Ca y'est, encore un petit mot qui m'a mis de bonne humeur sur le site. Il s'agit de ne pas déranger les collègues, de rester gentil avec son mari, de maintenir son image de maman cool et souriante plutôt... Que d'arrêter de fumer. "Je peux pas leur faire ça, ils sont si sympa...".
Je comprends (putain que je comprends) la logique derrière tout ça et ce coup de gueule n'a rien de personnel, vous savez bien. Mais il y a là une occasion trop jolie de proférer certaines vérités que les apprentis défumeurs semblent souvent ignorer.
"j'ai peur d'être désagréable avec mes enfants".
Ca me fend le coeur de lire ça. J'ai perdu mon père à cause de la cigarette quand il avait 36 ans. J'en avais 8. Je confirme que mon papa ne m'a jamais embêté avec un arrêt. A aucun moment dans ma mémoire je n'ai subi sa mauvaise humeur, sa faiblesse ou ses crises de manque. Le manque, c'est moi qui l'ai eu. J'aurais préféré le voir avec un patch sur lui plutôt qu'avec le couvercle d'un cercueil. Largement. Ce qui est fait est fait, n'empêche que je n'ai eu aucun état d'âme à faire subir mon arrêt à mon bambin.
Statistiquement, si je fume, il fumera. L'exemple qu'on donne est bien plus fort que les belles phrases sur "faut pas fumer c'est pas bien". On aime ses enfants ? On arrête la clope. Point. Parce que c'est mauvais pour leur présent et pour leur avenir. La plus belle façon d'aimer ses enfants, même si on râle, c'est d'être présent, présente. La plus belle façon de les élever, c'est de montrer l'exemple. Le plus bel exemple à donner c'est celui de la volonté et de la liberté. Que celui qui n'a jamais dit à son môme "si tu le veux vraiment tu peux y arriver" me jette le premier cendrier. Soyez dignes de ce qu'ils pensent de vous !
"j'ai pas envie d'embêter mes collègues".
Alors celle là elle est bonne ! Que la vie en société ait pour prix une certaine amabilité, passe encore. Mais n'importe quel non fumeur peut le confirmer : le collègue idéal, c'est celui qui ne fume pas. Parce que grâce à lui quand on arrive le matin ça ne pue pas devant l'immeuble. Parce qu'il n'est pas toujours en pause on ne sait où. Parce qu'ils ne nous empeste pas en imaginant qu'il sent à peine la clope. Parce qu'on a pas besoin d'user d'hypocrisie quand lui-même ne sent plus la puanteur qu'il trimballe dans l'ascenceur. Fumer plutôt que d'importuner ses collègues avec une légère baisse de forme ? Et pourquoi pas leur servir de paillasson plutôt que de rester debout ? Où seront-ils les collègues quand la maladie vous clouera dans un lit d'hopital à chercher un peu d'air dans un tuyau en plastique ? Au mieux ils feront passer une petite enveloppe à la con qui gonflera tout le monde en pensant tout bas que vous auriez pu arrêter avant...
La fierté commande parfois un peu d'égoisme. Ca ne s'appelle même pas de l'égoisme : c'est de l'amour propre. Qui peut prétendre respecter qui que ce soit, s'il ne se respecte pas lui-même ? Et dans ce cas que vaut vraiment son respect ? A méditer...
"Mon conjoint va faire la gueule".
Alors là c'est rigolo, cette remarque est 100% féminine sur le stop. Aucun mec n'a jamais été effleuré par l'idée que son conjoint puisse être gêné par son arrêt. Je cherche une explication... Comme pour les enfants, l'arrêt du tabac est un merveilleux cadeau qu'on fait à son conjoint. Un exemple concret ? Depuis que j'ai arrêté de fumer, mon compteur indique près de 9.000 euros d'économies. Avec l'herbe que je fumais, j'estime à 18.000 euros les sous que j'ai pu ré-investir dans les loisirs familiaux. Tu crois que ça met pas un peu d'ambiance positive dans la barraque ça ? Y dirait quoi ton mari si tu lui amenais 18.000 euros en disant "tiens j'ai ramené ça pour qu'on se fasse plaisir". Cet argent, arrêtez de fumer et vous l'aurez, c'est mécanique. Inévitable. Une simple question de temps.
Pour aimer, parfois, on a besoin d'admirer. Moi j'admirerai une nana qui arrête de fumer. J'admirerai une femme qui se prendrait en main, qui aurait une seule parole, qui aurait une volonté franche. J'adorerai une nana qui prenne soin d'elle et je serai fier qu'elle soit un peu à moi. J'aimerai qu'une femme qui m'ait choisi choisisse également la liberté, veuille pour elle ce qu'il y a de meilleur. Qu'elle prenne 4 kilos au passage ? C'est désespérant les nanas qui redoutent ainsi de grossir un peu, sans se rendre compte qu'elles ont les dents plus blanches, le teint plus frais. Qu'elles sont infiniement plus désirables qu'en puant de la gueule avec des airs de roulures en train de tirer sur un mégot. C'est moche une femme qui fume...
A mon sens un homme, un vrai, s'honorera toujours de la démarche de sa femme qui arrête de fumer. En sera fier. La taquinera peut-être, mais finira souvent par l'imiter. Sinon que vaut-il, le conjoint qui n'est pas de tout coeur dans le combat pour la vie de sa femme ? Mesdames, vous êtes plus belles quand vous ne fumez pas ! Sérieusement...
(passage à faire lire par qui-vous-savez si ça râle

)
Tout ça pour dire : les excuses, les compromis, les "oui mais". Il y en a toujours, ça tombe de partout, les placards dégueulent de ces fausses vérités qu'on planque tous ici et là. Et ne dupent que ceux qui les énoncent, et encore. L'arrêt du tabac n'est pas un caprice. C'est un combat pour la vie. La vôtre, celle de vos proches, celles de vos enfants, celle de votre conjoint. Souvent vous vous dites peut-être "je serais capable de tuer pour le bien de mes enfants" ou "je soulèverai des montagnes pour mon amour". Mais iriez-vous... Jusqu'à simplement arrêter de fumer ?
Bon arrêt à tous, bon courage à chacun ! Je dédie ce post à toutes les victimes de mon arrêt qui sont heureuses aujourd'hui d'une victoire qu'on peut qualifier de collective.