Hello hello,
Un point commun entre les jeunes et les "vieux" défumeurs ? La peur de craquer. J'ai l'impression qu'on est pas très nombreux à pouvoir affirmer que la clope, non jamais plus dans la vie, on y touchera, parce que ce n'est pas évident de se projeter dans 10, 20 ou 40 ans. Ce n'est d'ailleurs pas très important car les envies pulsionnelles, de clope comme de chocolat ou autre, ça se gère au quotidien.
Plus inquiétant, c'est la confusion entre clope et identité. Ce qui m'a fait craquer l'année passée, c'est l'impression qu'au fond de moi-même, j'étais une fumeuse... génétiquement parlant. Que je pouvais bien arrêter de fumer pendant un moment, j'allais inévitablement y retomber car fumeuse j'ai été, fumeuse je resterai. De fait, je connais des gens qui n' ont jamais eu envie de fumer. Souvent, ce sont des sportifs dont le cerveau reçoit une quantité de dopamine bien plus forte que la clope ne peut en donner. J'en connais aussi qui ferait n'importe quoi pour une banana split couverte de chocolat chaud et de chantilly (moi). Je travaille sur un campus universitaire et tout à l'heure, j'ai traversé la zone de loisirs. Il y avait d'un côté les tenniseux en sueur en train de se dépenser à mort sur leur terrain et juste à côté, l'équipe de pétanque-pastis-jupiler-clope... Le contraste était saissisant et je me suis vraiment demandé si un pétanqueur aurait un jour l'idée de changer de sport. Et bien oui, pas plus qu'il n'existe de gène Phillip Porris, il n'y a pas de gène Marie Brizard. Il ira peut-être jouer au tennis avec un léger sentiment d'obligation mais il ira. En fait, je crois que certains d'entre nous ont besoin de temps avant d'être à l'écoute de leur organisme. Avec l'âge, on réfléchit. Je ne m'empiffre pas de banana split ou alors exceptionnellement, je ne me saoule pas ou alors exceptionnellement, je ne saute pas sur le charmant voisin et là, même pas exceptionnellement (dommage). Chez les gens âgés, je connais aussi des exceptions. Mon beau-père a commencé à fumer à 67 ans, après la mort de sa première épouse. Mais lui, il n'a pas peur de la mort. Moralité de ce charabia ? Pour apprendre à danser le tango, il faut apprendre à dire "oui mais non".
Bonne défume à tous et gros bisous.