homme blanc occidental hétéro catholique... du genre qui a honte d'avoir des sentiments et qui n'aime pas les psys... Comme je suis content de savoir accepter de l'aide quand j'en ai besoin !
Jo
Posté le 24 janvier 2009, à 08:11
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Auto-pardon
Je viens moins sur ce blog, alors qu'il continue à être pour moi un repère important. Je me demande souvent ce qu'il y a à dire sur ma défume, mais voilà : il n'y a souvent rien à en dire. Et après tout, n'est-ce pas une bonne nouvelle ? Je parle de défume tous les jours sur les forums, mais ma défume à moi n'est plus une préoccupation quotidienne.
Je ne dis pas qu'elle est finie, loin de là ! C'est bien la défume qui a fait surgir l'épisode de déprime que je traite actuellement (avec, semble-t-il, des progrès réguliers). Mais je me sens libre par rapport à la clope. Les bouffées d'énervement que j'ai tant connues ont totalement disparu. Je me sens réconcilié avec moi-même. Je me rends compte, en écrivant ça, que je suis en train de me pardonner d'avoir fumé ces dernières années. Je m'en voulais d'avoir repris, depuis la première clope ! Puis en mars j'ai changé de job, j'ai arrêté de fumer moins de deux mois après, et c'est seulement aujourd'hui que je me dis : ça y est, le malaise est fini, j'ai arrêté de me nuire. C'est la fin de longues années où j'éprouvais un vague mépris pour mon "vice" tabagique.
Que la joie illumine vos jours et vos nuits
!
Jo
Posté le 16 janvier 2009, à 09:26
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Humeur d'hiver
Les antidépresseurs m'ont fait du bien pendant les congés. Depuis la reprise ce lundi... c'est plus dur
. Je n'arrive pas à avancer. Mon chef est prévenu de la raison, mais nos collaborateurs voient bien qu'il y a quelque chose qui cloche dans mon boulot, et je suis très mal à l'aise quand j'y pense. Je me suis construit professionnellement avec l'idée que, sans être forcément brillant, je suis assez rigoureux, loyal et fiable pour toujours faire partie des cadres respectés par leur équipe comme par leur direction. Et aujourd'hui je vois bien que je n'en suis plus là, et c'est un peu douloureux
. Je n'arrive pas à faire, là-dedans, la part entre ce qui est objectif et ce qui est simplement l'expression de ma déprime. Je me raccroche à l'idée que les médicaments vont, très bientôt, m'aider à y voir un peu plus clair.
La cigarette ne me manque pas, même si j'ai parfois l'illusion que fumer me sortirait peut-être vite de cette déprime. Je suppose qu'en fait ça n'irait pas plus vite avec la nicotine qu'avec les médicaments, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que, si fumer résolvait le problème, après tout, faut-il vraiment être non-fumeur ? Rassurez-vous, il n'y a pas d'inquiétude à avoir sur ma défume, ce ne sont que des idées fugaces qui me traversent l'esprit, et c'est aussi pour m'en protéger que je suis allé voir le médecin pour parler de déprime. Dès que la déprime faiblira, ces idées disparaîtront d'elles-mêmes. Je continue sans problème à fuir la moindre clope allumée
. Ce matin encore, à un arrêt de bus, j'ai dû respirer à travers mon écharpe pour ne pas m'intoxiquer avec la clope d'une jeune femme.
Certains nouveaux défumeurs prennent peur en lisant ce genre de choses : quoi, sept mois après c'est encore difficile ? Et oui, du moins pour moi ! Mes symptômes du début (insomnie, énervement, appétit, constipation...) me semblent vraiment très loin derrière, et la tension permanente est partie après cinq mois, mais guérir du tabagisme est plus long parce que je suis sujet à de petits épisodes dépressifs et que le sevrage, effectué dans une période professionnellement très compliquée, en a lancé un. Si c'est votre cas aussi, faites comme mon nouveau médecin le conseille : faites-vous prescrire un antidépresseur à titre préventif, dès le début du sevrage.
Je traverse une période difficile, mais je suis toujours aussi content d'avoir réussi à ne plus fumer une clope depuis plus de sept mois. Bises à tous
!
Jo
Posté le 7 janvier 2009, à 13:21
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Bonne année 2009 !
Je ne fume plus depuis sept mois, et j'en suis très heureux. Cela a été un combat difficile, et ce n'est pas fini puisque je prends actuellement un traitement antidépresseur. Mais je voudrais, en cette fin d'année, dire à tous combien il est bon de prendre soin de soi. Se libérer de la nicotine est faisable. Il y faut de la méthode, de la volonté, de l'aide, mais tout cela peut être rassemblé par chacun d'entre nous. L'important, c'est d'avoir envie d'arrêter, et de regarder en face toutes nos résistances, pour bien comprendre qu'elles viennent toutes de la même source : la dépendance nicotinique.
À Co qui a arrêté depuis un an : bravissimo
! À ceux qui ont arrêté depuis quelques mois, Balance, Ivan, Gothards et les autres : prudence, gardez vos réflexes pour éviter tout risque
! À tous ceux qui sont en cours d'arrêt, le Né, Lain, Jahnis et les autres : courage, chaque jour est un beau pas en avant
! À tous ceux qui trébuchent, hésitent, à NadinecoO et Célinou : courage, vous avez déjà franchi des étapes, repartez en avant
! À tous ceux qui veulent arrêter, et tout particulièrement à ma Féefolette : allez-y, méthodiquement et courageusement
!
Je vous souhaite à tous une excellente année 2009.
Jo
Posté le 31 décembre 2008, à 09:24
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Déprime, donc traitement
Voyons, que disait-il, ce gros malin de Jo, la semaine dernière ? Ah oui ; "J'ai à régler un problème de début de déprime, mais je me rends compte que la défume n'en est qu'un facteur aggravant, et que la cause est ailleurs. Je vais donc pouvoir m'y attaquer directement". Tu parles
! C'est vrai, la défume n'en est qu'un facteur aggravant. C'est comme quand on tombe de cheval : si la jambe casse, c'est parce qu'elle n'était pas assez musclée et qu'on n'a pas mangé assez de yaourts quand on était petit pour avoir des os solides. La chute, ce n'est que le facteur aggravant...
Ce qu'il faut comprendre, c'est que nous avons tous des mécanismes de lutte contre le stress et la déprime, et que c'est grâce à ces mécanismes que nous gérons en continu ce que la vie peut avoir de difficile et d'angoissant. Or, chez le fumeur dépendant, la nicotine a pris la place de ces mécanismes. Quand j'ai arrêté de fumer, je me suis trouvé confronté sans protection à une période professionnellement très complexe. La déprime a donc deux causes : la cause profonde (stress professionnel ou personnel) et la cause déclencheuse (la disparition de la nicotine qui permettait de gérer la situation).
Bref. J'ai passé un assez mauvais week-end et surtout une nuit de lundi à mardi très pénible, avec des sensations diverses de pénibilité, d'étouffement, d'angoisse, d'ennui mortel
. L'impression d'avoir perdu l'interrupteur qui permet de se calmer et de s'endormir
. Et surtout, sensation fort déplaisante depuis trois ou quatre jours : j'ai du mal à me souvenir de ce que j'ai fait dans la journée
. J'ai foncé hier chez le médecin, qui m'a prescrit un traitement anti-dépresseur modéré, en me disant que c'était quelque chose dont presque tous les défumeurs avaient besoin. Il m'a dit que lui, qui pense arrêter de fumer bientôt, prendra un anti-dépresseur à titre préventif. Je trouve qu'il va vite en besogne, mais je sais qu'il a raison quand il me dit que je suis dans les jours de rupture qui marquent le début d'une dépression.
Il y a deux façons de soigner une déprime : agir sur la cause profonde pour supprimer le stress ou agir sur la cause déclencheuse pour ré-apprendre à gérer ce stress. Dans mon cas : régler tous mes problèmes professionnels ou prendre un traitement le temps nécessaire pour que je réapprenne à gérer la situation sans aide. La première solution implique de changer radicalement le caractère de plusieurs personnes haut placées dans ma hiérarchie, de faire nettement progresser la compétence de quelques responsables du gouvernement et de concevoir autrement la gestion des finances publiques. Je choisis donc la première solution
. Et j'espère me rendre compte bientôt qu'il y a des moyens de me trouver à ma place dans mon boulot sans bouleverser pour mon confort toute l'organisation de la planète
.
Jo
Posté le 24 décembre 2008, à 06:43
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Le chemin du bonheur
Je me sens mieux
. Mais pour digérer une soirée et demi de tabagisme passif, il m'aura fallu plus de deux semaines, dont trois jours avec patch. Conseil à tous les défumeurs : ÉVITEZ À TOUT PRIX LE TABAGISME PASSIF ! Car toute bouffée inhalée réveille les récepteurs nicotiniques de nos petits neurones.
Je cause moins sur les forums, car j'ai besoin de penser à moi autrement qu'à travers la question de la défume. C'est donc un progrès. Mais il y a ici des gens que j'apprécie, et les crétineries sans conséquences des squatteurs du forum Divers ne m'empêchent pas de venir prendre des nouvelles de tous ceux que j'aime bien, de faire un petit signe parfois. Les MP et courriels ont pour moi pas mal remplacé les forums, car après des mois on peut avoir envie d'approfondir un peu les échanges.
Voilà. Après six mois et demi, j'ai à régler un problème de début de déprime, mais je me rends compte que la défume n'en est qu'un facteur aggravant, et que la cause est ailleurs. Je vais donc pouvoir m'y attaquer directement. Je sais maintenant gérer ma défume sans qu'elle soit le centre de ma vie. Je ferai l'effort de la garder présente à mes cotés, pour ne pas oublier que je veux continuer à ne jamais fumer.
Beaucoup des nouveaux défumeurs se demandent pendant combien de temps ils devront faire des efforts, et je sais maintenant leur répondre : la vie est belle grâce aux efforts qu'on fait. Quand vous aurez appris à défumer, passez à un autre défi ! Petite maxime bien connue, sous diverses formes : le bonheur n'est pas au bout du chemin, il est le chemin. Alors n'attendez pas d'atteindre un but quelconque : réjouissez-vous d'avancer ! Si j'osais, malgré mon anti-cléricalisme soigneusement entretenu, je vous dirais : alleluia ! Mais je n'en aime pas l'étymologie, je préfère en rester à un terme moins connoté, et je vous dis donc : Joie !
Jo
Posté le 17 décembre 2008, à 08:52
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Déçu par mon humeur mais fier de mon patch !
Pas rigolo, le Jo d'hier soir, hein
?
Depuis ma soirée enfumée chez une amie la semaine dernière, je suis resté stressé. Et ce vendredi soir, dans un bar, j'ai respiré un peu de fumée qui entrait par la porte entrebâillée derrière laquelle était le coin fumeurs. Pas beaucoup, mais assez pour me rendre compte le samedi matin que ça avait réveillé des neurones déjà secoués la semaine dernière. Quand, en fin d'après-midi, je me suis rendu compte que j'étais franchement désagréable avec mon compagnon, j'ai préféré aller me coller un patch à 7 mg.
J'ai commencé à me détendre après une petite demi-heure, mais c'est surtout après quelques heures que j'ai retrouvé une humeur un peu joviale que j'avais perdue depuis huit jours. Le soir, comme j'étais vraiment déçu de voir que j'avais encore besoin de patchs, je n'ai pas eu envie de compter ce que je buvais
, et je suis rentré chez moi assez fâché contre moi-même.
Oui, Balzane, je t'ai félicité d'avoir su te patcher. Je suis fier d'avoir eu le réflexe de ressortir ma boîte de patchs, et je suis fier d'annoncer que je n'ai pas un instant dans la soirée été tenté par une clope ! Content d'avoir utilisé un patch, mais mécontent d'en avoir eu besoin. Je ne fume plus, c'est un fait. Mais ayant l'habitude d'être exigeant avec moi-même, ça me fait mal de voir que je paye encore, sur mon humeur, mon tabagisme passé. Marre d'être morose, marre d'être stressé, marre d'être impatient... Je veux retrouver de la sérénité, et je n'y arrive que par périodes.
Voilà. J'ai remis un patch. Et il y en aura encore, de temps en temps, quand je sentirais que c'est utile. Arrêter la clope est un travail de longue haleine, mais je ferai ce travail jusqu'au bout.
Jo
Posté le 7 décembre 2008, à 16:52
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Re-patché... ET MERDE !
Pas content.
Ce soir j'ai remis un patch, et ça m'énerve. Ca me calme, surtout, et je sais que dans le fond j'ai bien fait, mais ça m'énerve aussi. J'ai l'impression que le tabagisme passif en est la première cause, mais j'y réfléchirais demain ou un autre jour. Ce soir j'ai trop bu, par facilité, en grande partie parce que m'être repatché m'énerve. Désolé pour ce moment de grosse tension, on analysera ça demain à tête reposée.
Sans ce forum tout serait plus dur à gérer... parce que même après six mois il y a des choses compliquées à gérer. Merci à tous, donc.
Bises, et excuses navrées à ceux et celles que l'alcool insupporte. Je vous souhaite d'éviter ce genre de soirée : j'ai l'impression d'avoir passé la soirée à repousser les questions devant moi pour ne pas avoir à les regarder en face
. Je me couche avec l'envie de me réveiller demain en plein printemps, plein d'espoir... Je sais que la nuit me fera du bien, et je préfère donc ne pas en dire plus ce soir. Je vous embrasse et vous prie d'excuser ce moment de flottement, plus pénible pourtant pour moi que pour vous.
Jo
Posté le 6 décembre 2008, à 23:53
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Mon poids
J'ai pris 8 kg en six mois à ma première défume, il y a onze ans, et j'ai mis des années à en reperdre la moitié. Il faut dire que je n'y ai pas du tout prêté attention, et que ces kilogrammes ne m'ont pas vraiment gêné. Mais j'ai maintenant quarante ans, et ça justifiait de me surveiller un peu plus pour cette seconde défume.
Cette fois, j'ai veillé à me peser chaque semaine. Je n'ai pas cherché à contrôler mon poids, mais au moins à le connaître, pour me préparer à le contrôler une fois la défume faite. J'ai beaucoup mangé en arrêtant de fumer, et j'ai constaté très clairement que le meilleur moyen de prendre du poids est de manger toute la journée
, mais j'ai aussi constaté que la prise de poids s'est arrêtée le jour où j'ai senti que mon sevrage était fait.
D'une part j'ai grignoté à fond pendant à peu près quatre mois. J'ai quand même limité la catastrophe en prenant d'abord un verre d'eau ou une pomme avant de sauter sur les croissants et les barres chocolatées... mais allez donc prendre un verre d'eau quand vous êtes dans la rue ! La bonne idée que je n'ai pas eue : toujours avoir une bouteille d'eau dans son sac pendant les premiers mois de défume, pour se remplir l'estomac à volonté même quand on est dans la rue.
D'autre part, mon appétit est devenu féroce. J'ai en fait retrouvé l'appétit de ma jeunesse : jusqu'à 27 ou 28 ans, je baffrais comme un adolescent, et c'est bien ça que j'ai retrouvé en défumant. Ma stratégie sur ce point-là a été de ne pas me frustrer : priorité à la défume ! Je me suis donc rempli la panse en proportion de mon appétit (ce qui veut quand même dire que, si par chance un soir je n'avais pas faim, j'en profitais pour manger très peu). Et l'appétit est peu à peu revenu à un niveau normal, progressivement.
En regardant aujourd'hui ma courbe de poids, je vois que j'ai eu plutôt raison de ne pas trop m'en faire. Je faisais entre 71 et 72 kg quand je fumais. J'ai pris du poids pendant cinq mois, et je suis arrivé à 76,3 kg. Depuis cinq semaines, j'ai commencé à en perdre et je suis redescendu à 74,5 kg.
En résumé : j'ai pris 5 kg en cinq mois, et j'ai déjà reperdu 2 kg depuis. Je vais un peu essayer d'être vaguement raisonnable pour voir si je perds les 3 kg qui restent, mais cela n'a aucune importance : je suis plus à l'aise dans un corps non-fumeur, capable de faire un effort sans s'essouffler, capable d'une haleine propre, que dans un corps enfumé, jauni et essoufflé. Quelques kilogrammes ne font pas une différence, et sont négligeables par rapport à ce que j'ai fait pour mon corps en arrêtant de fumer.
Jo
Posté le 3 décembre 2008, à 06:31
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Soirée enfumée...
Je m'en veux. Un peu moins ce soir, mais j'étais ce matin furieux comme aux premiers temps de défume, et surtout contre moi
.
Hier soir, une amie nous avait invités chez elle, où nous n'étions encore jamais allés. Quand nous sommes arrivés, nous étions sept dans une petite pièce fermée, dont deux qui fumaient. Vu ma tête, mon amie m'a demandé si le tabac me posait problème, et j'ai demandé s'ils allaient fumer en continu toute la soirée, ou si ça resterait très limité. Tout le monde m'a rassuré : pas de problème on n'est pas des gros fumeurs ! J'ai voulu être gentil et poli, j'ai dit que tout irait bien.
Evidemment, ils ont fumé clope sur clope toute la soirée
. Et malheureusement, je n'ai pas osé râler. Je suis allé ouvrir la fenêtre et me placer devant, mais il faisait trop froid pour la laisser ouverte tout le temps. Je suis allé le plus souvent possible aider à la cuisine, mais il fallait bien rejoindre la table dans le séjour. Je me suis tenu le plus loin possible des fumeurs, mais la pièce était petite. Je n'ai pas osé en faire plus, pour ne pas heurter notre amie, pour ne pas priver mon cher et tendre d'une soirée sympathique.
En rentrant chez moi, mes vêtements puaient. J'avais l'impression que le tabac était seul responsable de ma toux (impression fausse, car j'ai une rhino-pharyngite depuis plusieurs jours). Je me suis réveillé au petit matin avec la bouche pâteuse, alors que je n'avais presque pas bu de vin. Ce matin, mes vêtements puaient encore.
Toute la matinée, j'ai eu des bouffées d'énervement, comme pendant le sevrage, sans savoir si c'était une vraie colère ou si cette colère masquait un manque de nicotine, une dépendance réactivée par cette soirée de tabagisme passif. Cet après-midi, ça allait mieux, et je suis sûr que ma colère a été supérieure à l'exposition à la nicotine.
La soirée était très sympa, je suis ravi d'y être allé, j'y ai rencontré des gens agréables. Mais je m'étais promis ici de tout faire pour éviter la moindre taffe, de toujours éviter de respirer la cigarette des passants dans la rue, et hier soir je n'ai pas osé faire respecter mon droit à une atmosphère saine. Je passe des heures à renforcer ma motivation, et patatras : je me suis à peine défendu contre cette agression.
Je crois que la leçon aura porté. La prochaine fois, je dirai clairement que, hélas, il est exclu que je passe la soirée à fumer passivement. Que si les fumeurs ne peuvent pas faire VRAIMENT attention aux autres, je serai contraint à passer la soirée ailleurs.
Je ne veux plus respirer la moindre nicotine.
Jo
Posté le 29 novembre 2008, à 22:56
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Remplacer nos faiblesses par des forces
"Notre cœur peut devenir fort à l'endroit de la cassure."
Je consulte souvent un recueil de pensées bouddhistes, qui me tend des perches pour réfléchir à ce qui m'arrive, pour assembler à ma manière tout ce que j'ai appris ici ou là. Et cette pensée, qui en vient, convient bien à ce que je vis en ce moment, grâce à la tribu. Mais s'agissant de défume, j'écrirais plutôt, pour exprimer cette idée :
"Nous pouvons remplacer nos faiblesses par autant de forces."
Je ne savais pas résister à l'attrait insidieux de la nicotine, dont je connaissais pourtant les dangers. J'en ressentais une gêne quotidienne, pas une souffrance mais, oui, une faiblesse. J'ai vaincu la nicotine, et pour la vaincre j'ai fait un cheminement personnel étonnant, comme j'en avais peu fait dans ma vie. Ce cheminement m'amène à comprendre autrement l'homme et sa place dans le monde. À comprendre autrement le chemin que je parcours depuis plus de quarante ans. A envisager autrement toute ma métaphysique, cette lutte contre les angoisses existentielles par laquelle l'humanité danse depuis toujours, et chante, crie, écrit, pleure ou dessine. Il me faudra peut-être des années pour faire le tour de cette nouvelle compréhension, mais je sais que ce sera désormais une de mes grandes forces.
Jo
Posté le 26 novembre 2008, à 18:42
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Spécial dédicace à Féefolette !
Pour toi, Féefolette de mon coeur, je suis allé faire un tour dans mes placards. Juste pour te faire comprendre que, si nous avons bien des différences, il y a peut-être assez de points communs pour échanger un peu... pas les cubes, nous avons passé l'âge, mais pourquoi pas les souvenirs ? Tu le sais, si je peux t'aider à défumer, j'en serai très heureux.
Jo
Posté le 24 novembre 2008, à 21:00
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La baffe des six mois a commencé
Je n'y croyais pas, au coup des trois mois, six mois et neuf mois qui sont difficiles à passer... Et vlan !
Mon sevrage est fait, je n'ai aucun doute. Je ne me suis pas trompé en me considérant comme un dino prématuré. Je n'ai pas ou pas vraiment d'envie de cigarette, et quand vraiment une envie vient, je lui fais les gros yeux et elle recule tout de suite, terrorisée
. Mais depuis quelques jours, à l'approche des six mois, mon stress augmente. Je dors mal, je suis impatient, je ressens à nouveau des bouffées d'énervement. C'est franchement pénible, mais pas moyen de me détendre. Je comprends ça comme un passage obligé dans un travail de deuil (ce qui me renvoie à mon article précédent). Couché cette nuit à trois heures (pour le travail, pas pour la fête
)... et ce matin pas moyen de dormir après sept heures
.
Alors je vais essayer de prendre un peu plus soin de moi. J'ai consulté hier mon solde de congés, et j'ai déjà un peu compris ce qui se passe
: il faut que je réagisse, les congés s'accumulent et j'oublie de les prendre ! Alors au lieu de prendre une semaine à Noël, je vais en prendre près de trois. Et puis, je vous avais raconté que j'avais changé de matelas pour mieux dormir, mais il reste à changer de sommier ! Car celui que nous avions commandé (et payé !) à la CAMIF n'est pas prêt d'arriver, vu qu'ils sont en liquidation judiciaire
. Alors c'est décidé, on va en acheter un samedi prochain. Et puis j'avais décidé de consacrer mes éconoclopes à embaucher une femme de ménage, ce que je n'ai pas eu le temps de faire. Comme je suis en congés à la fin de l'année, je vais pouvoir mettre ça en place. La vie sera plus facile après, parce que nous n'avons vraiment pas beaucoup de temps et d'énergie pour nous occuper de l'appartement.
Résumons-nous : j'en ai marre, je suis hyperstressé, mais je sais gérer ça. On va faire aller, y a pas péril, mais p... de b... de m... qu'est-ce que j'ai hâte de me détendre un peu !
Jo
Posté le 23 novembre 2008, à 11:50
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Oser vivre
"Oser changer", disait Freedom Now sur son blog (22 septembre 2008)... J'ai tout de suite été touché. J'ai mis plus longtemps à vraiment apprécier la pensée suivante, d'Arnaud Desjardins, tirée d'un livre de pensées bouddhistes (oui oui, certaines ont aperçu ce livre chez moi aux toilettes
) mais elle prend en ce moment de la place dans ma vie. J'espère qu'elle vous apportera quelque chose à vous aussi
.
Jo
"Oser vivre, c'est oser mourir à chaque instant mais c'est également oser naître,
c'est-à-dire franchir de grandes étapes dans l'existence
où celui que nous avons été meurt pour faire place à un autre,
avec une vision du monde renouvelée, en admettant qu'il puisse y avoir
plusieurs paliers qu'on franchit avant l'étape ultime de l'éveil".
Posté le 22 novembre 2008, à 16:33
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Mon petit ange et mon petit démon
Pour quoi ai-je recommencé à fumer après trois ans d'arrêt ? Une tribulienne
me racontait que pour elle, l'envie de craquer pour une cigarette s'était développée très lentement, à force de passer devant un paquet de cigarette, tous les jours, toujours au même endroit. Ça m'a rappelé de vieux souvenirs, et permis de mettre à jour le mécanisme qu'a utilisé mon petit démon intérieur pour tromper la vigilance de mon petit ange intérieur. Ce mécanisme est très pervers, parce qu'il fait passer pour habituelle (donc inoffensive) une action qu'on n'a pas encore faite une seule fois !
Le principe de base de ma résistance au tabac, c'est que lorsque je passe devant un paquet de cigarette, mon petit ange me rappelle en général que les cigarettes sont un poison, que j'ai arrêté de fumer, que je ne veux pas en prendre une seule parce que cela ne m'apporterait rien et me ferait courir le risque de redevenir dépendant. Mais mon petit diable, qui se rappelle que jadis la cigarette me servait à inhaler la dose de nicotine nécessaire pour calmer mes neurones pervertis, essaie de me faire croire que fumer est agréable, et tente d'insuffler à mon inconscient l'idée que je pourrais bien en fumer une.
Si je passe chaque jour devant un paquet de cigarette, mon petit ange se dit que, bon, comme je ne suis pas complètement idiot, il n'a pas besoin de me répéter tous les jours le même message. Il s'assoupit, et pense qu'il sera facile de se réveiller en cas d'urgence. Mais mon petit diable, lui, n'oublie jamais de titiller mon inconscient et de lui faire croire que ce serait agréable. Diabolicum perseverare est... ou vice-versa : il n'y a pas plus persévérant que le diable.
Résultat : l'idée de fumer une cigarette prend de plus en plus de place, se renforce à chaque passage devant le paquet. Pendant que mon petit ange dort, pensant que je résiste sans problème, en fait je cède du terrain ; je commence à croire à tous les raisonnements du petit démon, du genre : "juste une pour me récompenser d'avoir arrêté", ou "juste une pour me souvenir à quel point c'est mauvais et renforcer ma motivation", ou "à mon âge, si j'en fume une tous les trois ans, j'aurai cent ans avant d'avoir fumé un paquet, il n' y a donc aucun risque"... Le point commun à tous ces raisonnements, c'est qu'ils se finissent toujours par un petit lien avec la défume, un petit mot rassurant pour que mon petit ange continue à somnoler tranquillement. "Chut... Faut pas le réveiller sinon on pourra pas s'en griller une", me glisse mon petit démon... Et moi, complice, je veille à ne pas réveiller mon petit ange
...
Et ainsi, sans y prendre garde, je m'habitue à penser chaque jour, en passant devant ce maudit paquet de cigarettes, que je pourrais bien en prendre une. Désormais, à chaque passage, mon petit démon me dit, de plus en plus clairement : "Attrapes-en une !" sans que mon petit ange ne se réveille. C'est fait
, la mécanique est en place : l'idée de fumer une cigarette est devenue une habitude ! Ça ne vous rappelle rien, cette habitude de penser à une cigarette à chaque répétition d'un événement donné ? C'est une association d'idées, comme celles que nous avons eu tant de mal à combattre pendant le sevrage, qui nous donnaient envie d'une cigarette après chaque repas, ou à chaque café, ou à chaque verre d'apéritif...
Une fois que l'association d'idée est faite... vous devinez la suite
. Résister est devenu cent fois plus difficile. Vient un jour où le petit ange dort si bien, où le pas à franchir est si petit, qu'on attrape une cigarette. Pour moi le pas a été vraiment tout petit, je n'ai presque rien eu à faire : un ami m'a tendu sa cigarette, en me demandant de la garder le temps qu'il aille pisser. J'ai juste fait un petit geste : la porter à ma bouche, inspirer... La nicotine est arrivée en quelques secondes à mon cerveau, accueillie à cris de joie par les neurones qui l'ont reconnue tout de suite. Ils ont adoré ! Une semaine plus tard, j'en ai fumé une entière. Comme mon petit ange est costaud, le combat a duré des années avant qu'il s'avoue vaincu et que je refume tous les jours, mais dès la première bouffée l'issue était certaine.
Alors une seule chose à faire : gueulez avec moi bien fort "PLUS JAMAIS UNE TAFFE !" pour réveiller les petits anges qui veillent sur vous
, et ne les laissez jamais vous faire vraiment confiance. Il y a six mois que j'ai à nouveau arrêté, et je répète tous les jours à mon petit ange que son rôle est de me surveiller, pas de me faire confiance. Pour la confiance, j'ai des amis qui s'en chargent
.
Jo :D
Posté le 19 novembre 2008, à 14:05
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PLUS JAMAIS UNE, ça veut dire quoi ?
Je veux, comme Flora, en être toujours au jour 1 de ma défume. C'est pourquoi, après six mois d'arrêt, je change de trottoir pour ne pas respirer la fumée de cigarette des importuns que je croise dans la rue.
Je ne veux plus jamais me demander si j'ai eu raison d'arrêter, donc je décide aujourd'hui qu'après un an d'arrêt, je changerai encore de trottoir pour éviter la fumée des importuns.
Je ne veux plus jamais laisser croire à un fumeur que sa fumée ne me gêne pas, donc je décide aujourd'hui qu'après cinq ans d'arrêt, je changerai encore de trottoir pour éviter la fumée des importuns.
Je ne veux plus jamais fumer une cigarette, donc je décide aujourd'hui que dans vingt ans, je changerai encore de trottoir pour éviter la fumée des importuns.
Je trouve l'odeur du tabac irritante et désagréable, donc je décide aujourd'hui que dans cinquante ans, je demanderai à l'infirmière qui poussera mon fauteuil de changer de trottoir pour éviter la fumée des importuns.
LES GENS QUI TIENNENT A SE TENIR DEVANT MOI AVEC LEUR CLOPE AU BEC SONT PRIÉS D'ATTENDRE QUE JE SOIS MORT.
Jo
Posté le 17 novembre 2008, à 15:17
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J'ai rêvé que je craquais... et me collais un patch !
Cette nuit, j'ai fait un rêve qui me donne la pêche :
J'assiste à un séminaire dans une librairie d'un centre commercial de Rome, et par une verrière je vois un petit avion s'écraser sur le centre commercial
. Panique généralisée ! Et dans la foule, une amie, qui a arrêté de fumer avant moi, tient une clope à la main
, et m'explique que je ne peux quand même pas lui reprocher de fumer quand nous sommes pris dans un événement aussi stressant. La voir fumer me donne envie, et je sens que je craque, que je suis prêt à prendre une clope
. Je vais m'enfermer aux toilettes... et je sors de mon portefeuille mon patch de secours pour l'ouvrir avec les dents et me le coller sur l'épaule
!
Depuis des mois je me dis qu'il faut que je développe des réflexes de protection contre la clope. Je suis très content de voir que ça commence à venir, puisque même mon inconscient sait que toute pensée de clope doit faire naître la pensée du patch ! Et... j'ai vraiment un patch de secours dans mon portefeuille, et il n'est pas prêt d'en partir !
Jo
Posté le 17 novembre 2008, à 08:58
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DÉTERMINÉ !
Rien n'est jamais gagné, tant les tentations sont fréquentes. Je me suis entendu dire samedi soir : "Là, j'ai envie de fumer une clope ou d'aller me coucher". Bon ben, faut aussi être raisonnable, je suis allé me coucher
; mais je sais qu'il ne faut jamais fanfaronner.
Alors je ne fanfaronne pas, mais je l'affirme : PLUS JAMAIS UNE
. Et je l'affirme bien fort, et je le clame, sans aucune hésitation. Parce que dans toute hésitation, le doute vient se glisser, et à chaque doute c'est l'indécision et la tentation qui se renforcent. JE REFUSE CATÉGORIQUEMENT DE LAISSER LA MOINDRE PLACE À L'HÉSITATION
.
C'est comme ça que je décide d'être fort. En me souvenant de tout ce que j'ai pu découvrir au gré de mes lectures et aventures sur la sophrologie, sur le bouddhisme, sur l'amour. Trois champs qui m'ont appris que nous devenons ce que nous voulons être. Que nous avons une influence considérable sur notre vie. Qu'il est faux de croire que nous sommes condamnés à être ballottés par les événements.
Le destin, ce n'est qu'un état d'esprit qu'on peut accepter ou refuser. Si on le refuse, la vie est une suite d'événements qu'on peut affronter un par un, au lieu d'être un bloc massif et effrayant qu'on ne sait pas par quel bout prendre. JE REFUSE TOUT DESTIN
. Ma vie est faite d'événements auquel je n'ai pas peur de me mesurer, et dont l'issue dépend de moi. Je n'ai pas peur de vivre. À chaque instant, je me souviens que tout problème a une solution, et que c'est à moi d'identifier le problème, d'identifier la solution et de la mettre en oeuvre. Je veux, donc je peux
.
Jo
(article repris d'un post du 25 octobre)
Posté le 27 octobre 2008, à 16:45
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Un nouveau pas franchi !
Cet après-midi, j'ai une réunion importante qui m'a demandé beaucoup de préparation. Je suis prêt... je pars dans vingt minutes... dans ces cas-là, c'était toujours pareil : je sortais fumer une cigarette tranquillement pour penser à autre chose et sortir du stress de la préparation. Une vraie détente.
En sortant de la cantine, j'étais sûr de mal vivre le manque de cette cigarette. C'était ma cigarette préférée ! La seule qui était toujours agréable ! Et bien tout compte fait, elle ne me manque pas. Voilà.
Fous le camp, vilaine, et ne t'avise pas de revenir
!
Jo
Posté le 22 octobre 2008, à 13:36
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De l'impossibilité de maîtriser ma consommation
Si un jour je me remettais à fumer une cigarette de temps en temps… … et si cela me convainquait que je maîtrise ma consommation… … il s'agirait d'un doux mensonge par lequel je chercherais à affaiblir ma volonté de ne pas fumer… … et me mentir à ce sujet signifierait que je serais en fait déjà redevenu dépendant. Je suis sûr de ce que je dis là, parce que j'ai déjà vécu chaque partie de cette phrase. Et je dois donc en déduire que jamais je ne saurai maîtriser ma consommation de tabac. À bon entendeur salut ! Jo
Posté le 13 octobre 2008, à 14:08
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Exercice de décrassage
Pour se convaincre que l'arrêt du tabac permet de nettoyer les poumons, et se prendre pour un généreux bénévole nettoyant une plage après une marée noire, il existe un petit exercice amusant, que j'ai testé ce soir.
En sortant de réunion dans un quartier inconnu, j'ai vu que j'avais dix minutes pour attraper un TER à la gare censée être la plus proche, et que le train suivant était une demi-heure plus tard. Alors j'ai couru à fond pendant... neuf minutes. Bien chargé (un cartable plein de dossiers et un cartable avec un ordinateur) sous une grande averse, dans des rues pleines de flaques. J'ai eu mon train, et devinez quoi ? J'ai imposé à tout le wagon trois quarts d'heure de toux bien raclante et de mouchements pour nettoyer tous les goudrons qui s'étaient décollés
! Je n'arrêtais pas de tousser, j'en étais gêné pour mes voisins, mais je me disais : "C'est génial, faut que tout ça sorte un jour, alors pourquoi pas tout de suite
!"
Voilà, ce soir, j'ai des poumons un peu plus propres, et ça me donne envie de faire du vrai sport, du genre qui fatigue bien, pour accélérer encore le dégoudronnage
.
Jo
Posté le 8 octobre 2008, à 19:28
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Gloire aux dieux, les démons sont vaincus !
C'est étrange, mon corps est stressé par le manque de nicotine, mais sincèrement, moi je ne le suis pas. Depuis le 27 mai dernier, date de mon arrêt, je n'ai jamais ressenti une telle paix ; je me sens réconcilié avec moi-même.
Il y a deux jours que je n'ai pas mis de patch, ce qui m'a donné cette nuit une insomnie aérienne, apaisée. Quelques heures de bonheur tranquille. Au matin, je compte que je n'ai finalement pas trop mal dormi. J'ignore si j'utiliserai à nouveau des patchs, mais je sais que ça y est, j'ai réussi à la vaincre, la garce, et je me réjouis de ce que j'ai fait pour moi
.
Hier j'ai accepté d'être parrain de Véro, ce qui me donne un peu l'impression d'entrer dans les vénérables de la tribu. Je me sens le cuir rêche et solide d'un dino, après quatre mois et une semaine. Et pourtant... Et pourtant j'ai retrouvé cette nuit, avec cette insomnie, des sensations très anciennes... complètement oubliées... que je n'avais pas connues depuis, disons... au moins trois mois
. Je me sentais comme un tout jeune défumeur, avec une différence notable : le confort de l'expérience qui me permettait de ne pas m'en faire, de savoir faire la part des choses.
<< Gloire aux dieux, les démons sont vaincus ! >>
C'est ce que crient les tibétains quand ils arrivent, après tant d'efforts, au col qui permettra de redescendre dans la vallée suivante. Véro, ne t'en fais pas, je ne redescends pas tout de suite de l'autre coté. Je vais rester un moment au col, pour surveiller ta progression et te guider comme je peux. J'ai l'impression de te passer le relais. Je te souhaite un parcours aussi riche que le mien.
J'ai appris à ne pas fumer en suivant un chemin qui m'a appris beaucoup plus. Chemin difficile, mais sur lequel je n'étais pas seul. Freedom-now, sur son blog, disait récemment quelque chose de beau : oser changer... Merci à toi aussi, Freedom.
Jo
Posté le 4 octobre 2008, à 08:50
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Gérer le stress, c'est tout un art !
Quatre mois après, j'ai appris à dompter mon humeur, mais pas mes nerfs.
J'ai donné un coup de main à mon compagnon, qui avait du travail hier et aujourd'hui (il tient un restaurant). J'étais très énervé
de sacrifier mon dimanche, mais j'ai réussi sans trop de difficulté à me souvenir que je m'énervais sans raison, et donc je n'étais pas de trop mauvaise humeur
. J'ai à peu près évité d'être pénible pour les autres. Enervé mais de bonne humeur
? C'est un état que je n'avais connu qu'une fois : à mon premier arrêt, il y a onze ans, pendant quelques jours après l'arrêt des patchs. Toute la la journée, j'ai "pris sur moi", comme on dit, ce qui est un effort continu et qui me laisse assez fatigué. Donc ça a été une journée longue longue longue, mais j'en sors presque détendu. Je suis parti deux heures avant qu'il ait fini, je vais prendre un bain chaud, et j'espère être tout souriant quand il arrivera
.
Gérer le stress, c'est tout un art. J'ai fait quelques petits progrès... mais il y a encore du chemin avant d'être aimable et souriant en permanence
.
Jo
Posté le 28 septembre 2008, à 19:24
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Tribu de fous...
Je n'ai pas pu être parmi vous pendant trois jours, et c'est une expérience amusante. Il m'a fallu du temps pour prendre connaissance de tout ce qui s'était passé sur le site.
Certains ont eu des vraies difficultés, dont ils sont le plus souvent sortis victorieux, tandis que d'autres semblent au fil des jours devenir plus forts et solides. Et il y a eu plein de monde pour encourager ceux qui en avaient besoin et rattraper ceux qui chutaient.
A la liste des objets en vente régulière, outre la gaine de Sorcière et le transat d'Amie, nous avons vu se rajouter les anniversaires. Une garde collective s'est organisée, ce qui n'est pas une mauvaise solution.
Il y a quelques nouveaux tout neufs, et quelques nouveaux d'occasion qui n'en sont pas à leur premier essai
. A tous, j'envoie quelques tonneaux de courage, de patience et de sérénité
!
Il y a même eu un beau crêpage de chignons digne du petit village gaulois. Au fait, les filles, je vous remercie d'avoir fait ça pendant que j'étais ailleurs, ça m'aurait un peu énervé. Quand on dit que les absents ont toujours tort, vous nous avez prouvé le contraire ! J'espère juste que personne n'a allumé une clope pour s'en remettre.
Tout ça me prouve que la tribu est bien vivante
, que l'entrée dans l'automne est un moment difficile sur la Toile comme sur la Terre, que le monde ne s'arrête pas de tourner quand je dors, enfin que mon rapport à la tribu a de plus en plus à voir avec le plaisir de fréquenter un endroit qu'on connait bien, et de moins en moins à voir avec mon arrêt du tabac il y a bientôt quatre mois.
Je me suis parfois demandé comment on fait pour se désaccoutumer du forum quand on y passe trop de temps, et je découvre que c'est tout simple : on arrête de vouloir tout suivre, et on se contente de passer de temps en temps, de lire les derniers sujets et de saluer les amis qu'on croise. Et puis on voit autrement, ailleurs, ceux qui sont devenus plus proches. Je me réjouis énormément de rencontrer bientôt à Lyon un certain nombre d'entre vous, pour mieux vous connaître, en prévision du moment, que je sens parfois se rapprocher, où mon besoin de faire un tour sur le forum se fera plus rare.
Ah, au fait : PLUS JAMAIS UNE
!
Jo
Posté le 26 septembre 2008, à 14:44
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Arrêter la clope par la méthode du matelas
Vendredi soir : soirée d'anniversaire chez des amis
, couché à 1 heure environ.
Samedi matin : réveillé à 6 heures et pas moyen de me rendormir
.
Samedi midi : acheté un matelas neuf, soigneusement choisi.
Samedi soir : repas associatif, soirée dansante, couché à 1 heure 30.
Dimanche matin : réveillé à 10 heures
!
Conclusion : pour arrêter de fumer sans vous épuiser, commencez par changer de matelas !
Jo
Posté le 21 septembre 2008, à 19:26
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Ma solution pour remonter
Avec le soutien de nombreuses membres de la tribu
(où qu'y sont les gars
?), j'ai pu mettre au point ma solution au problème identifié dans l'article précédent. Pas une solution contre la déprime, loin de là, mais au moins un plan d'action personnel pour ne pas tomber dedans en ce moment.
1. J'ai connu plusieurs petits ou grands épisodes de manque de tonus, de découragement, de fatigue intense. Notamment en 1985 (avant de fumer), en 1991 et 1995 (pendant que je fumais), en 1997 (peu après avoir arrêté de fumer) et en 2000 (je refumais, mais pas plus d'une cigarette par semaine). Tu as raison, Gommette
, il ne faut pas accuser trop vite le sevrage de provoquer la déprime.
2. Le point commun entre tous ces épisodes, ce qui peut en être la cause, je crois que c'est un mélange de stress et de fatigue. En 1985 et 1991, c'était lié à mes études. En 1994, c'était une séparation. En 1997, c'était après quelques mois de défume. En 2000, c'était le début d'une période difficile au travail.
3. J'en conclus que ce sont le stress et la fatigue qui provoquent chez moi, quelquefois, des états, disons, pré-dépressifs. Or depuis le mois de mai :
- j'ai plus de trois heures de transport quotidien, ce qui me laisse très peu de temps libre,
- j'ai pris un poste nouveau, ce qui est toujours fatigant la première année,
- mon employeur est en pleine restructuration, ce qui rajoute du travail et du stress,
- et pour couronner le tout j'ai arrêté de fumer.
L'état de stress et de fatigue, je suis en plein dedans !
4. Donc il faut que je m'organise autrement, pour avoir un rythme de vie plus raisonnable. Que je veille à limiter les causes de stress. Que je veille à beaucoup me reposer. Donc je décide fermement de prendre les mesures suivantes :
- Contre le stress : Euphytose, bains chauds, moments avec la tribu, et on continue les patchs jusqu'à avoir remonté la pente (Féefolette
, soyons clairs, je ne t'autorise pas à imaginer quoi que ce soit
).
- Pour mieux dormir : huile essentielle de lavande sur l'oreiller (mon nouveau doudou pour sentir que la tribu est proche, grâce à Amie
), et changer de matelas.
- Pour avoir plus de temps pour moi et pour vivre dans un cadre toujours plaisant : deux heures hebdomadaires de femme de ménage, payées par les éconoclopes.
- Pour me sentir moins perdu : un grand calendrier à la maison, sur le frigo, pour bien planifier les week-ends.
- Pour réussir à me coucher tôt tous les soirs : je quitte la tribu. Ah non, ça marche pas, je vais déprimer encore plus
, donc je vais avoir plus de mal à dormir. Alors je reste dans la tribu
, mais le soir je ne passe pas une demi-heure à lire. Donc il faut que je lise dans le train. Bref, on raye ça et on recommence :
- Pour réussir à me coucher tôt tous les soirs : j'arrête d'emmener du travail dans le train, donc je peux lire dans le train, donc j'évite de lire au lit.
Voilà, c'est déjà un programme ambitieux. Je vais commencer dès samedi, en achetant de l'Euphytose et un matelas, et en contactant les associations de femmes de ménage. Dimanche, on fabrique le calendrier pour le placer sur la porte du frigo.
Et pour me féliciter
d'avoir mis au point cette solution, je commence par utiliser mon bon de bonne humeur
(copyright Jo pour le texte, Féefolette pour l'illustration, en vente gratuite sur le blog de Féefolette à la date du 17 septembre 2008).
Jo
Posté le 18 septembre 2008, à 11:57
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Comprendre mon sevrage, onze ans après !
En repensant à mon premier sevrage, je m'aperçois (enfin, onze ans après !) d'une coïncidence troublante
.
J'ai en effet déjà arrêté de fumer quelques années. C'était en novembre 1996. J'avais pris un mois de patchs à 21 mg, puis j'avais eu une angine. Pendant quelques jours, au fond de mon lit, je ne m'étais pas patché. Du coup, je n'avais pas repris les patchs après l'angine. Je ne me souviens plus de la suite du sevrage, mais il me semble que ça n'avait pas été particulièrement dur
.
Par ailleurs, j'ai fait il y a assez longtemps une petite dépression. Rien de grave, mais assez pour avoir testé deux antidépresseurs successifs. Efficaces, mais tous deux stoppés parce que l'effet sur la libido tombait vraiment très mal dans mon couple à ce moment-là. J'ai remonté la pente petit à petit, mais je m'en souviens comme d'une année très difficile. Totalement découragé, incapable de trouver de l'énergie pour avancer
.
Et voilà qu'en me demandant de quand date cette dépression... eh bien il me semble que c'était en 1997. Autrement dit : elle a sans doute démarré dans les mois qui ont suivi mon sevrage tabagique. Il pourrait donc s'agir d'une conséquence directe de mon sevrage
. Alors aujourd'hui je me dis que, quand je me sens fatigué, démotivé, déconcentré ou feignant, il faut réagir sans tarder.
Voilà, c'était la rubrique "Où est le problème ?". Je vais essayer d'écrire très vite la rubrique "Voici la solution". Toute contribution sera la bienvenue... parce que pour le moment, je sèche un peu
!
Jo
Posté le 16 septembre 2008, à 12:08
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Tribu virtuelle ou tribu réelle, tribu numérique ou physique...
Samedi, j'ai rencontré physiquement des membres de la tribu... quelle découverte
!
J'ai eu un peu de mal à "entrer" sur les forums, mais comme j'en ai eu besoin pour faciliter mon sevrage, j'ai commencé à vous écrire, vous répondre, demander de l'aide, essayer d'en apporter. J'y ai pris goût
. Mais j'avais une certaine appréhension à passer de discussions sur les forums à des rencontres physiques (je ne dis pas "virtuelles" et "réelles", car l'échange sur les forums n'a pour moi rien de virtuel ; c'est un échange réel... mais anonyme ou presque).
Et samedi, pour la première mais sûrement pas la dernière fois, j'ai sonné à la porte de quelqu'un que je ne connaissais que par ce site. Superbe déjeuner entre trois tribuliens et leurs proches... moment merveilleux où j'avais l'impression d'avoir déjà tant partagé, à force de s'écrire en forums ou en messages privés... même mon ami était sous le charme d'une rencontre si facile, lui qui pourtant n'avait pas participé à tous nos échanges tribuliens.
J'ai l'impression d'avoir découvert une nouvelle façon d'aller vers les autres, de nouer des contacts, de s'enrichir mutuellement, moi qui suis si réticent en général, si lent à me découvrir... Et j'ai, c'est quand même le principal, découvert des personnes attachantes, dans une relation riche de promesses. Si vous avez l'occasion d'en faire autant, n'hésitez pas.
(Et à vous deux que je connais maintenant mieux : grosses bises reconnaissantes
.)
Jo
Posté le 14 septembre 2008, à 21:52
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À nouveau respirer
Une cigarette,
Puis une seconde cigarette...
Je voudrais pouvoir fumer quand je veux,
Je veux une seconde chance de fumer quand je veux,
Et puis je veux une seconde vie avant le game over.
Je veux à chaque seconde vivre, et pouvoir aussi recommencer.
Je veux le beurre ! Je veux l'argent du beurre ! Je veux !
Je veux à chaque seconde vivre ma vie. Me sentir vivre.
Je veux vivre à ma guise cette seconde et la suivante.
Je veux vivre libre tant que je vis.
Je fais le libre choix de la liberté.
Je veux aimer en liberté, m'aimer, l'aimer, vous aimer tous.
Je veux aimer la liberté.
J'aime déjà la liberté.
Déjà j'aime vivre.
J'aime.
Je vis.
J'aime aussi ne pas fumer. Je ne m'arrête pas à la satisfaction, je continue. Je ne m'arrête pas non plus au plaisir, je continue. Déjà j'aperçois le bonheur :
Une grande bouffée d'air,
Puis une seconde bouffée d'air...
Jo
Posté le 11 septembre 2008, à 10:10
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J'ai repris les patchs
Je n'ai pas encore dit ici noir sur blanc que, depuis le 4 septembre, cent jours après avoir arrêté la cigarette, j'ai recommencé les patchs 7 mg, au moins un jour sur deux
. J'en avais marre de mal dormir, alors j'ai décidé qu'il valait mieux me repatcher que m'épuiser.
Effet très moyen. Je dors mieux, avec plus de rêves, quand j'ai un patch, et du coup je suis moins fatigué. Mais mon humeur fait du yoyo, la constipation aussi, et je supporte mal le bruit. J'ai beaucoup de mal à être efficace au boulot. Bref, je suis un peu perdu, mais j'ai décidé de ne pas m'en faire. Je me patche quand j'en ai envie, et j'arrête d'essayer de tout calculer
. Je ne suis plus du tout intéressé à savoir quand j'aurai définitivement abandonné les patchs. J'ai deux choses en tête : premier point, rester patient ; deuxième point, me construire des protections pour que jamais une cigarette ne me fasse à nouveau envie. Je finis d'arrêter de fumer, et en même temps je me prépare à être non-fumeur.
La tribu m'aide, mais je manque un peu de temps pour suivre le forum. Ma vie personnelle va bien, mais j'ai envie de partir en vacances... de voir l'été arriver... d'avoir du temps pour moi... Je crois que je vais m'accorder bientôt quelques jours de congés à la maison à titre de récompense.
Je vais vraiment mieux que les premiers temps. Seulement, j'ai l'impression (sans en être sûr) de progresser plus lentement, ou de faire du surplace. L'impatience est revenue. Je suis content de ne plus fumer, je suis satisfait du travail personnel accompli, mais ça n'a rien d'un triomphe. Une victoire aux points, c'est déjà pas mal. Je m'accroche, et c'est le plus important
.
Jo
Posté le 10 septembre 2008, à 10:11
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Cent jours sans fumer
Il y a aujourd'hui cent jours que je n'ai pas touché une cigarette
. Cliquez sur l'image, et vous verrez tous les mégots que j'ai évité d'écraser dans un cendrier. Vaut mieux les avoir en photo que sur la table, hein ?
Jo
Posté le 4 septembre 2008, à 22:45
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La deuxième cigarette
Fumer une cigarette, ce serait une faiblesse bien humaine. Fumer une deuxième cigarette, ce serait prendre inconsciemment la décision de continuer. La pire cigarette, c'est donc la deuxième. Alors pour être certain de ne jamais allumer la deuxième, j'ai décidé de ne pas allumer la première. Jo
Posté le 3 septembre 2008, à 16:14
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Mon expérience sur les patchs coupés
Le traitement par patch a l'inconvénient de coûter cher
. Moins que le "traitement" par cigarette
, mais très cher quand même. On entend parfois qu'on peut découper les patchs pour faire des économies ou ajuster son dosage de façon précise ; mais on entend aussi que découper un patch lui ôte toute efficacité car on coupe ainsi le réservoir qui contient la nicotine. Qu'en penser ?
Quand j'ai estimé que j'avais passé assez de temps à me patcher à 7 mg, j'avais encore du mal à m'imaginer sans patch
, tout nu ! Dans un premier temps, après avoir lu des avis assez variés, j'ai décidé de suivre Gerfo et de considérer que les Nicopatch peuvent se couper. J'ai commencé à couper les patch en deux, pour avoir l'équivalent de patchs à 3,5 mg.
Dans un second temps, suite à un avis de Nanon, j'ai décidé de me renseigner plus sérieusement. J'ai compris qu'il existe des patchs médicaux de deux types : la réserve de substance active peut être liquide (réservoir étanche, fermé par un joint périphérique) ou solide (matrice polymère). J'ai compris que les patchs à réservoir ne peuvent être coupés, alors que les patchs matriciels peuvent l'être. Par contre, je n'ai pas réussi à comprendre si, comme certains sites le disent, tous les patchs nicotiniques ont une structure matricielle, et peuvent être coupés, ou si, comme d'autres sites le disent, cela dépend de la marque de patch
. Les notices rédigées par les fabricants disent toujours qu'on ne peut pas les couper... mais c'est dans leur poche que va l'argent que je consacre aux patchs et je ne leur fais pas confiance. Enfin, même quand un patch peut être coupé, on peut supposer que de la nicotine s'évapore par le bord de coupe, surtout sur la moitié qu'on n'utilise pas tout de suite. Bref, il était clair... que je n'étais pas plus avancé.
Devant ces réponses embrouillées, j'ai décidé, pour mon cas personnel, de faire confiance à mes réactions et de continuer quelques jours avec un demi-patch sans savoir s'il servait à quelque chose. Lorsque j'étais passé d'un patch à un demi-patch, j'avais senti revenir plusieurs des symptômes classiques de sevrage
(troubles du sommeil, de l'humeur et de la digestion, principalement). En une semaine, ces symptômes avaient commencé à bien régresser. Il y a trois jours, en me couchant, j'ai eu envie de décoller le demi-patch, et n'en ai plus remis depuis. Je ne constate aucun retour des symptômes de sevrage
.
Je ne peux donc pas affirmer que le demi-patch ne sert à rien, mais je peux résumer les choses ainsi, en relisant mes notes :
- En avril et mai, je suis descendu de quinze ou vingt à une dizaine de cigarettes par jour de semaine (et deux fois moins le week-end). Étape facile, grâce à un déménagement et un changement d'emploi. Aucun syndrome de sevrage.
- Le 27 mai 2008, arrêt du tabac, début du patch à 14 mg/24 h. Étape vraiment difficile pendant plusieurs semaines.
- Le 30 juin, essai de passage du patch à 14 mg au patch à 7 mg. Étape très difficile. Le 11 juillet, je reviens à 14 mg parce que je me sens en début de dépression.
- Le 28 juillet, nouvel essai de passage du patch de 14 mg au patch à 7 mg. Étape difficile pendant deux semaines, mais je m'accroche pour rester à 7 mg.
- Le 22 août, je commence à couper le patch à 7 mg en deux. Étape difficile, mais pendant moins d'une semaine.
- Le 30 août au soir, abandon du demi-patch. Dès le lendemain, je sais que c'est gagné. Étape très facile, aucune impression de sevrage.
Je pense que le demi-patch n'a, dans mon cas personnel, pas vraiment eu d'action. Il ne m'a sans doute fourni qu'une quantité négligeable de nicotine, soit parce qu'elle s'évapore rapidement quand on coupe le patch, soit parce que la dose de 3,5 mg/24 h est trop faible pour agir sur moi. En passant d'un patch à 7 mg à un demi-patch le 22 août, j'ai lancé sans le savoir la dernière étape de mon sevrage. Depuis cette date, les symptômes de sevrage vont en diminuant, et l'abandon du demi-patch huit jours plus tard n'en a relancé aucun.
Ma courte expérience, conjuguée à celle des autres membres de la tribu, me laisse espérer que je dormirai mieux dans quelques jours. D'ici une à deux semaines, ma digestion se sera rééquilibrée. La tension douloureuse qui s'empare de mes épaules un jour sur deux sera partie. Mon humeur "courante" sera sans doute redevenue normale, malgré des bouffées d'énervement qui surviendront de temps en temps, pendant encore plusieurs mois. Il me restera à travailler sur la suite, pour me prémunir contre tout risque de reprendre un jour une cigarette. Je pense que la fréquentation régulière de la tribu devrait suffire à renforcer ma motivation.
Je n'aurai jamais besoin de remettre de patch. Je sais maintenant qu'il ne "faut pas" couper un patch... mais je sais que je l'ai fait quand même et que ça m'a aidé à franchir le pas. À bon entendeur salut
!
Jo
PS : Il y a une autre solution que de couper les patchs, qui ne permet pas de faire des économies mais qui permet d'ajuster son dosage, et c'est ainsi que je ferai si j'étais à nouveau confronté au problème. C'est de placer le patch plus tard, ou de l'enlever plus tôt. Par exemple, enlever le patch en se couchant et, le lendemain, en emmener un nouveau au travail, mais ne le placer que quand on sent la pression monter. Ou l'enlever après le déjeuner (en le recollant proprement sur son support) et ne le replacer qu'en fin de journée. A chacun de construire sa méthode
.
Posté le 2 septembre 2008, à 09:08
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Victoire ! J'ai arrêté les patchs... finie la nicotine !
Je suis très heureux aujourd'hui : je suis débarrassé de toute nicotine
!
Depuis une semaine, je ne mettais qu'un demi-patch à 7 mg, et j'ai cru comprendre qu'en le coupant toute la nicotine s'évaporait, et que ça ne servait donc à rien. Hier soir en me couchant, je me sentais les jambes lourdes mais sans aucun stress. Avant d'éteindre, j'ai enlevé le demi-patch, et ce matin je n'en ai pas remis. Au réveil, j'étais plus détendu que jamais ces derniers mois, comme si l'air était plus léger. Pour le moment (il est 18 h 15), aucun symptôme supplémentaire. Que ça signifie qu'un patch coupé est analogue à un bout de sparadrap ou que ça signifie que je n'avais plus besoin du demi-patch, le résultat est là : il y a plus de trois mois que je n'ai pas pris une cigarette, et il y a bientôt 24 heures que je n'ai plus de patch. Je suis débarrassé de la nicotine ! Yeepee !
Il y aura sans doute encore quelques jours d'humeur aléatoire. Mon sommeil n'est pas encore génial. La digestion a encore quelques progrès à faire. Surtout, j'aurais de temps en temps des bouffées d'énervement. Mais qu'importe, je ne fumerais plus jamais une cigarette, et je me suis donc fait le cadeau merveilleux d'une bonne santé !
Après trois mois de marche, des bons et des mauvais jours, quelques très mauvais jours, des efforts et de la souffrance, je vois enfin le pays de miel s'étendre sous mes yeux. Qu'il est beau ! Rejoignez-moi tous, s'il vous plaît : plus il y a de monde dans ce pays sans tabac, plus on s'y sent bien !
Jo
Posté le 31 août 2008, à 18:25
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La tribu que j'aime
A tous ceux qui fréquentent le forum sans jamais poster, je voudrais expliquer qu'il ne faut pas hésiter. Bien sûr, certains préfèrent vraiment ne jamais poster, et c'est très bien. Mais, par expérience, je sais qu'il y en a qui hésitent à franchir le pas, pour diverses raisons. Il y a dans la tribu tout un tas de gens très variés, dont certains se connaissent très bien et d'autres très peu, et ça n'empêche pas l'ensemble de marcher.
Honneur aux anciens, il y a ceux qui ont beaucoup utilisé le forum il y a quelques années, et qui viennent dire bonjour une ou deux fois par siècle parce qu'un anniversaire les fait penser à la tribu. Ce qui donne des posts du genre "Bonjour, j'ai arrêté depuis deux ans et tout va bien, courage à tous... y'a quelqu'un que je connais, par là ?"
. Ces vénérables dinosaures sont à peu près les seuls à se poser cette question, parce qu'ils ont créé sur le forum des liens très forts, et qu'ils ont peur d'être un peu perdus aujourd'hui tant les effectifs se renouvellent. Heureusement, il y a toujours quelques autres dinosaures à l'affût pour venir discuter avec eux du bon vieux temps.
Il y a aussi d'autres dinosaures (en général un peu moins anciens mais ça dépend) qui ne sont jamais loin et qui participent de temps en temps. Ils ne parlent pas forcément beaucoup, mais ils sont très précieux, parce que c'est grâce à eux qu'on peut lancer à peu près n'importe quelle question technique et être sûr d'avoir des réponses. Après des années à poster, ils n'aiment pas se répéter, mais ils font remonter les vieux posts pour que nous puissions trouver l'info recherchée. De vrais dinosaures-archivistes.
Il y a aussi dans la tribu ceux qui participent beaucoup aux discussions et depuis un moment. En lisant leurs messages, on se fait vite une petite idée sur eux et sur le rôle qu'ils entendent jouer dans la tribu : les pompiers qui interviennent quand quelqu'un traverse une crise, les bouffons qui essaient d'amener de la bonne humeur, les amours qui volettent partout en distribuant de l'affection, les mécanos toujours prêts à donner un conseil technique...
Et il y a aussi dans la tribu tous ceux qui participent depuis moins longtemps mais sont en grande activité, parce qu'ils ont arrêté de fumer assez récemment et qu'ils sont un peu surexcités
. Quelquefois, leurs messages sont tous dans le même ton ; quelquefois ils envoient des messages très différents les uns des autres. On a quelquefois plus de mal à les cerner, mais c'est grâce à eux que la tribu est si vivante.
Il y a les tout nouveaux, ceux qui postent depuis quelques jours seulement, et dont on espère qu'ils font plus qu'une apparition et vont vraiment rejoindre la tribu. Ceux-là, bien sûr, changent toutes les semaines. Certains restent et deviennent des habitués, d'autres ne donnent plus de nouvelles.
Il y a enfin ceux sur qui on ne sait rien, qui envoient un message de façon très occasionnelle, sur une question précise, et dont on ignore si nos réponses ont réussi à leur apporter ce qu'ils cherchaient.
Dans ces différentes façons d'intervenir, il y a bien sûr des tribuliens qui se connaissent depuis longtemps, mais il y en a plein qui se connaissent beaucoup moins bien. Nul besoin de connaître quelqu'un depuis des semaines pour lui parler ! Chacun a toute légitimité pour s'adresser à chacun. Certains des tribuliens adorent répondre aux nouveaux, et je vois rarement un message sans réponse, surtout si c'est une demande d'aide. Et pour ceux qui aiment savoir un peu à qui ils causent :
- Il y a les profils pour connaître l'âge, le sexe, le rapport au tabac.
- Il y a la liste des messages envoyés par quelqu'un, pour savoir s'il fréquente le site en ce moment, pour savoir s'il est tribulien depuis longtemps, pour savoir quel type de message il envoie.
- Il y a les blogs pour en savoir un peu plus sur ceux qui ont choisi de se montrer un peu plus.
Bref, la tribu est très facile à intégrer et chacun peut venir librement (dans les limites habituelles et banales de la Nétiquette, bien sûr) y chercher ce dont il a besoin : information, soutien, conseils, coup de pieds au cul, énergie, distraction... Alors n'hésitez pas. Pour ceux qui ont besoin d'être encore un peu rassurés avant de franchir le pas du message public, envoyez-moi un message privé. J'essaierai de vous aider à comprendre notre fonctionnement. Ou envoyez-un message privé à un autre tribulien qui vous semble pouvoir vous apporter quelque chose ; s'il n'aime pas beaucoup les messages privés, il saura vous le dire gentiment.
Vous verrez, la tribu est un sacré soutien dans la défume. Je la lis depuis trois mois, je la fréquente depuis un mois et demi bientôt, et je m'y sens très bien. Je vous embrasse tous, les tribuliens
sans qui je saurais moins bien gérer mon stress. C'est aussi grâce à vous que je ne fume plus, et je vous en en serai toujours reconnaissant.
Jo
Posté le 30 août 2008, à 07:11
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La liste des bonnes choses
Je suis très heureux de commencer à me sentir un peu non-fumeur, et pas seulement ancien fumeur. Comme je regarde plus souvent en avant qu'en arrière, je mets par écrit cette liste des bonnes choses que m'a apporté l'arrêt, car dans quelques temps elles me sembleront si naturelles que j'oublierai les inconvénients que je supportais jusqu'au 27 mai dernier.
Alors voilà à quoi ça m'a servi de prendre il y a trois mois la décision de ne plus fumer, de vous rejoindre, de vous appeler parfois à l'aide :
J'ai déjà récupéré beaucoup de souffle. Je ne me sens par exemple jamais essoufflé en vélo. Je peux prendre de grandes inspirations très profondes, puis expirer complètement, sans me mettre à tousser comme auparavant. J'ai redécouvert le plaisir de prendre une grande goulée d'air pur !
Je ne toussote plus pour m'éclaircir la gorge, comme ça m'arrivait dès que j'avais arrêté de fumer quelques heures. J'ai oublié mes petits enrouements réguliers. J'espère, cet hiver, avoir moins de rhino-pharyngites, laryngites, trachéites et autres ORLites.
Mon argent ne part plus en fumée. J'économise environ 110 euros par mois, au lieu de les verser à des sociétés cyniques qui s'enrichissent au détriment de la santé publique. Presque une brique par an ! Pour ceusses qui sont pas habitués à la France, une brique c'est un million d'anciens francs français, donc dix-mille francs français, donc 1.500 euros
. Ou pour le dire autrement : c'est un million d'anciens francs français, donc 150.000 anciens euros
, donc 1.500 euros
. Vous m'suivez
?
Je n'ai plus ce mauvais goût permanent dans la bouche. Mon mec ne me reproche plus mon odeur. Je ne culpabilise plus de sentir mauvais, de le lui faire supporter, et par-dessus le marché de lui demander de ne pas me le reprocher en lui disant en contrepartie que j'ai l'intention d'arrêter mais sans savoir quand ni comment... Vous m'suivez toujours
?
Je peux porter un pull plusieurs fois sans qu'il pue !
Je ne fumais pas chez moi, mais à mon premier arrêt j'avais bien vu que mon appartement se salissait beaucoup moins vite.
J'ai retrouvé le plaisir de l'odorat. C'est assez aléatoire (je n'ai jamais eu un bon odorat), mais il m'arrive souvent dans la rue de sentir une bonne odeur de cuisine ou de jardin, ce qui m'arrivait rarement. Contrepartie : je croise souvent des personnes (soyons francs : des femmes pour l'essentiel) dont les aisselles sentent franchement mauvais.
Je n'ai plus à me demander tout le temps s'il vaut mieux en fumer une tout de suite ou attendre la prochaine occasion. Ce qui était aussi fréquent que culpabilisant, car je fumais souvent tout de suite ET à la prochaine occasion.
Je ne prenais pas vraiment au sérieux les avertissements spécifiques aux hommes sur les paquets de poison. Mais après trois mois de sevrage tabagique... j'ai l'impression d'avoir rajeuni de quelques années... Ma libido semble s'être améliorée, et je veille à bien me souvenir, à chaque câlin, que c'est grâce à la défume.
Un bénéfice invisible mais important : je limite le risque de plein de maladies fort désagréables, notamment au niveau du cœur, des poumons et de tout l'appareil respiratoire.
J'aurai bientôt (paraît-il) de plus beaux cheveux, une plus belle peau, de plus belles dents. Pour la peau, ça tombe bien : à quarante ans, on se rend compte qu'on n'a plus vingt ans !
Je peux aider d'autres personnes à arrêter, ce qui permettra un jour d'avoir des terrasses non-fumeurs !
Et une bonne nouvelle pour ceux que ça fait rêver : on a tous le droit de ne pas fumer !
Jo
Posté le 27 août 2008, à 14:16
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Les petits plaisirs
Il est très utile de se récompenser pour chaque progrès accompli. Les forums regorgent de félicitations, de congratulations et d'anniversaires. On lit souvent que se faire un cadeau peut aider à tenir le coup. Dans mon cas personnel, toute récompense, tout encouragement, toute félicitation ou tout cadeau m'aide à me sentir plus solide pendant quelques heures. Au-delà du plaisir direct, j'y trouve beaucoup d'énergie. Et il y a des moments où ça compte.
Voici donc comment je me fais plaisir pour mieux supporter le sevrage tabagique :
- Je cède plus facilement qu'avant à mes envies alimentaires
, et surtout, c'est important, je ne cède pas par faiblesse mais parce que je m'en donne l'autorisation. Pas envie de me frustrer, et pas envie non plus d'avoir des remords. C'est évidemment une solution à utiliser prudemment si on a tendance à prendre du poids facilement. Surtout au début, je me suis un peu calé l'estomac avec de l'eau et des pommes, pour limiter les fringales caloriques.
- Je m'achète de temps en temps un cadeau
. Ce n'est pas du tout négligeable ! Là aussi, il ne s'agit pas de céder à mes faiblesses, mais de me dire, quand j'ai besoin d'encouragement, que je me fais plaisir en m'offrant un disque, un livre...
- Je suis plus attentif qu'avant à mon corps et mes tenues
. Je prends soin de moi. Objectif : être satisfait de mon apparence, ne jamais me dire « bof... » en me regardant dans la glace. De la même façon, je veille au rangement de mon appartement. Comme ça, quand je rentre chez moi le soir, j'ai le petit plaisir d'un appartement agréable.
- Et puis, ça compte beaucoup... je me fais encourager, quand j'en ressens le besoin, par la tribu ici-présente
! Un moment de faiblesse ? On réagit tout de suite en signalant qu'on a besoin d'encouragement. En général, ça marche très bien ! Et ce n'est pas égoïste : quand on peut apporter un peu de soutien à un autre membre de la tribu, ça aussi c'est un petit moment agréable.
Jo
Posté le 26 août 2008, à 08:51
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Analyse de ma dépendance chimique
Samedi, j'ai pris le temps d'expliquer la chimie de la nicotine à mon cher et tendre. Sans chercher l'exactitude scientifique, voici ma théorie (théorie heuristique, disent les intellos, ce qui signifie que je n'ai pas besoin de savoir si elle est vraie ou fausse pour qu'elle me soit utile
).
- La chimie du cerveau est basée sur des molécules, qu'on appelle des neuro-transmetteurs, qui viennent s'accrocher aux neurones via des récepteurs. Nos émotions sont liées à des neuro-transmetteurs. Par exemple, l'adrénaline est le neuro-transmetteur de l'excitation : quand notre corps estime qu'il est temps de s'exciter (par exemple parce que l'heure tourne et que nous sommes en retard), il produit de l'adrénaline. Du coup, les neurones concernés, qui ont des récepteurs spécifiques à l'adrénaline, savent qu'il faut préparer le corps à une action rapide (accélération cardiaque, accélération de la respiration, concentration), et nous sommes prêts à courir derrière le bus.
- Normalement, nos sensations de détente
, de bien-être
, de bonheur
découlent (entre autres) d'un neuro-transmetteur particulier, la sérotonine. L'absence de sérotonine, ou la mauvaise réception de la sérotonine, sont par exemple des causes possibles de dépression
. Or la nicotine ressemble à la sérotonine. Quand nous fumons, des récepteurs spécifiques à la nicotine se développent, et pour notre malheur, ils viennent remplacer les récepteurs spécifiques à la sérotonine. Nous éprouvons les mêmes sensations de bien-être, mais au lieu de provenir de la sérotonine (que notre corps produit naturellement), elles proviennent de la nicotine. L'accoutumance est en place
.
- Car quand tous les récepteurs sérotoniniques ont été remplacés par des récepteurs nicotiniques, devinez ce qui se passe quand on arrête de fumer
… La sérotonine ne sert plus à rien faute de récepteurs ad hoc, aucune nicotine ne vient chatouiller les récepteurs nicotiniques, et tous les neurones qui nous servent à nous sentir bien restent endormis. Au fur et à mesure que notre corps épuise la nicotine qui se promène dans le sang, nous sentons s'endormir des neurones qui nous aident en temps normal à nous détendre, à réguler notre sommeil, à rester calme quand nous parlons à autrui, à surmonter tranquillement nos angoisses existentielles, à oublier nos petites douleurs physiques, à supporter les bruits stridents... Bref, sans nicotine ni sérotonine, la vie pourrait devenir un enfer
.
- Heureusement, le corps ne se laisse pas abattre, et se dépêche de remplacer les récepteurs nicotiniques par des récepteurs sérotoniniques. Il réapprend ainsi à vivre normalement. Mais ce sevrage peut prendre quelques semaines, quelques mois, pendant lesquels certaines difficultés ne sont plus gérées par la nicotine, et pas encore reprises en main par la sérotonine
. D'où l'envie, pour activer les neurones nécessaires à notre bien-être, d'attraper une cigarette. Il faut résister, car fumer une seule cigarette peut suffire à saturer notre organisme en nicotine et inverser provisoirement le phénomène : non seulement le sevrage est interrompu, mais en plus nous relançons l'accoutumance. Nous ne faisons pas du sur-place, nous reculons.
Il faut bien reconnaître que la vie est une mécanique magnifique, avec des circuits nombreux et sophistiqués sans lesquels tout pourrait nous sembler agressif, depuis la nuit qui tombe jusqu'à la boulangère qui nous demande de l'argent. Le sevrage tabagique nous donne un aperçu de diverses psychoses dont peut souffrir l'humanité (c'est-à-dire : de toutes les choses qui sont censées être toutes simples et que certains trouvent très compliquées, si je ne confonds pas avec les nevroses qui sont plus ou moins le contraire). Si je me demande pourquoi j'ai envie de frapper cette dame que je croise dans la rue, il y a une réponse métaphysique du niveau Cro-Magnon (« parce que toute personne extérieure représente une menace »
) et une réponse bio-chimique du type défumeur moderne (« parce que ni la nicotine ni la sérotonine ne viennent me signaler que ce n'est pas grave et que cette dame ne va pas me sauter dessus »
). Dans le fond, c'est un peu vertigineux, non
?
Par chance pour tous ceux (dont moi) dont le sevrage s'avère difficile, voire peu supportable, il existe des produits de substitution : on fournit au corps une dose de nicotine assez faible pour qu'il commence à reformer ses récepteurs de sérotonine, mais suffisante pour qu'il sache gérer son environnement sans péter les plombs. Et au fur et à mesure que le circuit normal de la sérotonine se remet à fonctionner, on peut diminuer le dosage de nicotine.
Presque trois mois après ma dernière cigarette, mon sevrage progresse bien. Si un médecin ou un biologiste désire corriger mes approximations parfois peu scientifiques, je le supporterai probablement sans sortir ma hache de silex
. Je l'informe cependant que la qualité scientifique de ce blog m'intéresse moins que son utilité anti-tabagique.
Sérotininez bien
!
Jo
Posté le 25 août 2008, à 16:26
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Passage réussi de 7 mg à 3,5 mg
Avant de partir en vacances, je vous disais que j'étais en train de réussir le passage à 7 mg. Les vacances se sont très bien passées, malgré un temps mitigé et quelquefois un peu de stress
. Je n'ai quasiment pas aperçu l'ombre d'une cigarette, sauf à une terrasse où j'ai dû changer de place pour ne pas être complètement dans le nuage de la table voisine
. Les patchs Niquitin achetés faute de trouver mes habituels Nicopatch se sont révélés supporter sans problème une heure dans l'océan (avec de belles vagues, c'était même très sportif).
Au retour, jeudi dernier, j'ai eu une journée un peu moyenne en utilisant à nouveau un Nicopatch. Malgré un dosage identique aux Niquitin, j'ai senti un léger manque. Soit ils sont moins forts, soit chacun absorbe différemment les différentes marques. Toujours est-il que... surprise
... cette journée avec un petit manque ne m'a pas semblée insurmontable, et donc le vendredi, j'ai décidé de franchir une nouvelle étape. Un peu effrayé par l'idée d'arrêter complètement, quand même... alors j'ai commencé à couper mes Nicopatch 7 mg en deux.
Le premier jour à 3,5 mg (vendredi, donc), je n'ai pas arrêté de parler de sevrage, de cigarette, de patchs, de forum
. Mon ami voyait que j'étais stressé mais pas de trop mauvaise humeur, et il l'a bien supporté
. Le samedi, ça allait mieux. Depuis dimanche, pas de problème.
Quand je compare avec ma première tentative de passer de 14 à 7 mg (deux semaines infernales pour arriver à un début de déprime), je me dis qu'il est vraiment important de prendre son temps à chaque étape. Pendant qu'on a l'impression de faire du sur-place, l'organisme continue à se désaccoutumer. Et du coup, quand on est prêt à franchir une étape, elle est nettement plus facile.
J'ai secrètement le rêve qu'un demi-patch soit chimiquement insignifiant et ne serve à rien... mais je n'ai pas envie de tester tout de suite l'arrêt complet. J'ai encore cinq patchs de 7 mg à couper en deux, donc dix jours de traitement en stock. En début de semaine prochaine, il faudra juger si je rachète une boîte... ou si ça y est... libéré de la nicotine...
Jo
Posté le 25 août 2008, à 10:49
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Analyse de ma dépendance
J'éprouve toujours un grand plaisir à m'analyser pour comprendre ce que je vis. En ce moment, en plein sevrage tabagique, c'est aussi un besoin. J'ai beaucoup réfléchi à mon rapport au tabac, et j'arrive à quelques conclusions qui m'aident à gérer mon humeur. Pour arrêter de fumer, il faut que j'apprenne à gérer comme trois processus distincts l'envie de cigarette, la dépendance à la nicotine et la fragilité à la dépendance à la nicotine. 1. L'envie de cigarette passait vite, dès le début, en prenant quelques bonnes inspirations d'air pur, ou en mangeant une pomme. Ces envies ont disparu en quelques semaines et ne me tourmentent plus du tout. Parfois, la pensée d'une cigarette me traverse, mais il s'agit plus d'un signal de manque de nicotine que d'un symptôme pénible. Ça me renvoie donc à la dépendance et à la façon dont je la gère. (Je sais que pour d'autres anciens fumeurs, l'envie de cigarette est beaucoup plus tenace, et que les thérapies comportementales sont conseillées). 2. La dépendance à la nicotine est quelque chose de plus lourd. Je l'ai ressentie à l'abandon de la cigarette et à nouveau (plus fortement) à la première diminution du dosage de patch. Elle s'exprime par de nombreux symptômes, parmi lesquels les plus gênants pour moi ont été : - une irritabilité forte, - de grandes difficultés de concentration, - une hypersensibilité au bruit, - un sentiment d'oppression, - des dérèglements digestifs, - des troubles du sommeil, - des douleurs musculaires dans l'épaule, - et une grande faim (je ne parle pas là du retour de l'appétit, qui n'est pas lié au sevrage mais à l'absence de nicotine et n'est donc pas passager, mais d'une vraie sensation de faim qui me tenait jour et nuit). Je gère cette dépendance avec les patchs, qui me fournissent assez de nicotine pour supprimer ou limiter ces symptômes (tout en évitant les pics de nicotine, donc sans entretenir la dépendance). La dépendance diminue peu à peu et disparait, en théorie, en quelques mois (c'est pourquoi il est conseillé de poursuivre pendant un minimum de deux à trois mois les traitements de substitution). J'ai lu qu'il fallait six mois pour que les récepteurs ad hoc se remettent en place dans les neurones, donc pour pouvoir éprouver sans nicotine les mêmes sensations de plaisir ou de bien-être qu'un non-fumeur. Lors de mon premier sevrage, un mois de patchs avait suffi. Cette fois-ci, alors que je fumais moins, les deux premiers mois de patchs m'ont montré qu'il faudrait encore sans doute du temps. 3. La fragilité à la dépendance désigne pour moi le risque supplémentaire qu'ont les anciens fumeurs que la nicotine provoque une dépendance. Le risque de dépendance ne concerne de toute façon pas tout le monde, puisque certaines personnes peuvent fumer régulièrement sans développer de dépendance (et arrêtent sur simple décision, sans aide et sans difficulté). Il y a donc des prédispositions à la dépendance, et bien sûr toute personne ayant connu une forte dépendance doit savoir qu'elle a ces prédispositions. Mais une fragilité particulière renforce ces prédispositions chez les anciens fumeurs. Cette fragilité provient sans doute à la fois d'éléments physiologiques (retour plus rapide de la dépendance chimique) et d'éléments comportementaux (redécouverte d'anciennes habitudes). J'ai par exemple lu que des symptômes de dépendance chimique peuvent réapparaître à la suite d'une soirée de tabagisme passif dans une atmosphère enfumée. Je suppose qu'après quelques années cette fragilité supplémentaire s'atténue ou disparaît... mais le risque de se remettre à fumer reste présent, puisque les prédispositions à la dépendance n'ont pas disparu. Un ancien fumeur doit donc être conscient que même après avoir arrêté pendant des années, même après avoir retrouvé une espérance de vie normale (et c'est vraiment long !), il reste plus exposé au risque de dépendance que la moyenne de la population. Aujourd'hui, après deux mois d'arrêt, je n'ai donc plus (ou de façon tout à fait anecdotique) d'envie de cigarette. Par contre, j'ai encore une nette dépendance à la nicotine, qui s'exprime régulièrement par des symptômes pénibles et qui pourrait toujours réveiller l'envie de fumer si je ne traitait pas les symptômes autrement. C'est pourquoi il est important que je continue à utiliser des patchs, malgré l'envie que j'ai de mettre fin à la dépendance le plus vite possible. Chi va piano va sano. Jo (artice rédigé le 29 juillet 2008)
Posté le 25 août 2008, à 10:27
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Les difficultés augmentent ma motivation
Une fois résolues les difficultés que j'ai connues il y a quelques semaines en tentant, trop tôt, de réduire le dosage de mes patchs, j'ai découvert que ma motivation avait augmenté. Je suis totalement décidé à ne jamais retoucher une cigarette. Outre les raisons habituelles, nombreuses, il y en a une nouvelle : j'ai connu depuis deux mois des jours de souffrance importante et des efforts très lourds, et je n'ai pas envie du tout envie d'avoir à repasser par là. Pas question de jeter ces efforts à la poubelle ! Je vois beaucoup de gens dans la tribu qui alternent des périodes de sevrage pénibles et des périodes de dépendance, quelquefois culpabilisantes et souvent frustrantes. Chaque période de sevrage est un acquis, dont on ressort avec quelques cigarettes évitées et un peu plus d'expérience de la défume, ce qui aidera à mieux s'en sortir au prochain essai. Je l'ai déjà dit sur les forums, et je le pense. Mais pour ce qui me concerne, moi personnellement, c'est clair : je ne veux pas faire un jour de troisième sevrage, donc celui-ci sera définitif. Point. Plus jamais une. Jo
Posté le 8 août 2008, à 16:36
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Journal du 7 août 2008
La semaine dernière, après deux jours à 7 mg, j'ai commencé à ressentir le manque en fin de journée (irritation, sensibilité au bruit, agitation, incapacité de concentration). Après être arrivé à la maison, c'est allé plus ou moins bien. J'ai très mal dormi, et le lendemain j'ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur mon travail. Je me suis dit que si les symptômes en restaient là, je pourrai sans doute attendre quelques jours que ça passe sans retour à 14 mg. Ensuite, j'ai continué à ressentir des difficultés, mais quelques bons moments de plaisir m'aident à tenir. Le week-end dernier d'abord, nous sommes allés aux Chorégies d'Orange. Un spectacle d'opéra et une nuit dans un petit hôtel de grand luxe, cadeau de ma famille pour mes quarante ans. Comme je m'en doutais, ça m'a bien aidé à surmonter le sevrage. Spectacle superbe dans le théâtre antique plein... Se dire que nous étions 8700 spectateurs, dans un bâtiment qui sert de salle de spectacle depuis 2000 ans, ça m'impressionne. Et avant-hier, trois amis auxquels je tiens beaucoup sont venus dîner et dormir à la maison. Il y a très longtemps que nous ne nous étions pas tous retrouvés, et ça a été une excellente soirée. Là aussi, ça m'a beaucoup aidé, même si j'étais en début de soirée dans un état d'hyper-excitation assez peu habituel. Je ne tenais pas deux minutes sur ma chaise, je me levais pour faire le tour de la pièce et me rasseoir, je m'agitais... L'une de mes amies fumait. La voir fumer ne me dérangeait pas. J'avais une petite nostalgie, mais c'est tout. Et du coup, ça m'a fait du bien de la voir fumer, parce que je sais que je serai très rarement tenté. D'ailleurs, nous avions bien arrosé le dîner (sans grands excès, mais disons largement trop pour conduire), sans conséquence sur ma détermination. Je me suis senti très confiant. Pour couronner cette période faste... je suis en vacances demain soir. Ouf ! Pour certains, c'est un risque de rechute supplémentaire. J'ai pour ma part toujours peu fumé en vacances, et je pense donc que je vais totalement oublier d'y penser ! Je suis maintenant certain que j'ai digéré le passage aux patch de 7 mg. En rachetant une boîte hier, j'ai décidé de n'en prendre que pour deux semaines. Et si à la fin de mes vacances je me sens bien reposé et détendu, j'essaierai d'arrêter les patchs. Il m'en restera deux ou trois en réserve, pour pouvoir quoi qu'il arrive me repatcher sereinement si nécessaire.
Posté le 7 août 2008, à 17:06
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Mon second sevrage
Pendant ces quelques années de refume (voir l'article précédent sur ma rechute), je me suis peu à peu convaincu que j'arrêterais dès mon retour professionnel à Lyon, et que ce n'était pas la peine d'essayer avant. C'est d'ailleurs l'argument grâce auquel j'ai demandé à mon compagnon de ne pas me reprocher mon tabagisme
. Les mauvaises choses ayant aussi une fin, j'ai réussi à trouver un boulot à côté de Lyon pour le mois de mai 2008, ce qui m'a permis d'entamer mon second sevrage.
J'étais décidé à arrêter le jour de mon retour. Je ne me suis pas préparé plus que ça, pensant que je connaissais déjà la musique. Et à mon retour, qui commençait par un mois libre avant de prendre mon nouveau job... pas moyen d'arrêter
. Vexant, non ? J'ai au moins réussi à réduire un peu, pour passer de 15 ou 20 à environ 10 ou 12 cigarettes par jour. Puis j'ai commencé le boulot, avec des horaires lourds et 1 h 30 de trajet dans chaque sens. Pas les conditions idéales... J'ai continué à fumer la douzaine par jour. Mais je ne supportais plus de fumer, et je m'en voulais de n'avoir pas su arrêter. J'ai commencé à fureter sur internet pour réfléchir aux bonnes raisons d'arrêter et aux bonnes méthodes. J'ai décidé que ce serait à nouveau les patchs. Je me suis remis en mémoire tous les détails de ma première tentative.
Et puis un jour... passant devant une pharmacie, j'ai eu l'envie soudaine d'acheter une boîte de patchs, sans me fixer de date. Mais quand on a acheté un substitut nicotinique... c'est pour passer à l'acte. J'ai commencé à passer vraiment du temps sur internet pour me motiver, et j'ai notamment découvert Stop-tabac.ch. J'ai lu toute la documentation possible, et j'ai décidé que le jour où j'arrêterai, ce serait en étant sûr de moi. J'ai laisse ma motivation grandir encore quelques semaines.
Et un soir, j'en ai eu vraiment marre, et j'ai décidé que c'était pour... tout de suite
. J'ai annoncé à mon ami que je sortais fumer une cigarette, et que c'était la dernière. Officiellement, après avoir fumé environ 100 000 cigarettes, j'ai fumé ma dernière cigarette le lundi 26 mai 2008 au soir. En réalité, j'ai retrouvé un paquet dans mes poches le mardi matin, et j'ai fumé deux cigarettes sur le trajet du boulot avant de jeter le reste
. J'ai donc en fait arrêté mardi 27 mai matin. :
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Dès le premier jour, j'ai utilisé des patchs à dosage moyen (14 mg). J'ai retrouvé l'habitude de prendre une grande respiration à chaque envie de cigarette, et j'ai appris à manger une pomme si l'envie ne passait pas tout de suite. En quelques jours, les envies ont commencé à se raréfier, et je pense qu'elles ont disparu en trois semaines. Parallèlement, la faim est arrivée, et j'ai commencé à manger plus ; j'ai en même temps commencé à utiliser le vélo dans mes déplacements ; depuis plusieurs semaines maintenant, ma faim est revenue à un niveau normal, mais je grignote par anxiété, ce qui me semble un moindre mal que le tabac.
J'ai eu pendant plusieurs semaines du mal à me concentrer, et j'ai passé une partie non négligeable de mon temps professionnel à consulter le site stop-tabac.ch
. Puis petit à petit le stress est passé et la capacité de concentration est revenue. Le sommeil, perturbé les premiers temps, est redevenu normal.
Après cinq semaines de patchs à dosage moyen, je suis passé à un dosage faible (7 mg). En quelques jours, la situation est devenue très pénible
. Impossible de me concentrer, envie de frapper les gens dans la rue, tristesse, mauvais sommeil, malaise généralisé, début de déprime... Je me suis accroché, pensant qu'il fallait absolument me débarrasser de ma dépendance à la nicotine. L'expérience d'anciens fumeurs de la tribu, lue sur le forum et sur les blogs (merci Gerfo !) m'a permis de réaliser que l'enjeu n'était pas de me débarrasser de la dépendance mais de la cigarette, et qu'il valait mieux revenir aux patchs à 14 mg et me sentir bien que continuer à me sentir mal et risquer de reprendre la cigarette. Après deux semaines à dosage faible, après quelques jours à mettre un second patch quand je me sentais mal, je suis revenu au dosage moyen pour deux semaines.
Depuis ce matin, je suis revenu au dosage faible à 7 mg. Je vais très vite voir si ça tout se passe bien. Je constate déjà une difficulté de concentration au travail, mais en plein mois de juillet c'est peu gênant. Je suis heureux de ne plus fumer, plein de courage pour la suite, mais un peu anxieux quand même.
Jo (article écrit le 28 juillet 2008)
Posté le 7 août 2008, à 16:36
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Ma rechute
J'hésite à appeler ça une rechute : j'ai repris très progressivement, et j'ai plutôt eu l'impression de me mettre à fumer, comme si je n'avais jamais fumé auparavant. Ce n'est en fait (du moins pour moi), pas une question très importante. Toujours est-il que le résultat... c'est que je suis redevenu fumeur
.
J'ai tenu un ou deux ans sans nicotine
. Et puis un soir, un ami me demande de lui tenir sa cigarette pendant qu'il va aux toilettes... une bouffée
... puis l'envie de lui en demander une... et c'est vite parti pour fumer quelques cigarettes, en soirée, une à deux fois par semaine. Pas grave, puisque j'arrivais à me limiter... au début ! De proche en proche, je suis arrivé à me stabiliser à un demi-paquet par semaine environ. Pour limiter les dégâts, j'ai appliqué sans aucun scrupule le bon truc habituel des rechutes : je n'achetais pas de cigarettes et me contentais de celles des autres
! À un tel point que c'est mon conjoint qui a fini par me demander d'en acheter, parce que ça le gênait de me voir taxer toutes nos connaissances.
Ma vie a ensuite connu un bouleversement : je suis parti quelques années travailler à l'autre bout de la France, en ne rentrant à Lyon que pour le week-end. Boulot fatigant, stressant, certes passionnant mais il a quand même fallu apprendre à passer la semaine tout seul. Bref, les conditions idéales pour retomber plus lourdement dans le piège. Assez vite, j'ai atteint quinze à vingt cigarettes par jour (moins le week-end).
Et maintenant que le passé est traité, le prochain article parlera de mon second sevrage
.
Jo (article écrit le 28 juillet 2008)
Posté le 7 août 2008, à 16:13
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Mon premier sevrage
Même si l'idée d'arrêter de fumer a dû naître en même temps que mon addiction, je pense que c'est surtout lorsque j'ai rencontré mon conjoint que ça a commencé à me démanger vraiment. Un jour, comme j'avais envie d'arrêter de fumer, il m'a répondu que, pour m'encourager, il s'arrêtait aussitôt
. Et il est passé, du jour au lendemain, de peut-être dix ou quinze cigarettes par jour à... aucune... sans aucune aide... et je ne l'ai jamais vu avec une cigarette depuis ! Sans minimiser l'exploit, j'en conclus que nous ne sommes pas égaux devant la nicotine, et que certains ont une prédisposition à la dépendance que d'autres n'ont pas.
J'ai alors commencé à me préparer... avec un certain sens de la méthode :
J'ai passé des mois à noter tous les jours ma consommation sur une petite fiche glissée dans mon paquet, en traçant chaque semaine ma courbe de consommation. Et je me suis efforcé, à chaque fois que j'avais envie d'en griller une, d'attendre une ou deux minutes avant de l'allumer. Souvent, deux minutes après, je pensais à autre chose ! Je suis ainsi passé sans contrainte de 40 à 25 cigarettes par jour.
J'ai ensuite commencé à faire, par écrit, une liste de toutes les bonnes raisons d'arrêter de fumer (je crois qu'il y en avait 25 ou 30, quand même) et de toutes les bonnes raisons de continuer. Bien sûr, il y avait peu de bonnes raisons de continuer... Essayez, vous verrez que certaines des justifications qu'on se donne ne résistent pas à l'examen. Pour moi, je pensais par exemple fumer « parce que c'est agréable », alors que je ne me souvenais plus de la dernière fois où une cigarette avait été agréable... Je pensais fumer « pour me détendre » alors qu'une cigarette me détendait moins que cinq minutes de relaxation, un verre de vin, un rayon de soleil ou la visite d'un ami... J'ai retravaillé cette liste pendant plusieurs semaines
.
Puis, en discutant avec mon conjoint, j'ai choisi, environ deux mois à l'avance, une date très favorable : un jour de départ en vacances vers une île au soleil ! Une occasion comme ça, il fallait en profiter. Et d'un, être loin de chez soi supprime les rituels liés au tabac. Et de deux, arrêter au début des vacances est une bonne idée, parce que le sevrage bouscule le sommeil et que la fatigue renforce les symptômes de manque. Et de trois, nous avions prévu six jours de randonnée, et l'exercice physique aide à gérer le changement de métabolisme.
J'en ai parlé à mon médecin généraliste, et sur son conseil, j'ai acheté une boîte de patchs (à 14 mg/24 h). Elle semblait douter de ma capacité à y arriver... mais comme elle me connaît bien, je pense que c'était pour me mettre au défi et renforcer ma motivation
.
Et puis, le grand jour : à l'aéroport, juste avant l'embarquement, j'ai fumé la dernière. Je me souviens encore de l'endroit ! Je me suis patché dans l'avion, dès le décollage terminé.
En vacances au soleil pendant deux semaines, avec de très belles randonnées, j'ai profité au maximum de mes capacités respiratoires retrouvées. Quel plaisir de récupérer aussi vite
! A chaque envie de cigarette, je prenais quelques bonnes respirations et ça passait aussitôt. Des années après, j'ai oublié les mauvais moments. Il y en a un qui me revient en mémoire, quand même : une grosse crise d'énervement, un jour où j'avais oublié de mettre mon patch. Je me suis senti très vexé de constater que la cause de mon énervement était strictement chimique.
Les deux semaines suivantes, de retour à Lyon, j'ai continué les patchs. J'ai alors passé quelques jours au lit avec une angine, pendant lesquels je n'ai pas mis de patchs. Comme ça se passait bien... je n'ai plus remis de patchs par la suite. J'avais pourtant déjà acheté la boîte suivante, dosée à 7 mg. Après quelques jours où j'étais un peu surexcité (mais de bonne humeur), tout s'est calmé. Désintoxiqué ! Sevré ! Victoire plus facile que je ne le pensais, quoiqu'il m'ait fallu des mois pour la préparer.
Jo (article écrit le 28 juillet 2008)
Posté le 7 août 2008, à 13:23
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Qui vous parle ?
J'ai beau apprécier l'anonymat, ce blog serait bien abstrait si je ne vous livrais pas quelques points de repère. Je suis un homme de quarante ans, arrivé à Lyon pendant ses études et qui s'y est très vite senti bien ; amoureux des livres ; en bonne santé mais pas vraiment sportif ; de taille et corpulence moyennes ; portant la cravate en semaine, des lunettes et les cheveux courts tous les jours. Je vis avec mon compagnon depuis des années et des années, et notre couple est parti pour durer encore quelques siècles. J'ai un travail salarié prenant, intéressant et bien payé, dans un domaine en ce moment assez tourmenté. J'ai connu des période de déprime, mais je n'ai en général aucun mal à être bien dans ma peau, et même souvent heureux. Mes parents fumaient ; ma mère a arrêté quand j'étais lycéen ; mon père continue, malgré une tumeur du larynx aujourd'hui maîtrisée. Voilà, en très bref, ce que je suis prêt à livrer pour le moment ! J'ai fumé quelques cigarettes à 15 ans, un été, pendant un camp de scoutisme. J'ai réellement commencé à fumer à 20 ans, pendant mes études. Puis au fil des années, je suis grimpé à 40 cigarettes par jour, avec un maximum de 50 dans une période difficile. Je fumais au lit dès le réveil et juste avant de m'endormir. Je fumais quand j'étais malade. Je me souviens, après une opération chirurgicale, être sorti fumer dans la cour de l'hôpital en trimballant mon mat de perfusion... Bref, je n'étais pas loin du maximum de dépendance dans le test de Fagerström ! Il y a une dizaine d'années, j'ai décidé d'arrêter, et ce sera l'objet du prochain article. Jo
Posté le 7 août 2008, à 13:21
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Pourquoi un blog ?
Un blog... je n'imaginais pas y venir à mon tour. Trois objectifs : - Ecrire m'aide à comprendre ce qui m'arrive. En ce moment, il m'arrive quelque chose d'important à quoi j'ai besoin de réfléchir : je suis en train d'arrêter la cigarette. Donc j'écris... et quand on a écrit il est dommage de laisser le résultat dormir. - J'ai été aidé, ces derniers temps, par la tribu, qui m'a permis d'obtenir des informations et de me sentir moins seul face aux difficultés. Alors en remerciement, je prends le temps de raconter mon parcours, qui aidera peut-être certains de ceux qui le liront. - J'ai envie de garder une trace de ce que je vis en ce moment. Pas pour la relire dans quelques années, mais pour vérifier que je progresse au cours des semaines qui viennent. C'est très motivant, quand on trouve le sevrage difficile, de pouvoir se retourner et contempler le chemin parcouru. Je commencerai par le récit de mes deux sevrages tabagiques. Je considère le premier comme réussi, même si j'ai ensuite repris la cigarette. Le second est en cours depuis deux mois. Ensuite... et bien nous verrons si je tiens un journal de la suite de mon sevrage, si je développe certains des points évoqués dans ce récit, si je vous parle de la pluie et du beau temps, ou si ce blog se délite peu à peu ! Jo
Posté le 7 août 2008, à 13:10
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Les blogs de Stop-Tabac.ch
Menu pour l'auteur du blog
Profil de
JoM
Age : 43
Ville : Lyon
Expérience avec le tabac : Un à deux paquets par jour. Trois ans d'arrêt, puis rechute à 15 cig. par jour pendant des années. Arrêt définitif (OUI !) le 27 mai 2008, et trois ans après, au 27 mai 2011, je n'ai pas touché une clope.
Les notes de ce blog
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Utile à l'arrêt: 7
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