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Conte de fées
Le titre n’a rien à voir avec ce qui suit (premier moment de suspense).
« Cent fois sur le métier remets ton ouvrage ». Le type mal inspiré qui a inventé ce proverbe désespérant ne croyait pas si bien dire. Ma main au feu qu’il était fumeur. Prononcez cette petite phrase à voix haute et vous constaterez immédiatement ses effets pour le moins anéantissants sur votre moral. Ce n’est PAS avec un enthousiasme délirant que je retourne à la défume mais je vais quand même faire un petit effort. Pour vous. Je traîne un peu les pieds mais pourquoi pas finalement, si je devais attendre que l’euphorie me prenne à chaque fois que je veux me lancer dans quelque chose, j’aurais déjà et au minimum un passé de stripteaseuse de cabaret. Un projet : arrêter de fumer. Pour moi, un projet, ça rime avec nouveauté, découverte, voyage,… La défume, c’est la nécessité qui l’emporte sur l’envie, j’y reviens doucement, sous la catégorie de « vieille nouvelle » et double rechuteuse. Il ne s’agit plus de dire « oui, je veux » mais « non, je ne veux plus », s’inscrire dans la contradiction, la lutte, le rapport de forces, mon activité favorite quoi…. Mais bon, quand il faut il faut. Allez hop, courage ! Salope de clope. Et, tant qu’à faire, j’irai dire deux mots au flacon d’ammoniaque et à la bouteille d’eau de javel dans l’armoire, puis je donnerai un coup de pied dans le feu ouvert qui, malgré ses airs bucoliques, dégage quand même du monoxyde de carbone (salaud). Damned, nous sommes cernés.
Je suis perdue, j’ai trop réduit ma capacité au malheur, je dois absolument essayer d’imaginer le pire. Je veux, je dois arrêter de fumer. Il y a cinq secondes, j’ai failli mettre le feu à mon peignoir en craquant une allumette. Je sens qu’un malheur va arriver. J’arrête de fumer parce que la clope m’écœure, qu’elle a mauvais goût et puis c’est tout. Je voudrais aussi retrouver mes cellules et mes neurones, si possible. Je pourrais ajouter une liste de bonnes raisons longue comme un jour sans banana split. L’haleine fraîche, le teint rose, le spectre du cancer qui s’éloigne. Je connais tous les trucs compensatoires, le manque qui vient, qui part, les substituts, le patch, plutôt sur le bras ou dans le bas du dos, 3 mg ou 4 mg, comment enlever les traces de colle, avec de l’acétone ou avec de l’eau chaude, à quelle température l’eau chaude ? Je devrais peut-être cesser de méditer sur le problème pendant des heures. J’ai tellement arrêté de fumer en pensée que j’ai l’impression d’avoir déjà atteint le but. Bonjour le sens pratique. Enfin bref.
Histoire d’ajouter un peu de fantaisie, d’inattendu, de climax à cette triste histoire de défume, j’ai décidé d’arrêter de fumer demain et non dimanche comme c’était prévu. Trop fort. Je sais, c’est passionnant. Non, vraiment, j’en ai marre.
Pour finir, ayons une pensée reconnaissante pour Stop Tabac, la Fondation contre le cancer, la Croix-Rouge qui s’emploient, lentement mais sûrement à faire tomber les cigarettiers dans la faillite qu’ils méritent et à éradiquer de nos vies ces mauvaises habitudes qui donnent à l’homme une réputation de merde, pour les siècles des siècles. Amen. Bonne journée à tous et gros bisous.
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