Se trouver des excuses ?
Avez-vous remarqué à quel point on trouve des choses extraordinaires dans la rubrique "rechute" ? J'y lisais l'autre jour des questions existentielles sur la reprise du tabac après 3, 5, 10 ans. Des questions utiles au fond pour celui qui cherche à se débarasser définitivement de cette addiction. Hors dans les réponses, un truc m'a frappé. L'inévitable recours à "l'excuse-qui-fait-que-tu-reprends-parce-que-tu-comprends-c-etait-vraiment-trop-dur-même-si-on-a-regretté". Une fois c'est un bambin qui tombe malade, un parent qui décède, je ne sais quelle histoire de boulot qui met trop la pression. Et souvent le récit s'accompagne de force détails aptes à faire pleurer dans les chaumières pour que chacun puisse bien se rendre bien compte que définitivement, non, non, non, il était impossible de résister ce jour là à la cigarette. Ca m'a mis sur le cul. Est-ce que vraiment, les ex-fumeurs sont majoritairement des gens qui ont envie de fumer mais réussisent à résister à l'envie ? Est-ce que vraiment, à vie, ils trainent avec eux cette envie incroyable et si forte qu'une excuse un peu présentable devient un prétexte suffisant à renoncer à son idéal ? Que valent alors leurs réflexions, si un chagrin les remet en question ? Que valent leurs efforts, s'ils n'amènent qu'à une frustration sans fin ? Et surtout bon dieu ne serions-nous que les jouets d'une addiction qui prend son temps pour reprendre le dessus, un jour ou l'autre ? Je le crois pas. Je ne veux pas le croire. A ceux qui redoutent ces moments je livre modestement une de mes "astuces" : je suis prêt à à peu près tout. Je veux dire qu'autour de moi il y a des gens que j'aime et qui meurent quelquefois. Des maladies. Des chagrins... Et je sais qu'en tant qu'ancien "drogué" je suis susceptible de sauter sur ce genre d'occasion pour faire une connerie plus grosse que moi : rouler un pétard, allumer une cigarette... Conscient de cela, je m'y suis préparé. Ca peut sembler horrible, mais ça fait partie à mon sens du "travail" de guérison : être prêt dans certaines circonstances à ne pas fumer. S'être préparé à ce à quoi on est jamais prêt. Profiter de son sang froid pour tracer le chemin des émotions qu'on a peur de ne pas savoir endiguer le jour venu. Ca marche. Ca marche même très bien. Et ma tête est pleine de ces forces emmagasinées, de ces petites vitres à casser en cas d'urgence, et derrière lesquelles se trouvent une petite réserve de bon sens, un peu de sang froid si le monde s'effondre. Un peu de courage pour continuer ma jolie quête de liberté, quand quelquefois la vie a le goût du chagrin et de l'échec. L'autre jour, je relisais avec beaucoup de plaisir les aventures du compte de Monte Christo. De cet homme qui a trouvé dans les souffrances de la captivité l'énergie d'être plus libre qu'aucun homme. L'énergie de contrôler les évènements comme les évènements l'avaient un jour contrôlé. J'aime cette idée de sortir de l'épreuve avec une force supplémentaire. Personnellement je suis sorti du tabac avec une envie et un amour de la vie libre, sans addiction, sans béquille, sans "paradis" artificiels. Je n'imagine pas un compte de Monte Christo qui attendrait un évènement exceptionnel pour retourner dans le confort de son cachot. Le récit de son existence enfermée m'a rappelé mes années de pétard et de tabac. Ces 4 murs de goudrons dans lesquels je me regardais mourir sans que personne ne viennent m'ouvrir la porte. Cette longue obscurité qui était devenue une habitude et presque un refuge. Qui me protégeait de la vie en me séparant d'elle. Je me suis rappelé aussi de mon évasion. De ces murs d'envie qu'il a fallu gratter centimètres après centimètres, pour enfin sortir de là. Et au final, je conseille à tout ceux qui galèrent de se nourrir de leur manque. De se nourrir de leur frustration. De ne jamais oublier ces galères d'aujourd'hui qui seront leur force pour demain. Parce que toi qui lit ça, si en ce moment tu danses d'envie en résistant au tabac, marque bien cette douleur dans le fond de ton cerveau. Et souviens-toi que tu ne souffres pas de l'arrêt : tu souffres de la cigarette et de ce qu'elle te fait. Ce n'est pas l'arrêt qui créé le manque. C'est le tabac. Un jour dans 1, 2, 10 mois, quand l'idée débile de reprendre une clope te passera par l'esprit, il faut que tu puisses compter sur celui que tu es aujourd'hui. Il faut que tu enfermes dans l'intimité de ton coeur cette petite voix qui saura dire "souviens-toi comme tu as souffert". Pas pour garder une douleur. Pas de tout. Pour garder une liberté. Et pour garder intacte la beauté du rêve que tu fais aujourd'hui : celui de te libérer d'une prison dans laquelle tu n'as plus rien à faire. Bon courage à tous et bonne défume à chacun ! Dom
Posté le 20 mars 2013, à 17:19
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Aller vers la lumière.
Au début tu arrêtes, et t'as plein de gens qui disent que tu vas reprendre. Les statistiques le confirment. Et les témoignages que tu trouves se passent le mot. Tu souffres en espérant que ça sera pas trop long. Après, tu continues d'arrêter. 1 mois. 2 mois. Là tu rencontres le fameux qui a justement repris à 1 mois, 2 mois... Ou qui trouve que tu as grossi. Ou qui pense que tu es énervé. Que tu supportes pas. L'entourage se lasse. Les mois passent, et tu fais le compte hallucinant de ceux qui ont repris la cigarette. De ceux pour qui c'était pas vraiment le moment. Pour qui ça sera jamais le moment. Et tu compiles les inquiétudes, les déceptions. Et puis les années s'empilent enfin. Les belles années sans clope. Et là encore tu en trouveras pour t'expliquer qu'ils ont repris au bout de 2 ans. Ou qu'ils sont quand même malades. Ou quand même malheureux. Avec le temps, je me demande ce que m'a apporté cette part d'ombre que traverse tout défumeur. Peut-être le dégoût de l'échec ? On arrête pour s'approcher de la lumière : une vie plus saine, qui respire mieux, qui sent bon, qu'on aime et qui nous aime. Qu'importe la difficulté si on peut s'appuyer sur la pensée rassurante qu'un jour ça ira mieux, que tout ça ben ça sert à quelque chose. Je répéterai jamais assez qu'un jour on guérit. Que même si on a été le pire des fumeurs, le plus accroc des toxicos, un jour on peut enfin se dire qu'on est plus fumeur. Qu'on a plus envie d'une cigarette. Qu'une bouffée nous dégouterait. Sur le chemin de la défume j'ai laissé pour toujours le tabac. Et l'herbe. Et les briquets et les feuilles. Et les cendriers. J'ai aussi laissé les fleurs fânées du découragement. Les fréquentations toxiques. Les phrases venimeuses du doute. Je n'en veux pas à ceux qui m'ont demandé de porter leur mal-être ou leur aigreur. Mais je n'ai pas voulu tomber dans ce genre de piège. La liberté a ses exigences : se débarrasser de son propre fardeau, s'épargner celui d'autrui, pour relever la tête enfin. La défume, ça devrait être un applaudissement. C'est une fête. Si vous faites la fête pour votre anniversaire, imaginez à quel point vous auriez raison de fêter votre défume. C'est un élan vers la vie, une action concrète de bonheur, le truc le plus positif qu'on puisse s'offrir. Ne pleurez pas sur les difficultés, elles ne le méritent pas. Je me félicite toutes les semaines d'avoir arrêté de fumer. Pour de vrai ! Et on me félicite régulièrement quand de temps en temps j'explique que ça fait 4 ans, ou que je me suis épargné 45.000 clopes. J'aime cet élan positif, eminement constructif. Ce bonheur tout simple et qu'on aime partager. J'aime imaginer la personne qui lit ceci et qui sourit en se disant que ouais, c'est vrai, elle est en train de faire un super truc. D'être digne du bonheur de vivre. Un jour dans ce blog, j'ai écrit que la seule colère digne de nous, c'était la rage de vivre, l'emportement inspiré de l'âme au service du corps. Cette colère qui donne la force de se relever de ses échecs et de ses erreurs. Je m'en veux aujourd'hui d'avoir pensé que c'était un combat. Qu'il fallait de la force. Il faut juste assez de pensées positives pour sourire à l'adversité. Et elle s'en ira toute seule. Bonne défume à tous et à chacun.
Posté le 29 janvier 2013, à 16:24
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4 ans : le cadeau magnifique.
Demain, ça fera 4 ans que je ne fume plus. L'article pourrait s'arrêter là : tout est dit. Même si les dates s'oublient souvent celle-ci tient une place à part. C'est le jour où je me suis fait un magnifique cadeau. On attend beaucoup des autres, souvent. L'amour, la reconnaissance, le bonheur, la sécurité... Mais finalement que s'offre-t-on à nous-même ? Quel cadeau vraiment génial se fait-on que personne ne pourrait nous faire ? Avec le recul, j'ai compris que l'arrêt du tabac était véritablement un cadeau fabuleux. Du genre que vous ne feriez sans doute à personne. Et que personne, jamais, ne pourrait vous faire. Parce qu'en arrêtant de fumer, même si c'est pas toujours simple (lol) : - On s'offre du bonheur, l'arrêt de ce boulet terrible de la culpabilité. Le soulagement de cette conviction qu'on est en train de s'intoxiquer, de se ruiner la santé. - On s'offre des soirées bien au chaud, des hivers sans bronchites (étonnant ça !). - On s'offre de l'amour propre. Pouvoir se dire "yes, j'suis un mec/une gonzesse qui en a : j'ai réussi à m'améliorer à la seule force de la volonté, j'ai réussi à briser mes chaines". Une fois passés les premiers mois, ça fait du bien. - On s'offre l'admiration des foules : c'est divin de dire "j'ai arrêté y a 4 ans". Les fumeurs vous voient comme un héros -tu parles- les autres comme quelqu'un qui a su mettre des actes sur ses pensées. Tout bénéf. - On s'offre du temps avec ses momes. Une vie qui dure plus longtemps et surtout la possibilité de dire à ses enfants "fume pas c'est de la merde" sans donner 30 fois par jour l'exemple du contraire. Pour moi, ça n'a pas de prix ce truc là ! Je suis tellement heureux de pouvoir donner cet exemple à mon fils ! C'est aussi un cadeau fabuleux que je lui fais, et j'en connais bien le prix ! L'autre jour, j'ai vu une pub pour l'euromillion. Je m'imaginais comme tout le monde toucher le pactole et je me suis dit "même le mec le plus riche du monde ne peut pas s'offrir ce que je me suis offert : la guérison du tabagisme". Alors voilà. Au bout de 4 ans je sais que je ne fumerais plus jamais. Je n'en ai plus envie. Je suis guéri de cette saleté et je porte ici le témoignage que c'est possible. C'est pas sympa mais je porte aussi le témoignage qu'on peut vraiment en c... pour s'en sortir. Vraiment ! Mais ce n'est pas grave. Chez certain c'est long à passer, suffit de lire ce blog pour le vérifier. Mais ça passe. Au bout de ces 4 ans j'aimerais aussi insister sur un point : si tu as décidé d'arrêter, si tu as compris que c'est une bonne décision, personne ne peut te faire refumer. Aucun évènement. Aucun chagrin. Aucune fête. N'ai pas peur de la fatalité. Aucune cigarette ne va se jeter dans ta bouche. Si tu as décidé que c'était fini, réjouis toi : c'est fini ! Bon courage à tous, et au plaisir de vous voir empiler bien plus d'années encore que ça !
Posté le 3 janvier 2013, à 15:12
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Comment ça "jamais à l'abri ?"
J'ai envie d'hurler à chaque fois que quelqu'un qui arrête de fumer évoque la peur d'une rechute. Venant de lire l'inquiétude d'un foromeur à ce sujet, je l'encourage ici en gravant dans la pierre de ce blog quelques vérités toujours bonnes à dire. Non, non et non : on ne "risque" pas une rechute. Si on refume c'est parce qu'on a pris une cigarette, qu'on l'a mis dans la bouche et qu'on l'a allumé. Volontairement. Consciemment. A partir de ce moment là, on a rechuté. Mais une rechute ne vous "tombe" pas dessus. Si vous avez décidé d'arrêter de fumer rien, ni personne, ne peut vous forcer à refumer. On a jamais vu une cigarette sauter à la figure de quelqu'un et le rendre à nouveau dépendant. Entendons-nous : je considère comme des victimes ceux qui craquent, ou qui craquouillent. Victime d'une addiction, sans doute. Victime d'un coup de blues, peut-être. Victime d'un manque de confiance en soi... Qui sait ? Mais l'honnêteté leur fait toujours reconnaître qu'ils savaient ce qu'ils faisaient en reprenant une bouffée de cigarette. Soyez plus malins ! Ceux qui ont passé plus d'une semaine sur ce site le savent : la seule façon d'arrêter c'est "zéro clope, zéro taffe". Ca peut sembler difficile. Ca l'est au début. Mais c'est possible. Ce qui n'est pas possible, c'est de crapauter 1 ou 2 bouffées de temps en temps, quand on a été gros fumeur. Ca va mettre 1 jour ou 1 an, mais on revient toujours à la consommation du départ. Et souvent en pire. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire : 45 mois. Dont plus d'une quarantaine passés sur le site. Les nouveaux peuvent me faire confiance quand je leur dis que : petit 1 : une personne qui recraque est toujours malheureuse. Il n'y a pas de gens qui abandonnent leur rêve d'être non-fumeur et s'en trouvent soulagés. La clope a toujours le goût d'une défaite, d'un échec et d'un chagrin. Très souvent quelqu'un qui craque va rééssayer d'arrêter. Au mieux il tirera les leçons de son échec. Au pire il se pensera pour longtemps incapable d'arrêter. Si l'envie vous vient de fumer, soyez sûr à l'avance que vous allez le regretter et qu'il y aura dans votre clope plus d'envie de vomir que de soulagement. petit 2 : toute bouffée est une rechute. Si vous saviez, en plus de 3 ans, combien de fois j'ai lu un témoignage qui commençait par "j'ai cru qu'une bouffée ça serait pas grave pi bon j'voulais savoir...". Ca finit dans les larmes, les crises de manque, la honte. Toujours. petit 3 : il est parfois difficile, au début de la défume, de refuser d'en reprendre une. Mais imaginez : si vous n'avez pas le courage de refuser la première, où donc comptez-vous trouver le courage de refuser la 2ème ? Et la 3ème ? La prochaine fois que vous pensez faire un écart souvenez-vous en : si vous manquez de courage pour dire non 1 fois, vous n'êtes pas près de le retrouver. petit 4 : l'ennui d'une simple bouffée de cigarette, c'est qu'elle réveille des capteurs nicotiniques qui mettent des mois à disparaitre (ça vous en savez quelque chose !). Une simple bouffée de cigarette, d'à peine quelques secondes, va détruire plusieurs mois de travail de votre corps. Est-ce qu'elle en vaut vraiment la peine ? et le grand 5 : il n'y a pas de fatalité. Tout le monde peut arrêter la clope, même s'il faut parfois plusieurs essais. Mais ne croyez pas au "craquouillage" ou à l'exception. Toute rechute est dramatique. D'abord parce qu'elle vous détruit le moral et la confiance en vous. Ensuite parce qu'elle est une humiliation car elle souligne la force de la dépendance. Enfin parce qu'elle est toujours un échec, et personne n'aime ça. Ne croyez pas qu'on est "jamais à l'abri". Bien sûr qu'on est à l'abri. Si on décide d'arrêter de fumer, on ne refume plus jamais. Ca peut sembler "un peu trop plein d'assurance" ce que je dis là et on en a vu refumer après plusieurs années d'arrêt. A mon avis, c'est qu'ils n'avaient pas réglé tous leurs compte avec la cigarette. Ils n'avaient pas fini le chemin. Pourtant moi qui vous parle, après avoir été très "drogué" et addict jusqu'au trognon, je sais parfaitement que je respecterai la règle "zéro taf, zéro clope". Je sais aussi qu'après plusieurs mois d'arrêt cette règle est très facile à respecter. Et que même dans un moment de stress, une envie de "fumer" (en fait l'envie de passer ses nerfs) n'est pas plus forte que l'envie d'un pain au chocolat. Voilà, ce petit mot en réponse à un dialogue sur le forum (bon courage souflelibre pour ta nouvelle tentative et à cac pour son nouveau départ). Rejoignez-moi donc à l'abri de cette merde. Cet abri là, c'est votre conviction d'être dans le bon, et à condition d'y croire personne peut la détruire.
Posté le 4 octobre 2012, à 19:27
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Un petit pas pour un défumeur...
Le premier homme sur la lune est mort dans une sorte de bonne humeur, car au fond il a réalisé ses rêves et donné avec modestie et panache un exemple de courage à la terre entière. Si je parle de lui ici, c'est parce que son aventure me rappelle la défume, et sa phrase légendaire "un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité" peut s'appliquer à tous les héros anonymes qui, un jour, font ce premier pas sur une planète inconnue : la planète de ceux qui ne fument plus.
Je suis, tu es, nous sommes tous des Neil Amstrong. Nous sommes tous des humains tout simples, qui montons un jour dans une fusée pour dépasser des limites, pour découvrir d'autres univers, pour faire ce petit pas vers la liberté qui est un grand pas pour toute l'humanité.
Nous sommes tous des Neil Amstrong, qui ne faisons pas que rêver : un jour on prend les commandes de nos destins et on monte dans cette fusée où on croit qu'on va y laisser notre peau. Au moment du décollage on pense tous à ceux qui y ont laissé la vie dans l'aventure, qui n'ont pas réussi, et on se dit qu'on ne vaut pas mieux qu'eux, alors pourquoi nous on va réussir ???? Et la fusée décolle, tremble, et nous collés par la peur et le manque à notre siège, à serrer les dents pour que ça passe...
Bien sûr, aucun défumeur ne passe jamais à la télé. Aucun téléspectateur n'a passé la nuit devant un petit écran pour voir un défumeur faire ses premiers pas dans un monde sans tabac. N'empêche, triomphant pour lui même, plantant le drapeau de la liberté dans un décor gris comme un cendrier, sautant allégrement dans un monde qui ne demande qu'à lui appartenir, le défumeur est lui aussi un héros. Lui aussi veut décrocher la lune.
Lui aussi pourra un jour penser à sa vie en se souvenant de cette jolie victoire...
Bye bye Neil et vive les petits pas des défumeurs, qui sont de grands pas pour l'humanité
Posté le 27 août 2012, à 11:27
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En réponse à ton mp...
Je ne vais pas dire qui tu es, c'est entre nous. Parfois je reçois un message, souvent ça commence par "j'ai bien aimé ton blog alors..." et souvent ça se termine par "j'aimerais bien que tu m'écrives de temps en temps ça m'aiderait". Bien sûr que je vais te soutenir, à toi qui vient de m'envoyer courageusement ce petit mot, mais autant que tout le monde en profite car ce que j'ai à te dire, c'est souvent que j'ai eu envie de le dire, à beaucoup de monde. Il y a dans ton courrier, dans ta question, dans ta démarche, toute la douleur de celui qui arrête de fumer. Et chaque phrase se cogne à son contraire : on veut arrêter, alors on fume. On est sûr de la décision, mais on est pas certain. On est contente. Mais on a le blues... Et c'est la description d'un labyrinthe terrible auquel il ne semble pas y avoir de sortie. On se cogne à ses échecs, à ses doutes, à ses craintes. Souvent on tourne en rond. Quelquefois, pire encore, à force d'en avoir marre de chercher la sortie, on reste là, accroupie dans son problème, dans son malaise, se déclarant trop faible pour lutter, pour sortir de là. Ne vois-tu pas que tu es dans un brouillard ? Un brouillard de tabac, de volonté maltraitée, de chagrins et de peur ? La dépendance est un brouillard, qui nous fait perdre jusqu'à l'image de nous-même. Qui nous fait nous perdre dans des endroits minuscules. Un brouillard qui déforme tout : la force de nos ennemis, les talents qui sont en nous. On peut s'en sortir, mais on ne le voit pas. L'ennemi est un minus, mais il semble immense. Le problème est simple : il semble compliqué. C'est bien là la réponse qui me vient à ton message : ton problème est simple, il te semble compliqué. Ce n'est pas parce qu'un problème est simple qu'il est facile à résoudre, bien sûr. Mais ne te perds pas dans les pourquoi, les comment, les parce que, les si j'avais su, les peut-être. Ton problème est un problème de drogue, d'addiction. La particularité des problèmes d'addiction et qu'on refuse généralement de les voir, tant qu'on les subit. Ceci d'autant plus que les symptômes désagréables sont produits non par le produit, mais par son absence, rendant très difficile pour le cerveau l'acceptation de la véritable nature du problème (tain comme j'cause !). Ainsi posé, le problème est simple. Mais le symptôme le plus désagréable de l'arrêt du tabac, c'est que dans ta tête, des messages extrêmement désagréables et compliqués vont se succèder. Ne vois pas ces messages comme de grandes questions philosophiques. Ce ne sont que des mirages. Des illusions, qui viennent à l'esprit comme l'oasis vient aux yeux du mec qui meurt de soif dans le désert. "c'est pas le bon moment pour arrêter". "Je ne suis pas capable d'y arriver". "J'ai trop envie d'une cigarette". "C'est pas si mauvais pour la santé". "Je vais attendre tel ou tel évènement". "Juste une". "Allez seulement une taf". "Je fais une exception seulement ce soir". "La semaine prochaine j'arrête" "tout le monde le fait". Ces phrases sont le lots de tous défumeurs. Quasiment. Et avec suffisamment de mauvaise volonté, tu peux les trouver vrai, et y trouver surtout la bonne excuse pour reprendre. Tu te seras alors fait avoir par le tabac, une fois de plus. Ne prends pas tes problèmes pour des problèmes. Ce sont des mirages, ce sont des messages subliminaux de la drogue pour que tu cèdes à son appel. Il y en aura toujours. Chaque fois des plus gros. Ceux qui ne rentreront pas par la porte passeront par la fenêtre. Et tant que tu les prendras pour la réalité, ils t'affaiblieront, et ils te mettront à terre. Il est donc important de considérer chaque difficulté comme une preuve supplémentaire de l'addiction. C'est ainsi que chaque crise de manque, chaque coup de spleen, chaque crise de nerf, te renforcera dans ta décision plutôt que de t'affaiblir. Surtout, surtout, fais bien le compte de ces moments de doute et admets une bonne fois qu'ils sont la preuve que tu es accroc à un produit. Un non fumeur se dit-il quelquefois "juste une ?". Une nana qui n'a jamais fumé se dit elle un soir "allez un cigarillo juste pour ce soir ?". Non... Non. Puisque tu as lu mon blog, tu sais un peu par quels horribles moments de manque je suis passé : j'aurais pu, j'aurais dû les éviter. Mais il y a quelque chose qui m'a aidé. C'est qu'à chaque crise de manque, je me suis dit "houla je suis vraiment bien malade de la clope", ou encore "bon dieu je souffre c'est que j'étais accroc jusqu'au trognon". Et ainsi chaque crise de manque m'a renforcé dans ma volonté de guérir. C'est le chemin que je te propose de suivre, maintenant. Car au bout du chemin, il y a la guérison. On se croit enfermé dans le labyrinthe et la sortie est toujours à moins de 10 mètres. A ta portée. Ne perds pas ton temps à faire des détours, à te cogner. C'est tout droit la sortie ! Il n'y a aucun détour à faire, aucune réflexion à mener. Il faut lever la tête et décider une fois pour toute de ne plus la baisser. Facile à dire ? Facile à faire aussi. Et souviens toi que la souffrance est un mirage. La liberté, au bout, est bien réelle. Compte dessus : elle t'attend déjà depuis tellement longtemps.
Posté le 24 mai 2012, à 00:26
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"N'essaye pas..."
Que la force soit avec nous ! Il y a dans la guerre des étoiles un moment particulièrement poignant où Luc Skywalker s'entraîne à maîtriser la force. Devant un obstacle qui lui semble insurmontable, il promet à son maître Yoda d'essayer. Yoda lui répond alors :"NON, n'essaye pas : fais-le... Ou ne le fais pas". Voilà qui m'inspire quelques réflexions à propos de la défume. Idée N°1 : L'échec n'a pas sa place. Comme Luc, on ne doit pas essayer : on doit réussir. L'échec n'est pas une solution. Il n'est même pas une possibilité. Il n'y a pas de sortie "échec" sur l'autoroute qui mène à la victoire. Même si ce n'est pas une ligne droite, même si on y rencontre des bosses, des trous, des flaques et des pièges, c'est une route qui mène à la liberté, sans demi tour possible. Au pire moment de galère, au dernier noeud qui vous tord le dernier centimètre d'intestin, vous pouvez toujours trouver que vous touchez le fond, vous pouvez toujours vous dire que le chemin est difficile. Mais ne vous dites jamais "demi-tour". Il n'y a pas d'autre direction. Idée N°2 : Faire mieux que la "positive attitude". On m'a parfois écrit pour m'expliquer que "ouais-mais-bon-tu-comprends-des-coups-j'ai-pas-le-moral-alors-positiver-heu-ouais-mais-là-j'veux-fumeeeeeer". Entendons-nous : la solution facile et directe pour ne plus fumer n'est pas de faire semblant qu'on est convaincu. C'est de trouver en soi cette vérité : oui, je vais arrêter de fumer, je vais avoir le dessus sur la cigarette, et je sortirai grandi des quelques mois désagréables qui parfois ponctuent l'arrêt. Il ne s'agit pas de faire bonne figure : on s'en fout de faire bonne figure ! Il s'agit de se creuser la tête, le coeur, la mémoire et de retrouver cette part de nous qui ne fume pas, qui ne fume plus, et qui s'en trouve très bien. C'est aller tendre la main à ce "nous" qui attend son heure, au fond de notre esprit, qui attend qu'on lui laisse une chance de relever la tête. Idée N°3 : Réaliser notre force et la relative faiblesse du mal. Pour la plupart, vous avez fait cette expérience du manque. Un sentiment de malaise épouvantable, inadmissible, une torture en même temps qu'une lutte intime de l'inconscient contre le conscient. Le manque de la clope intense vous tombe dessus 1, 5, 10 fois... Et à chaque fois il faut tenir le coup. La plupart des défumeurs redoutent ces moments maudits, et s'en servent de prétextes pour reprendre. "C'est trop difficile d'arrêter". "Je suis trop dépendant". "Je n'ai pas assez de volonté". Etc. Ils tremblent pendant des heures de "pics de dépendance" qui durent en moyenne 10 ou 15 minutes, parfois un jour ou deux. Ils font ainsi l'impasse sur ces heures entières où le manque, sans être tout à fait nul, n'a rien de douloureux. Au moment où vous lisez ces lignes, il y a peu de chance que vous soyez en pleine crise de manque douloureux. Peut-être ressentez-vous une gêne légère, moins douloureuse encore qu'un petit pincement au bras, et qu'une simple concentration sur un livre, un film, permet de soulager. Le voilà, le vrai manque. Il n'a rien d'ingérable et rien n'est plus simple que de le distraire, au fond. Au moment d'une "crise", demandez-vous si c'est vraiment la cigarette qui vous met dans cet état là, ou si le manque de clope n'est que la goutte d'eau qui fait déborder le vase de la frustration, du mal-être, du chagrin... S'il n'y a en effet pas grand chose à faire pour éliminer rapidement la dépendance, il est bien plus facile d'influer sur tous les autres problèmes qui, de loin en loin, vous mettent dans des états limites. Idée N°4 : On est souvent des chochottes. Je connais, on connait, un million de personnes qui aiment se plaindre, se faire dorloter, exiger leur petite séance de câlinothérapie, se pâmer et se complaire dans une douleur qui semble sans fin et que rien ne soulage. Mais réfléchissez-y : la plupart des fumeurs hospitalisés passent d'un paquet à zéro cigarette en quelques minutes, et finalement ils n'en meurent pas. Des gros fumeurs prennent des avions pour l'autre bout du monde et restent 8, 9, 10 heures sans fumer dans une situation qui en stresse beaucoup. Ils peuvent avoir un peu envie de fumer mais aucun ne va mourir et une infime minorité va essayer d'aller fumer dans les toilettes... Les mêmes vous jureront qu'ils ne peuvent se passer de cigarette 3 heures d'affilés. Ce que je cherche à démontrer, c'est qu'une fois qu'on a pas le choix, il devient bien plus facile de ne pas fumer. Pour certains ça ne pose vraiment aucun problème. Pour la plupart, c'est nul mais c'est ainsi, l'obligation est une aide précieuse. Ca en revient à la première remarque de cet article : moins on se laisse le choix, et plus on est sûr de faire le bon !
Posté le 10 mai 2012, à 17:23
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2 mois et demi, jour et nuit.
D'après mon compteur, je n'ai "pas fumé" 36.432 cigarettes. A 3 minutes par cigarette il me faudrait 2 mois et demi en fumant jour et nuit pour rattraper le "retard". 2 mois et demi à aspirer en permanence la fumée, à la recracher en gardant à chaque fois un peu de goudron en moi. Ne pas dormir, ne pas manger : fumer, fumer, fumer... 36.432 fois. Jusqu'à la mi-juillet. Il arrive souvent, quand on arrête de fumer, d'idéaliser la cigarette qu'on s'offrirait, le moment de "bonheur", de soulagement, de voir comme un délice ce petit accroc au contrat. Mais quand on imagine la totalité des cigarettes qu'on s'épargne, la notion même de plaisir s'envole. Même le plus accroc d'entre vous, même celui qui vient d'arrêter, même celui qui se croit inguérissable, ne peut qu'avoir le coeur qui se soulève à l'idée de fumer sans discontinuer des cigarettes pendant 2 mois et demi, jour et nuit. Jetez donc un coup d'oeil à votre compteur, imaginez-vous en train de "rattraper le retard" et il y a fort à parier que cette idée vous écoeurera. Au delà de la conviction qu'on a tous qu'il y a du plaisir à fumer, vous comprendrez à quel point vous avez fait le meilleur choix. A quel point vous vous épargnez une souffrance que la dilution fait confondre avec un plaisir. Avec un peu d'imagination vous verrez peut-être les milliers de cartouches que vous ne fumerez pas, que vous épargnerez à votre bien le plus précieux : votre corps. J'ai lu il n'y a pas longtemps une phrase de Géronimo : "quand l'homme aura pollué la dernière rivière, tué le dernier animal, il découvrira que l'argent ne se mange pas". On pourrait dire la même chose du fumeur : "quand l'homme aura fini de boucher ses bronches, quand il aura fini de martyriser son coeur, il découvrira qu'on ne vit pas de tabac et que l'idée de se sentir bien est plus fragile qu'il le pense". 36.432 cigarettes. Je vois un cendrier comme une montagne, des mégots partout, un brouillard dans la pièce qui rend ce qui resterait d'air irrespirable. Et je me demande comment ne pas tomber malade ? Comment ne pas détruire sa santé ? Comment ne pas se considérer suicidaire en s'envoyant autant de cigarettes ? Auxquelles l'honnêteté m'oblige à ajouter environ 10.000 joints. Bien sûr, personne ne fume cigarette sur cigarette pendant 2 mois et demi. Aucun être humain ne peut fumer 10.000 joints d'un coup sans mourir. On étale, on dilue, on temporise, on "ralentit". Au bout du compte pourtant, le résultat est là. Affreux, mortel, irrévocable. Et si le chiffre des cigarettes "non fumées" fait bondir, j'avoue un peu honteux que je n'ai pas osé compter celles que j'ai fumées. J'aimerais terminer ce billet par un message aux défumeurs récents ou encore en souffrance. Un truc que j'ai osé dire à aucun d'entre vous et que j'ai voulu pourtant dire ou redire à tous. L'addiction s'en va. C'est très long quelquefois, mais elle s'en va. Vous pouvez penser souvent que vous n'y arriverez pas, que c'est trop dur, que c'est trop long. J'aimerais vous rassurer en vous disant que tous les "hyper dinos" ou presque sont passés par là. Il y a un peu plus de 3 ans, j'étais accroc à la cigarette et au joint. Aux cigarettes. Aux joints. J'avais une maladie qu'on nomme la dépendance. On en guérit, le médicament s'appelle la patience, la ténacité, l'optimisme. Des médicaments qui sont en vous et qu'on finit toujours par trouver, parfois là où on les attendait le moins.
Posté le 2 mai 2012, à 09:58
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Condamné à réussir
Beaucoup de gens sinistres prétendent qu’on est accrocs à vie. C’est pas vrai. Et même si c’était vrai, il y a une vérité bien plus amusante dont on ne parle jamais ou presque : c’est l’addiction… A la liberté. Cette force incroyable qui nous oblige à arrêter de fumer et ceci malgré les échecs, malgré les manques, malgré les incertitudes. Il suffit de lire le site : quand on commence à arrêter, on n’arrive plus à faire autrement. Veut-on refumer ? On tient 2, 4 10 jours… Pi on se précipite à la pharmacie pour choper des patchs. Veut-on se libérer des souffrances de l’arrêt ? On tient parfois 1, 2, 3 mois en fumant et on finit, piteux et un peu honteux, à se réinscrire sur un site. Parce que ça devient invivable. Pourquoi je vous explique ça ? Pour vous dire que, content ou pas, vous voilà condamné à réussir. Car quelle que soit l’issu de votre combat, une fois commencé vous ne pouvez plus que le mener à son terme. Et même si vous craquouillez, même si vous trébuchez, l’envie d’arrêter ne vous lâchera plus et vous poursuivra jusqu’au fin fond de vos échecs. Elle sera le cafard de vos soirées enfumées. Elle sera la ride de trop dans le miroir. Elle sera le ricanement de vos copains. Elle sera l’obsédante conviction que vous ne parviendrez jamais à fuir et qui vous répétera inlassablement qu’il vous faut à tout prix arrêter de fumer. Considérez que quoi qu’il arrive, à partir d’aujourd’hui, vous serez poursuivi à jamais par l’envie d’arrêter la clope, et ceci jusqu’à ce que vous y parveniez. Une cigarette n’y ferait rien, ne vous soulagera pas. Que vous ayez arrêté depuis longtemps ou pas, vous vous souvenez forcément de ce sentiment affreux qu’on a en fumant. « Envie d’arrêter, culpabilité, conviction de se faire du mal, de provoquer des maladies… ». Cette boue mentale dégouline par tous les plis du cerveau, vous dégoûte de vous même et finit par gâcher le goût de vos clopes. On oublie un peu vite, en arrêtant, cette horrible ambiance qui accompagne le fumeur. Elle revient pourtant dès la première cigarette qu’on voudrait refumer. Je rappelle ceci car en début d’arrêt on idéalise souvent « le bonheur » de fumer, tout les bénéfices qu’on croit y trouver. Soyons sérieux : si c’était si bien que cela, pourquoi avez-vous arrêté ? Ne pensez plus « j’arrête de fumer ou je continue ». Si vous avez attrapé la « maladie de l’arrêt » plus rien ne pourra vous en guérir et aucune cigarette, jamais, n’aura plus pour vous d’autre goût que celui de l’échec, de la démission, du chagrin et de l’amertume. Cette vérité énoncée, réjouissez-vous : vous voici condamné à réussir. Et pourquoi pas cette fois ci ? Bon courage à tous, bonne chance à chacun ! (ceci est un article que j'ai écrit ailleurs mais je me suis dit qu'il serait utile ici aussi !)
Posté le 2 avril 2012, à 11:37
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"Ca fait seulement 5 jours..."
Hier je me suis souvenu d'une tentative d'arrêt qui avait duré 5 jours. C'était il y a une dizaine d'années et au bout de même pas une semaine, tenté par toutes sortes de mauvaises excuses, je m'étais autorisé "juste un joint" qui bien sûr m'avait ramené directement à la case départ en me faisait toucher 20.000 clopes. Au moment du drame, je me suis dit que j'avais souffert 5 jours, que c'était pas une grosse perte, que bien sûr si j'avais tenu 6 mois ça aurait été dommage mais qu'au fond, là, je ne sacrifiais pas grand chose en reprenant la cigarette. Ce jour là, je n'ai pas gaspillé 5 jours. J'ai gaspillé 10 ans. Si j'avais tenu le coup au bout de ces 5 jours, j'aurais gagné depuis 10 ans de liberté, 10 ans sans joints, soit l'équivalent de 40.000 euros et surtout une vie plus sympa, sans attendre un "plan bheu" etc etc etc. Ca ne sert à rien les "avec des si". N'empêche. Pourquoi je vous raconte ça au juste ? Parce que vous êtes peut-être à votre 3, 4, 5ème jour. Et parce que peut-être vous avez envie de baisser les bras en remettant à plus tard cet arrêt dont vous savez pourtant qu'un jour ou l'autre il sera une évidence. Je me permets donc de vous rappeler que reprendre une cigarette, ce n'est pas foutre à la poubelle vos 5 jours d'arrêt. C'est foutre à la poubelle tous les jours qui suivent. C'est programmer pour dans bientôt un arrêt qui n'en sera que plus difficile, plus cruel. Il n'y aura pas, il n'y aura jamais de meilleur moment que "maintenant". L'autre jour, dans un fil d'anniversaire, quelqu'un trouvait que c'était bien peu de fêter une dizaine de jours quand d'autres alignaient tant de bougies sur leur gâteau. Mais l'expérience apprend que celui qui fête 10 jours pose en vérité les fondations d'une oeuvre vitale dont il peut déjà être fier. Ca me donne l'envie de vous raconter une petite histoire que j'aime bien et qui amusera sans doute vos bambins ou vos petits enfants les jours où vous vous sentirez l'âme philosophe. Au moyen âge, 3 tailleurs de pierre sont sur le bord du chemin. Un voyageur demande au premier "que fais-tu ?". Le premier répond qu'il tente de casser une pierre très dure en se mettant des éclats dans la tronche et en se tapant sur les mains, et que c'est horriblement pénible et qu'il est sûr de ne jamais y arriver". Le voyageur demande au 2ème "que fais-tu ?". Plus détendu, le deuxième répond qu'il est en train de donner une forme carrée à une pierre, de manière à ce qu'elle s'emboîte dans d'autres pierres, et que ce travail se fait à coup de burin ce qui est assez fatiguant, un peu monotone et pas franchement rapide. Le voyageur demande au 3ème "que fais-tu ?". En souriant, sans avoir l'air de vraiment souffrir, le 3ème répond en bombant le torse "je construis une cathédrale". Bonne chance dans votre défume à vous qui construisez mieux qu'une cathédrale : une vie libre.
Posté le 7 mars 2012, à 08:30
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L'échec.
C'est bien la première fois que j'en parle. La dernière aussi sans doute. L'échec n'a jamais eu sa place ici. Mais comme il rampe dans tous les messages, dans tous les forums, dans tous les fils, dans tous les esprits, observons quelques instants celui que tant redoutent. Au début l'échec frappe à la porte. Le jour, la nuit. Sans arrêt. Il guette un passage sous la porte d'un chagrin, surveille les verrous de la volonté qu'on aurait mal fermés. Il se glisse dans les poches d'un ami, dans le cri d'un ennemi, dans un embouteillage. Dans une réunion de travail. Tous les moyens sont bons pour nous atteindre. Et à ces heures difficiles la seule solution consiste à ne pas lui ouvrir la porte. Jamais. Quoi qu'il dise. Quoi qu'il fasse. Au risque d'être changé en statut de goudron si on a le malheur de lui prêter l'oreille, ne serait-ce qu'un instant. La première année, malgré les difficultés, l'échec n'a JAMAIS été une éventualité. Là dessus pas la peine de tortiller, de négocier, de réfléchir. C'est non, absolument non, définitivement non. Du "non" que tu utilises pour ne jamais lever la main sur une femme, du "non" que tu utilises pour qu'on fasse jamais mal à tes mômes. Pas un "non peut-être", pas un "non mais". Un non tout con à lire dans les 2 sens et qui ne connait pas de contraire. Un non de breton, un non de con, un non tétû qui ne réfléchit pas. Ensuite l'échec s'éloigne de l'esprit. Il laisse le coeur tranquille et pourtant par la fenêtre, on voit encore son ombre se cacher pour nous attendre. Il s'invite dans les soirées arrosées, il n'est jamais loin dans les moments de chagrin. Il attend son heure, pour nous avoir par surprise, en traitre. Il ne frappe plus tous les jours à la fenêtre, mais il passe par hasard. En voisin. En faisant semblant qu'il ne nous en veut plus. Qu'il court d'autres lièvres. Qu'il a enterré la hache de guerre. Et à ces heures monotones la seule solution consiste à ne pas faire la paix. A ne pas tendre la main. A ne pas transiger, se dire "juste une", se dire "j'ai bien mérité". A s'interdire de croire qu'on a été plus fort. A s'obliger à penser qu'on peut encore tomber. Au bout de quelques mois, l'échec pense que c'est son heure. C'est le moment de se méfier plus que jamais, quitte à faire des détours, quitte à fuir. Quitte à paraître trop lâche au lieu de paraître trop courageux. Eviter une soirée, une sortie, un conflit... Pour prendre encore un peu de force. Celle dont on a besoin. A la fin, tout à la fin, je dirais au bout d'1 ou 2 ans, l'échec ne pointe plus son nez. Il est loin, là bas quelque part, et continue de penser qu'un jour il recroisera votre chemin. C'est l'heure d'aller le chercher. C'est l'heure d'aller le trouver dans sa cachette. C'est l'heure d'aller lui faire rendre gorge. Il faut, un jour, faire face à ses démons. Leur donner un nom, un visage, un contours. Il faut, l'addiction envolée, se souvenir et aller au devant de ses ennemis. Les achever sans plus de pitié qu'ils nous auraient achevé. A ces heures de victoires, c'est le moment de se souvenir des mauvais moments. C'est le moment de raffermir encore sa décision, sa volonté, son choix. C'est le moment de témoigner et de ne jamais oublier ce qu'on a fait, pourquoi on l'a fait, comment on l'a fait. J'en ai vu trop, j'en ai trop lu, qui avoue avoir repris au bout de 3, 4, 5 ans... Pour n'avoir pas "fini" le travail, pour n'être pas allé chercher l'échec dans sa cachette pour lui foutre la correction qu'il mérite. Je dis ça... Et je me souviens. De l'échec qui m'a mis si souvent la main sur l'épaule. Qui a si souvent gagné la bataille avant de me laisser gagner la guerre. Je me souviens du chagrin infini de l'arrêt, de l'envie, du manque... Et la tentation impérieuse qui décide si souvent d'avoir le dernier mot. N'empêche : l'échec n'est pas une solution. Il ne résout rien. Fumez, vous le regretterez. Craquez : vous serez malheureux. C'est l'exemple mille fois lu, mille fois relu, c'est l'arnaque de cet échec qui vous promet tout sans vous donner rien. La prochaine fois que vous sentirez venir l'échec, faites-vous un beau cadeau, faites moi un beau cadeau. ... Collez-lui une bonne baffe dans la gueule !
Posté le 28 février 2012, à 18:18
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Le prix à payer ?
Ca y'est, encore un petit mot qui m'a mis de bonne humeur sur le site. Il s'agit de ne pas déranger les collègues, de rester gentil avec son mari, de maintenir son image de maman cool et souriante plutôt... Que d'arrêter de fumer. "Je peux pas leur faire ça, ils sont si sympa...".
Je comprends (putain que je comprends) la logique derrière tout ça et ce coup de gueule n'a rien de personnel, vous savez bien. Mais il y a là une occasion trop jolie de proférer certaines vérités que les apprentis défumeurs semblent souvent ignorer.
"j'ai peur d'être désagréable avec mes enfants". Ca me fend le coeur de lire ça. J'ai perdu mon père à cause de la cigarette quand il avait 36 ans. J'en avais 8. Je confirme que mon papa ne m'a jamais embêté avec un arrêt. A aucun moment dans ma mémoire je n'ai subi sa mauvaise humeur, sa faiblesse ou ses crises de manque. Le manque, c'est moi qui l'ai eu. J'aurais préféré le voir avec un patch sur lui plutôt qu'avec le couvercle d'un cercueil. Largement. Ce qui est fait est fait, n'empêche que je n'ai eu aucun état d'âme à faire subir mon arrêt à mon bambin.
Statistiquement, si je fume, il fumera. L'exemple qu'on donne est bien plus fort que les belles phrases sur "faut pas fumer c'est pas bien". On aime ses enfants ? On arrête la clope. Point. Parce que c'est mauvais pour leur présent et pour leur avenir. La plus belle façon d'aimer ses enfants, même si on râle, c'est d'être présent, présente. La plus belle façon de les élever, c'est de montrer l'exemple. Le plus bel exemple à donner c'est celui de la volonté et de la liberté. Que celui qui n'a jamais dit à son môme "si tu le veux vraiment tu peux y arriver" me jette le premier cendrier. Soyez dignes de ce qu'ils pensent de vous !
"j'ai pas envie d'embêter mes collègues". Alors celle là elle est bonne ! Que la vie en société ait pour prix une certaine amabilité, passe encore. Mais n'importe quel non fumeur peut le confirmer : le collègue idéal, c'est celui qui ne fume pas. Parce que grâce à lui quand on arrive le matin ça ne pue pas devant l'immeuble. Parce qu'il n'est pas toujours en pause on ne sait où. Parce qu'ils ne nous empeste pas en imaginant qu'il sent à peine la clope. Parce qu'on a pas besoin d'user d'hypocrisie quand lui-même ne sent plus la puanteur qu'il trimballe dans l'ascenceur. Fumer plutôt que d'importuner ses collègues avec une légère baisse de forme ? Et pourquoi pas leur servir de paillasson plutôt que de rester debout ? Où seront-ils les collègues quand la maladie vous clouera dans un lit d'hopital à chercher un peu d'air dans un tuyau en plastique ? Au mieux ils feront passer une petite enveloppe à la con qui gonflera tout le monde en pensant tout bas que vous auriez pu arrêter avant...
La fierté commande parfois un peu d'égoisme. Ca ne s'appelle même pas de l'égoisme : c'est de l'amour propre. Qui peut prétendre respecter qui que ce soit, s'il ne se respecte pas lui-même ? Et dans ce cas que vaut vraiment son respect ? A méditer...
"Mon conjoint va faire la gueule". Alors là c'est rigolo, cette remarque est 100% féminine sur le stop. Aucun mec n'a jamais été effleuré par l'idée que son conjoint puisse être gêné par son arrêt. Je cherche une explication... Comme pour les enfants, l'arrêt du tabac est un merveilleux cadeau qu'on fait à son conjoint. Un exemple concret ? Depuis que j'ai arrêté de fumer, mon compteur indique près de 9.000 euros d'économies. Avec l'herbe que je fumais, j'estime à 18.000 euros les sous que j'ai pu ré-investir dans les loisirs familiaux. Tu crois que ça met pas un peu d'ambiance positive dans la barraque ça ? Y dirait quoi ton mari si tu lui amenais 18.000 euros en disant "tiens j'ai ramené ça pour qu'on se fasse plaisir". Cet argent, arrêtez de fumer et vous l'aurez, c'est mécanique. Inévitable. Une simple question de temps.
Pour aimer, parfois, on a besoin d'admirer. Moi j'admirerai une nana qui arrête de fumer. J'admirerai une femme qui se prendrait en main, qui aurait une seule parole, qui aurait une volonté franche. J'adorerai une nana qui prenne soin d'elle et je serai fier qu'elle soit un peu à moi. J'aimerai qu'une femme qui m'ait choisi choisisse également la liberté, veuille pour elle ce qu'il y a de meilleur. Qu'elle prenne 4 kilos au passage ? C'est désespérant les nanas qui redoutent ainsi de grossir un peu, sans se rendre compte qu'elles ont les dents plus blanches, le teint plus frais. Qu'elles sont infiniement plus désirables qu'en puant de la gueule avec des airs de roulures en train de tirer sur un mégot. C'est moche une femme qui fume...
A mon sens un homme, un vrai, s'honorera toujours de la démarche de sa femme qui arrête de fumer. En sera fier. La taquinera peut-être, mais finira souvent par l'imiter. Sinon que vaut-il, le conjoint qui n'est pas de tout coeur dans le combat pour la vie de sa femme ? Mesdames, vous êtes plus belles quand vous ne fumez pas ! Sérieusement...
(passage à faire lire par qui-vous-savez si ça râle
)
Tout ça pour dire : les excuses, les compromis, les "oui mais". Il y en a toujours, ça tombe de partout, les placards dégueulent de ces fausses vérités qu'on planque tous ici et là. Et ne dupent que ceux qui les énoncent, et encore. L'arrêt du tabac n'est pas un caprice. C'est un combat pour la vie. La vôtre, celle de vos proches, celles de vos enfants, celle de votre conjoint. Souvent vous vous dites peut-être "je serais capable de tuer pour le bien de mes enfants" ou "je soulèverai des montagnes pour mon amour". Mais iriez-vous... Jusqu'à simplement arrêter de fumer ?
Bon arrêt à tous, bon courage à chacun ! Je dédie ce post à toutes les victimes de mon arrêt qui sont heureuses aujourd'hui d'une victoire qu'on peut qualifier de collective.
Posté le 24 janvier 2012, à 16:00
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Et un, et deux, et 3 - zéro.
J'invite ceux qui pensent qu'ils n'y arriveront pas, j'invite les stressés, les intoxiqués, les addicts à mort, j'invite les rechuteurs de l'extrême, les loosers permanents, j'invite ceux qui pensent que la vie est trop dure, j'invite ceux qui pensent qu'on est fumeur à vie, j'invite ceux qui sont moins forts que les autres... ... à relire les 72 putains d'articles de ce blog infâme où j'ai gravé ces 3 dernières années les pensées venimeuses que m'ont inspiré le manque, la recherche d'une issue, le combat infernal contre les drogues les plus minables de la terre. Pas parce que j'en suis fier : j'en ai honte. Mais parce qu'en 3 ans on m'a écrit souvent pour me dire que ces "mémoires de défume" donnaient la pêche, l'énergie, la motivation. Remontaient le moral. Ils m'ont remonté le moral aussi, souvent. M'ont aidé à gagner (car il est bien question de gagner quand on lutte pour sauver sa peau). De savoir que vous étiez témoins m'a aidé, énormément. Bien sûr la plupart de ceux qui ont lu ça ne sont plus sur le site. Moi j'y passe encore pour tenir une promesse : aider, ne pas oublier, témoigner que cet enfer a une sortie. Aujourd'hui c'est mon anniv, et je n'ai plus grand chose à dire : j'ai fait la paix avec tout ça. Et je vous garantis qu'un jour OUI on a plus envie de fumer, plus du tout. C'est long, mais ca n'a rien d'un but impossible. Je croise les doigts pour que vous y parveniez à votre tour. Bonne chance à tous, bonne défume à chacun. Dominique, tout court.
Posté le 4 janvier 2012, à 15:09
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Rester heureux... Ou le devenir !
Happy birthday to me : 34 mois que j'ai arrêté. Pour fêter ce jour, j'aimerais partager avec vous une des "clés" d'une défume réussie : rester heureux. Parce qu'arrêter en étant triste de le faire, c'est programmer sa rechute. Parce qu'arrêter et avoir des regrets, c'est continuer de souffrir de la cigarette, d'une autre façon, mais souffrir. Parce que c'est dans la joie, et pas dans le chagrin, qu'on trouve le plus d'énergie pour avancer. Je ne crois pas à l'énergie du désespoir. Quand je suis désespéré, comme tout le monde, je deviens une loque. Je crois à l'énergie de l'espoir, à la force magnifique qui nous possède et qu'on possède, quand on a envie de vivre et que rien ne nous paraît impossible. Soyons sérieux : le jour où on a arrêté de fumer, même si c'était hier, on sait qu'on a fait un truc grand, positif, infiniment positif. Alors oui, réjouissons-nous, même s'il y a des moments difficiles, même si l'envie est tenace, même si le moral est plus souvent dans les baskets que dans la tête. Ce n'est pas de la méthode coué : c'est assumer ce qu'on a de meilleur : la volonté, l'optimisme, le sourire, la gaieté... Pour les renforcer encore. Et souvenons-nous : la vie est mieux sans. Incontestablement. Il est possible au début de l'arrêt qu'on trouve parfois plus de "contre" que de "pour" à l'arrêt, mais c'est là une conséquence de l'addiction. La vérité, c'est qu'il n'y a QUE des avantages à l'arrêt et qu'on ne perd rien en arrêtant. Juré ! J'ai mis des mois à le vérifier, mais c'est juré ! A titre perso, je suis mille fois plus heureux aujourd'hui que quand je fumais 10 joints par jour. Pas parce que ma vie est plus facile, ou plus agréable... Mais parce qu'en arrêtant de fumer j'ai appris à reconnaitre le vrai bonheur et à délaisser le faux. En 34 mois sur les forums "anti-clopes", je me suis parfois pris un peu la tête, souvent parce que je combattais un peu maladroitement cette glue poisseuse de la déprime, cet obscène étalage des bobos de l'âme qui transforme parfois le site en bureau des pleurs et l'arrêt de la clope en un affreux chemin de croix. Mais bon sang : c'est n'est pas un hopital ! Les malades, ce sont ceux qui sont addicts, qui sont étouffés, qui sont prisonniers d'une drogue qui les tue. Ce site, dans mon idée, devrait être une fête où chacun s'invite, ou chacun veut s'inviter, où tous les anciens fumeurs se retrouvent pour célébrer ensemble la joie de retrouver la liberté, de la gagner. Où ceux qui ont arrêté depuis longtemps ouvrent les bras aux nouveaux en leur disant "bienvenue, tu vas voir toi aussi tu vas y arriver". Parce que toi aussi, qui lit cette ligne, tu vas y arriver. Bisounours ? Utopiste ? Peut-être. Mais bisounours avec 34 mois au compteur et mieux que ça : la certitude de jamais replonger dans cette boue. C'est peut-être que quelque part dans ma mauvaise méthode, il y a des choses à prendre. J'espère en tout cas. Pour en revenir à toi : je te souhaite d'arriver à ces 34 mois. Sans doute même avant tu seras gagné par cette formidable nouvelle : tu n'as plus envie de fumer. Tu ne penses plus à la cigarette sans arrêt. Tu n'aurais même pas l'idée d'en allumer une. Si c'est pas le bonheur, ça y ressemble beaucoup tu verras !
Posté le 4 novembre 2011, à 14:40
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Si j'avais su.
Si j'avais su, je serais parti vainqueur, et pas la peur au ventre. J'aurais souri dès le premier jour, à la liberté retrouvée. Si j'avais su, je n'aurais pas écouté les pessimistes, les mauvaises langues et ceux qui disent qu'on ne guérit jamais. Si j'avais su, j'aurais tourné sept fois la langue dans ma bouche avant de dire que je souffrais, quand avec le recul, tout bêtement je vivais. Si j'avais su, j'aurais moins reporté mon arrêt. Je n'aurais pas dit "demain" quand aujourd'hui suffisait. Je ne me serais pas enfoncé jusqu'à ce que le manque me prenne même la clope au bec. Si j'avais su j'aurais utilisé des substituts, du champix et tout le reste, mais en sachant ce qu'il y avait derrière. Et sans m'y attacher. Et sans compter sur rien, que le bon sens et la santé. Parce qu'à eux seuls ils suffisaient. Si j'avais su, je me serais admis plus tôt drogué, je n'aurais pas eu peur de me le dire. Et la drogue qui me tuait, je ne l'aurais pas appelé "plaisir". Si j'avais su, j'aurais fait confiance à mon corps, qui est par nature non-fumeur. J'aurais compris que défumer, c'est comme fumer : quand on commence, c'est bien dur d'arrêter. Si j'avais su j'aurais fait plus de sport, et j'aurais fuis les fumeurs les premiers mois du seuvrage. C'est vraiment le jour et la nuit : le corps a besoin d'air pur pour y reprendre goût. Si j'avais su, je n'aurais pas cherché un moment propice, un moment de vacances, un moment spécial pour arrêter. J'aurais fait confiance à l'idée qui me venait, au moment où je l'avais. Si j'avais su, si, si, si... Voilà 998 jours que j'ai arrêté. Je me sens libre, je n'ai plus du tout envie de fumer. Je ne fumerai plus jamais : je conserve intact ce qui m'a fait arrêté et suis à vie un ennemi de la clope qui m'a tant coûté. Ma motivation n'a pas changée. En arrêtant je ne savais rien : ça n'a rien empêché. J'y suis parvenu comme vous y arriverez... Peu importe les "si j'avais su"', vous... Vous savez.
Posté le 29 septembre 2011, à 12:05
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Si encore c'était agréable...
Au début du défumage, quand le manque ronge encore, il y a quelquefois une petite voix qui dit "allez, prends en une, une seule, une taf". Une petite voix qui vous dit que vous êtes stressé, fatigué, déprimé, que la raison est bonne, que l'occasion est trop... Enfin vous connaissez la chanson.
La prochaine fois que cette petite voix vient vous chatouiller les oreilles, je vous propose de faire un petit jeu. C'est un jeu où vous pouvez gagner beaucoup et où vous n'avez rien à perdre.
Cherchez, dans tout le forum, un seul message de personne ayant craqué et qui dit "bon j'ai craqué j'ai fumé j'suis content". Ou "ça m'a fait du bien". Ou "je me sens mieux". Cherchez, cherchez bien, cherchez mieux... Moi ça fait 2,5 ans que je fréquente ce site, et je n'en ai jamais vu.
Le message du craquouilleur est toujours à peu près le même. Du moins y retrouve-t-on les grandes familles de craquouilleurs :
- le coupable. Celui qui vous explique qu'il a vécu un truc vraiment trop dur, et que bon voilà, et que c'est quand même bien du chagrin.
- Le suicidaire. Celui qui vous dit qu'il a craqué et que maintenant sa vie ben elle est finie, et qu'il va fumer encore plus, et de plus en plus, tellement il est méchant et qu'y fait-rien-qu'-à-faire-rien-de-bien.
- Le boomrang. Celui qui disparait un jour et revient 1, 2, 3 mois plus tard en expliquant qu'il a craqué et que là il s'y remet. Courageusement.
- Le clignottant : le craquouilleur clignottant est celui qui n'arrête pas d'arrêter plusieurs années de suite et qui s'en veut, alors qu'il est un héros ! Alors qu'il se cogne sur les murs du labyrinthe en attendant de trouver la sortie.
TOUS regrettent le craquouillage. Evidemment. Mais lisez bien, lisez mieux : aucun n'a trouvé dans cet écart un quelconque soulagement. Un quelconque bonheur. Et pour cause ! La plupart du temps c'est le manque psychologique qui entraîne le craqouillage, hors un échec est plus douloureux à l'âme qu'une cigarette n'est apaisante, surtout quand on est devenu moins dépendant à cette merde.
Je vous raconte ça, aussi, pour que vous ne soyez pas le prochain qui craquouille. J'ai pas envie, personne n'a envie, de vous ramasser à la petite cuillière. Personne n'a envie de voir dans votre détresse le dragon qui semble guetter tant d'entre nous. Personne n'a envie de vous écrire 3 pages de "c'est pas grave" avec derrière la tête la certitude que si vous continuez à fumer vous allez vraiment vous mettre dans un mauvais cas. Vous voyez bien qu'on tient à vous
Bon courage à tous, bonne défume à chacun.
Posté le 26 septembre 2011, à 18:42
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Les grandes questions...
Bon comme les questions reviennent souvent : temps pendant lequel on souffre, poids, etc... Voici des réponses super scientifiques issu d'une expérience quasi millénaire (du moins ça a parut long !).Au bout de combien de temps... On regrette ? Immédiatement ! Il suffit d'arrêter la clope depuis 5 minutes avec la conviction qu'on ne reprendra jamais pour sentir dans la bouche un goût de panique fort désagréable. Une quasi mort. Sauf que c'est pire : on découvre qu'on meurt pas ! Mieux encore, le regret s'affirme les toutes premières heures de l'arrêt pour devenir un chagrin, puis une déprime, puis une demi dépression pour les plus balèses. Au bout de combien de temps... On reprend ? La reprise de la clope intervient généralement assez vite, heureusement. En fait dans les 12 secondes suivants ce genre de déclaration : "quelle différence ça fait, mourir de ça ou autre chose ?". "T'facon j'peux toujours arrêter après les fêtes/l'anniversaire/la fête/le chagrin de la semaine prochaine". "Et si je prends des kilos ?". L'avantage de la reprise, c'est que tout le monde en est capable, avec un peu d'effort. Comment font ceux qui tiennent bon ? C'est des enfoirés. Le truc c'est qu'ils étaient pas vraiment fumeurs à la base. Si ça s'trouve y en a qui crapautaient juste une quarantaine de clopes depuis 50 ans, bref y savent pas ce que c'est. Faut pas rêver non plus... Ou alors ça voudrait dire que n'importe qui peut le faire, et ça c'est le boules !Vais-je grossir ? Bien sûr que tu vas grossir ! Faudra s'occuper la bouche, pi se détendre d'une autre façon. Mars, m&M's, Milkyway... Ils sont nombreux à guetter l'argent que tu fileras plus à Marlboro, camel... Que vais-je faire des milliers d'euros d'économies ? Tu vas te demander où tu les trouvais et où y sont passés ! En effet, d'après nos experts scientifiques, personne a jamais vu la couleur du pognon qu'il a économisé en arrêtant de fumer ! Moi-même j'approche des 7.000 euros, ben j'ai beau tout retourner : rien ! Un mystère.... Ou un compteur qui déconne. Vais-je déprimer ? A mort ! Déjà qu'en fumant tu déprimais, pourquoi ça arrêterait ? Bon bien sûr tu gagnes en estime de toi, en confiance, en santé... Mais tout de même, la vie s'arrête pas ! Du coup les chagrins seront au rendez-vous, les déceptions aussi.Ben alors pourquoi je me pose ces questions ? Parce que tu veux arrêter de fumer... Et que t'as peur. Alors t'alignes des questions rigolotes, improbables, vicieuses, sans queue ni tête. Des questions pour négocier avec la vie, avec la mort, et trouver des réponses qui te soulagent sans te meurtrir. Des questions aussi connes que "et si j'en prends juste une est-ce grave ?" ou "en limitant d'abord, est-ce que je vais réussir à arrêter ?". Les réponses, tu les connais déjà. La solution, elle est con comme la lune : ne pas se poser de questions ! Faut pas être intelligent pour arrêter la clope, faut être con, juste un peu. Et utiliser des moyens les plus bêtes possibles, genre "zéro taf, zéro clope". Celle là, elle est con comme technique, mais elle marche à tous les coups. T'as pas de calcul à faire. Et si t'as mal ? Un mec intelligent qui souffre se soulage. Un con qui souffre continue de souffrir. Ben pareil, t'arrête la clope, t'accepte de souffrir un peu comme un con... Là ça marche ! Promis. tu trouves ça con ? C'est un bon début. L'arrêt d'une drogue n'est pas [que] dans le compromis, dans la discussion, dans la réflexion... J'y crois plus trop. L'arrêt d'une drogue, c'est coup de pied dans le cul de l'addiction et relevage de tête. C'est un face à face tout simple, tout naturel, et une issue simple d'un côté comme de l'autre. On peut philosopher, blablater, on peut psychoter, expliquer qu'on est malheureux, que ceci, que cela... Le résumé il est toujours là : "j'ai voulu arrêté, alors j'ai arrêté. J'en ai chié, mais ça va c'est pas la mer à boire non plus". Que de temps perdu à vouloir comprendre/décortiquer/philosopher... Y a rien à comprendre, à décortiquer. Y a pas de question à se poser. Juste une liberté à conquérir, de la façon la plus simple qui soit.
Posté le 19 septembre 2011, à 19:59
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Les 7 "trucs" qui m'ont aidé à arrêter.
Bonjour à tous,
Mon compteur approche les 1000 jours, je me sens totalement libéré de la cigarette et bien que d'une nature hésitante, je sais que je ne refumerai jamais. Si ce blog a son comptant de grands discours, j'aimerais aujourd'hui l'enrichir de mes "trucs" tout cons, ces petits rituels ou astuces qui m'ont permis de tenir, puis de guérir.
Sans prétention bien sûr... Mais ça peut vous aider, j'espère.
1. L'eau froide sur les bras. Vieux truc du "plan des 5 jours" : quand vous avez envie, vous vous passez les avant-bras sous l'eau froide, très froide. Ca "chasse le geste". 5 minutes suffisent, généralement. L'effet est surprenant. Ne doutez pas : essayez.
2. Se retenir de prendre un chewing gum. Technique maison : habituez vous à mâcher un chewing gum puis... Interdisez-le vous. Ainsi quand vous avez envie d'une clope, dites vous "non non, j'dois pas craquer, j'dois pas prendre un chewing gum". C'est une torture mais avec une option sympa : vous avez le droit de craqouiller ! Dans ce cas là, promis, le chewing gum va tellement vous soulager qu'il vaudra dans votre esprit toutes les clopes du monde, à condition d'avoir réussi à vous conditionner. Et l'échec et nettement moins grave qu'une taf.
3. Lire le bouquin d'A. Carr quand vous craquez. C'est con mais ça marche. Vous avez forcément ce bouquin dans un coin. Le jour où vous craquez, dites vous "bon ok j'abandonne, je vais refumer". Comme vous n'êtes pas à 1H près, si vous avez tenu 1 semaine, dites vous que vous fumerez votre clope une fois le bouquin terminé, ce qui dure 2 heures. A tous les coups ça marche : à la 10ème page, votre envie de fumer est passée, votre motivation est rétablie. J'ai lu environ 50 fois le bouquin mais me suis toujours arrêté en route. Si vous avez pas ce bouquin, rempacez par cyrano de bergerac...
4. Idem que le truc N°3, mais en se disant "bon je vais marcher 2 heures et je fume en revenant". Ca calme, on prend le temps de réfléchir, la crise passe, et en rentrant on veut plus aller au tabac.
5. Dire à son enfant qu'on a arrêté. Je sais c'est "risqué", mais diablement efficace. Yeux dans les yeux, le minot vous croit, pour lui vous êtes presque un héros, tout vous est possible. Renoncerez vous à ça ?
6. Chassez le doute. Malgré plusieurs echecs, avec un record à 15 jours, ma dernière tentative a marché. Dans la douleur puisque j'avais attendu d'être accroc à mort (30 clopes + 10 joints/jour) mais elle a marché. Le truc c'est que j'ai accepté dès le départ l'horreur, sans aucun doute. Je me suis dit "bon, je vais souffrir, ça va être une horreur, c'est la faute de la clope". Mais je n'ai pas "essayé d'arrêter". Y a un moment, faut être un bloc de ciment. On essaye pas d'arrêter : on arrête. Ca change beaucoup.
7. J'ai écrit des tas d'articles pas toujours malins. A l'époque de l'arrêt, on se déteste. On déteste sa dépendance, sa faiblesse, on déprime.
J'ai écrit dans ce blog toutes les colères, et fait de grands discours contre la clope. Il est l'heure de vous confier un dernier petit secret : quand j'allais marcher pour me "libérer" de la clope, pour ne pas craquer, pour m'éloigner du tabac, une pensée m'animait : qu'est-ce que je vais écrire sur le stop ? Et je préparais mes grands discours, des opinions définitives, des profession de foi, des appels à la force et au courage (cf début du blog). A la fin j'y croyais, j'étais motivé à fond, j'avais cherché partout dans ma tête l'argument décisif, la force indiscutable. Si ce blog vous aide un peu à arrêter, moi il m'a aidé beaucoup.
AUjourd'hui, comme promis quelque part dans un article, je viens juste témoigner que je n'ai plus envie de fumer, que je suis guéri, et qu'il y a une vie après l'arrêt, loin des douleurs, de l'envie, du manque, du chagrin. Bon courage à vous
Ca vaut la peine.
Posté le 31 août 2011, à 19:55
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L'école de la défume.
Ils sont tout beaux tout neufs, craintifs et ambitieux, sous le préau d'une école où on choisit d'aller un jour. Dans leur cartable des patchs, du champix, des tuts et tous les substituts de la terre. Une volonté bien propre qui sent bon l'innocence et les conseils des parents. Et ça défume en s'appliquant, en respectant bien la marge sur les côtés, les pleins de frustration, les déliés de la souffrance. Dans l'école les "grands" ricanent un peu, encouragent beaucoup, se souviennent de leurs premiers pas dans cette grande cour de de récréation où on pleure plus souvent qu'on rit. Qui a eu, à l'école, l'impression qu'il allait s'en sortir ? Qui a eu, à l'école, l'impression que ça passait vite ? Qui a eu, à l'école, l'impression que c'était facile ? Qui a eu, à l'école, l'impression que c'était marrant ? Si tout va bien, tu viens de te souvenir des après midi sans fin, qui terminaient pourtant à 17 H dans la lumière d'un néon pisseux. Tu te souviens de "A-carré-plus-bé-carré-qui-faisait-va-t-en-savoir-quoi". Ca t'a gonflé, absolument. C'était pénible, insupportable, interminable... Et il n'en reste rien, que 2 ou 3 règles de grammaire pour emmerder les mômes. La défume c'est pareil : sur le coup interminable. Et puis... Te revoilà donc dans une drôle d'école, où tu dois réapprendre à vivre. Où tu dois apprendre à respirer comme un adulte, plutôt que comme un ado. Où tu dois apprendre à savoir ce que tu veux et, tant qu'à faire, à te donner les moyens d'y arriver. C'est le moment de devenir adulte "pour de vrai". Pas la peine de faire semblant que tu es malade le matin. C'est pas la peine d'expliquer que y a plein de gens qui t'embêtent. C'est pas la peine de dire que c'est trop dur pour toi. Tu le sais bien : la seule sortie c'est la liberté. Si t'as envie de sécher, si t'as envie de faire l'école buissonnière, la punition elle est directe : la colle. Collée à la dépendance. Punie par l'échec. Condamné à recopier dans le fond de ta tête des milliers de "j'veux arrêter de fumer", jusqu'à la fin du mercredi. Tu peux aussi te dire que tu t'en fous. La sanction est rigolote aussi : tu redoubles. Avec la sensation d'un éternel recommencement, l'obligation de réapprendre encore et toujours ce que tu as l'impression de déjà savoir par coeur. Dans la classe : l'appliqué qui va y arriver sans mal, alors que toi non. Le cancre qui dit rien mais qui va doubler tout le monde. La petite bande déjà constituée... Allez, c'est la rentrée. Salis pas tes chaussures toute neuves à penser à l'échec. Voyons plutôt... Ce petit garçon. Cette petite fille. Cet enfant dans un coin de la cour qui se demande ce qu'il fout là. Cette marmaille que tu étais, que tu redeviens un peu, puisque tu as choisi de renaître. Que vas-tu lui dire ? Ben que l'école c'est chouette. Que c'est une chance énorme. Qu'être à l'école ça veut dire qu'on a la vie devant soi. Lui dire aussi que c'est l'occasion de se faire des potes, de bien s'amuser, de tomber amoureux de la maîtresse. Lui dire qu'il va y arriver, qu'il a qu'à pleurer un bon coup s'il veut, mais qu'à la fin il sera un "grand" dans la cour qui donnera un coup de main aux petits nouveaux. Si si... Lui dire bonne chance, pi bon courage. Rigoler un peu quand il dit qu'il y arrivera pas. Faire semblant qu'on le croit quand il dit que c'est perdu d'avance. C'est pas perdu : ça va marcher. Ca pourra être dur parfois, marrant pourquoi pas... Mais à la fin y aura un diplôme un peu pompeux, avec marqué "tu es libre !" dessus. Allez, ça sonne....
Posté le 17 août 2011, à 20:42
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Drôle d'expressions...
Bonjour à tous, D'humeur guillerette j'aimerais décortiquer certaines expressions bizarres dont l'expérience m'a révélé tantôt la loufoquerie, tantôt l'aspect paradoxal... "J'en suis à 3 ans d'arrêt". Au delà de la performance que constitue le fait d'avancer en arrêtant, j'imagine mal pouvoir "arrêter de fumer" pendant 3 ans. La chose est si pénible, inconfortable, fatiguante, que peu de personnes seraient capable de venir à bout de ce cauchemard. Alléluia : au bout d'1 an ça va déjà mieux, au bout de 2 ans ça va vraiment bien, du coup au bout de 3 ans il y a peu de chances pour que vous "continuiez à arrêter". Vous serez juste passés à autre chose et c'est tant mieux ! "J'ai envie d'une clope". Amusante expression, avez-vous remarqué qu'on n'admet jamais avoir besoin d'une cigarette. Ou besoin de nicotine. Non on a envie. Et d'un coup l'envie devient presque jolie, là où le besoin avilie. La vérité c'est que si la clope était du registre de l'envie, elle ne nous tordrait pas le ventre en période de sevrage. On peut avoir très envie d'un pain au chocolat, mais qui a déjà pris sa voiture pour chercher un pain au chocolat au milieu de la nuit ? On peut avoir envie de se balader mais combien d'entre nous on déjà quitté leur bureau par envie de faire un tour ? La prochaine fois que vous aurez "envie" d'une clope, demandez-vous si vous n'en avez pas plutôt besoin : ça aide à voir le vrai visage de l'ennemi, une drogue. "T'es chiant depuis que t'as arrêté". Entendons nous : je déteste pour toujours les connards capables de signer ce genre de phrase. En plus, réfléchissons : étiez-vous agréable en empestant toutes les tables alentours sur la terrasse ? Etiez-vous un amour en taxant des clopes à tout le monde ? Etiez-vous si charmant(e) en fouillant les cendriers à la recherche d'un mégo ? Etiez-vous particulièrement drôle, raffiné(e), intelligent(e) du temps où vous fumiez ? Sans doute pas, moi non plus. Cette phrase révèle surtout que la personne en face de vous a "enfin" trouvé une excuse socialement acceptable pour vous reprocher tout et n'importe quoi. Emmerdez-les. Vous le valez bien ! "Tu restes fumeur toute ta vie". Alors celle là je l'ai entendu 9309409.4094049.409445 fois, ici et ailleurs. Ca m'a fait peur. Pi ca m'a énervé. Pi ça m'a boulversé, puis inquiété, puis plus rien fait... Puis j'ai découvert que c'était pas vrai. Parce que c'est évident, si tu ne fumes plus, tu n'es plus un fumeur. Qu'est-ce qu'on peut se faire emm... par ceux qui vous explique que "ouais mais bon, t'es pas un non fumeur t'es un EX fumeur et c'est pas pareil". Merde alors : suis-je un ex bébé ? Suis-je un ex collégien ? Suis-je un ex d'jeune ? Et dans ce cas dois-je redouter à vie le tonnerre qui gronde, les filles qui me fuient ou la voix qui mue ??? La prochaine fois qu'on vous promet que vous allez rester un fumeur toute votre vie, demandez une médaille... Ou un dictionnaire. "juste une, comme ça". J'ai pas l'air comme ça, mais j'écoute. La plupart des Dinos qui ont repris après 1 an d'arrêt sortent toujours cette phrase quasi indiscutable (c'est fait pour) : j'en ai pris une juste comme ça. Généralement, on fait semblant de le croire. J'ai même passé beaucoup de temps à gober ça... Avant de comprendre qu'y avait derrière ces malheureuses rechutes un truc pas bouclé, pas coupé... une frustration, un truc qui allait pas. En effet j'imagine mal qu'au bout d'1 an on refume "par accident". Allez-vous prendre une cigarette alors que vous venez de galérer pour arrêter ? Allez-vous la mettre dans votre bouche et aspirer jusqu'à étouffer ? Allez-vous, même bourrer, faire un truc que vous vous interdisez de faire depuis des mois en étant conscient de tous les problèmes qui vont suivre ? J'y crois pas, pas une seconde. Et c'est ce qui me permet d'affirmer que je ne fumerais plus jamais. Et de l'affirmer sans un doute, sans une crainte, sans un nuage... A condition d'avoir "réglé ses comptes", à condition d'être conscient de son choix, à condition d'assumer les difficultés et de garder la tête haute, à condition, enfin, d'essayer d'être honnête avec soi-même et les autres, il n'y a pas de raison de reprendre la cigarette. Encore moins "par accident". On peut se faire renverser par une bagnole. La clope, elle, a besoin de vous pour vous tuer. Je conclue... En vous souhaitant bonne chance. Aux nouveaux, aux débutants, aux défumeurs. Prenez ce qu'on vous dit, ne le prenez pas, souvenez-vous que la seule vérité, c'est la vôtre. Ni les statistiques, ni le pessimisme, ni l'entourage ne peut aller contre votre volonté d'arrêter. Vous avez raison de faire ce choix : il vous grandit, il vous honore, et par dessus tout il vous sauve la vie.
Posté le 13 juillet 2011, à 17:36
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Bon anniversaire...
Je sais. Tu me détestes, tu me hais, je suis ton cauchemard de jeune défumeur débutant, je suis l'exemple même de ce que tu ne penses jamais devenir, l'ancien fumeur content de l'être et qui n'a plus du tout envie de fumer. Confidence pour confidence, j'avais la même sympathie irritée pour mes prédécesseurs qui se tapaient l'audace d'aligner les mois là où j'empilais maladroitement les semaines. Il va sans dire que leurs conseils de vieux bonzes trop sages me passaient par dessus le cendrier, tant je me sentais loin de leur foutue sérénité à la con. Comment ça jaloux ? Mheu non... Il m'aurait suffit de mordre quelqu'un. Je vais quand même te dire : on est dans le même train. C'est juste que je suis sorti du tunnel et que tu y entres mais à tous les coups, sois-en sûr, tu auras ton tour. Et tu viendras parader, les jours de ton anniversaire, si par chance tu t'en souviens ou qu'un mail sympa vient te le rappeler. Que vais-je raconter sur les 2 ans et demi ? Qu'il y a 2 ans et demi, j'aurais tout donné ou presque pour être comme aujourd'hui. J'étais prêt à tout pour me libérer de cet enfer. L'idée même que c'était possible m'aurait suffit. Il y a 2 ans et demi, j'avais peur que ce soit ma 394ème tentatives suivie du non moins redoutable 394 ème échec. A la réflexion c'est un orgueil sans borne autant qu'une envie terrible de faire mes preuves qui m'ont - au final - soutenu dans ce combat. Ceux qui douteraient n'ont qu'à se taper la lecture de mon blog depuis le 1er jour, ils s'amuseront beaucoup à constater que j'étais largement plus accroc qu'eux... Pour cet anniv, "2 ans et d'mi", j'pourrais laisser un message à la clope, mais non, pas envie de lui faire cet honneur. Je la méprise. Elle n'est plus rien et je m'en contre-fous aujourd'hui comme de ma première paire de chaussettes (s'il y avait un forum dédié aux premières chaussettes j'y laisserais peut-être un message...). En conclusion donc, je vous dis bon courage : parce que vous allez peut-être encore en c... si vous débutez dans la défume. Je vous dis "confiance" car tant que vous le décidez RIEN ne peut vous faire refumer. Votre victoire est garantie. Enfin, souvenez-vous que la victoire est souvent, en terme de plaisir, proportionnelle à la difficulité qu'on a eu à l'atteindre. Vous êtes donc en train, si vous galérez, de vous fabriquer un joli piédestal, et vous aurez bien mérité votre jour de gloire. Il arrive... Il est tout près, si si...
Posté le 4 juillet 2011, à 16:25
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Car un jour ça se termine...
... Et tant pis si je radote, et tant mieux si vous le savez, et tant mieux si ça sert à quelque chose : je parlais tantôt avec d'anciens toxicos, "comme moi", qui galéraient encore malgré les mois. Il me semble leur avoir fait du bien avec mon expérience : je radote donc ici sa conclusion : OUI y a un moment où ça s'arrête, où l'envie s'en va, ou le réflexe part. NON on est pas condamné à y penser toujours, à rester un "ex fumeur en sursis". OUI on jouit de la vie, de la liberté, de l'esprit libre comme ceux qui n'ont jamais fumé. OUI on se rachète une conduite. NON on ne devient pas plus chiant qu'un mec qui n'a jamais fumé. OUI on revendique sa liberté. Après 1 an sans fumer, j'avais encore mal parfois. Après 2 ans, j'y pensais encore chaque jour : ET ALORS ? Aujourd'hui à près de 2 ans et demi, je n'y pense plus tous les jours, ni toutes les semaines. L'envie, l'addiction, le besoin en ont eu marre. Ecoeurez-les ! Montrez que vous êtes plus fort qu'eux : ils s'en iront. Ces saletés, je les ai vu lutter, s'accrocher, revenir, encore et encore. N'ayant jamais craqué, ni craqouillé, je n'ai présenté aucune prise à leur morsure. Et c'est là qu'ils montrent leur vrai visage : OUI, un jour ils s'en vont. Piteux, épuisés, de guerre lasse... Ils s'en vont hanter d'autres esprits, le jour où le vôtre leur refuse une place qu'ils pensaient assurée. Préparez-vous. Préparez votre victoire. Même si vous souffrez encore, assurez votre trône, briquez-le pour le grand jour, astiquez chaque minute le piedéstal de votre détermination, attendez votre jour qui arrive, plus près que vous ne le pensez. Un jour, un beau jour, vous serez là, assis sur vos "X" jours d'arrêts, sur vos "xxx" cigarettes non fumées. Un jour d'entre les jours, où vous vous sentirez comme tous les autres, où vous aurez fini de boire vos chagrins, un jour donc, l'ennemi s'en viendra déposer les armes à vos pieds. Souffrez alors de ne lui adresser aucune parole, aucun geste, aucun réconfort. Crachez lui à la gueule. Triomphez jusqu'au bout, comme il vous a fait souffrir jusqu'au bout. Et voyez le vaincu partir penaud vers d'autres victimes, tandis que vous tiendrez dans votre main mieux qu'un trophée : la liberté. Chaque jour - c'est vérité - vous rapproche de la libération. Et si l'ennemi parfois semble ne pas se laisser battre, croyez bien que chaque jour est une petite bataille remportée. Et que la victoire, tôt ou tard, viendra couronner vos efforts. Bon courage à tous : vous ne vous battez pas en vain !!!!!
Posté le 6 mai 2011, à 20:40
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Le 26ème mois.
Toute la journée du 4, je l'ai passée avec l'impression un peu pénible d'oublier un truc. C'est comme une vieille date d'anniversaire d'un vieil ami noté dans un vieux souvenir sur un vieux calepin, pas moyen de me souvenir qui, quoi, quand, où... Et la certitude qu'il y a pourtant "bien quelque chose de particulier aujourd'hui". Ca m'a tourné dans la tête toute la journée, j'ai interrogé quelques souvenirs, vérifié quelques évidences, relu quelques calendriers... Rien. Mais merde à la fin, y avait un rendez-vous ? Un dentiste ? Zappé : le 4, c'est mon anniversaire de défume. Je l'ai oublié, pour la première fois. Oublié : même pas l'idée de se dire "un mois de plus", c'est vers la fin de la journée que prévenu d'un mp, j'ai compris ce que je jour avait "d'important". J'ai aimé égrainer les jours, les semaines et les mois. Ca m'a bien aidé, ce grand compte à rebours qui ne semblait mener nulle part, dont rien n'indiquait le but, la finalité. J'ai savouré les semestres comme les années, petit encouragement au milieu de la bataille. Il me semblait que pour le moi, gravé dans le marbre de la douleur et du manque, cette date du 4 ne sortirait jamais de ma tête. Ben si. Je commence à oublier cet arrêt. La cigarette heu... Ca ne me concerne plus, je ne me vois pas fumer. J'aime bien être non fumeur. Notez que je ne dis pas "ex fumeur". Persiste et signe : non fumeur. Dans un passé lointain, bien sûr... Mais je ne suis plus celui là, comme on est plus l'enfant que nous étions. C'est peut-être anti-waldissnien ce que je raconte, mais le droit de changer existe, le droit d'évoluer, le droit de devenir quelqu'un d'autre. Oublié donc, l'anniversaire du jour où j'ai essayé de devenir quelqu'un d'autre. Qui sait la date exacte du jour où j'y suis arrivé...
Posté le 9 avril 2011, à 18:28
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avec le sourire !
... où je finis par me dire que l'essentiel est moins dans l'arrêt de la cigarette que dans la récupération du sourire, du souffle, de l'enthousiasme, de la joie de vivre qui me paraît être le but le plus plausible à toute tentative d'amélioration personnelle, dut-elle prendre la forme de l'arrêt du tabac. Pourquoi pas. Parce qu'enfin la clope, quoi la clope ? Le joint ? C'est un chagrin, c'est une tristesse, c'est une frustration. C'est sourire jaune, dans tous les sens du terme, c'est "l'à-quoi-bon-des-jours-de-pluie", c'est le côté obscure de notre force, c'est ce qu'on a de sombre en nous et qui met des larmes dans les yeux. C'est aussi la faiblesse, maudite faiblesse, et chaque minute où l'envie a le dessus sur nous. Que dit le craqueleur piteux ? Que nous explique le préparateur hésitant ? Il nous dit la honte, la peur, l'inquiétude. Il nous dit le goût de la défaite et l'appel au secours. Il nous met face à nos propres craintes, face à la possibilité d'un échec, qui fissurerait le marbre de nos égos triomphants ? L'absence de clope, c'est quoi ? Pas tellement une liberté, mais un sourire, un espoir, un drapeau blanc pour faire la paix avec soi-même. C'est un sourire retrouvé, l'impression d'être dans le vrai, c'est le respect de soi, des autres, le goût retrouvé, de goûter autre chose. Apprendre à ne plus fumer -quelquefois- m'a appris à fuir le chagrin. Le goudron qu'est la peine. La nicotine qui consiste à se croire utile. La fumée se fuit, car elle est sans force et pourtant mortelle. Le chagrin se fuit, quand il est inconsolable, venimeux, vénéneux, quand il prend cette forme pénible d'une mélasse de mal-être qui s'en vient couler au bord des mots de certains, morve écoeurante qui éteint le soleil. Egoïste ? Un peu. Vivant. Le sourire n'est pas un luxe. Le bonheur n'est pas un luxe. La joie de vivre n'est pas un luxe. C'est un devoir. J'estime (dans mes grands jours) qu'il est de notre devoir d'humain de sourire, même et surtout au pire moment du manque, de l'envie, du chagrin. Déjà écrit ça quelque part, l'écrirai encore, autant qu'il le faut : c'est en souriant qu'on bat l'ennemi (ça y est ça revient : je causais de Jean Moulin !). Bref, bonjour à ceux d'ici, à ceux d'ailleurs, bonjour à tous, sourire à chacun. Quand je lis le témoignage des ex-fumeurs, il y a cette constante, cette apparente vérité : l'arrêt de la clope, c'est réussir à s'extraire du malheur pour aller vers une vie meilleure. On comprend à cette lumière que ça ne "peut pas" être facile. On comprend surtout que ça en vaut la peine, qu'il n'est pas d'autre combat au fond que celui de se montrer à la hauteur de soi-même. Sourire, sourire, sourire donc, jusqu'à ce que cette joie apparente s'imprègne au plus profond de nous. Jusqu'à ce que ce pressentiment de bonheur devienne un jour un joli lever de soleil sur des pensées débarrassées de clopes. Garder tête haute, y croire, attendre avec le sourire que la vie nous paie de nos efforts. Facile à dire, après autant de temps, autant de cris, autant de colères. Voilà que je prêche le sourire là où je semais le vent, où j'attendais la tempête. C'est dire l'avantage qu'on trouve à cesser de fumer. On ne devient pas un autre, on redevient ce que l'on est. On ne chasse pas son naturel, au contraire : on est là pour le retrouver.
Posté le 5 mars 2011, à 16:29
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Un mois qui ne compte pas ?
Et donc, comme à chaque fois, boum : le compteur affiche un mois de plus. Un mois de mieux. Aujourd'hui c'est un peu différent, c'est un mois qui ne compte pas. Bien sûr ce mois c'est passé sans une cigarette, sans une bouffée. Bien sûr il faisait 31 jours tout rond, pourtant il n'est pas vraiment une pierre de plus à l'édifice de la muraille.
Je ne l'ai pas vu passer.
Alors que chaque jour de gagné me rendait euphorique, alors que chaque semaine était le moment de faire l'inventaire de mes tortures, alors que chaque mois se payait récemment encore au prix de mille colères et de mille privations, ce 25eme mois n'a pas même eu dans mon esprit le poids d'une seule minute. Ce n'est plus un mois de bataille, de victoire, de souffrance ou d'obsession. C'est un mois comme les autres, de ceux qui tardent à faire avancer le printemps, mais aussi de ceux qui ne peuvent retenir l'hiver.
Pourquoi je raconte ça ?
Petit mot gentil, hier, sur mon téléphone. Petit signe de tendresse ou d'amitié, menotte qui s'agite dans mon souvenir et dans mon coeur. On me souhaite un bon 25ème mois. Et je me dis que je pourrais les donner, ces jours de victoires en plus. Ce rab de "triomphe" dont j'ai trop goûté déjà. L'occasion de me souvenir aussi de la valeur de ces minutes, qui ne semblent aujourd'hui que de vieux souvenirs.
C'est bien ça l'idée : ça ne compte plus.
Ca ne veut pas dire qu'il ne faut pas compter. Le compteur c'est (peut-être) le meilleur ami du défumeur. Ca aide à trouver un repère dans le vide apparent et désespérant. Mais y a un moment, et le moment est doux, où vous oublierez le temps que ça fait. C'est plutôt bon signe : y a que les défumeurs et les femmes enceintes qui comptent les semaines. Après 2 ans d'arrêt, je ne compte plus vraiment, enfin si evidemment, les années. Mais un mois sans douleur, sans envie et sans obsession mérite-t-il de compter ?
J'dis ça mais c'est quand même agréable de voir que le site me dit bon anniversaire
Ca fait quand même bizarre d'être dans les "gigas" dinosaures. J'insiste auprès des nouveaux : je suis pas arrivé comme ça sur le site. Moi aussi je jubilais à ma 1ère semaine, moi aussi j'avais fermement l'intention de pas y arriver au bout de 4 mois. Et je regardais les "fossiles" avec cette incrédulité jalouse qui leur valait, tout autant que mon admiration, la certitude de mes sentiments les plus agacés.
Le compteur ne tourne, finalement, que pour mieux nous remettre à zéro. Sans la clope, c'est tellement plus agréable. Bonne défume à tous, jusqu'au jour où vous répondrez "ah oui c'est vrai, je fumais".
Posté le 5 février 2011, à 08:36
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Interview d'un joint...
Suite à quelques messages, il m'apparaît utile de demander au principal intéressé, le joint, ce qu'il pense de tout ça. Une interview exclusive d'un joint a donc été réalisé par notre envoyé spécial, en exclusivité pour Voichich :Voichich : Pétard, vous êtes l'idole des jeunes, notamment dans les milieux populaires, vous faites l'objet d'un véritable culte, vous êtes sur les t.shirt, on vous trouve en poster... Ca fait quoi d'être une vedette ? Pétard : Je suis très satisfait de la situation, ce qui me fait surtout marrer c'est qu'un tas de pauvres débiles me prennent pour un symbole de l'anti-consommation et de la liberté, alors que je suis un produit comme un autre. Un produit avec ses marques, ses réseaux de distribution, sa pub déguisée et ses mecs qui s'engraissent. Personne ne voit que mon marketing, c'est justement de ne pas faire de pub, pour avoir ce goût "d'interdit". J'aime bien être apprécié par les jeunes de plus en plus jeunes, evidemment. Car ça participe à ce que tout le monde croit que je suis "la drogue des jeunes" et que mes effets passent tout seul... Et ce n'est pas le cas ? T'es con ou quoi ? Quand je chope un client, je le garde ! Non mého ! Avoir un forfait shit, c'est pire qu'être client chez SFR. Tu crois que ça va être tranquille pi en fait ça n'arrête jamais... Plus de la moitié de ceux qui m'essayent restent accrocs, même s'ils sont prêts à jurer le contraire. Ils disent qu'ils arrêtent quand ils veulent, ça me fait marrer. La vérité c'est qu'à 40 ans, la plupart ne savent pas se passer d'un petit joint pour dormir ou se sentir bien. Ils se sentent un peu ridicules, puis finissent par se dire que ce n'est pas grave du tout... Ils sont très heureux d'avoir l'impression de "calmer le jeu". Mais comment les fumeurs de joints font-ils pour accepter d'être drogués en menant des vies "normales" ? Ha ben c'est pas dur ! Prenez un fumeur et regardez ses copains. Des fumeurs. Quand on fume des joints, on a l'impression que TOUT LE MONDE FUME. Normal, les potes fument, les frangins fument, même les vedettes de la télé qu'ils aiment fument... La boucle est bouclée, ça parait "normal". La vérité c'est que lorsqu'on arrête de fumer des joints, y a de gros changements dans l'entourage. Si on tient assez longtemps, on change de potes, et on découvre qu'y a des gens qui ne fument jamais. Et que ces gens là ont des copains qui n'ont jamais vu un joint. Curieusement ils font des trucs plus sympa comme activités, et leurs soirées se résument pas à rester collés dans un canapé en ayant l'impression de "faire la fête". Ca veut dire qu'il faut changer de copain pour arrêter le joint ? Chacun fait ce qu'il veut, mais fais un test rigolo. Tu vas dans une soirée de fumeurs de joints, pi tu fumes pas (je sais c'est dur). Vers 22 heures, tu vas te rendre compte que l'ambiance est en fait merdique. Les sujets de conversations tournent généralement autour de "elle est bonne celle là", "'j'ai touché à 5 euros le gramme", "tu te souviens du 10 feuilles", "t'as pas une dépanne ?". Les gens qui te semblent "cool" quand tu fumes vont te paraître d'un coup beaucoup moins cool. Amorphes, avec une conversation limitée. Tu vas te faire chier comme rarement... Tu vas également te rendre compte que quand tu leurs parle ça rentre par une oreille et ça sort de l'autre. Bref, tu vas bien te faire chier. En plus ils vont te détester. Ca les rassure que "tout le monde fume" et du coup ça les emmerde "que des gens fument pas". Et si on t'arrêtes ? Tu fais chier longtemps ? Nan, c'est bien le drame. Alors que la clope peut te faire chier des mois, en 2 ou 3 mois, tu es débarassé de moi. En fait quand tu réalises que je n'apporte que du chagrin, ca va très vite et t'as plus du tout envie de moi. C'est quoi cette histoire de chagrin que tu apportes ? J'aime pas trop en parler, parce que... C'est pas bon pour mon image. Mais en fait en tant que pétard, j'apporte le chagrin. Ma technique est simple : je fais foirer les études, je fais foirer les couples, je fais foirer les amitiés, je fais foirer les relations de famille... et je rends tout ces echecs supportables, acceptables. Dès que je fous mon odeur quelque part je pervertis tout. J'amène dans mes valises des problèmes de santé, des problèmes d'argent, des problèmes avec le boulot, les flics... Tout ça s'accumule, mais tant qu'on fume on le supporte. Par contre quand on arrête, tout ça revient et alors... Fiuuuuuuuuu. On constate qu'on a un boulot de merde, un couple branlant, des soucis qu'on a laissé pourrir et des potes scotchés à un canapé qui ne nous amusent plus vraiment... Quelle solution dans ce cas là ? Ben j'vais quand même pas donner des conseils aux gens pour arrêter le pétard hein !!!! En fait, faut des couilles. Enfin... Même pour les filles. Il faut se dire qu'on veut vivre, faut relever la tête, et arrêer d'être un drogué. Bref, faut être vivant. Vivre, pour de vrai, au lieu de regarder vivre les autres. C'est pour ça que je suis confiant... C'est pas donné à tout le monde. Et pour un fumeur de joint, avoir confiance en lui, c'est mission impossible. Normal,il est pas armé pour lutter. Il sait juste coller 2 feuilles et se convaincre que ça ira mieux un jour. Je suis là pour l'aider dans cette voie !
Posté le 14 janvier 2011, à 10:38
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La cigarette est un suicide à petit feu...
Sûr qu'il faut du courage pour en finir une fois pour toutes. La cigarette à l'avantage d'y aller à petit pas. On meurt un peu chaque jour, et on ne meurt pas. On se détruit par petits bouts, par petites pièces de rien du tout. On abandonne la vie au rythme où elle nous dégoûte : petit à petit, comme au compte-gouttes. Et donc, et voilà, et au fond, la démarche d'arrêter de fumer consiste à arrêter de se flinguer à petit feu. Parce qu'on a peur de la mort. Paraît que c'est humain. Alors on pousse pas jusqu'au bout, et on s'arrête en chemin. On s'est démoli plus qu'à moitié : on en garde pour demain. Parce qu'on aime la vie. Ca arrive aussi, un enfant qui né, une vie qui prend un meilleur tour. Quelques sourires qu'on veut garder longtemps, et pourquoi pas l'amour ? L'arrêt de la clope, un suicide inversé : s'offrir la vie chaque jour quand d'autres s'offrent un décès. L'arrêt de la clope, un suicide raté : on a changé d'avis, on veut tout effacer. Rien n'est plus joli, sans doute, que cette prise de conscience : "j'ai envie de vivre, j'ai envie que ça avance". Notez comme il est important que les résultats suivent : c'est au premier chagrin que la motivation s'esquive. Un coup dur un chagrin, voilà qui démotive. Les psy, les pros, les pas pros, disent au fond la même chose : aime la vie mon grand, elle te paraîtra rose. L'arrêt de la clope : preuve de savoir vivre. Pas simplement de politesse, mais un art d'exister. De tenir sa place, de vouloir la garder. Il y a une force positive, blanche, remplie de pureté. Qui nous encourage toujours à nous améliorer. Une force exempte de tâche, et qui fuit le goudron. Une force amie qui nous prête attention. Et nous dit "ne meurs pas, il faut oublier, tout peut...." "Mais". Mais jour de peine, jour de merde, ras le bol, et après ? Automne, personne, que du regret. 7 heures, qui sonnent, rien à manger. Colère, pas bien la colère. Amertume, pas bien l'amertume. Jalousie, pas bien... La jalousie. Cris, tristesse, tension, regrets. Tout qui cloche, tout qui pue, tout qui merde. Et l'envie de mourir redevient souverraine. Pas d'un coup, pas d'une fois, pas en une seconde. Petit à petit, à petits pas, au goût d'une blonde. Sûr qu'il faut du courage...
Posté le 30 septembre 2010, à 18:50
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sans se retourner...
Il a 11 ans, à peine. Il jure que jamais il ne touchera une clope. Il tousse quand il en respire une, il pleure quand elle lui vient aux yeux. Ses poumons sont tout roses comme ses yeux sont tout bleus. Il me dit que la drogue c'est nul, il ne comprend pas l'idée. Il se voit président, architecte, cosmonaute. Je lui raconte le tabac, la dépendance, les mégots qu'on retrouve. Je lui dis les chagrins, les déceptions, l'amour. Il se marre en pensant que je me fous de lui. Un adulte ne serait-il pas plus fort que toutes ces conneries ? J'entends son intolérance, il écoute mes regrets. Je le connais par coeur, il ne me comprendra jamais. Je connais son avenir, lui il est mon passé. Celui que je voulais devenir, celui que je ne serai jamais. Le non fumeur parfait, je l'étais à 11 ans. Je lui parle souvent, c'est aussi pour lui que j'arrête. Promesse qu'on s'est tous fait d'être mieux que les autres au gamin que nous étions. La défume n'est pas faire machine arrière, mais ramène à ce temps, où il n'y avait ni clopes, ni shit dedans. Je redeviens un peu le gamin idéaliste. Il y a dans mon abstention comme un retour en enfance. Un peu de vie en plus, ou au moins d'espérance. Et je rêve comme un môme, de grand air et de liberté. Je dois bien la victoire, à celui que j'étais. (petit mot dédicacé à l'inconnu samlinux pour ses 6 mois, bravo !)
Posté le 19 septembre 2010, à 12:33
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C'est plus facile pour les autres !
C'est toujours comme ça. Il y a sur terre une partie de la population, majoritaire, dont le seul but est de te péter le moral en mille morceaux quand tu as juste besoin de soutien. Voici mon inventaire perso de ces cauchemards ambulants, qui pullulent sur les sites anti-tabac et partout ailleurs. Celui qui a arrêté d'un coup et qui n'y pense jamais. Celui là, je le déteste. Ses phrases préférées c'est "bha finalement c'était pas si dur", ou encore "j'y pense vraiment jamais, mon seul regret et de pas avoir arrêté plus tôt". Mais comment y fait, sérieux ? Quand chez moi les mois semblent ne rien résoudre, quand au bout de 6 mois je me levais encore avec cette idée première "j'ai envie de fumer" ? Lui il est là, il parade, il va bien... Tellement bien... Et toi t'es si mal... WouinnnnnnnCelui qui n'a jamais craquouillé. Un must. Il s'attache particulièrement à ceux qui, malheureusement, n'ont pas cette chance et sont tombés plusieurs fois dans le piège de la "petite clope juste pour le goût". Cette clope "d'exception" a en fait seulement le goût de la défaite, et ce n'est pas un goût qui passe très vite. Du coup ses phrases préférées c'est "mais pourquoi t'as fait ça tu sais c'est nul tu replonges direct". Comme si on le savait pas... Celle qui perd du poids en fumant. Si si, elle existe, j'ai lu ses écrits. La nana te sort "ce qu'il y a de bien c'est que depuis mon arrêt j'ai perdu 3 kilos. De ton côté, t'en as pris 30, tes jeans tu rentres plus dedans et t'oses pas aller en acheter à la bonne taille, tellement t'as honte. Alors tu passes tes matins à retenir ta respiration pour rentrer dans tes futes, pi finalement ce sont eux qui te rentrent dedans. Elle, jolie, pimpante, rigolote et pleine de fraîcheur, comprend pas toujours pourquoi t'as envie de la mordre. Celui qui se met au sport. J'ai une tendresse particulière pour ce type de défumeur, qui se tape le luxe d'arrêter de fumer ET de se mettre au sport. Toi étrangement le seul truc de substitution que t'as trouvé, c'est machouiller des chewings gum jusqu'à en avoir mal à la mâchoire et accessoirement boire un peu trop de bière en mangeant des chips. Faire du sport ? Non mais sans rire, la vie est déjà presque plus supportable. Alors t'es là, tu grignottes tes kinder pinguy en lisant que le gars s'améliore chaque jour au marathon, normal, y fume plus et il à la pêche. C'est souvent le mec de la nana qui perd du poids en fumant. Y sont vendus par lot. Celui qui n'a eu besoin de rien. Statistiquement, il n'existe pas. Pourtant on est forcés de tomber dessus. Le mec qui a arrêté sans champix, sans patch, sans gomme, sans tute... Et bien sûr sans problème. Toi tu t'es ruiné en substituts et malgré ça ben t'en chies, mais aloooooors... Et tu te demandes ce qui cloche chez toi, quand de si beaux modèles te montrent que décidemment c'est pas si compliqué. Le souriant. Je parle ici du gars qui comprend tout le monde, qui connait tout le monde, qui reste souriant même au pire moment de la pire crise de manque. Toi tu veux tuer tout le monde, t'as déjà commencé, tu t'énerves sur tes momes, sur ton conjoint si t'en as un, sur ton entourage s'il t'en reste... Et tu dois en plus subir les sermonts du fameux souriant, qui t'explique que bon, allez, faut rester cool...Le guéri en 3 semaines. Je le hais particulièrement. Le guéri en 3 semaines c'est ce mec qui s'inscrit sur stop tabac, qui en chie 2 semaines, que tu sens de bonne humeur la 3ème et qui conclue par "bon j'suis content d'avoir arrêté de fumer bonne chance aux autres moi c'est réglé". Et tu te retrouves comme un con, avec ton compteur à je-sais-plus-combien-de-mois, tes 2993484 réponses à 498585 discussions, en train de te demander si t'as vraiment l'état d'esprit qui convient. Je ne serai pas le mec qui aura arrêté facilement, ni du premier coup, ni avec le sourire. Je ne serai pas le mec qui a arrêté sans rien, en 3 semaines, tout en perdant 5 kilos. Mais j'ai bien l'intention d'être le mec qui aura arrêté, tout court. Sans le courage du héros, sans la force d'un dieu, sans la noblesse d'un chevalier, je m'entête à devenir un exemple qu'on peut suivre voir, plus probablement encore, dépasser. Puisque le destin ne m'apporte aucun don susceptible de m'aider, puisque la fatalité m'a désigné comme addictophile jusqu'au trognon, je fais dans la douleur mon chemin jusqu'à la sortie de cet enfer. Et j'y arriverai, pas parce que je suis plus fort ou plus chanceux, mais parce que j'ai décidé que sur ce coup là rien, absolument rien, ne me fera renoncer à l'objectif. J'ai accepté de subir, j'ai accepté de souffrir, mais je n'accepterai jamais de douter. Bonne défume à tous, héros ou presque.
Posté le 15 septembre 2010, à 00:54
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10 bonheurs très cons d'ex fumeur
Il y a depuis ces 20 mois d'arrêt quelques joies simples qu'il me faut partager...
1. DIRE "NON J'AI PAS DE CLOPE"... Et que ce soit vrai. J'aime bien quand un fumeur, un d'jeune à casquette ou n'importe quel vrp stressé m'envoie un regard suppliant dans l'espoir que je lui passe une cigarette. Si ça tête me revient pas, j'ajoute "non désolé j'ai arrêté" avec ce petit air supérieur débile qui m'emmerdait tant... Du temps que j'étais de l'autre côté.
Aller au tabac pour chercher... Des timbres. Mon débitant de tabac favori, dont j'ai perdu un peu la sympathie ces 20 derniers mois, me revoit de temps en temps, mi surpris, mi inquiet. Je profère alors "un carnet de timbre, sans filtre". Il ne me fait plus sa blague à deux balles "j'te mets un lucky". Non, y me met plus un lucky... Et s'il insiste je lui explique où se le mettre pour un effet moins dangereux mais pas moins ridicule.
prendre le tgv et déballer ses affaires ! Avant dans le train, je sortais rien. Normal à chaque arrêt, fallait que je me précipite dehors tirer en vitesse quelques bouffés de tabac (loooool la honte quand j'y repense...). Là, rien du tout. Je sors l'ordi, le lecteur DVD, je m'installe, je profite ! Le train tombe en panne ? Je regarde les fumeurs devenir fous, j'adore. Sur le quai je les vois parfois s'aglutiner, tirant sur leur mégot, revenir puant, je me sens si malin...
Dire "non j'ai arrêté" quand on me demande juste du feu. j'avais prévenu que c'était des joies très connes. Pourtant j'aime bien me vanter, dire au mec qui galère "ouais nan moi j'galère pas". Et puis qui sait, on peut faire naitre des vocations... Du coup faut toujours que j'explique que j'ai arrêté aux mecs qui me demandent du feu. J'oublie rarement de ricaner quand il n'en trouve pas
Faire remarquer à un fumeur qu'il a l'haleine forte. C'est le dessert de mon moral, mon petit bonbon que je m'offre de temps en temps. Un fumeur me parle, je lui dis "houla prends un chewing gum, tu t'es mis au cigare pour avoir cette haleine de cendrier". Bien sûr parfois, on peut pas le dire. Alors je propose un chewing gum et me recule... Les mecs, ça leur fait rien. Les nanas, plus conscientes souvent, se sentent d'un coup bien mal à l'aise. Je les regarde rougir, s'enfoncer, s'éloigner, etre confuse... Jouisif
Mater mon compteur et me faire un cadeau. C'est super con, mais ça marche. Quand je viens sur le stop, j'ai un compteur d'enfer, du genre 20 mois d'arrêt, 18.000 clopes pas fumées, 4.500 euros d'économies. Enorme. Du coup, je me dis "tiens j'vais me faire un cadeau" et je me fais un de ces petits plaisirs, encore augmentés par cette idée que ce pognon, je l'ai piqué à Marlboro. Un délice.
Expliquer que j'ai acheté ma bagnole avec les sous des clopes. J'ai une voiture très, très spécial. Une petite décapotable qu'on dirait fabriquée à un seul exemplaire. Systématiquement on me demande ce que c'est et... Combien elle coûte. Quand un fumeur me pose la question, j'explique que je l'ai acheté après avoir arrêté de fumer (faux), et qu'elle représente environ 3 ans d'arrêt du tabac (vrai). J'aime par dessus tout voir dans l'oeil du fumeur s'allumer ce regret affreux, de devoir se dire "voilà le cadeau que j'ai fait au tabac, voilà ce que représente mon indécision à arrêter". Gniark, gniark, gniark. On devrait m'enfermer.
Aller sur le tchat porter la bonne parole. Ca a l'air bête aussi, mais ça m'avait aidé, au début, de voir des "anciens défumeurs" me rassurer sur la suite du programme. AUjourd'hui, c'est mon tour ! Mon tour d'être le vieux défumeur qui rigole, qui explique qu'il n'a plus envie, qui se sent tellement libre, tellement mieux. Je vois les nouveaux, je compatis à leur petit bobo de l'arrêt, en leur souhaitant du fond du coeur d'y arriver. Moi, trop cool, je demande de temps en temps "ça fait combien de temps". Espérant bien qu'ils me retourneront la question, pour le plaisir narcissico-débile de répondre "oh plus de 600 jours maintenant...".
Aller chez le docteur ! Alors ça j'aime bien. Avant j'avais droit à "houla ça siffffffflllllle" et j'imaginais plein de maladies forcément horribles. Maintenant non. Un jour, il oscultait mon fils et lui demande "est-ce que c'est vrai que papa fume plus". Mon fils répond "non, il fume plus jamais, plus du tout". Un moment comme ça, mec, ben j'te jure que t'es bêtement content, mais alors VRAIMENT content.
Blablater sur le blog. Bon ok, j'suis passé à autre chose, j'écris plus trop. Ceci dit un petit article de temps en temps, pour faire remonter les autres... Parait qu'ils sont appréciés par certains. Pi bon, c'est une mémoire à partager. Allez, vous aussi, amusez vous bien à être non fumeur. C'est le pied, tout bêtement.
Posté le 7 septembre 2010, à 18:29
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Quelques minutes brunes contre quelques milliers de blondes...
Du premier amour il me reste un prénom, l'odeur d'une chevelure, un baiser sur le front. Du premier salaire une guitare désaccordée, achetée pas très chère... jamais pu la jeter. De ma première clope, j'avais gardé plus qu'un souvenir. Vêtement brûlés, crises de manque dégoutée, contenance préservée... J'avais gardé le paquet, la cartouche, année après année. Le jaune sur les dents, goudrons dans les poumons, mon corps était le temple de cette adoration. L'entourage fidèle suivant les 30 messes offertes à ma reine d'alors, jour après jour, taf après taf. "De l'aube claire jusqu'à bien après la fin du jour". De mon arrêt, j'ai gardé... Quelques adresses mails, quelques souvenirs heureux, quelques heures interminables, quelques moments douteux. Pas grand chose au final : ca avait l'air tellement plus. Les semaines se résumèrent en heures, en minutes, en secondes. Quelques minutes brunes contre quelques milliers de blondes. Arrêter c'est souffrir un peu, pour s'en sortir beaucoup. Quelques moments durs, quelques douleurs... C'est tout. Avec le temps qui passe, on ne se souvient plus bien. Etait-ce le 10ème mois ? Le 15 ème ? Quand est-ce que je me sentais bien ? Ai-je failli craquer ? L'aurais-je fait seulement ? Toutes ces grandes questions qui m'ont pourrit la vie, à l'heure de leur présent. Qui sont devenues passées, et qui peut dire comment. Je suis revenu ce soir, d'un soir que je ne dormais pas. D'un soir de mi-noir, de mi-blanc. Soirée grise ni pire, ni meilleure... Et pourtant. L'idée m'est revenue, en même temps que le souvenir. Je suis libre à présent : et je dois le leur dire ! Libre de ces envies. Je m'en reviens de vacances, où j'ai dû y penser 1 une 2 fois. Y penser, même pas en avoir envie. Moi qui ne faisait pas 10 minutes sans qu'elles me pourrissent la vie. Ces envies de merde, lancinantes, assidues. Pendues à chaque horloge pour sonner ma douleur. Caché dans chaque verre pour noyer mon bonheur. Elles s'en vont tant, et si bien, que j'en oublie de venir ici. Relever le compteur, balancer un merci. Ce n'est pas mon anniversaire. 19 mois... 20 peut-être ? 24 bientôt, un de ces jours... J'arrête !!! Qu'importe le compte : je repars à zéro. Libre de cette saleté, celle qui voulait ma peau. Bonnes vacances à tous, bon retour à certains. Bon courage à tout le monde... Et sourire à chacun !
Posté le 16 août 2010, à 01:59
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J'ai tué un fumeur (ras le bol à la fin).
Le matin je les croise, en train d'enfumer leurs momes dans leur bagnole, vitre hypocrytement baissée... Comme si ça aérait. Arrivant au boulot, je les traverses pour aller boire un jus, grappe aglutinée aux devantures des cafés. Le midi, pas moyen de manger en terrasse sans subir leur nuage perpétuel. Après le repas, pas moyen d'éviter de ricaner à leur petit énervement quand ils cherchent leur briquet. Fin d'après midi, difficile d'éviter le gars qui vous dit "hé t'as pas une clop' kouzin ?" Et soirée, comment s'épargner leur présence, comment passer une soirée sans respirer cet infect nuage toxique. Des coups, j'ai envie de tuer un fumeur. Après tout il se flingue bien tout seul, pourquoi ne pas abréger le processus ? Pi merde c'est de la légitime défense : il me tue, lui, avec sa fumée. Pourquoi lui éviter le désagréement d'une baffe en pleine gueule ? J'avais trouvé un truc rigolo, à une époque. Je m'approchais de mon associé, pétait, et m'éloignait. Il m'interrogea un jour sur cette étrange pratique. Je lui ai répondu que moi il m'empestait à longueur de journée et que mes effluves avaient, au moins, le bon goût de ne pas être cancérigène. J'aime pas les fumeurs. Ils me font chier, ils m'empestent, ils m'humilient, car je me souviens que j'étais le pire de tous (même si j'ai jamais fumé à moins de 15 metres d'un mome et encore moins dans une maison ou une voiture en présence d'un enfant, mais où ont-ils appris à vivre bordel ?). Le seul fumeur que j'ai tué, au fond, c'est moi. Un de moins qui empeste les autres, un de moins qui pue de la gueule, un de moins qui enrichit tous les jours les lobby vendeurs de merde... En voilà un bon début !
Posté le 19 juillet 2010, à 23:40
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C'était tellement chouette !
Ca y'est : vous m'avez énervé. Ou c'est le manque ? En parcourant le site je tombe encore sur des nostalgiques de l'apéro-clope, de la pause-clope, de la clope-conviviale, etc, etc, etc. Bon dieu comme je vous aime bien, mais bon dieu comme il est désagréable de constater notre désespérante hypocrisie face à la clope. Avec le manque, la fatigue, la déprime, on en vient à évoquer ces moments comme des sommets de plaisirs, des trucs importants, forts dans notre vie...
Et que je me dis que l'apéro va être DUR sans clopes, limite sans intérêt.
Que le mariage, le baptême, la fête familiale va être pénible sans tabac...
Bref, que la vie est misère sans la clope qui en fait un enfer.
Allez, on se réveille. Là, devant la glace, honnêtement : c'était si génial que ça ? Y a-t-il eu ces petits couinements de plaisir en respirant la fumée ? Est-ce qu'on a déjà eu des orgasmes clopophiles ? Est-ce qu'on a déjà rit à en mourir parce qu'on avait fumé ? L'effet sur notre humeur était-il si charmant ? Si unique ? Si inimitable ?
Si tel était le cas, on aurait jamais voulu arrêter. On aurait même été bien cons de vouloir arrêter, tant le gain valait le prix à payer. Qu'importe de vivre longtemps si on peut vivre si parfaitement ?
J'assume donc ici le nécessaire devoir de mémoire histoire de remettre les pendules à l'heure... C'était l'enfer.
Parce que la clope au bec, c'était pas si génial que ça. On fumait en se disant "putain j'arriverai jamais à arrêter". Pi on se sentait con quand les momes venaient jouer trop près "reste pas là ça fume".
Pi pas moyen de manger sans en foutre dans le cendrier, sans s'emmerder avec les cendres à faire disparaitre. C'était nul, nul, nul de fumer. Bonjour aussi la honte s'il fallait sortir du resto, être dans cette grappe de pauvres couillons qui se les pèlent en hiver et cherchent désespéremment un sujet de conversation l'été. On se croirait dans un ascenseur, qui n'irait nulle part.
La nostalgie fait partie de la déprime, qui fait partie de l'introspection, qui fait partie de la démarche d'arrêt. On ne peut l'éviter. Mais bon sang, souvenons-nous BIEN de ce qu'était la clope. Une prison, un enfer qui nous diminuait, qui nous faisait nous sentir mal, c'est bien pour ça qu'on a arrêté !
Du plaisir y en avait pas. Surement même y en a jamais eu.
Ma conclusion, bête et méchante. Arrêter de fumer rend pas la vie merdique : elle l'était avant
Posté le 15 juin 2010, à 17:19
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ABC... la conso:-)
A : comme accroc. Etre accroc c'est se croire grand et se retrouver un soir à 4 pattes pour récupérer un bout de mégot. C'est accepter de se ruiner la santé et le porte-monnaie pour enrichir encore un peu plus quelques cadres sup' pétant de santé et trop contents de vous vendre si cher le poison qui vous tue. B : comme bouffe. La bouffe est l'amie du défumeur, elle comble ce manque débile qu'il est persuadé d'avoir là, tout en bas. Elle occupe sa bouche quand il ne tête plus sur son filtre goudronneux, elle lui cale l'estomac quand le stress tord trop fort le ventre. Elle le fait grossir un peu, elle lui fait plaisir beaucoup, elle l'aide à tenir, des coups. C : comme cigarette. 2 grammes de tabac, dans lesquels la science la plus pointue, soutenue par des capitaux énormes, à réussi à caser des centaines de substances cancérigènes et plein de petits trucs pour vous rendre complétement dépendant du truc pendant quelques mois après l'arrêt. D comme dépendance. La dépendance est une chance : elle est l'attachement qui se nourrit d'amour, elle est marque de confiance et d'abandon de soi... Elle est aussi, parfois, une relation pourrie avec un produit de merde, une drogue. Dans ce cas pourtant elle reste chance, car vaincre sa dépendance, c'est s'élever au-dessus de ce qu'on pensait être. C'est valoir plus que ce qu'on pensait valoir. C'est gagner sa liberté et sa dignité en se mettant à son propre service l'espace de quelques semaines. La dépendance à la clope est une saloperie. C'est aussi l'occasion d'être un héros, et pas n'importe lequel. Celui qui vous sauvera la vie.E comme envie. Rigolote sensation que l'assiduité rend pénible. Jubilation du désir à qui la frustration donne son vrai visage. C'est si bon, au fond, d'avoir envie. De vouloir quelque chose. L'avantage avec le tabac, c'est que l'envie, quand elle n'est pas soulagée, montre son vrai visage. Cette envie est besoin, cette envie est dépendance, cette envie est maladie et addiction. Ce n'est pas une envie, c'est une crise de manque avec de beaux habits. F comme fumée. Celle des autres, celle qu'on a imposé aux autres. Celle dont on découvre le parfum des mois après l'arrêt. Celle qu'on est génés d'avoir craché à tant de visages, sous tant de narines innocentes. Celle qui empeste les rues et forme devant les restaurants le nuage navrant de nos anciens échecs. Celle formé par ces économies qu'on a pas faites, ces rêves qu'on a pas réalisé, ces chemins qu'on a pas osé suivre. G comme gérer. Les fabricants de tabac aiment bien laisser courir les statistiques qui vous expliquent que, bon an mal an, vous n'avez pas de grandes chances de vous en sortir. Ca met le moral, ça pose les jalons, ça fait partir perdant. Ne les écoutez pas : on s'est tous fait avoir. L'inquiètude se gère et se domine, la preuve. Que signifie au fond 20% de chances de vous en sortir ? Ben ça veut dire qu'au bout de 5 essais, mathématiquement, vous êtes à 100% de chances de vous en tirer. Vous avez bien lu : 100%. C'est mathématique. Chaque echec est une lecon, une victoire différée. Il m'a fallu 4 essais pour m'en tirer, je m'en sentais incapable mais, toujours statistiquement, j'avais 80 % de chances d'y arriver. CQFD. Foutez-leur dans la gueule, ces statistiques. Et souvenez-vous : 5 essais = 100%. Ca va mieux le moral ? H comme haschich Ici je veux juste dire que j'ai été un consommateur excessif de drogue. 10 joints par jour. Je veux dire surtout à ceux qui sont encore là dedans que l'arrêt n'a pas été très dur : après 2 mois, ça m'était complétement sorti de la tête. Jamais ma vie n'a été plus jolie que depuis cet arrêt : c'est une nouvelle naissance. La difficulté est d'apprendre à gérer ses angoisses, son stress, les soucis qu'on a tous. Mais une fois qu'on sait le faire sans joint, on le fait bien, et on se sent mieux. J'encourage tous les fumeurs de joints à se faire ce cadeau : on a qu'une vie... Ne la passez pas dans un nuage de fumée à vous croire malin : vous passez à côté de tout en pensant être au dessus de tout. Je regrette de ne pas avoir de mots assez éloquents pour dire tout ce que vous gagnerez à arrêter ce truc débile pour ado attardé. I comme information. On aime ou on aime pas Allen Caar. On aime ou on aime pas les photos trash. On aime ou on aime pas les médecins. N'empêche que connaître son ennemi est la meilleure façon de le battre. Le sous-estimer ou ignorer sa stratégie est la meilleure façon de se faire battre par lui. Soyez malin, plus malin que lui, et informez-vous, surtout dans les moments durs : ça détourne l'attention et renforce la motivation.J comme joint : voir "hashich", j'en ai déjà assez dit, assez parlé, j'ai déjà perdu assez de temps avec l'herbe, le shit, la médiocrité, l'ennui, la grisaille, la lâcheté, la platitude, la fuite, le mal-être. K comme... J'en sais rien.L comme Lumière. C'est pas tout de suite. C'est pas tout le temps. C'est pas toujours bien net. C'est un peu comme ces étoiles filantes que seuls les autres voient et qu'on cherche en vain le nez dans les étoiles. N'empêche qu'il y a un moment dans la défume où on "sait" qu'on va y arriver. Pour ma part c'est arrivé bien avant la liberté, j'étais au plus mal, empétré dans ce manque qui me tenait au bide. Il me semblait ne jamais pouvoir m'en sortir tant les mois passant laissait intact ce malaise épouvantable du manque de clope. Et puis j'ai compris que j'allais gagner, j'ai décidé que j'allais gagner. Il n'y avait plus d'autre issu, d'autre choix. Que cette décision énorme, irrévocable et indiscutable : arrêter de fumer, je vais le faire. Ce choix, comme une évidence, m'a porté au pire moment. A force de le répéter, j'en ai fait une certitude... Le temps s'est chargé d'en faire une vérité. M comme mourir. Parce qu'ok on va tous mourir, si tu veux, et donc pourquoi pas de la clope... Si tu veux. Voici le refrain connu des jours de chagrin où au fond on irait bien s'acheter un paquet "bien mérité". Tu parles. Mourir, oui, mais pas comme ça. Pas de faiblesse, pas d'inconscience, pas de bêtise. Devant le centre anti-cancer de là où j'habite et où j'ai passé du temps, j'ai croisé plein de mecs en chimio, la clope au bec. Dans les ennuis jusqu'au cou, dans le chagrin et l'inquiètude, encore en train de tirer sur cette merde qui les tuait si visiblement. Mourir ok, mais les armes à la main en me battant jusqu'au bout. Je partirais pas sans combattre, et pour faire la guerre à la mort, c'est maintenant... Ou jamais. N comme nicotine. Parait que c'est ce qui rend accroc. Parait que les patchs aident à s'en priver. Statistiquement c'est indiscutable. Je pense néanmoins qu'il n'y a pas "que" ça, et que le seuvrage à la nicotine est un aspect du problème. C'est ma petite expérience non scientifique de la chose. Il faut donc se battre sur ce tableau là "aussi". Ceci dit c'est sur ce tableau que l'arsenal médicamenteux est le plus fourni... Pourquoi s'en priver ?O comme celle du robinet. P comme pétard. C'est une idée fixe ou quoi ? Q comme... R comme résilience. En voilà un joli mot. Résilience, c'est la capacité à encaisser des trucs chiants sans broncher. Dans l'arrêt du tabac, c'est vâchement utile. Bien plus que le courage, bien plus que la volonté, la résilience est la qualité qu'il est possible de développer et qui peut vous sauver de la clope. La résilience est cette capacité à serrer les dents suffisamment longtemps pour que ça passe. Le premier mois, vous résilier comme des bêtes, le 2ème mois aussi, le 3ème ça va déjà mieux... Ensuite vous savez tellement bien serrer les dents, les fesses ou n'importe quoi d'autre, que vous avez plus l'impression de les serrer. La résistance se muscle aussi. C'est dur au début... Puis de mieux en mieux après ! Le tout c'est de s'y mettre.S comme substitut. J'en pense rien.T comme T (et c'est très bien comme ça).U comme un anti vol. v comme volonté. La volonté c'est pas souffrir en disant qu'on a pas mal. C'est faire le choix d'arrêter, s'assurer que c'est un bon choix, et s'y tenir. Une fois la décision prise, vous l'avez, cette fameuse volonté indispensable à l'arrêt. Ce n'est pas la guerre, ce n'est pas un combat à mort, ce n'est pas une torture. C'est le choix librement consenti de s'en sortir, à son rythme, de se respecter suffisamment pour arrêter de fumer. La volonté ce n'est pas violent, c'est une acceptation d'un choix, c'est poser un acte, c'est se dire que vous allez devenir non fumeur et vous le répéter aux jours de doute. Rien de plus.w comme heu... x comme un carré blanc. y comme Youpi (je me comprends). Z comme... A vous de voir !
Posté le 2 juin 2010, à 10:55
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Pour ceux qui doutent un peu ou beaucoup...
Alliez-vous récupérer des mégots à déplier dans les cendriers les soirs de pannes ? Fumiez-vous 2 cigarettes à la suite avant d'aller vous coucher de peur d'être réveillé par le manque ? Allumiez-vous une cigarette 3 minutes après votre réveil en estimant que vous aviez "tenu 3 minutes" ? Avez-vous déjà proposé 50 euros contre un paquet de clopes dans une soirée ? Fumiez-vous 10 joints par jour "rien que pour vous sentir normal". Si vous avez répondu "oui", bienvenue au club, on sort du même enfer. Si je remue ces souvenirs si peu glorieux c'est juste pour que vous me croyiez quand je vous dis qu'ayant été le plus accroc des fumeurs, je suis aujourd'hui, peut-être, le plus libre des ex-fumeurs. Ca ne me manque pas. Je n'y pense pas en permanence. Je n'en ai jamais envie. Jamais. Je n'ai aucunement l'impression d'être privé d'un plaisir. L'idée que ça puisse être agréable de fumer m'est à présent complétement incongru. C'est comme si vous me disiez que s'enfoncer un concombre dans l'oreille est source de plaisir : je pourrais le croire, mais essayer, jamais. Si j'ai besoin de vous l'écrire, ce n'est pas pour m'en convaincre, mais pour vous soutenir, vous tous qui arrêtez, spécialement les "nouveaux" que je ne connais pas (me fais rare sur le site...). Vous qui avez ce courage énorme, cette volonté précieuse de vouloir vous débarrasser de cette merde (c'est de la merde). Partager cette expérience pour que vous conserviez votre espoir même si "ça ne s'en va pas vite". Personnellement j'ai eu envie de fumer longtemps après l'arrêt. Le pire ce fut les 6 premiers mois evidemment. Au bout d'un an j'y pensais encore tous les jours, et c'était difficile souvent. Il me semblait que jamais ça ne me sortirait de la tête. Que jamais je n'aurais la paix avec cette envie. Que toujours je serai poursuivi par cette addiction venimeuse et grotesque. Que "les autres" pouvaient arrêter de fumer mais que j'étais, pour ma part, accroc jusqu'à l'os et totalement irrécupérable. La vérité c'est qu'on est tous pareils, que la nature est la même pour tous. Elle nous a donné cette faiblesse de l'addiction, et à chacun sa route pour en sortir. Mais la nature a fait une farce à la drogue : le temps lui retire tout pouvoir. Bien sûr il faut des mois. Parfois sans doute des années. Mais aucune addiction, aucune envie ne survit éternellement au produit qui la génère. A condition de ne pas craquouiller, votre envie de fumer n'a, au fond, aucune chance de s'en tirer. Aucune. Partant de ce principe, dans les moments difficiles, souvenez vous que vous avez toujours une chance de vous en sortir. En résistant suffisamment longtemps, en ne "craquouillant" pas, en étant patient. Il faut au fond plus de patience que de volonté. La cigarette, dans ces conditions, n'a aucune chance de s'en sortir. Votre manque n'a aucune chance de s'en sortir. Chaque journée où vous ne fumez pas, il s'éloigne un peu. Chaque grosse envie sur laquelle vous avez le dessus est un coup de pelle qui creuse sa tombe. Bon courage, patience et bonne humeur. La liberté c'est tout droit : en avant !
Posté le 25 mai 2010, à 11:04
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500 jours
Ben m... alors... 500 jours. Je le découvre ce soir après une longue absence d'ici. 500 jours plus comptés mais qui comptent evidemment. Ca fait plaisir qu'on me les souhaite pour le coup ! Ben m... alors. Voulez-vous savoir : ça fait beaucoup et pas beaucoup. Depuis quelques semaines, je vais mieux. Explication : l'envie s'en va. Les 12, 13, 14 premiers mois, je ne restais pas 3 heures sans penser à la cigarette. C'est parti petit à petit... Aujourd'hui j'y pense encore une dizaine de secondes par jour. Je n'ai pas dit "j'en ai envie". Juste "j'y pense". La différence est énorme, et on confond trop souvent penser à la cigarette et en avoir envie. 500 jours, c'est pire qu'un an. Le sujet à présent m'inspire moins, sauf qu'avec un petit effort de mémoire je confirme que j'aurais tout donné pour pouvoir dire, un jour, "ça fait 500 jours que je ne fume plus". Mon compteur indique en outre 3700 euros d'économie. Ces chiffres deviennent un peu trop gros pour vraiment refléter une réalité. Si j'ajoute le budget joint, l'économie dépasse largement les 6.000 euros. Enorme. Ca me revient maintenant : je tirais sans arrêt du liquide. Aujourd'hui un billet de 20 euros peut faire 15 jours dans le fond de ma poche... voilà. Tout bêtement. Tout simplement : 500 jours sans clopes. "Ben merde". Oserais-je dire qu'au fond, ce n'était pas si dur ?
Posté le 19 mai 2010, à 21:23
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Ne plus baisser les yeux.
Du coup je marchais vers ce 17ème mois qui sentait un peu le "1 an et demi sans fumer", tournant 7 fois ma langue dans la bouche en ruminant un discours bien ronflant pour commémorer ce jour énorme et banal, cette victoire immense et anecdotique. Et comme de juste je repassais le film du combat, cherchant à quel moment j'avais gagné, par quel miracle cette fois-ci j'avais eu le dessus contre cette double addiction qui me tuait petit à petit. Ce n'est pas affaire de force, de courage, de patience ou de chance. Il me semble avoir vaincu en ne baissant pas les yeux. Dans la cour de l'école, timide et réservé, on me comptait dans le lot navrant de ceux qui fuient la lutte ou s'admettent battus d'avance. Plus tard j'ai persévéré dans cette lacheté commune en me réfugiant dans le joint bien plus souvent que dans l'audace. Et puis la vie, et puis l'envie... Bref, cette fois-ci j'ai gardé la tête haute. Cette fois-ci j'ai regardé l'ennemi dans les yeux jusqu'à ce qu'il comprenne qui était le plus fort. Entendons-nous : ça vous glace le sang. Je pense avoir tremblé de toutes mes forces, mon estomac percé par l'ulcère, le souffle coupé, la peur terrible de craquer, de craquouiller. Et aux pires moments je n'ai pas voulu refaire les vieilles erreurs. Craquouiller aurait été baisser les yeux. Et baisser les yeux, je le sais maintenant, c'est perdre. Oh bien sûr on peut se reprendre, se rattraper, reprendre le face à face pénible, mais ça transperce le coeur de voir dans les yeux de l'ennemie cette quasi-victoire que constitue toujours une faiblesse même d'un instant. A la prochaine envie pénible, aux prochaines heures noires, souvenez-vous si vous le pouvez de cette image du face à face, de la clope qui ne demande qu'à vous voir courber la tête. C'est alors qu'il s'agit de la garder bien haute. Même si ça demande plus de courage que vous en avez, même si au fond vous vous sentez faible, gardez ça pour vous, ne lui montrez surtout pas. Elle finira bien par baisser ses yeux, elle. Ca sera long, mais ne lui laissez aucun autre choix. Il ne peut y en avoir d'autre. J'ajoute, dans la série des "feedback", ces réconciliations de cours de récré. Votre ennemi qui vous sourit et vous tend la main. La clope peut parfois vous proposer ce genre de paix. Une soirée, des amis, une cigarette tendue comme un calumet de la paix : c'est un piège. Vous allez vous en prendre une. Car la clope tape bas, sous la ceinture, dans le dos. Elle tape dès que vous baissez les yeux, dès que vous regardez ailleurs. Pas de paix. Pas de négociation. Pas de cadeaux. On ne négocie pas avec la drogue : on la vire. On ne fait pas de compromis avec l'addiction : on la supprime. A d'autres les états d'âme. A nous la victoire, eh oui : quel qu'en soit le prix. Ne jamais, jamais, jamais baisser les yeux. 17 mois : je ne suis pas vraiment en guerre. Chaque jour sans clope a été une brique, qui fait aujourd'hui un mur épais entre les envies et cette p... de l'autre côté. Je sais qu'elle est là. Elle sait que je suis là... Mais on reste chacun de notre côté. Je m'amènage mon petit lopin comme si de rien n'était. Le voisinage m'embête de moins en moins. Et les jours s'empilent pour mettre toujours un peu plus de distance. Bonne construction pour votre mur à vous ! Ce n'est pas le mur d'une prison, les limites d'une privation, d'un renoncement. Restera à y laisser un beau graffiti, du genre "ici commence ma liberté". Dominique. 485 jours. 3641 euros économisés. 14565 clopes non fumées. ... C'est un début.
Posté le 4 mai 2010, à 12:09
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15 mois, réponse à Tarmine !
La vie coulait douce et tranquille comme une après midi irakienne jusqu'à ce que je découvre dans le fil que me consacre Guy pour mes "déjà" 15 mois ce petit mot de Tarmine, lancé du haut de ses 1 ou 2 mois de défume : "15 mois je me dis ehh bien tu as du chemin à faire!!! comment tu vas tenir??? et le combat il continue à etre dur???? et en meme temps je sais qu'il faut le vivre au jour le jour ,des jours mieux et des jours plus dur" J'y réponds ici, parce que ce message s'adresse à Tarmine mais qu'en plus il se veut une explication de ce que tout nouveau défumeur peut attendre, dans les mois qui viennent, même s'il y a autant de défumeurs que de personnalité. Tenir 15 mois. Je vous rassure, c'est impossible. Enfin si l'envie était aussi forte qu'aux premiers mois, il est évident que personne au monde ne pourrait arrêter de fumer. Ca fait bien longtemps que j'aurais repris, sans doute même n'aurais-je pas essayé. Ce premier point prouve que l'envie part progressivement. Même si vous êtes le pire des fumeurs, l'abstinence fait passer cette envie. Je fumais depuis plus de 15 ans plus d'un paquet par jour et une dizaine de joints. C'est dire si je connais le sens du mot "accroc". Je ne le suis plus. Bon sans vouloir être décevant, je précise tout de même que ça part pas vite. Disons que le bronzage du mois d'Août résiste bien moins au temps qui passe qu'une addiction à la nicotine. Mais ça passe quand même, voilà l'important. Donc, "tenir" 15 mois, ça n'existe pas. Pour mon petit cas perso, je dirais que j'ai "tenu" 8 mois, que j'ai réfléchis 3 mois, que j'ai déprimé 3 mois, que j'ai milité 1 mois... Bref il y a des étapes, plus ou moins longues, plus ou moins agréables... La destination, c'est la liberté. Au bout de combien de temps ? En voilà une bonne question !Au bout de combien de temps la liberté ? Cette question je me la suis posée en long, en large, en travers. En couleurs et en noir et blanc. De jours de pluie en soleil brillant. On m'a dit 6 mois, au bout de 6 mois j'étais pas si certain. Statistiquement on dit 1 an, mouais, mais bon la bougie est-elle une clope qu'on s'interdit ? J'ai entendu 15 mois. 18... Certains disent même "jamais" mais ce sont des grincheux. Alors j'ai fini par trouver "ma" réponse, qui peut valoir pour vous. La liberté, c'est tout de suite. Parce qu'à la seconde où vous arrêtez de fumer, vous êtes libre de ça. Vous n'êtes pas libéré de l'addiction. Vous n'êtes pas libéré de l'envie. Vous n'êtes pas libéré de la tentation. Mais vous êtes libéré de la clope, et ce n'est plus elle votre ennemie. C'est le manque, c'est l'obsession, c'est le chagrin... Mais la clope, vous l'avez eu. Reste ce qu'il y avait derrière, il faut sans doute un peu de méthode, beauuuuucooooouuup de patience, de la volonté sans doute aussi, à certains moments... Mais rien de plus. Il n'y a là au fond rien de surhumain. Si vous n'avez pas fumé ce matin, si vous n'avez pas fumé hier, vous êtes libre. Vous pouvez en douter : dites à un fumeur que vous n'avez rien fumé depuis 48 heures. Une fois sur 2 il vous répondra qu'il en serait incapable... et le combat il continue à etre dur???? Tout combat est pénible, même le plus anodin. Même casser un lacet le matin des jours de petit moral peut être insupportable. Mais dur... Je ne crois pas que le combat le soit encore. Le temps qui passe, les soucis, le chagrin peut être dur. L'envie, le doute, la tentation peuvent encore parfois montrer le bout de leur nez... Mais dur, au bout de 15 mois, non. Je dirais pas ça. Et pour cause : au bout d'un mois, c'était vraiment dur. La première semaine, c'est tellement dur que tu te demandes si tu finiras la semaine sans fumer. Au bout de 15 mois, même si on trouve que c'est toujours assez difficile, ben on sait aussi parfaitement qu'on fumera pas cette semaine. Ni la semaine prochaine. Ni celle d'après. Au bout de 2 mois je me disais "encore 15 jours et ça fera 2,5 mois ça devrait aller mieux". On a tous fait ça. Au bout de 15 mois, je me dis "tiens dans 3 mois ça fera 1,5 ans ca devrait aller mieux". J'ai 0% de doute sur le fait que, pour les 3 mois à venir, je ne vais pas fumer. Rien, à aucun moment, à aucun prix. Bon alors en conclusion? Si on m'avait dit que je fêterais mes 15 mois sur le stop, je n'y aurais pas cru. Parce que je me voyais pas "tenir" si longtemps. Et parce que j'étais persuadé qu'au bout de 15 mois, si j'avais pas refumé, ce combat serait loin, très loin dans ma mémoire. Pi ce poste prouve que la vie c'est jamais comme on la croit. Ici je ne "guéris" pas de la clope, je soigne mon arrêt. Arrêter est un traumatisme, un choc, un bouleversement. En parler, le partager, rencontrer des gens qui vivent la même chose m'est nécessaire, et on doit être quelques uns dans ce cas là. C'est ce qui explique ma présence au bout de 15 mois, qu'elle ne fasse pas peur aux nouveaux : non, l'envie ne tient pas tout ce temps là. Simplement j'ai arrêté, je prends le temps de partager cette expérience, et de me nourrir de l'expérience des autres. Pour bien faire le tour de la question, à fond, jusqu'au fond de l'esprit. Pour me nettoyer chaque neurone, pour m'éclairer de chaque sourire, pour me guérir définitivement de ce poison qui était vissé jusqu'au plus profond de ma tête. Le tabac, cette merde sinistre qui me pourrissait la vie, que me tuait, à petit feu, de petits nuages de fumées en petits nuages de fumées. La conclusion, c'est que si c'était à refaire, j'aurais peur. Mais surtout je serai admiratif de ceux qui, depuis 2 jours, 10 jours, 2 mois... Se sont lancés dans l'aventure. Le plus dur, c'est le jour où on arrête. Ensuite, ça passe. Patience, courage, et sourire. Bonne défume à tous et tous mes complimentsà Tarmine pour SA défume !
Posté le 6 avril 2010, à 09:50
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Ma méthode imparable pour plus fumer.
Ce mois-ci les contributions sociales m'ont rectifié de plusieurs milliers d'euros que j'avais pas, j'ai eu des mots avec de bons amis et connu le top du top de la prise de tête conjuguale. Je me suis également offert les plus vives inquiétudes à propos de la descendance et de son nouveau traitement pénible à base de piquouse quotidienne à vie. Bref, la vie fut encore ce concentré de douceur et de paix que j'aime en elle et qui fait de chacune de mes journées un hymne à la tranquillité et à la "zen attitude". Ce serait autant d'excuses pour m'envoyer un pétard monstrueux, si je n'avais pas bénéficié d'une technique imparable pour arrêter la clope. Certains se glorifient de telle ou telle méthode, d'autres, encore plus forts, se passent de toute méthode pour arrêter. J'ai la mienne, au point, qui est de très loin la plus simple. Moyennant quoi elle est aussi la plus nulle dans la mesure où elle n'empêche ni l'envie, ni le manque... Ma méthode en béton : ne pas fumer. Mais alors rien, pas une bouffée, pas une latte, pas même avec le nez. Rien, jamais. Au moins c'est facile à retenir. Bien entendu la méthode a ses inconvénients : ça peut être long. Voir très long. Pi quand l'envie revient rien ne l'empêche de prendre ses aises. Heureusement ma technique intègre une autre idée forte : "tous les moyens sont bons". Concrétement ça veut dire que je ne me refuse rien pour arrêter. Si je suis au boulot et que je ressens l'impérieuse envie d'aller marcher, je vais marcher. Si en réunion je suis pris d'un stress qui donne envie de fumer, je me barre de la réunion. Besoin d'1 heure de sport ? Je fais 1 heure de sport. Besoin d'un rhum bien tapé ? Je me tape un rhum. Tout, tout, tout est bon, sauf prendre la clope. Franchement, je ne sais pas si je conseillerai ma méthode à quelqu'un. Voilà que j'ai pris 25 kilos, un ulcère me bouffe l'estomac, mon moral est franchement douteux, ma forme est tout sauf olympique, l'ambiance au boulot s'est dégradée... Mais je ne fume pas. Je fume plus. Et je sais, ça c'est la récompense, que je ne fumerais plus jamais. C'est à peu près le seul avantage de ma méthode. Le seul, au fond, qu'on lui demande d'avoir. La morale de l'histoire pourrait être "faut savoir ce qu'on veut". J'ajouterai qu'il faut aussi savoir se l'offrir, même si ça coûte cher ! Je ne regrette rien. Et y a des jours où ça va mieux.... Bonne chance à tous, quelle que soit votre méthode à vous !
Posté le 29 mars 2010, à 16:25
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Divorcer d'avec soi-même...
ö ce n'était pas le grand amour, un joli vieux couple comme il y en a tant, comme il y en aura toujours. J'aimais ses rires faciles, sa joie de vivre et son insouciance. Il écoutait parfois distrait mes prudences et mes conseils, mes leçons de morale et les insinuations que je lui sifflais l'air de rien à l'oreille. C'est que j'avais le mauvais rôle, celui du pas drôle, celui du pas gai, celui qui parle de faire quand il suffisait pour lui d'exister. Il y a eu des orages, comme dit la jolie chanson. Ses soirées enfumées dans le brouillard de blagues trop souvent racontées, ses matins tristounets à l'aube de chagrins insomniaques, tout lassait jour après jour, de plus en plus, sans que ce ne soit jamais beaucoup, sans que ce ne soit jamais assez. c'était l'odeur d'un vêtement, le souffle d'une haleine. C'était la honte d'un évitement, la colère d'une vie vaine. C'était l'argent par les fenêtres, la santé qui partait en crachant, l'entourage empesté, la liberté et son drapeau blanc. Je l'ai foutu dehors, il m'a manqué. J'ai veillé bien des soirs appelant son souvenir. Je nous voyais courant dessus tous nos soupirs. Je me disais "je l'aime encore", et je me ravisais. N'était-il pas bien mort ? Où était-il passé ? Je l'ai vu embrasser d'autres coeurs, je l'ai vu courir à d'autres amitiés. J'ai laissé avec lui plus d'un ami s'en aller. Je l'appelais, il ne venait pas. Je le voyais venir, je reculais de trois pas. J'en aurais écrit des poèmes, j'en aurais presque dit je t'aime. "Non ne reste pas". "Viens, puisque tu es à moi". Et plus il s'éloignait, plus je goûtais son humour. Moins je me souvenais de ce que cachait le velours. J'ai regretté souvent de l'avoir fait partir. J'aurais regretté -plus encore- de le faire revenir. A tous j'ai dit qu'il était loin, qu'il était froid, qu'il était au diable. Quand il était si près de moi, parfois à la même table. A tous j'ai dit n'y plus penser jamais. M'en souvenir à peine. N'avoir pour lui au fond ni amour ni haine. Et je me suis marmonné les prières des vieux amants, "oublier vite, oublier bien, et définitivement". Il m'est revenu souvent, aux soirs de solitude. Et rien n'a remplacé nos anciennes habitudes. Il hante encore parfois mes rêves, mes cauchemards. Il est de tous mes combats, de tous mes desespoirs. Il est cette part de moi qu'a mordu le passé. Je le vois s'en venir, je le vois s'en aller. Bientôt lointain souvenir, encore vive plaie qui saigne. Je n'ai pas encore fait le deuil de mes chaînes. Le fumeur que j'étais, j'y pense encore souvent. Et je l'ai fait partir, juste parce qu'il était temps. Sans remords ni tristesse, presque sans doutes, enfin : ... pas assez pour lui dire "tout est fini, reviens".
Posté le 23 mars 2010, à 15:24
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Souris, t'as mal.
Alors bien sûr les jours se suivent, parfois difficiles, empreints de cette nostalgie venimeuse à l'odeur de goudron. Bien sûr les factures tombent, les années passent, la maladie ronge et le jour se lève en gardant chaque matin sa part de nuit. Souvent je n'en peux plus d'attendre sans savoir ce que j'attends, de respirer à moitié, de sentir ce "je ne sais quoi" dont je connais parfaitement la cause, le remède et la nullité. Puisqu'il ne vient pas ce bonheur complet, puisqu'il s'échappe au loin cet état parfait, puisqu'elle n'existe qu'en rêve cette vie rêvée, je vais la chercher. Pire, mieux : me l'inventer. Et accrocher aujourd'hui un sourire parfait à la face d'un monde trop dur pour moi. Je souris à l'envie, au manque, au stress. J'affiche le plein de dents quasi blanches à la morsure de la tentation, de l'idée fixe. Je souris d'un sourire d'homme libre et qui ne se fera pas dicter sa déprime. Je souris pour me remonter le moral et détruire le moral de l'ennemi. Je souris parce qu'il n'y a plus de mots mais qu'il reste une bouche. D'accord ça changera rien, peut-être ça change tout. Dans tous les cas ça me semble un peu plus digne que le morne ressentiment d'un esprit qui se cogne à tous les murs qui l'enferment. Je ne souris pas pour me convaincre d'un quelconque progrès, je souris parce que ça on ne peut pas me le prendre. Tiens j'ai une petite pensée pour Jean Moulin (entre donc ici...). Alors qu'il était torturé, il a demandé un papier et un crayon. Tout le monde était bien content des aveux qu'on s'attendait à lire sur la feuille. Sur le papier il a juste dessiné une caricature de son bourreau. Bon ça lui a pas forcément rendu service sur le coup... Mais de toute façon c'était foutu. Il a pas parlé. Je ne parlerai pas non plus, ne baisserai ni les yeux ni les bras. Et mes chances sont tout de même nettement plus nombreuses, ma douleur autrement plus supportable. Je vais attendre, j'attends en souriant que ça passe. Et si ça ne doit jamais passer je sourierai ainsi éternellement, puisqu'il le faut. Un autre espoir m'anime, un nouveau but, un autre bout du tunnel. Encore 6 mois, 1 an... Je sais bien que ça va de mieux en mieux, malgré la pénible période que je viens de subir pour des raisons qui m'échappent encore. Finalement, on est jamais aussi près du but. Le mien est là, pas forcément tout près, mais rien ne m'arrête et chaque jour est un pas de plus dans sa direction. Il est bien evident qu'il ne faut pas craquouiller. Il est bien evident que je ne craquouillerai pas. Et sur ce point je me félicite d'avoir fait sur ce blog la morale à tout le monde et surtout à moi, je suis heureux d'avoir trouvé dans les grands jours des mots dont je me sers aux jours un peu plus gris. Jours 439. Tout est calme. Tout va bien. le printemps revient. Je vous adresse ce petit sourire et vous souhaite une excellente journée.
Posté le 19 mars 2010, à 11:02
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La lâcheté d'une envie
De face elle n'y pouvait plus rien, dans mes grandes heures elle ne se montrait plus. Mais elle a choisi un moment de chagrin, un moment de petite forme, un moment d'énervement pour faire son retour. L'envie. Une envie vicieuse, visqueuse, lancinante. De celle que je vais trainer 2, 3 jours. De celles qui me font dire "après tout", de cet asticot venimeux qui cache à peine l'hameçon où je me suis arraché les lèvres déjà tant de fois. Je serre les dents une fois de plus, il me semble essayer de vider l'océan, c'est une semaine sans gloire ni panache, avec son lot de stress et de ras-le-bol, la toute mauvaise semaine pour faire face à cette envie qui remonte d'on ne sait où. La personne avec qui j'habite a repris la cigarette, ne se cache plus, je tombe sur des paquets. Je tombe, mais ne trébuche pas. Je n'en prends pas. Même en cachette, surtout pas en cachette. J'ai envie de fumer. Une clope, un joint, n'importe quoi. Une envie de premier jour, de dernier jour. Comme une pulsion suicidaire inspirée par une fatigue épouvantable. J'ai cette idée qui sonne à la porte de ma conscience, cette chanson énervante de l'addiction qui me sort son petit refrain, qui profite d'un genoux à terre pour essayer de m'enfoncer un peu plus. Non. Non, je ne vais pas prendre une bouffée, je ne vais pas baisser les bras. Puisque je me suis promis d'aller jusqu'au bout eh bien : j'y vais ! Et la tête haute encore. Je regrette d'avoir fumé autant, aussi longtemps, de m'être mis dans ce pétrin addictif. Je suis furieux d'être encore dans cet état là et rassure les nouveaux défumeurs au passage : non en principe on ne souffre pas autant après tant de temps. Dites-moi que non... Je ne supporte plus la clope des autres : il me semble que si je vivais sur une ile déserte, sans respirer ces clopes étrangères, je serais débarrassé depuis longtemps de ces envies. Une soirée "enfumée" et c'est le manque, le lendemain, qui repointe son nez. Un autre espoir m'apparaît, au fond de ce gouffre douloureux. Chaque fois que j'ai été mal et que j'ai tenu bon, j'en suis sorti grandi, soulagé, libéré un peu plus. Je veux voir dans cette attaque violente le bouquet final, la grande bataille de la fin, où le héros ne meurt pas... Et où la paix revient. Le stop à cette heure prend toute son importance. Un exemple je suis, un exemple je veux être. Regardez comment je vais m'en tirer... Et gagnons ensemble !
Posté le 12 mars 2010, à 15:47
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Repartir à zéro ?
410ème jour. Un truc comme ça. L'envie est partie pour l'essentiel mais comme dit Guy il ne faut pas encore se relâcher. 2, 3 fois par jour, j'y pense. Sans stress, sans besoin... Mais j'y pense. Alors d'accord, je ne me suis pas noyé dans des océans d'envies. J'ai navigué dans des tempêtes de manque épouvantables, à quoi me sert de lorgner à présent la flaque ridicule qui reste de ces grandes étendues de chagrin ? Ce n'est plus qu'une flaque, et je dois la faire disparaître. Au bazzoka, à la grenade, de toutes mes forces, de toute mon expérience, de tout mon amour aussi... Sans la sous-estimer. C'est, à mon avis, le bon moment pour arrêter. Maintenant que je suis non fumeur, maintenant que le manque ne m'impose plus son impérieuse dictature, maintenant que l'esprit clair enfin, se laisse mobiliser tout entier par ce but. Il est temps de reprendre la chose à zéro. Que la guerre ne soit pas l'odieux souvenir de cette interminable année, mais une marche triomphante, une bataille facilement gagnée, sans une larme versée. Bien sûr je pourrais m'arrêter là, puisque au fond 13 ou 14 mois sans fumer, que demander de mieux ? La certitude que je ne fumerais plus est là, que demander de plus ? Je veux plus, je veux tout. Il y a quelques articles je comparais l'arrêt à un match de boxe. A présent que la cloche a sonnée, à présent que l'adversaire est k.o, je sens, ressens le besoin d'aller le finir, jusque dans les vestiaires. Sans règle ni principe, aux poings. Le finir même s'il est comme mort. M'acharner sur lui comme il s'est acharné sur moi. En appeler à nouveau à toute ma volonté quitte à en faire trop, de peur sans doute de n'en avoir pas fait assez. Pourquoi je vous confie ça ? C'est parce que je vous sais à 3 jours, 3 semaines, 3 mois. Au pire du pire. Au mieux du mieux. A ce moment où - mais vous l'ignorez peut-être - vous êtes au meilleur moment pour arrêter. Le manque qui taraude ? L'envie qui ne passe pas ? C'est bien du haut de ces 3 jours, 3 semaines ou 3 mois, que vous avez le plus de chances d'en venir à bout. Quelles que soient les apparences. Un stoppeur me disait sa peur, l'autre jour, de me voir révéler ainsi les luttes qui encombraient encore mon esprit après plus d'un an. Il doit pourtant être rassuré : mon malaise n'a rien à voir avec celui d'une personne en cours de sevrage. Je suis un non fumeur heureux de l'être. J'ai fumé beaucoup, j'ai fumé de tout, j'ai brûlé au pétard pendant plusieurs années de la motivation, de la combativité, du courage, et ça se reconstruit doucement. Si je hante encore ce forum, c'est pour porter témoignage, car ça me parait important. C'est aussi pour aller "au bout du bout" de cette démarche. Il n'est pas question de garder une épée de Damoclès quelque part dans ce joli ciel bleu où je ne crache plus de nuages. Une jolie chanson d'un chanteur toulousain parlait d'aller "réveiller le bonheur dans ses draps". De mon côté, moins joli, je veux réveiller l'envie dans son coma, en finir, profiter de sa fatigue comme elle a voulu profiter de la mienne. C'est pas bien d'être rancunier, je sais bien, mais je la veux, et je l'aurais. Je garde néanmoins mon compteur où il est, étant tout fier de n'avoir pas craquouillé, d'aligner tant de jours, tant d'économies, tant de milliers de clopes non fumées. Mais la vraie fierté est encore à venir. Le combat continue. Et à l'aube de cette dernière bataille, je veux y aller la fleur au fusil. Et gagner, tout à l'heure, et pour toujours. Je vous embrasse tous, bon courage à chacun.
Posté le 17 février 2010, à 11:18
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J'étouffais, j'ai tout fait, j'ai tout jeté.
Ca sifflait dans le noir, au fond du grand lit. C'était sûrement un rhume, c'était encore la vie. La clope, comme toutes les clopes, était devenu un paquet. Le paquet un paquet et demi. Le rire devenait un pleurs, et le jour devenait la nuit. J'ai goûté le pétard, fausse bonne idée. Détente immédiate, mais chagrin qu'on remet. Et le gramme est devenu 10 grammes, et le petit joint du week-end est devenu le petit déjeuner. Et la petite boîte à herbe un dépotoir à cartons déchirés. Le matin. Le matin je m'en voulais, je résistais, me donnait bonne conscience, hésitait, remettait, me disais "pas encore", et 2 minutes après j'étais dehors sur la terrasse, en train de m'étouffer. Allumage, fumée qui descend, jus ocre qui colle au poumon. Odeur de cendres froides des pieds jusqu'au front. Teuf, teuf, encore ce rhume, je tousse. Il fait pas chaud pour la saison... La clope d'avant le café, la clope d'après le café, la clope d'avant de partir, la clope de quand on est parti, la clope de quand on arrive, de quand on est arrivé, de quand on se gare, de quand on est garé... Midi. Restaurant. Ces cons ont interdits la clope, manger vite, sortir. C'était bon à la fin, comment ne pas s'en souvenir ? La clope en arrivant, la clope en commandant, la clope parce qu'on a commandé. La clope en attendant. La clope de quand c'est terminé. Et une autre, encore une autre, avec 2 cafés. L'après midi, je ne me souviens plus. 4 ou 5ème pétard, à la fin je savais plus. Travailler un peu, un peu moins que le minimum. Trop défoncé pour m'en rendre compte, que j'étais à côté de la plaque. Tout allait bien, "no stress", tu m'étonnes... Et la terre tournait comme tourne les hommes. Le soir épuisement, 10ème pétard roulé, 1 paquet et demi, pas de rire, ni de projets. Du chagrin, de la fuite, des routes vers des murs. La vie qui gâte rien, et pas d'autres armures. Somnifère du joint, 2 clopes "pour la route". Peur de se réveiller, sans doute. Etrangement, je me souviens de tout. Et du chagrin, et de l'angoisse, et de la dépendance, par dessus tout. De l'arrêt, je ne me souviens presque de rien. La lenteur sans doute, et parfois le besoin. Quelques moments difficiles, quand il a fallut dire non. Quand, même si c'était dur, il fallait tenir bon. Même pas une erraflure, à peine une difficulté. Bien sûr rien n'était sûr, sauf qu'il fallait y arriver. Je revois de longs jours, d'interminables semaines, mais comme dans un brouillard, j'ai oublié sans peine. Tout ça pour dire : le plus grand chagrin n'est pas d'arrêter. Le plus grand chagrin est de fumer. Arrêter, ce n'est pas "immédiatement" être mieux, mais c'est être sur la bonne voie. La clope n'est un plaisir qu'au début : ensuite c'est du chagrin, que du chagrin. Je suis au fond heureux de ne pas avoir oublié ça. Quand à l'année d'arrêt, qui ne fut pas sans doute mon année la plus facile, ben... Je la trouve rétrospectivement jolie. Elle fut terrible "sur le coup" et sans recul, mais à présent qu'elle me semble jolie. C'est l'année où j'ai relevé la tête d'un drôle de bourbier. Un conseil aux débutants ? Souvenez-vous pourquoi vous arrêtez, souvenez-vous du fumeur que vous étiez... .... et vous y arriverez !
Posté le 2 février 2010, à 10:43
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Les statistiques, elle, et moi.
Les statistiques, Frankoise et moi. Drôle de cocktail, venimeux, amère, écoeurant. Il y a quelques mois (8, 9 ?) on en parlait. Du fait qu'au bout d'un an il en manquerait à l'appel. Il en manquerait à la pelle. Forcément l'addiction est une garce qui attend son heure et qui a une patience qu'on a pas toujours. Au début du mois, j'ai soufflé ma première bougie. C'était pas évident car je n'ai plus de briquet dans les poches. A la fin du mois, Frankoise a soufflé sa première bougie. C'était pas évident non plus à mon avis. Nous voici donc elle et moi sur ce beau paquet de statistiques, que notre cul contemple. Sur ces je-sais-pas-combien-de-milliers-de-clopes-pas-fumées, que notre cul contemple. Sur ces zéro craqouillages, ces beuglements indécents de douleurs et de manques laissés ici, ainsi soit-il. Je suis très fière de Frankoise. Son combat était le mien. Je voulais lui montrer que les statistiques on s'asseyait dessus. Elle voulait me montrer, je crois, la même chose. Aujourd'hui, le cul sur nos "chacun 1 an", sur ces montages gravies, je l'embrasse fort et lui dit bravo. Souvent mes mots furent forts, parfois ils furent violents, aujourd'hui les voilà simplement vrais, pour dire à cette "grande bonne femme" toute mon amitié et tous mes compliments. Pour les autres, je le répète, je ne viens d'ailleurs que pour cela, soutenir comme j'ai été soutenu : oui, y a un moment l'envie vous quitte. Oui, un jour vous serez libre. Non, c'est pas vrai qu'on reste "esclave à vie". Bientôt "13 mois", mais je ne compte plus trop à présent. La guerre est terminée je pense, la victoire, elle, parait sans fin. Bonne défume à tous, et à bientôt sur vos sommets à vous !
Posté le 1 février 2010, à 11:51
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La peur d'arrêter.
La nicotine a ses défauts, on dit même qu'elle rend dépendant.
L'habitude a ses forces, qui sont longues à perdre.
Les copains sont pas toujours sympa, le moment jamais le bon...
Pourtant la pire ennemie de ma défume, ça a toujours été la peur. C'est honteux, mais le fait est là.
Peur du "plus jamais une clope".
N'est-ce pas ridicule ? Comme je me moquerais d'un mec qui aurait peur, après un vaccin, de ne plus jamais avoir un rhume ! Imagine-t-on regretter de perdre d'un seul coup l'essentiel de ses chances de mourir jeune ? Je vois que l'idée du "plus jamais" panique plein de monde, mais pourquoi ??? Je ne sucerai plus jamais une tétine, et ça ne m'inquiète guère. Je ne serai plus jamais dans le fond d'une classe de 3ème à regarder tomber la neige par la fenêtre... Et en gros ça me fait plaisir. Alors c'est quoi cette peur du "plus jamais" ? C'est d'autant plus ridicule que je sais parfaitement qu'au contraire, le jour où j'aurais "envie" de fumer, y aura un demi million de tabacs ouverts qui m'accueilleront à bras ouverts pour me vendre leur drogue (y peuvent attendre). Objectivement, je mangerai plus jamais de Raider. Ni de Picorette. Là ok, j'ai le droit de paniquer, c'est "perdu pour toujours". Mais avoir peur de "plus jamais fumer" c'est au fond, tout au fond, un non-sens absolu. Surtout pour quelqu'un qui a envie de ne plus jamais fumer.
Peur du "manque".
"la peur n'exclut pas le danger". Au moment d'arrêter, j'étais terrosisé par le manque. Comme beaucoup sur le stop, j'avais dans l'idée de multiplier les patchs, de sucer des gommes en même temps tout en sniffant du champix avec des aiguilles dans les oreilles en lisant Allen Caar. Et je n'aurais pas parié "tenir" 3 heures dans cet état. Pourtant j'avais déjà arrêté, je savais bien que ça ne se passait pas comme ça mais, chaque fois que j'y pensais, ça me donnait envie de fumer encore plus. Je sentais cette envie permanente de fumer. J'étais mal à l'idée que mon paquet soit vide. Il y avait toujours 5 briquets dans mes poches. A partir du jeudi je faisais la "course à la boulette" pour être certain d'éviter un week-end sans joint, quitte à aller en hollande. Et fébrile, enchainant les paquets sans jamais trouver la sérénité, tremblant en voyant la dernière clope du paquet disparaitre... Je ne voyais même pas qu'en manque... Ben je l'étais déjà. Et jusqu'au trognon.
Le manque est entretenu par chaque cigarette. Aggravé, même. Son principal ennemi est le substitut et l'abstinence. Une clope tous les mois suffit à le maintenir en vie. Par contre, il peut être le plus fort du monde, il ne peut résister plus d'un an à une abstinence totale. Impossible.
Peur des autres.
Il me semblait que j'avais pas de bons copains et en lisant le stop j'ai compris que c'était la même chose pour tout le monde. L'entourage, fumeur, prend mal l'arrêt. Ca le met devant des choses qu'il ne veut pas voir. La nécessité d'arrêter, la peur de l'échec, la peur de l'inconnu. Encore cette peur, toujours, toujours.
Mon entourage a été odieux : on m'a tendu des clopes, on m'a proposé des pétards, j'ai entendu 1000 fois les "allez ça va te détendre", ou les "juste une vas-y arrête ton délire tu vas pas arrêter". Et ce fut bien du chagrin en vérité, que de constater que ceux que je tenais pour mes amis supportaient à peine l'idée que je puisse changer, surtout en mieux. Avec les semaines et les mois, ils ont changé. Ceux qui me proposaient à haute voix des clopes en riant fort de mon malaise, ceux qui parlaient les plus forts, sont venus 1 par 1 me demander des conseils, me dire qu'ils étaient impressionnés, et surtout désireux d'arrêter aussi. "si toi t'as pu moi je peux".
Derrière chaque fumeur, même le plus convaincu, y a un gars qui veut arrêter. La preuve ? Lequel conseillerait à son enfant de fumer ? Même le plus convaincu et le plus militant des fumeurs préférerait que ses enfants ne fument jamais.
Peur de l'inconnu.
"La vie sans clope", voilà qui inquiète. Car tout le monde imagine fort bien le sevrage et ses "affres", mais personne, au fond, n'envisage dès le départ "une vie de non fumeur". Ou alors avec inquiétude en la voyant plus triste, moins intense, moins rigolote. Un comble ! Et donc même si on sait très bien que fumer c'est nul, on continue. Comme on continue d'habiter ici alors que l'herbe a l'air plus verte là bas. Comme on continue un métier qui ne nous plait pas alors qu'on se sent doué pour un autre. Un peu de lâcheté, une inquiétude légitime, l'envie surtout que "rien ne change" qui s'étale parfois à trop de choses. Tout laisser "tel que c'est", avec des cendriers dans le décor et le rituel de ses clopes, parce que sinon par quoi remplacer ça ?". C'est rassurant au fond, bien sûr. Humain surtout.
Le fait est : la vie est mieux sans cigarette, et on ne peut même pas faire l'inventaire de ce qu'elle a de meilleur.
Je vois le fumeur dans un bourbier pas possible, qui y reste parce que le lisier tient chaud, sans constater que dehors, c'est l'été, le vrai.
Tout ça pour dire : la peur a fait reculer bien souvent le jour de l'arrêt. Elle empêche encore la plupart de mes copains fumeurs de passer le cap. Elle ennuie même ceux qui ont arrêté en les empéchant de savourer la liberté retrouvée, par peur de la rechute.
Regarder sa peur en face est un bon moyen, pourtant, de lui rendre la place qu'elle mérite : une aspérité dans votre chemin de vie, qui sans vous ne peut pas devenir un obstacle.
Bonne défume à tous, sans peur et sans reproche
Posté le 6 janvier 2010, à 09:39
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1 an dans sa gu...
La petite bougie brille et j'ai tout le souffle qu'il faut pour elle : ça fait 1 an que je ne fume plus. Tout pile 1 an. Même si je suis un peu plus en paix - les démons ne sont jamais loin - la colère contre la clope et le joint est intacte et ce gros bloc de 365 jours, cette victoire grosse comme un calendrier, je l'envoie aujourd'hui à travers la tronche de cette saleté de clope de m... que je méprise infiniment. Mais le mieux au delà de l'autosatisfaction est peut-être de partager cette experience. Peut-être faut-il que j'explique pourquoi cette tentative a été la bonne, si seulement il y avait une formule magique... Il me semble que j'étais prêt à galérer. Prêt à me battre. Prêt à tout endurer pour me libérer de cette prison de fumée toxique. Quel que soit le temps, quel qu'en soit le prix, j'étais prêt, inébranlable. La liberté se prend plus souvent qu'elle ne se donne : elle se mérite plus souvent qu'elle ne s'hérite. Hors de question de mettre un genoux à terre, de m'accorder une taff, de me laisser aller une minute : je suis allé jusqu'à l'ulcère, me suis fâché avec tout le monde, me suis retrouvé seul, énervant, énervé... Mais sans jamais perdre de vue l'objectif. Aujourd'hui je sais que j'ai eu raison de faire ainsi, et ma vie est meilleure. Mes amis ont changé : ils ne se droguent plus. Mes fringues sentent bon. J'ai réalisé bien des rêves et beaucoup n'attendent que ça... Aussi à chaque envie, je ne me disais pas que ce serait bon une clope. Je me disais "comme tu es drogué, regarde la souffrance du manque, il était vraiment temps que tu t'en libères". Ca a été, sans doute, la meilleure chose à faire durant les moments difficiles. Et chaque manque a renforcé ma volonté. Et chaque envie a souligné la nécessité de l'arrêt. Il a fallu plus de patience que de courage au fond, et si c'était à refaire je garderai en tête cette philosophie : "peu importe le prix, ce que tu veux, prends le". Et moi je voulais la liberté, cachée au fond de mon coeur enfumé, prisonnière de menottes en goudron, étouffée par le shit et l'herbe. J'ai creusé au fond de moi, et je l'en ai sortie. C'est de cela dont je suis fier, pas tant de l'arrêt, plutot de cette décision d'être libre, d'être digne de la vie. Voilà une décision autrement plus jolie, autrement plus noble et autrement plus saine que le pauvre combat gagné d'avance contre une cigarette qui n'est, vous le savez bien, pas digne de vous. Bonne journée à tous ! Dominique date d'arrêt : 04/01/2009 365 jours sans clope. 2740 Euros d'économies. 10963 cigarettes non fumées.
Posté le 4 janvier 2010, à 10:21
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Dernier round
Il y a quelques siècles (environ 3 mois), je comparais ici l'arrêt de la clope à un match de boxe, chaque mois était un round. Je décrivais la fougue et la violence du premier, la fatigue du 4ème, le second souffle, les coups donnés, les coups reçus...
Nous voici au 12 ème round, d'un combat qui certe n'en finira jamais de finir, mais tout de même : dans moins de 10 jours, la cloque de la 1ère année sonne.
J'entends déjà le public imaginaire qui se lève, s'énerve, ne doute plus du résultat. Et le temps semble s'allonger, les secondes qui durent des heures, les coups inutiles de l'adversaire qui insiste. L'adversaire : cette envie de clope qui semblait invincible il y a 12 mois. Qui était dans tous les cas plus forte que moi. Que j'ai eu à l'usure, à la rage, aux sentiments, à l'usure, l'usure, l'usure. Que j'ai fini par découdre de mes tripes.
Bientôt la fin du 12 ème round et donc, si je ne compte plus les coups, c'est qu'il n'ont plus grande importance. Garder la garde, attendre encore, frapper toujours, éviter les mauvais coups, tenir encore quelques minutes : je ne doute plus du résultat. En ai-je jamais douté ?
Frankoise est ici une correspondante avec laquelle j'entretiens, la plupart du temps, un dialogue muet, du fait d'un accord quasi tacite qui nous lie. "Je sais qu'elle sait", et lui prépare le terrain, elle me voit, de son côté, toucher à ce but incroyable, maginifique, à portée de liberté. Bonheur. 1 an putain !!!
Bon, du fait de cette petite expérience, un bilan : le craquouillage, j'aurais pas pu. Croisé récemment un mec qui en fumait 1 par moisé : ca me parait impossible. Ne pas "craquouiller", c'est vraiment se battre. Elle est là, la difficulté. L'autre jour sur le tchat, quelqu'un m'a dit "je fête mes 4 mois", avec la clope à la main. Il est là le drame de la défume : dans ce mensonge que nous nous imposons à nous même. Fêter 4 mois en fumant une clope... Et ne pas voir le problème. Puissions nous éviter ça !
Sinon quoi ? j'écris un peu décousu, ça fait longtemps que je ne viens plus. J'attends le 4 janvier. Une pensée pour l'egnimatique carvalo qui avait, dès le 350 ème jour, fait un compte à rebours.
Perso j'en suis pas là, même si cette "année" sonne divinement bien, comme une victoire. Et puisque ce blog n'est (plus) qu'un journal intime, voici en conclusion l'idée qui m'est venue ce matin :
je ressens un vide, mais ce n'est pas du vide : c'est mon esprit à nouveau propre.
Je ressens un stress mais ce n'est pas du manque : c'est la vraie vie qui me propose de belles aventures.
Je ressens une colère mais ce n'est pas de la frustration : c'est l'énergie en moi qui a perdu l'habitude de s'exprimer et sort comme elle peut.
Bientôt 12 mois. Pour rien au monde, je ne "reviendrais" à 15 jours. Sauf que l'arrêt est réellement une très jolie aventure avec ses joies bien cachées, qui se révèlent parfois bien longtemps après.
Bonne défume à tous.
Et joyeuses fêtes sans ces merdes.
ps : pensée spéciale aux grincheux, vous savez ceux qui pensent que vous allez reprendre, ceux qui vous ont emmerdé toute l'année en vous proposant des clopes "pour que vous arrêtiez de faire la gueule". Le 1 janvier, z'allez voir combien vont tenter de vous suivre... Et là vous allez vous régaler
Posté le 22 décembre 2009, à 09:37
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A celui qui se jette à l'eau...
Quels mots dire à quelqu'un qui vient d'arrêter, je n'en sais rien. Ce n'est pas facile d'apprendre à nager à quelqu'un qui vient de se jeter à l'eau et qui a l'impression de se noyer. On est là sur le bord, ça semble facile, pas si terrible en tout cas... Et l'autre n'entend pas, perdu dans sa peur, dans son inquiétude, dans cette eau qu'il sent froide et inquiétante. A se débattre avec ses démons. A s'aggriper à ses bouées. Ami qui lit ces lignes, je voudrais bien t'expliquer à quel point tu vas être bientôt heureux, à condition de croire en toi. Car il ne s'agit pas simplement de regagner le bord, il s'agit d'apprendre à nager. Il s'agit de supprimer cette peur de la flotte, toi qui vient de te jeter à l'eau. Plus tard tu verras ceux qui demandent au bout de combien de temps on sait sortir du grand bain. Tu ne sauras comment expliquer que la natation est un plaisir. Aujourd'hui ça fait 11 mois que je me suis jeté à l'eau. Ca devenait si dur, même à terre je me noyais. Perdu sur l'île déserte du pétard et de la clope. Un désert de convivialité, un désert de santé, un désert de bonheur. Et pour gagner d'autres rives, pas d'autre choix que d'avancer, de se mettre les emmerdements jusqu'au cou, de s'y noyer peut-être. Parvenu sur l'autre rive, enfin, je cris ce constat à ceux qui, encore enfermés, en doutent encore : t'as pied. Ca n'a rien d'évident, faut evidemment se lancer, avoir confiance en toi comme sans doute on ne t'as pas appris à avoir confiance en toi, mais tu as pied. Sûr. Certain. Se jeter à l'eau, ce n'est pas la meilleure façon d'apprendre à nager. C'est la seule. Aux heures de doute, souviens toi que tu es en plein apprentissage, et sois fier de chaque mouvement qui te maintient la tête hors de l'eau ! Le plus dur est de toute façon fait. Bonne défume, et à bientôt sur la bonne rive... Que ça a été long pour arriver jusqu'ici. Une montée épouvantable, interminable, une pente abrupte sur laquelle le moindre faux pas te renvoie en bas à la première occasion, et dans un état lamentable. Depuis quelques semaines pourtant, ca ne monte plus. C'est plat. Par moment même, ça descend, et on se surprend à avoir fait bien du chemin, à se sentir léger, à se sentir avancer vers son but, la joie au coeur, le sourire aux lèvres.
Posté le 4 décembre 2009, à 14:47
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Garder la colère intacte
Ce qu'il faut de colère, de dégoût, de ras-le-bol, de peur en soi pour arrêter cette merde de cigarette. Au point de plus se supporter, de plus supporter l'odeur de ses fringues, de plus tolérer ces cendres dégueulasses partout, qui nous teintent en gris. Ce qu'il faut de haine contre la clope pour décider, un jour, d'arrêter. Malgré la difficulté, la peur de l'échec, prendre cette décision de ne plus être esclave de cette drogue, retrouver sa dignité. Et au fil des jours, des semaines, la colère passe. Jusqu'à ce qu'on se demande, parfois, ce qu'on avait contre elle. On oublie vite les mauvais côtés, au fond. Surtout quand le manque nous sussure à l'oreille que "c'est pas pour une taf". Tu parles ! C'est là qu'il faut être plus malin : garder la haine intacte. Se souvenir, toujours, du fumeur qu'on était pour bien comprendre ce qu'est vraiment la cigarette : une invention pour perdre sa santé, sa vie, sa dignité, sa liberté. Il ne s'agit pas "d'essayer de se passer d'une vilaine habitude", mais bien de sauver sa peau. Il ne s'agit pas de faire une tentative, mais bien de se battre pour nous-même, pour nos mômes, pour ceux qu'on aime et qui nous aime. L'envie de la clope finit TOUJOURS par partir. Il n'y a pas de fumeur définitif. Je pensais en être un, et "même moi" je suis abandonné par l'obsédante envie. Ma colère est intacte, mon envie meurt elle chaque jour. L'envie ne peut pas être plus forte que vous, tant que vous avez la mémoire de votre souffrance. Petit conseil, si un jour vous pensez que "ça irait mieux avec une clope" : si vous aviez été vraiment heureux en fumant, vous n'auriez jamais, jamais, jamais tenté d'arrêter... Bonne défume à tous.
Posté le 3 décembre 2009, à 11:27
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L'envie est un manque bien habillé.
Bientôt 11 mois de défume et je cherchais l'autre jour comment expliquer ce début de succès, après tant d'essais ratés dont le plus long avait duré une vingtaine de jours. M'est apparu que "cette fois", je ne m'étais jamais dit "j'ai envie d'une clope". Ou "j'ai envie d'un joint". Je me suis dit souvent que j'étais en manque de l'un, ou de l'autre. Chaque moment de tension, vous savez ce moment de mini-panique où on aimerait trouver le rassurant paquet au fond de sa poche, n'a pas été une envie qui passe. Il a été le manque qui mordait. Ce que ça change ? Chaque crise de manque a été une motivation supplémentaire, alors que chaque envie aurait été un coup de poignard dans la volonté d'arrêter. Chaque crise de manque m'a montré à quel point j'étais "toxico jusqu'au trognon", ce qui est une réalité qu'il fallait bien regarder en face. Chaque crise de manque a été passionnante a combattre, car sans aucune idée de privation, de sacrifice ou d'abandon. Je me battais pour la vie, je ne me battais pas contre elle. Se battre pour la vie, pas contre elle. Voilà la nuance qu'on peut lire entre ce que certains appellent un plaisir et d'autre une drogue. En bon spécialiste, mon avis est clair : c'est de la drogue, de la bête drogue. De la drogue toute bête. Bonne défume à tous. Tiens bientôt 11 mois... Dans un prochaine épisode, je causerai des envies qui méritent ce nom...
Posté le 27 novembre 2009, à 14:02
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Devenir un ancien
Ils me fascinaient les anciens d'ici, avec leur dizaines de mois, leur centaines de semaines. Ils étaient certainement pas de vrais fumeurs : ils avaient jamais "vraiment" fumé, j'veux dire comme moi : en grillant 2 clopes d'affilés avant de dormir. En allant fumer en peignoir à 6 H du mat le dimanche, dehors sous la pluie. En récupérant du tabac mouillé dans les cendriers dehors pour pouvoir s'en rouler un. En faisant le planton au pied des hlm pourris pour acheter de la merde... Pas possible. J'ai lu leurs blogs, en les jalousant quelquefois. En me disant souvent "mais de quoi y s'plaint putain il est à 6 mois c'est gagné". En me disant surtout que "les autres", définitivement, s'en sortaient toujours mieux que moi. Pi en lisant la liste des blogs, je vois aujourd'hui que celui que tu lis totalise 22 votes, ce qui veut dire en gros que c'est un "vieux" blog. Que je suis un "vieux" du stop. Que ça fait pas mal de mois que je traine ici, alors que je me suis inscris après 4 mois d'arrêt, pour "trouver un nouveau souffle". Pourquoi je raconte ça ? Parler à celui que j'étais, à celui que tu es. Au fumeur qui a peur de le rester toujours. A celui qui se trouve plus "accroc" que les autres (on est tous pareils !). C'est à peine croyable, avec le recul, d'avoir été "comme ça". C'est à peine croyable de ne plus l'être. C'est de loin le plus beau cadeau que tu puisses te faire. Le plus beau, probablement, de tous les cadeaux que je me suis fais. Vive la vie sans cigarette : c'est un peu "gnan gnan" comme expression. Mais j'en connais peu de plus vraies...
Posté le 10 novembre 2009, à 11:46
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10 mois, dis moi...
Hier en parcourant le stop je me réjouissais de la "dinotisation" de Lain. Finement observateur, il me faisait valoir qu'après 6 mois, il y avait encore, parfois, des moments difficiles, ce que je suis le plus mal placé pour nier. Ceci étant posé, et puisque les petits nouveaux seront sans doute curieux de savoir "ce que ça fait après 10 mois", il me semble utile de dresser ici l'inventaire des évolutions constatées. Oui c'est encore souvent difficile, mais non, ça n'a rien à voir avec les "douleurs" des premières semaines. Quelques différences : A 10 jours, je pensais tuer tout le monde. A 10 mois, je me trouve super cool. A 10 jours, l'odeur de fumée me faisait envie. A 10 mois, elle me fait vomir ou presque. A 10 jours, j'avais peur d'aller dans une soirée. A 10 mois, je ne pense pas aux fumeurs qui s'y trouveront. A 10 jours, j'arrivais pas à m'imaginer non fumeur. A 10 mois, j'arrive pas à m'imaginer fumeur. A 10 jours, je me disais "là ça serait bon". A 10 mois je me dis "là ça serait horrible". A 10 jours, j'y croyais pas, je tentais mais sans l'impression de murir mon choix. A 10 mois je me dis que le processus a été long, certes, mais régulier. Bref, pour ne rien cacher, c'est vrai que la défume c'est long. Et se "battre" contre 2 drogues, la clope et le joint, n'a rien eu de facile. Ceci dit, si tout était mesurable, je dirais que ma confiance en moi a grimpé de 300%, mon impression de vitalité de 150%, ma conviction que je ne fumerais plus de 2.000 %. On peut toujours faire mieux, bien sûr, mais voilà dans 2 mois tout pile, ça fera 1 an. A 10 jours, 2 mois me semblaient une éternité. Aujourd'hui je ne doute pas une seule seconde d'y arriver. Pas une ! Merci pour vos mess et bonne défume à tous, accrochez vous, c'est que du bonheur ! On mérite tous d'être libres.
Posté le 4 novembre 2009, à 15:13
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Il avait 37 ans.
Est-ce la toussaint ? Les moments qu'on vit, parfois durs ? Les encouragements du papa de Luluee reçus par procuration ? Mon papa à moi est mort de la clope, à 37 ans, en laissant 3 enfants et sa femme. J'avais 8 ans. Aujourd'hui j'ai son âge. Mon fils a le sien. Mon papa le plus fort du monde, mis à terre par un paquet de clopes. Mon papa le plus grand du monde, porté dans une boîte pendant qu'on me cachait le cortège. Mon papa, le plus puissant du monde, plus là pour me défendre ou m'apprendre à changer une roue. La chanson dit "j'y pense et puis j'oublie". Moi j'oublie rien. Longtemps je lui en ai voulu de ne pas arrêter, mais autres temps, autres moeurs... Pi y avait pas de patch, pi y avait pas de champix, et puis, et puis... Et puis à quoi bon de toute façon ? Hier en me promenant, hier en revenant de sur la tombe où j'aime pas le savoir seul, m'est venu cette envie de voir la vie autrement. Et de trouver la paix, encore, toujours elle. De casser cette chaîne horrible, de faire, moi, ce qu'il n'a pas eu le temps ou l'envie de faire, lui. De rester parmi les vivants, pour l'amour de la vie, pour l'amour de mon fils. De faire ce petit geste, ce geste insignifiant, ce petit emmerdement de l'arrêt qui n'est rien par rapport au chagrin qu'amène un jour ou l'autre la cigarette. Voilà mon papa qui m'entend pas. Voilà mon papa qui ne sait même pas que je sais écrire. Voilà mon papa qui ne m'a pas vu grandir. J'ai arrêté de fumer. J'espère que tu es content. J'espère... J'espère...
Posté le 3 novembre 2009, à 17:43
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L'art d'abandonner
Il y a au fond, dans l'arrêt du tabac, cette idée qu'il faut abandonner quelque chose. Et même quand c'est une mauvaise chose, abandonner, l'être humain n'aime pas. J'ai abandonné la vie d'avant, les joints, les gens autour. La survie facile, les amours bof, les boulots faits pour d'autres. j'ai abandonné ce qui me semblait essentiel et ne l'était pas, me suis retrouvé nu de certitudes. Déshabillé de toutes mes habitudes. En proie aux vents de la colère, du désespoir et de la peur. Nu devant le fil des jours qui ne voulait pas devenir un pull. Jamais je n'ai été plus seul que depuis l'arrêt de la cigarette et du joint. Les gens viennent, petit à petit. D'autres têtes, d'autres visages, d'autres sourires. Est-ce un hasard : aucun ne fume. Est-ce un signe ? Aucun ne se drogue. J'ai appris à me taire et ne dis rien d'avant : pas un ne le croirait d'ailleurs. Mais revenons à l'abandon. Tout ça pour dire : arrêter la clope n'est rien : changer, voilà le défi. Parce qu'arrêter la clope en gardant la même vie c'est impossible. Pour le joint, encore plus, encore moins. Les mêmes comportements, on le sait, conduisent aux mêmes conséquences. Dire "j'arrête de fumer" sans changer de vie, c'est comme arrêter d'être saoul sans vouloir arrêter de boire trop. C'est comme arrêter de marcher pied nu sans vouloir acheter de chaussures. La souffrance du stoppeur n'est pas dans le manque de clope, passé quelques semaines. Elle est dans cette peur du changement, de l'inconnu. Voyez les gars de France Télécom. "Mais pourquoi ils démissionnent pas au lieu de se flinguer ?". Qu'y a-t-il de vraiment, de tellement stressant dans leur cauchemard à la con ? Le changement... J'ai souffert de l'arrêt de la clope et du joint à chaque fois que j'ai voulu être "comme avant". Chaque fois. Abandon : quel vilain mot. Comme il colle à ces morts que trimballe ma mémoire. Comme il colle à la peau de toutes mes idées noires. On a tous un beau jour jeté aux orties de vieilles choses, de vieux cahiers, de vieilles conneries. En pleurant sur le coup, puis le chagrin passé senti : cette libération, ce poids qui s'en va du coeur : j'appelais ça ma vie, ça n'était que son malheur. Epilogue (car je note à tout va sur ce journal intime que ce blog est pour moi). On m'envoie tout à l'heure quelques uns de mes anciens billets. Il est question de ne pas faire de cadeau à la mort : persiste et signe ! Et rappelle ici à ceux qui les ont manqué : la vie ne fait pas de cadeaux, n'en faisons pas à la fatalité. Une clope écrasée, c'est la dignité qui revient. Il n'y a pas de petites victoires, comme il n'y a pas de petit chagrin. "j'ai peur de tout, sauf de ne pas y arriver". Bonne défume à tous !
Posté le 2 novembre 2009, à 14:53
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Une saison en enfer ?
Pour célébrer le grand Arthur j'avais baptisé le blog "une saison en enfer", persuadé d'avoir devant moi 3, 4 vilains mois d'orage à passer. Les larmes tomberaient comme des gouttes de Novembre, la colère, en éclairs déchirant le silence, illuminerait de loin en loin l'obscure fil des nuits qui passent. J'imaginais un automne infini, où les feuilles ocb tomberaient comme des fruits pourris d'un passé qui se meurt. Où les plants de tabac séchés par le soleil d'un été finiraient de se consummer seuls, sous les derniers rayons de mes envies. Je rêvais aussi un printemps de parfums, de douceur et de paix. De jour qui gagne de la place sur la nuit. D'espoirs chaque matin plus forts où quelques gouttes de-ci de là ne pourraient rien à l'éclatante victoire du bien sur le mal. Une saison en enfer : s'il ne s'était agit que de cela. Je revois le dernier joint roulé avec la dernière clope, un soir de janvier où il faisait nuit, et pas que dehors. Je revois ce printemps joli, et ses terrasses maudites. L'insouciance du soleil qui revient sur mes convictions hivernales. Je revois l'été interminable où la masse, tout calecon bariolé dehors, se mit à me pourrir le mois d'Août en me crachant jusque sur les plages l'odieux parfum de leur passion navrante. L'automne est arrivé, jolies couleurs, aucun regret. L'hiver sera là bientôt. C'est ma 3ème saison et c'est toujours un peu l'enfer. Je crains le cycle qui me ferait repartir à zéro. Zéro, zéro, comme un vélo, et j'ai bientôt 3 roues à mon vélo. 296ème jours sans clope. Bientôt 10 mois. Fatigué de tout ça, mais déterminé encore, craquer ? Ce serait mal me connaître. Une saison n'a pas suffit : une année peut-être ?
Posté le 27 octobre 2009, à 11:30
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C'est mon rêve...
Je ne sais pas si c'est un garçon, une fille, un vieux, un jeune. Je ne sais pas si c'est nouveau, si c'est ancien : quelqu'un vient de s'inscrire sur le stop et s'appelle "cmonrêve". Ca fait quelques jours que ce pseudo, en même temps qu'il me travaille, me donne en ces moments parfois difficiles un optimisme souriant. J'ai failli oublier : c'est mon rêve aussi. On s'attarde souvent sur le sevrage douloureux, les envies lancinantes, omniprésentes, interminables. On s'étouffe à mettre des pantalons qui ne nous vont plus, on souffre. On est embêtés, pour le moins. "C'est mon rêve". Je percute : au delà de ces soucis, je suis en train de réaliser un rêve génial : ne plus fumer. Ne plus faire la queue dans ce tabac. Ne plus paniquer à la dernière du paquet. Ne plus passer des week-ends à appeler de faux copains pour trouver de la fausse herbe. En voici un drôle de monologue. Je vous invite à faire cette expérience en même temps que je la fais : se plaindre au fumeur que nous avons été. -"j'ai grossi". - Putain ouais mais tu fumes plus t'as du bol. - "j'ai un peu les nerfs" - tu crois que je les ai pas moi ? Y m'en reste que deux... - "des coups j'ai du mal" - moi je serais incapable d'essayer ! - "j'en ai marre ça fait déjà 9 mois et j'ai encore des envies" - moi j'en fume 30 par jour et j'ai des envies aussi... Il me semble, toute modestie gardée, que le fumeur que j'étais aurait presque admiré le non fumeur que je suis devenu. Même avec les mauvais moments, même avec les déceptions ou les impatiences. Je réalise un rêve. "Cmonrêve". Ca fait du bien de s'en souvenir. bonne défume à tous.
Posté le 16 octobre 2009, à 16:48
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Erratum : 9 mois
Je me suis trompé, recommençons : 9 mois "2ème édition". Dans le précédent article, j'ai encore laissé parlé l'ancien dominique, le domiavectabacetjoint, celui qui geint, qui baisse les bras, qui ne s'aime pas ni même ne se supporte. On a dit on tourne la page, et 9 mois c'est bien suffisant pour la tourner en vrai. On reprend, anniversaire donc, j'ai pu parfois baisser les bras, j'ai pas baissé les yeux. Et mon premier message va donc à cette pute de clope : 9 mois, prends toi ça dans les dents. Tu croyais que j'allais lâcher l'affaire ? 9 mois sans craquouille : tiens bouffe ! Tu croyais que je ferais rien sais toi ? 1.000 bonheurs me sont venus, bouffe encore ! Fatigué de la lutte ? Tu n'as donc rien compris : je vais t'avoir, à l'usure, à la rage, à l'amour et à la ténacité. Je vais t'avoir en traitre, en guerrier ou en diplomate. Je vais t'avoir de tous les côtés, gratter jusque dans mon dernier neurone la marque que tu as laissé. 9 mois et j'ai mal. J'ai mal mais toi tu crèves, pauvre addiction. Tu crèves de ces matins où je ne t'accorde pas même une pensée. Tu crèves de ces anniversaires qui te faisait rire au début et qui, peut-être, te font pleurer. Tu crèves de mes camarades du stop qui t'écrasent avec moi, tu crèves de l'évidence de ton manque d'intérêt. Tu crèves, enfin, face au mur incassable de la motivation que je dresse entre toi et mon avenir. Tu m'auras plus. Il n'est pas l'heure de geindre, si c'est encore douloureux : il est l'heure de se battre. De trouver encore, une fois de plus, la force d'être fier, d'être heureux, la force de vivre et d'en rire. La force de dire non, la force de claquer la porte au nez de la morosité, de l'ennui, de l'envie d'abandonner, du chagrin, de la lassitude. Merde, je refais un article, c'est celui là le vrai. Au bout de 9 mois, si j'ai appris un truc, c'est à faire face, pas à pleurer. Et le nouveau domitabacnijoint, celui qu'y a pas touché une clope depuis le 4 janvier, celui qui n'a pas tiré une seule latte de bédo, celui surtout qui a décidé de ne plus y toucher, vous salue bien. Bonne défume à tous. Avec la hargne, mais pas sans le sourire !
Posté le 4 octobre 2009, à 18:11
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9 mois, neuf,moi ?
C'est mon anniversaire, 9 mois sans clope. Cette clope qui n'en finit pas de partir de ma vie. Cette clope qui traîne, par petits pas, pour sortir de mon esprit, qui revient toujours et encore, lancinante, obsédante, comme un amour qui se serait mal terminé et s'en vient pourrir chaque rayon de soleil. Mes amours ont ceci de commun à mes vices : ils ne me lâchent jamais, et réciproquement. C'est un double anniversaire : 9 mois sans joints. Quelqu'un m'a dit hier qu'au fond, il ne savait même pas comment j'étais quand j'étais clair, depuis 17 ans qu'on se connait. Je le savais pas non plus, et me voici, inconnu de moi-même, autrement qu'on m'a toujours connu, conforme à rien que je connaisse. Qui suis-je ? Où étais-je ? Qu'ai-je fait ? Ce n'est pas la grande forme : je me croise dans des miroirs moqueurs, sur des photos, et je vois ce gros homme que je ne connais pas, qui ressemble à peine à quelqu'un que j'aurais connu il y a longtemps. 22 kilos pris en 6 mois... N'est-ce pas là au fond l'indicateur le plus éloquent de la violence du changement? On peut trouver, aujourd'hui surtout, que j'ai fait preuve de courage, de détermination ou d'un moral d'acier. La vérité c'est 22 kilos de rage comprimés dans des pantalons que je fais péter un par un. "Oui mais j'ai arrêté de fumer". Aujourd'hui je suis poisson. C'est frankoise qui l'a dit. 9 mois, poisson, pourquoi pas. J'aimerais sortir la tête de l'eau. Mon horizon c'est les 1 an. Lors d'une précédente défume (1 mois, mon record) j'avais lu que, statistiquement, ont été jugé "non fumeur" au bout de ce temps là. Conclusion : "je ne suis pas non fumeur depuis 9 mois, j'essaye d'arrêter depuis 9 mois." Différence énorme. On est pas boulanger le jour où on entame sa formation. Nonfumeur c'est pareil... Je ne suis pas encore non-fumeur. Allez j'écris ça pour faire passer quelques chagrins, le mois ayant été difficile d'un point de vue défume. Petite envie lancinante, première pensée du matin, etc. Vous connaissez... Ma détermination est entière. Je vais y arriver. AUjourd'hui j'entame mes 3 mois de remise en forme, histoire de me retrouver un peu, de ne pas sombrer plus dans ce morne laisser-aller physique où je me complais au nom du combat mental qui mobilise toutes mes forces. Ai-je des conseils pour les défumeurs ? Qui suis-je pour en donner ? J'évoque la tortue : dans la tempête, rentrer la tête, rien laisser dépasser, et attendre que ça passe. Lentement, sans bouger, sans lutter, attendre juste... Je ne suis pas sûr de la technique, mais j'en vois pas d'autre. Un voeu à l'heure de souffler la 9ème : que ça roule pour vous tous ! Bonne défume à nous.
Posté le 4 octobre 2009, à 09:26
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S'arrêter, c'est 10 clopes à refuser.
Non ça ne se compte pas en mois, ni en semaines. Arrêter de fumer, au fond, c'est une dizaine de clopes à refuser. Le problème : on ne sait pas lesquelles,alors dans le doute, il ne faut en fumer aucune. C'est la seule façon de ne pas se tromper. Il y a la clope de la colère, qu'on aura envie d'allumer après une bonne prise de tête, de préférence un truc conjugual, familial, bref, une vraie bonne prise de tête insupportable. Il y a la clope du mec bourré, tendu par un autre mec tout aussi bourré, dans un instant où on aura oublié qu'on a arrêté de fumer. Une clope de mariage, de communion, de réveillon... Une clope à la con. Il y a la clope de la déprime, celle qu'on allume parce qu'"à quoi bon", celle qu'on allume parce qu'on trouve une excuse suffisamment acceptable pour s'autoriser un craquouillage, celle qu'on fume pour se suicider juste un peu... La clope de l'ennui, la clope de l'insondable ennui, qu'on allumera après 1000 livres, après 10.000 séries télé, après 100.000 balades. La clope qu'on allume en désespoir de cause et à cause du désespoir. La clope de circonstance, bête mégôt oublié dans un cendrier, ou jeté trop vite à terre, ramassable loin de tout témoin, comme ça, vite fait, ni vu ni connu. Une sorte d'alignement de planètes qui vous met la bonne connerie sous le bon regard au bon moment. La clope expérimentale, celle qu'on s'offrirait bien pour fêter 6 mois sans clope, manière de voir que c'est vraiment dégueulasse, qu'on est bien guéri. La clope du défi stupide, qui a déjà gagné au moment même où vous lui tapez dans la main. Je les estime à une dizaine, ces mauvaises clopes qu'il ne faut surtout, surtout, surtout pas fumer. Une dizaine de cigarettes qui vont fatalement, à un moment où à un autre, faire leur entrée dans la défume. Qu'on se trouve sauvé ou pas. Qu'on ait arrêté depuis 1 heure ou 1 an. Tant qu'on a pas fait le tour de ces cigarettes là, et ça peut prendre un moment, on ne peut guère s'estimer tranquille. Epée de damoclèse au-dessus d'une défume qui n'en finit plus, la clope expérimentale, celle de circonstance, celle de l'ennui, celle de la déprime... Attendent leur heure. Point positif : chaque fois que t'en nique une, c'est dur, mais c'est bon. J'ai le souvenir très net d'avoir refusé la clope de la colère, et ce fut douloureux, mais quel étonnement, quelle force ensuite. Je revois la clope du mec bourré, refusée comme dans un brouillard. J'ai longtemps tourné autour de la clope de l'ennui. Il doit me rester 1, 2 cigarettes sans doute à éviter à tout prix avant de me sentir absolument libre. Il suffit d'en toucher une pour que je me sente absolument prisonnier. Allez zou... On y retourne.
Posté le 28 septembre 2009, à 13:51
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Epuisante inaction
Voilà une semaine bien étrange qui vient de s'écouler dans le ruisseau de ma défume, ce ruisseau qui charrie autant de larmes que de bonheurs sans laisser deviner l'océan vers lequel il mène.
260 jours.
Après une période de calme magnifique, où l'envie m'a laissé tranquille, voici un nouveau temps de douleurs qui est apparu. Rien de formidable : une envie comme un bruit de fond, à peine perceptible et qui jamais, jamais, jamais ne se tait. J'ai été contraint de recraquer sur les chewing gum, comme au temps où ce subterfuge était le dernier rempart contre la reprise. On en est pas là, je rassure les âmes sensibles.
Reprendre ? Jamais.
C'est l'apprentissage de plus, c'est le test suprême, c'est la dernière marche du chemin : arrêter d'arrêter, tourner la page, passer à autre chose, ne plus accuser la clope et/ou le manque de clope de tous les coups de blues, de tous les doutes, de tous les malaises. Je note que cela peut paraître un luxe, pour ceux qui entament leur première semaine. J'aurais "ricanné aux éclats" si un dino avait affiché le moindre état d'âme quant à cette étape étonnante... Je ressens pourtant la clope qui hurle, qui me tend la main, qui me supplie, qui me demande une dernière chance, ou qui me l'offre. Je ressens, à défaut du calme avant la tempête, la tempête avant le calme.
Epuisante inaction.
Il n'y a rien à faire. Attendre, laisser le temps travailler, laisser l'envie repartir, laisser la paix me rattraper. Je connais ça par coeur. C'est juste un peu triste, à la longue, de ne pouvoir se battre plus activement contre ses démons. Je m'en veux, de m'être mis dans cette situation. Fumeur, je me savais évidemment accro, mais être accro on ne sait vraiment ce que cela signifie que quand on décide de ne plus l'être.
Maintenant je sais ce que cela veut dire, et j'y trouve une raison supplémentaire de ne plus l'être. Il m'arrive de rêver non pas que je craquouille, mais que je n'ai plus la force de tenir. Tiens, nouveauté, je ne me bats plus contre la clope, je me bats contre une addiction.
En conclusion.
Comme j'aimerais conclure. Mais ce n'est pas pour cette fois. En conclusion evidemment que j'aimerais que ça s'arrête. Evidemment que ça s'arrêtera. Et que je ne baisserais pas les bras. Bonne défume à tous, j'avais envie de dire ça, et là bon ben bof
Posté le 21 septembre 2009, à 08:58
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Mieux que ce que tu attends.
Après 8 mois, la "souffrance de l'arrêt" s'estompe, et fais place enfin à ce que chaque "stoppeur" vise, sans savoir exactement à quoi ça ressemble : la liberté. Je lis sur le stop les petits nouveaux prêts à souffrir de longs mois. C'est pas impossible. Je lis sur le stop la peur énorme de ne pas y arriver, de craquer, d'être tenté, découragé, ecoeuré,malheureux, déprimé... C'est pas impossible. Mais il y a une chose que le stoppeur ne sait pas. Une chose qu'il sous-estime toujours : le bonheur qu'il y a tout au bout de cette lutte. Ce bonheur est énorme, et vaut mille fois les sacrifices que vous consentez. Ce bonheur dépasse la simple satisfaction d'économiser des millers d'euros ou d'éviter d'horribles maladies. Car la "liberté" ok, c'est bien. Mais la liberté, quand on a connu l'esclavage, a un goût encore meilleur. Il y a quelques semaines, je détestais les fumeurs. Maintenant j'en ai pitié. Je me rends compte de leur avilissement, je me rends compte de leur souffrance. Mieux qu'eux-même, sans doute. Je vois ces enfants qui grimacent quand une maman leur envoie de la fumée, pensant qu'ils ne sentent rien. Je suis certain qu'ils seraient bien plus heureux en arrêtant, ça crève les yeux. Mais revenons à votre but : ce qu'il y a "après l'arrêt". Vous pensez qu'un monde de bisounours tout rose n'existe pas ? Sans doute, pourtant sans la cigarette, vous allez gagner en estime de vous, votre arrêt vous aura également fait beaucoup mûrir. Vous aurez plus de volonté, vous saurez mieux l'utiliser. Vous aurez plus de confiance en vous, vous aurez une meilleure conscience de vos faiblesses. Vous aurez appris à vous accepter, à vous pardonner, à vous faire confiance et à vous faire plaisir. Vous vous aimerez mieux, et on vous aimera mieux. En effet quand on change, le monde autour change. Vous attirerez des gens qui fuyaient non seulement votre fumée, mais surtout votre mal-être, votre faiblesse, votre stress jamais maîtrisé, toujours caché sous la fumée. En devenant "meilleur", en ayant fait ce travail sur vous, vous accéderez à une vie plus agréable, plus confortable, plus digne. C'est encore plus vrai pour ce satané pétard : 8 mois après l'arrêt, ma vie a changé en mieux. J'ai de nouveaux amis, de nouvelles passions, le succès arrive dans de nombreux domaines. La drogue me laissait sur le seuil de la vie. Désormais j'y suis entré, la tête haute, et c'est du bonheur. Je ne trouve pas les mots qui vous encourageraient, ou soulageraient votre chagrin du moment. Votre manque. Je ne suis pas un illuminé du tout, mais j'ai fait une expérience merveilleuse : j'ai arrêté la clope et le joint. Je témoigne aujourd'hui pour vous dire à quel point vous avez raison, parfaitement raison de "tenir". Pour vous dire que ce n'est pas facile mais que la satisfaction qu'il y a au bout vous paiera de tous vos efforts, de tous vos chagrins, de tous vos manques. Songez y : personne, jamais, n'a regretté d'avoir arrêté de fumer. Vous pouvez y arrivé, et vous serez récompensé du courage que vous montrez. C'est certain : ayez confiance. Bonne défume à tous.
Posté le 7 septembre 2009, à 10:56
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Spécial dédicace
A mon débitant de tabac qui m'a gonflé pendant 3 mois en me disant qu'il m'en mettait de côté,
A mon bambin qui voulait pas que je meurs,
Aux "copains" qui m'en ont proposé les 5 premiers mois,
A cette bouffée que j'ai pas prise, jamais,
Aux copains qui vont maintenant fumer à côté,
A mon dealer à qui j'ai tant donné,
Aux années perdues dans des brouillards inutiles,
A la conne qui m'expliquait que de toute façon j'étais drogué,
A l'évidence qui me forcait à lui donner raison,
Aux camarades du stop qui tiennent bon,
Aux autres, tout aussi camarades,
Au temps qui passe et qui me fait (re)croire en la liberté,
Aux articles que la colère m'a dicté,
Aux silences que la paix m'a inspiré,
A l'orgueilleuse certitude du dessus pris,
Au regrettable souvenir des jours sombres,
A mon comteur qui indique 243 jours,
Aux 7.307 clopes et 1.000 joints évités,
je dédis mon anniversaire du jour : 8 mois. Ca sonne un peu comme "oui, moi".
On me l'aurait dit, je l'aurais pas cru.
Merci pour les petits textos ce matin.
Pas grand chose d'autre à dire aujourd'hui, il me semble qu'il y a 8 mois,j'aurais donné énormément, mais vraiment énormément, pour pouvoir dire "ça fait 8 mois que je ne fume plus".
Un peu de patience et une bonne dose de volonté, parfois, ont suffit.
Hier je disais à quelqu'un que j'allais fêter mes 8 mois, car j'aime bien en parler. Il me fut répondu "l'important c'est le pas le temps, c'est l'état d'esprit". J'ai fait valoir alors que je n'avais aucune envie de replonger, que j'étais sûr de ma volonté, sûr de ma décision, sur d'avoir fait le bon choix.
Cet article, commencé sur le ton de l'auto-satisfaction (et quand tu fêtes tes 8 mois tu PEUX
), je le termine sur ce constat. Même si ça fait que 8 jours, même si ça fait déjà 8 ans, ce qui compte, c'est cette certitude d'être libre. C'est la confiance farouche en ta décision. Le temps passe tout seul. Avec un bon état d'esprit, il ne compte pas.
Bonne journée, bonnes semaines, bons mois à tous !
Posté le 4 septembre 2009, à 14:05
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Le chagrin du fumeur
On ne peut pas dire (encore) que je respire mieux, ni que j'ai retrouvé la ligne d'avant, ni que je sois particulièrement de bonne humeur. Il y a pourtant dans l'arrêt de la clope un bénéfice énorme, gigantesque, évident, immédiat... Et dont on ne parle pas souvent. C'est la disparition du "chagrin du fumeur".
Mais si, souvenez-vous : quand vous apperceviez ces photos horribles sur les paquets de clopes. Quand vous entendiez un mec à la voix démolie par une trachéothomie. Souvenez-vous quand vous sentiez l'odeur de clopes sur les fringues de vos enfants et que vous vous sentiez "le dernier des dernier".
Ce chagrin qui vient vous gratter la conscience, quand vous donnez le mauvais exemple, ou juste quand vous vous retrouvez en train de déplier des mégots parce que, justement, y a plus de clopes dans le paquet et le tabac est fermé.
Le chagrin qui vous prenait quand vous deviez expliquer sans trop mentir votre consommation au docteur.
Le chagrin qui vous titillait quand devant un beau spectacle, un moment tendre, il vous fallait ab-so-lu-ment vous en griller une.
Le chagrin quand vous apperceviez une pub anti-tabac où on vous expliquait à quel point votre attitude était néfaste, et que vous faisiez semblant de pas voir.
La pointe de jalousie quand vous rencontriiez un mec qui avait arrêté, ou qui était en train de le faire, et vous à faire des blagues nulles "prends en une t'es tout nerveux".
Et le chagrin épouvantable à lire dans les yeux des gens qui vous aiment et qui vous regarde vous démolir clope après clope.
Oh et puis ce chagrin là, le pire de tous : vous sentir prisonnier, vous dire qu'avec toutes vos tentatives ratées vous n'y arriverez pas. Vous dire que du haut de toute votre "volonté", de toute votre indépendance, vous êtes un toxico aux petits pieds, addict d'une drogue tellement nulle qu'elle n'a même pas l'intérêt de vous faire planer...
Tournons la page sur ces chagrins. Moi j'ai tourné la page. Quelques bonheurs de maintenant :
- mon fils m'a dit "papa c'est bien que tu fumes plus".
- mes doigts ne sont plus jaunes.
- j'ai dit au doc qui me trouvait grossi "ouais mais je fume plus".
- Tout le monde me félicite ou, mieux encore, me jalouse
- j'ai "prouvé" que je n'étais pas un fumeur de joints sans volonté.
- j'ai économisé 3.000 euros (sic).
Bien sûr il y a d'autres grandes joies, la liberté retrouvée, l'auto-satisfaction, la lucidité, etc. Mais les petits bonheurs, parce qu'ils sont quotidiens et visibles, sont tout aussi réjouissant !
Pas besoin d'une maladie grave pour se dire que la clope est nulle.
Alors pas besoin d'attendre la fin du seuvrage pour se réjouir de son arrêt !
Bonne défume à tous.
Posté le 2 septembre 2009, à 09:27
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Combat en 12 rounds
A une époque, j'avais lu qu'il fallait 1 an pour être considéré comme "ex fumeur". La faute aux statistiques qui nous observent pendant ces 12 mois là. Ca m'a fait penser, dans le cheminement, à un match de boxe. Un match qu'on aurait pas le droit de perdre. Ca m'a aidé dans mon arrêt, de m'imaginer prendre des coups, d'imaginer surtout en rendre. D'imaginer me battre "pour de vrai" contre un problème en chair et en os. Ou plutôt en feuille et en goudron. Peut-être le récit du combat vous inspirera quelques images qui, fort à propos, vous aideront le moment voulu. Premier round (1er mois) : on a la pêche, on en veut, on va tuer tout le monde. Bien sûr il y a le stress, tout le monde vous regarde. Vous observez l'adversaire, la peur au ventre un peu quand même. L'adversaire, manque de bol : il a une pêche d'enfer. Et une réputation géniale : la plupart des gens sont ko par terre à la moitié du 1er round. Vous avez beau taper comme un malade, lui s'allongera pas si facilement. 2ème round : Là vous avez quand même pris un peu confiance. En fait, vous êtes surtout étonné d'être encore debout. En face, le premier mois d'arrêt à quand même affaiblit votre ennemi, mais ça ne se voit pas encore. Il a mal, mais ça se voit pas. Pourtant, vous lui en avez mis plein la tronche : en coupant le robinet du produit addictif, vous êtes en train de tuer le monstre. Pour un mourant, il a encore une pêche d'enfer, et vous morflez bien. Le public, sceptique, se demande encore si vous allez pas vous allonger d'un coup. 3ème round. Celui là est génial. Au début du 3ème round, faut être clair, vous n'en pouvez plus. Et pour cause : ça fait 2 mois que vous tapez comme un sourd, le jour, la nuit. vous vous dopez à coup de patch et de champix, vous lisez et relisez allen caar, vous expliquez à tout le monde que ça commence à passer pi au fond, tout au fond, y a quand même un doute qui s'installe. Et pour cause : l'ennemi est toujours debout. Il commence à frapper un peu moins souvent, pour reprendre son souffle. Mais quand ça tape, ça tape ! Puis de votre côté, vous sentez monter la fatigue. C'est un round où on se couche souvent. Pas tellement parce qu'on est ko : juste parce qu'on est fatigué, qu'on s'est bien battu, qu'on a bien mérité une pause. Pi que ce combat ne semble pas avoir de fin. 4ème round. Dans ma mémoire, le pire. Ou le plus sympa. Au 4ème round, fatigué, vous changez de tactique. Il n'est plus question de chercher le ko, vous décidez plutôt de "jouer la montre". Le but : fatiguer votre adversaire, le laisser s'épuiser, en gardant un maximum de moral et de force pour vous. C'est le moment de vous protéger, de faire un cocon de vos bras, de baisser la tête en serrant les dents. Bang. Bang. Bang. En voilà un long round, où le seul but sera d'être encore debout à la fin. On peut généralement croire qu'il est possible de craquouiller, de relever la tête pour mesurer l'état de l'adversaire. Grave erreur : faites ça et il vous envoie un pain dans la tronche à vous passer au travers. Une bonne tarte en pleine bouche, qui vous mettra en morceaux jusqu'au plus profond du cerveau. 5ème round. Si vous en êtes arrivé là, il y a une raison. Que vous le vouliez ou non, une évidence se profile. L'autre en face, votre adversaire, l'envie de fumer, commence vraiment, mais alors vraiment à morfler. Bien sûr ses attaques restent violentes. Bien sûr elle semble se fatiguer bien moins vite que vous. N'empêche : vous êtes en train de prendre le dessus. En vous en prenant plein la tronche, soit. En prenant des coups : soit. Mais c'est au mental de jouer à présent. Parce que si à ce moment là vous décidez que vous avez le dessus, votre adversaire, quelle que soit sa force, perd le match. 6ème round. Vous voilà dino. Epuisé, mais dino. La gueule en sang, mais dino. En train de vous dire que votre adversaire tient mieux la distance que vous... Mais dino. Etrangement y en a qui tombent dans les pommes à ce moment là. Y a de quoi. Pas parce que qu'ils vivent est dur, même pas : juste parce que ce qu'ils viennent de vivre est dur. Méditez là dessus. On peut reprendre parce que ça a été trop dur, même si c'est devenu plus facile. C'est dire s'il faut se ménager, se pardonner aussi... S'aimer enfin. 7ème round. Là faut que je vous parle de mon propre combat. Le 7ème round a été celui où je l'ai vue tomber. Elle. L'envie. Elle avait encore la forme au round d'avant, moi j'étais fatigué bien sûr, mais je prenais confiance. Tous les rounds passés l'avaient vraiment épuisée, même si elle le disait pas. Au début du 7ème round, je lui ai filé un petit coup sur le nez. Genre j'ai vu un fumeur en ayant pitié de lui, ou encore j'ai failli vomir en repensant à cette fumée qui me remplissait les poumons. Suffocation... Bref, j'ai mis un coup de plus à l'envie, et elle l'a pris en pleine gueule. Je l'ai vu trembler, me regarder pleine de surprise, j'ai vu la peur passer de SON côté. Je l'ai vue se ramasser par terre, à mes pieds, je l'ai vue s'éteindre, s'évanouir. Et les heures sans l'envie furent comptées à haute voix : 1, 2, 3, 4... Elle a fini par se relever, le combat a repris. Elle peut encore taper fort, et bien. Mais je l'ai vue à terre. Elle sait que je sais... Je la vois de plus en plus faible, je me sens de plus en plus à l'aise. Elle n'est plus ce truc imbattable, ce truc qui tue les gens, elle n'est plus cette addiction qui pourrit chaque moment. Elle est cette vieille habitude honteuse qui n'en finit pas de mendier sa place auprès de moi. Elle est cette perdante que je méprise. Le public avait un peu abandonné le match au 2ème round, mais se remobilise. Se dit que je vais peut-être gagner... Tu m'étonnes. Les autres rounds, je sais pas encore. Bientôt le 8 ème, dans 3 jours. Je veux gagner. Je vais gagner. Bon combat à tous.
Posté le 1 septembre 2009, à 09:39
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Une journée entière sans avoir envie : au bout de combien de mois ?
La question est jugée bête, la réponse est invariablement "ça dépend", bref on dit rien, on passe, on suggère, on explique "c'est pas tout à fait ça". Et on reste avec cette énorme, impossible, dévorante question : au bout de combien de temps est-ce qu'on a plus envie ? Loin de moi l'idée d'apporter la réponse officielle, toutefois je me dois de partager cette expérience pour vous dire que c'est possible, une journée sans envie. D'abord, parlons-en. Après tout, avec un peu de patience, ça va vous arriver aussi. Bien sûr vous pouvez ne pas y croire. Ca semble si incroyable, une journée sans aucune envie. Et ça repose, beaucoup, sur la longue route de la défume. Une journée sans aucune envie n'est pas forcément une journée où vous ne penserez pas à la cigarette. C'est un soir qui se couche, c'est un lit qu'on retrouve, c'est le miroir de la salle de bain brosse à dents au bec, et d'un coup cette énormité, cette incongruité : "je n'ai pas eu envie de cigarette aujourd'hui". Ca m'est arrivé au bout de 7 mois et demi. J'aurais voulu que ça arrive au bout d'1 semaine, j'étais persuadé que ça arriverait avant les 6 mois, eh ben non. La bataille est toujours plus longue que prévue, quand on se croit plus fort qu'on ne l'est. Ceci dit, qu'importe. Ca aurait pu durer 1, 2, 3 ans. J'étais prêt à attendre. Si vous avez envie de comparer "à vous", il faut préciser que j'étais de ces fumeurs "compulsifs" qui commencent la journée par une clope et j'en fumais 2 d'affilés le soir, par peur d'un manque nocturne. 1,5 paquet par jour et une dizaine de "joints", quotidiennement, et pendant près de 20 ans. Mais fermons la parenthèse sur cette expérience. Il faut que je vous le redise, car je suis là pour ça : un jour on en a plus envie. Je crois que tout fumeur est persuadé qu'il ne pourra pas vivre un jour 24 h sans envie de cigarette. J'ai bien vu que c'était totalement faux. Au contraire, si vous arrêtez assez longtemps, vous ne pouvez pas échapper à cette libération ! Vous vivrez un jour sans envie de cigarette. Sans manque. Il faut être vigilant car bien sûr l'envie peut revenir n'importe quand. Pour ma part, je suis armé de bêtise. Explication : je ne réfléchis pas. Ne me dis pas "juste une", ou "juste pour un soir". La réponse à la moindre envie est non. Gravée dans le cerveau, pour toujours. Sans état d'âme, sans regret, avec au contraire un grand soulagement : ne plus m'envoyer ces fumées toxiques dans le corps, ne plus avoir cet air crétin du gars qui tête son mégot, ne plus suffoquer, vivre sans béquille, être un exemple pour le bambin, être digne de la santé que la vie me prête. Bientôt 8 mois, et j'aimerais parler de ce qui me semblait impossible au début, et qui fait partie de mon quotidien aujourd'hui, ou presque. En espérant que cela vous encouragera. - je peux sortir, prendre une cuite monumentale et m'amuser en compagnie de fumeurs, sans même penser à tirer une bouffée. - je peux passer la journée au bureau avec sous le nez un paquet ouvert laissé là par mon collègue, sans penser une seule fois à en "taxer une". - Je peux retrouver un vieux paquet de clopes et le mettre immédiatement à la poubelle sans réfléchir. - Je peux dire que je ne fume plus sans ajouter "pour l'instant je tiens bon on verra". - Je peux envisager un long voyage en avion ou un isolement important sans cigarettes à portée de main, sans état d'âme. - Je peux avec conviction déclarer que je ne fumerais pas ce mois ci, sans aucun problème. - Je peux passer un bon moment sans cigarette. Je peux me réjouir de cette liberté. Voilà un petit témoignage. Je viens moins souvent ici mais j'y passe encore, et ça fait du bien. Ca fait drôle, bien sûr, de "faire partie des dinos", et comment éviter cette marque de fabrique du dino : cette sorte de sérénité tranquille, excessive presque, semblant dire que tout cela est possible... Je n'ai pas oublié mes premiers jours, mes premières semaines. Et félicite encore, plus que tous les autres, ceux qui font leur premier pas en ce moment. Ceux qui fêtent leur 1er, 2ème, 10 ème jours en lisant ces lignes. Puissent-ils y trouver la certitude qu'un jour, eux aussi se retourneront en souriant sur cette "aventure de la défume". Pour conclure un petit rappel, suite à une conv sur le tchat : il n'y a au-cu-ne contre indication à l'arrêt. Aucune. Ce n'est QUE du positif pour la santé, pour la vie sociale, pour l'amour propre, pour vos enfants. Ca ne donne aucune maladie. C'est excellent pour votre corps. Et pour votre esprit. Bonne journée à tous, bon courage à chacun. Pour une vie sans tabac. ni joint (ça c'est vraiment nul aussi pfff) - Je
Posté le 31 août 2009, à 09:32
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7 mois, par hasard.
A la base, je venais surtout dire bon anniversaire à Frankoise, avec un certain retard mais au bout de 6 mois, 2 jours de plus, de moins... C'est là qu'à ma grande stupéfaction, j'ai vu le compte rond : ça fait 7 mois que je fume plus. Ici, un petit mot pour les rameurs de l'apocalypse, pour les semainieurs en lutte, pour les pas-encore-dinos-mais-ça-vient... Oui ça arrive, et oui, un jour on en oublie même son propre anniversaire de défume. Surprenant ! Je dirais pas que c'est linéaire : au bout de 4 mois, je souffrais comme au 1er jour. Au bout de 5 mois aussi. Je vous dit ça au cas où vous êtes, comme je l'ai été, en train de vous dire "ben moi ça marche pas la défume". Y a pas le choix, c'est une affaire de temps, mécaniquement, l'envie va vous quitter, à un moment ou à un autre, vite ou pas vite, gaiement ou tristement... Mais vous l'aurez, à condition de pas fumer. Bon donc je me fends de quelques commentaires sur ces 7 mois : Red, Guy, ridy, Frankoise, Viv, pi toi, pi toi, pi toi aussi... (et toi surtout mais bon), vous me manquez bien, je pense souvent à vous. "nous savons". Sur la clope, comme vous le notez, je n'ai plus grand chose à dire : sauf que c'est chiant le matin à la terrasse des cafés. Sauf que ça pue. Sauf que c'est franchement pathétique de voir un fumeur téter là dessus... Triste pour lui, pour nous, pour tout le monde. Personne n'y gagne. Sauf le mec qui la vend, et encore : dans quel état doit se trouver sa conscience ! Bref, pas grand chose à dire sur "ça", sur l'arrêt il me semble avoir fait le tour, mais en bon dino je fais aujourd'hui "acte de mémoire" et surtout d'encouragement pour dire à tous que ouais, un jour ça va mieux. C'est forcément plus long que prévu. Parfois plus dur. Parfois plus simple. Jamais comme on l'aurait pensé. Pi voilà... 7 mois. Tain... Je crois que c'est par hasard en fait, que ça a marché ce coup là.
Posté le 4 août 2009, à 01:02
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Un beau jour, ça arrive...
Bonjour les amis. Devinez qui m'a rattrapé hier soir ? Le bonheur, la simplicité, la vie. Je défumais depuis des mois, je me défoncais la tête depuis des années, je me perdais depuis... Je ne sais plus. Et voilà, après de gros efforts, de petites erreurs, de bons moments et de tendres exceptions, voilà qu'enfin, j'en suis sorti. De la clope et du joint bien sûr, mais aussi de la défume. L'histoire retiendra que ce jour là mon compteur affichait 205 jours d'arrêt, plus de 1500 euros d'économies (sans compter le pire), 6166 cigarettes "pas fumées". Une longue route, vraiment longue. Un jour tu n'y penses plus. Mais vraiment plus. Et surtout tu récoltes les fruits de tes efforts, enfin. Et plus tes efforts ont été violents, plus tu en savoures les fruits, judéo-chrétien si tu veux, mais c'est comme ça... Enfin je me sens récompensé d'avoir arrêté le joint, enfin j'accède à une vraie vie, à la hauteur... "digne de ce nom". Une vie digne de ce nom, une liberté digne de ce nom. Je vais continuer à fréquenter le stop, evidemment. Moins, mais je vais continuer. La page est tournée sur ma défume, je le sens, je le sais, et ne peux plus être parrain ou autre. C'est fini, j'ai bien profité de vous, j'espère que vous avez un peu profité de moi, dans le sens le plus positif du terme. Puisque certains sont devenus mes amis, dans mon coeur, j'espère que c'est comme un ami qu'ils me voient aujourd'hui partir avec à l'esprit ce sentiment de fraternité qu'on a seulement quand on traverse le pire ensemble. Je vais continuer à passer sur le stop pour le dire : oui c'est possible d'arrêter. Et oui on peut être heureux sans la cigarette. C'est même la meilleure façon de l'être. Bise à vous tous, bonne chance, du fond du coeur. Et tenez bon. Dominique.
Posté le 28 juillet 2009, à 13:15
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Le rêve devient réalité
On ne sera pas tous millionnaires, on ne ressemblera pas forcément à James Bond, à Pamela Anderson... Pourtant nous avons tous un autre rêve, un joli rêve, qui semble presque aussi impossible à réaliser et qui pourtant est là, à notre portée. Qui ne demande, au fond, qu'à devenir réalité. Le rêve de ne plus fumer. 1 jour, 10 jours, 100 jours, où que tu en sois, je dis "tiens bon". Passé les 8 premières années de la vie, on sait bien ce que la réalisation d'un rêve demande de sacrifices, de violentes énergies. On sait bien le prix de la désillusion et du courage à conserver contre vent et marée. Mais j'ai assez parlé de ça, viens que je te dise le moment merveilleux, celui où tu diras "j'ai déjà tenu tout ça". Tu vois "le cap des 10 jours", "le cap des 6 mois", le cap des 10 ans... Tu vois mille objectifs auxquels tu ne crois qu'à moitié. Qui te semble si loin. 10 jours, 6 mois... Hors de portée ! Un beau jour tu y arrives, et même si ce n'est que pour toi, sans témoin ni tambour ni trompette, tu peux être fier de toi. Tu as gagné ce droit là. Il y a dans tes rêves mêmes les plus modestes, la graine d'une réalité qui fleurira demain. Cette graine de délivrance que tu fais germer tous les jours. Cette petite plante que tu protèges contre la tempête, contre le gel, contre les coups de chauds. Que tu arroses parfois d'une larme. Que tu vois pousser si lentement que tu t'inquiètes souvent de savoir si elle pousse vraiment. Dont chaque nouvelle feuille est une victoire... Et une inquiétude. Ne plus jamais fumer, c'est le rêve de plein de monde. Tu fais partie de ceux qui décident de réaliser leur rêve au lieu d'attendre qu'ils se realisent tout seuls. N'est-ce pas la seule façon d'y arriver ? Bon chemin... Du rêve à la réalité. (et merci Nadette qui me l'a fait remarquer)
Posté le 22 juillet 2009, à 15:28
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Bravo à toi.
Comme je t'ai sentie à bout, sur le fil, déchirée par l'envie, retournée des tripes, prête à te mettre la tête contre un mur. Comme je t'ai sentie fatiguée, tellement fatiguée, de cette fatigue chagrine que même le sommeil n'apaise pas. Qu'aucun rire ne distrait. Comme je t'ai trouvée forte, quand bien même cette force te faisait souffrir, quant bien même ta volonté, parce que plus forte que les autres, te faisait endurer des douleurs plus fortes que les autres aussi. Et sans craquer. Car tu n'as pas craqué. Sous le faix du désir, du poison, de l'impérieux besoin. De la terrible envie, du médiocre besoin. On dit que ça dure 5 minutes, tu sais, je sais, on sait tous que ça peut durer une heure. On entend surtout ces voix qui murmurent "ce n'est rien", qui disent "juste une", la pire de toute qui siffle "pourquoi tu t'emmerdes !". On s'emmerde parce que c'est important. Je sais la solitude, la pauvre gloire qu'aucun témoin ne vient couvrir d'aucun laurier. Je sais l'infini de l'instant que l'on perd à attendre. Je sais la douleur vive du manque qui appelle, et la triste pensée qu'on n'aura pas le dessus. Je sais les jours qui comptent, ceux qu'on aimerait ne plus compter. Je sais le pauvre trésors des semaines sans fumer. Et l'attente sans fin de cette liberté qui tarde à s'en venir, qui tarde à se montrer. Dont on nous dit partout qu'elle est à nos côtés. Dont on nous vante l'allure et toute la beauté, qu'on croit fait pour quelqu'un d'autre, et qu'on voudrait toucher. Et tu le sais aussi bien que moi, mieux encore peut-être. Alors pourquoi l'écrire, et pourquoi le reconnaître ? C'est que si d'aventure, tu es à l'orée de tout lâcher, j'écris ces quelques mots : deux minutes de gagnées ! Bravo filleule pour ce matin ! Continue : montre-leur qui tu es !
Posté le 22 juillet 2009, à 14:26
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Deuil de la clope, les grandes étapes ?
Il en va de la défume comme du deuil, comme du reste : nos petites psychoses individuelles suivent le rythme immuable qu'une psychologie animale a bien voulu imprimer à nos neurones : le déni, la colère, l'abattement, la résignation, l'acceptation. Pour les fans de google, c'est une certaine madame Kubler-Ross qui a fait cette "amusante" observation et mis en equation ces "étapes classiques du deuil", qui semblent être le tronc commun qui conditionne toutes les étapes de maturation d'un concept dans nos esprits. Et en lisant le stop, de la prépa au conso, on ne peut qu'être frappé de l'implacable vérité qui émane de cette suite "logique". Bien sûr les cas sont tous différents, mais ils sont différents dans le temps passé plus que dans l'évolution. Déni : tout va bien, on est content, c'est "pas si dur". On retrouve le souffle, on se dit que ça roule super. Y en a même qui se demandent bien pourquoi ils ont fumé si longtemps. Colère : ceux là ont souvent 3 semaines d'arrêt dans les pattes. On les sent en colère contre eux même, contre ces exaspérantes envies, contre ces clopes qui viennent leur titiller les narines. COntre ceux qui les allument, jamais assez loin. Abattement : ne me dites pas que vous ne l'avez pas remarqué. Ne me dites pas que vous ne l'avez pas vécu. On en lit chaque jour plus, des témoignages de lassitude absolue, souvent signés de stoppeurs qui totalisent environ 3 mois d'arrêt. La fatigue absolue, pénible, incontournable. Résignation : tout est dans le mot. On sent la tristesse, le constat morne, le douloureux bilan que presque plus rien ne peut modifier. C'est l'heure du "bon ben j'fume plus et maintenant ?". C'est l'heure du "bon le mieux c'est que je vais pas reprendre mais j'ai encore envie". La résignation, c'est chiant. On est triste, un peu. Voir beaucou. Mûr pour changer profondément d'état d'esprit, "parce qu'il n'y a plus le choix". Acceptation : en voilà une étape qui doit être sympa. C'est celle des dinos définitifs, ceux qui énervent tout le monde à être cool, ceux qui n'ont même pas peur de dire qu'ils "pourraient replonger mais que bon ça fait 3 ans qu'ils fument plus". Ces boudha de la défume, phares brillants dans la nuits de nos douleurs exaspérées, sont arrivés au sommet, grand bien leur fasse. Et surtout qu'ils nous attendent. Pourquoi j'écris ça ? Ben c'est tout con. J'ai "estimé" que j'en étais juste à sortir de l'abattement pour entrer dans la résignation. Et qu'à ceux qui demandaient "quand est-ce que ça s'arrête", cette histoire d'étapes pouvait apporter une réponse plus "individuelle", façon de se situer dans l'arrêt. Où j'en suis ? Pourquoi je suis en colère ? Pourquoi je déprime ? Pourquoi j'ai l'impression que.... Etre comme tout le monde, parfois, ça rassure.
Posté le 20 juillet 2009, à 16:48
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L'envie passe plus vite que la peur.
"vais-je y penser chaque jour ?".
"Vais-je avoir envie souvent ?".
"Vais-je regretter ?".
"Vais-je payer les conséquences de ces actes ?".
"Vais-je perdre mes kilos en trop".
Non, non, non, malheureusement, Il ne faut pas une énorme volonté pour arrêter de fumer. Les produits de substitution existent, les suivis existent, y a des gens qui ont bac + 10 et qui passent leur vie à te dorloter tes petits états d'âme d'intoxiqué, si tu veux. Le reste n'est rien, rien du tout. Il faut juste un bouquin, quelques lignes à Allen Caar pour t'en convaincre, parfois. C'est bien pour ça qu'on se sent si mal si on "dérape". Ce n'était pas dur, alors pourquoi on a lâché ?
Là où il faut une volonté magnifique, rare, splendide, c'est pour oser admettre la peur, celle qui nous inspire ces questions débiles, celle qui nous empêche d'arrêter. La peur d'avoir peur, la peur de ne pas tenir, la peur de la honte. La peur qui nous fait trouver la mauvaise réponse aux mauvaises questions.
Vais-je y penser chaque jour ? (et ça change quoi d'y penser ou pas au juste ?)
Vais-je avoir envie souvent ? (a-t-on vraiment envie de ce qu'on ne désire pas, sortez les copies !).
Vais-je regretter ? (la vie en dépend-elle ?).
La peur est justement le moteur du fumeur que nous avons été : peur de ne pas faire comme les autres, peur de ne pas avoir assez d'assurance, peur de marcher sans béquille. Arrêter d'avoir peur, c'est arrêter de fumer. Mais ils ont pas encore fait de patch contre le dégoût de soi-même
J'attends que la peur me quitte. Je la tue chaque jour à coup de petite victoire sur la clope. Il me semble pourtant qu'elle ne fait que dormir. Changer en profondeur... Voilà le défi !
Posté le 17 juillet 2009, à 12:04
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Paquet retrouvé : réflexe testé.
Après 3 jours passés loin de l'ordi, il y avait de quoi s'inquiéter. Merci pour vos messages, dont la gentillesse m'étonne et qui toutefois appellent de ma part la plus énergique mise au point : il ne faut pas s'inquiéter pour moi. J'ai arrêté de fumer. Je ne recommencerai pas. Jamais. Pour de nombreuses raisons dont chaque est suffisante seule. Il se peut que vous ayez besoin de les entendre, et puissiez-vous les partager... 1ère raison : je veux. Je ne me fâche que rarement, je ne cris jamais, j'veux bien essayer de faire plaisir à tout le monde. Mais quand je veux un truc, je l'ai. Parce que c'est comme ça. Je veux arrêter de fumer, je l'ai décidé car j'en ai marre d'être un esclave, du joint comme de la clope. Je me trouvais ridicule, honteux, je sais bien que je ne faisais rien de bien. J'ai donc voulu arrêter de fumer et plus de 6 mois plus tard, l'évidence est la sous mes yeux : ma motivation est intacte. 2ème raison : j'ai tout fait pour. J'ai pris du champix pendant des mois, pris des kilos partout, j'ai tenté de respirer, ai raconté ma vie sur des forums, ai rongé tous les substituts du monde comme un con, me suis engueulé avec tous mes dealers et tous mes "potes", ai passé des soirées nulles à mâcher un chewing gum jusqu'à me décrocher la mâchoire. Je n'ai pas fait ça pour "essayer" d'arrêter. Je l'ai fait pour arrêter, et j'arrête. Ces inconvénients sont bien sûr pénibles. Mais le drame serait qu'ils soient inutiles. C'est hors de question. Je veux bien arrêter MAIS à condition d'arrêter. 3ème raison : j'ai la foi. C'est venu petit à petit, par petits bouts, ca c'est construit avec des morceaux de chagrin, des petites victoires gagnées l'une après l'autre... Et ça a grossi, gonflé, ça s'est renforcé. Aujourd'hui encore c'est loin d'être "gonflé à bloc" mais plus RIEN ne peut empécher de vivre en moi cette idée magnifique et solide, sublime de simplicité et d'évidence : fumer c'est nul. Je ne le dis pas pour me convaincre, je ne le dis pas par vengeance ou par déni. Je suis habité de cette conviction qui, aux heures les plus chagrines, me permet de rester sur les rails que la volonté a dessiné sur mon chemin. "Tout droit, sans clope". 4ème raison : je suis fier. Ben quoi... <Bien sûr on ne me fera pas de statue, bien sûr je ne suis auréolé d'aucune gloire, n'empêche : je suis fier de ces petites victoires. Fier aussi de recevoir des messages de gens d'ici qui me disent qu'eux aussi ils tiennent. Fier d'appartenir à ce cercle qui s'épaule, se renforce et se motive. Sans argent, sans projet ambitieux, sans grands discours, par la simple magie de l'épreuve partagée et de l'enthousiasme indispensable qu'il faut pour en sortir (car on s'en sort en riant, pas en pleurant). Fier de vous qui lisez, que vous soyez au bord de lacher la clope ou déjà bien avancé. Que ce soit dur ou plus simple. Tant qu'au fond du ventre vous sentez cette petite boule de colère et de joie qui nous fait tous tenir, c'est bon ! 5ème, 6ème, 7ème raison, qu'en sais-je ? En faut il plus encore. Petite anecdote, car ce blog est après tout une sorte de journal intime. Ce matin, j'ai retrouvé un de mes paquets de clopes. Après 6 mois et demi !!!! Chez moi... Tout déchiré, parce que le carton servait à rouler les joints... Je l'ai vu, bambino était là. J'ai dit "oh un paquet de cigarettes". Il m'a dit, directement, "papa faut pas que tu les fumes hein ?". Je crois qu'il s'est inquiété un peu, du fait que je puisse oublier. J'ai pas hésité une seule seconde. "Regarde, mon grand, le seul usage qu'un homme se doit de réserver à ce qui l'avilit et le diminue". Destruction du paquet, poubelle. Immédiate, indiscutable, et souriante. Entre nous, j'y pense encore, souvent. Tous les jours. Entre nous j'ai du mal, je m'impatiente, souvent. Entre nous je compte les mois, j'espère, j'attends un peu... Mais je pense à mon arrêt, pas à la reprise. Je m'impatiente de la liberté, pas de la cigarette. Et j'espère mais j'ai déjà la certitude que j'y arriverai. Voili voilà... Bise aux inquiets. Je tiens la barre. Tous avec moi !
Posté le 13 juillet 2009, à 14:47
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M...
Que le chagrin m'emporte. Il y a dans toute défume la journée maudite, l'écueil redouté. Celle qui met à terre plusieurs mois, plusieurs années. Non, je ne vais pas fumer. C'est un chagrin d'une autre race, qui ne part pas en fumée, qui ne veut pas partir en fumée. Mais ça m'est revenu. Intacte, comme neuve, elle m'a glissé sur les lèvres, cette envie de trouver dans la clope une excuse pour faire couler une larme. Et comme tout le monde, pire que tout le monde, j'ai ressenti dans ma tête le "à quoi bon"dont vous vous figurez les vénéneuses conséquences. Vais-je devoir en plus faire l'aveu d'une faiblesse, admettre la dépression totale, la détresse ultime. Le sort n'a-t-il pas encore détruit tout ce qu'il y avait de joli en moi ? Que sont mes 6 mois d'arrêt : à cette seconde, ils me semblent un château de sable patiemment construit et que la marée montante, dans sa lunaire obsession, s'en vient grignoter irrémédiablement. Que ça fait mal parfois la vie. Ca on le sait tous. Mais il faut en revenir au sujet, au petit sujet, à l'anecdotique sujet, au sujet essentiel pourtant dans ce qu'il symbolise. L'arrêt de la clope. Eh bien je vous écris de ce fil tendu entre désespoir et laisser aller. Voilà 10 minutes que je sais que le tabac au rez-de-chaussée est ouvert. 10 minutes qu'il me semble avoir si peu à perdre, et si peu à faire pour m'enfoncer parfaitement et me complaire dans l'échec le plus parfait. Je n'y vais pas. Serai-je devenu non fumeur ? Je devrais- dans ce cas - me réjouir. Voir la petite lumière de satisfaction dans cette journée désolante où tout semble si noir. Me féliciter d'être au moins "sorti de cet enfer là", même s'il en cachait mille autres. Rien de tout ça. Je suis juste chagrin. Non fumeur, mais chagrin. Au lieu d'allumer une clope, j'ai laissé ici ce petit mot, histoire de consolider cette résolution de ne pas aller m'acheter un de ces maudits paquets. Je baisse les bras, mais pour écrire ces lignes, pas pour attraper un briquet. Ca va déjà mieux de l'avoir écrit ici. Au pire de vos prochains moments nuls, souvenez-vous qu'il vaut mieux cracher une phrase malheureuse qu'un nuage de vapeur cancérigène. Note d'humour. J'y crois de justesse. Bon courage à vous, dans les bons jours et dans les autres.
Posté le 8 juillet 2009, à 12:01
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Entre paix et colère.
Ce qu'il faut de colère, de rage, d'emportement, ce qu'il faut de chagrin, de déception et d'amertume, pour dire un jour adieu à la cigarette. Ce qu'il faut de paix, d'équilibre, de douceur, de force tranquille et de recul pour tenir dans la distance cet abandon consenti sans jamais le regretter. Il est aussi là, le défi de l'arrêt : sur la frontière chancelante qui unit la faiblesse et la force, la colère et la paix, l'amour et la haine. Sur la ligne infranchissable qui sépare ce que nous sommes de ce que nous voulons être. J'ai besoin de colère, j'ai besoin de mes morts, j'ai besoin de mes souvenirs. J'ai besoin d'y puiser la révolte imbattable, la détermination féroce, la gniack enragée de celui qui n'a plus grand chose à perdre. J'ai besoin de la paix, j'ai besoin d'oxygène, j'ai besoin de la douceur fraîche d'une brume qui vient envelopper l'aube. J'ai besoin du pardon pour les fautes d'hier, de fermer le livre de la rancune, d'ouvrir celui de la compassion. Et je marche, de la haine à l'amour, du manque à la plénitude, du besoin néfaste à la noble envie. Tomber, ouvrir les bras, découvrir qu'on vole. Entre la bataille et la paix, ne laissons aucune place à la défaite, donnons toute sa dimension à la victoire. Bon courage, bonne défume. Hauts les coeurs.
Posté le 6 juillet 2009, à 15:34
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Auriez-vous le courage de vous priver encore plus ?
Chers mercenaires de la défume, Vous êtes fiers à juste titre de votre combat, et du nombre d'envies que vous parvenez à surmonter. Toutefois, pensez qu'il y a des gens qui ont fait ou qui vont faire bien plus fort que vous. J'ai nommé : ceux qui clopent encore. Démonstration. Un fumeur doit se retenir généralement au boulot. Au resto. De moins en moins fument dans les maisons. On ne voit plus que de rares connards (je les appelle ainsi) qui fument au volant avec les enfants attachés derrière. Au bas mot, un fumeur moyen se "retient de fumer" à peu près 10 fois par jour, soit parce qu'il veut se limiter, soit parce que les circonstances ne s'y prêtent pas, soit parce qu'il est dans le train, etc, etc, etc. Se retenir de fumer 10 fois par jour pendant 25 ans, c'est renoncer de force à un total de 3.000 clopes. 3.000 frustrations, minimum. Arrêter de fumer, même si on fume beaucoup, c'est renoncer à ces clopes dont on avait vraiment du mal à se passer. Au moins 20 par jour pour être "calés". Les 2 premiers mois, vous avez donc renoncé à 1.200 clopes. Les 2 mois suivant, l'envie passe, vous avez les gommes etc, mais vous avez encore envie d'une dizaine de clopes par jour. Admettons. 600 clopes de mieux. Vous avez fait face à 1800 envies de clopes, bravo. Les mois 5 et 6, en vue de Dinoland, si vous prenez (ou pas) vos médicaments, vous aurez à faire face, à tout casser, à 4 ou 5 envies par jour, à condition d'avoir vraiment fumé comme un malade pendant des siècles; Ca nous fait encore 300 clopes à s'épargner. Allez, j'suis pas chien, j'ajoute encore 500 clopes (oui, 500) dont vous devrez vous "priver" pour les grandes occasions, et pour les mois après le 6 ème où vous l'aurez encore dur de temps en temps. Vous avez bien fait les comptes : arrêter de fumer, c'est renoncer à 2.600 clopes. A tout casser. Continuer à fumer, c'est se garantir le renoncement à 3.000 clopes, minimum, tout en s'en envoyant des milliers dans les poumons. Et ça va aller en s'aggravant : on pourra bientot plus fumer nulle part. Conclusion : l'effort que vous faites, vous auriez de toute façon dû le faire en continuant de fumer. N'ayez donc aucun regret. Vous avez pris la meilleure décision, par la voie la plus facile. Vous auriez même été obligé de subir pendant plus longtemps ce manque. Là, objectivement, vous avez le droit de vous sentir malin. Bonne défume à tous.
Posté le 5 juillet 2009, à 19:16
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Dinoland !!! Si moi je peux, six mois je peux...
Le premier réflexe a été de regarder plusieurs fois le panneau, c'est dur à croire, c'est dur pratiquement de se dire "j'y suis". J'ai dû chercher dans ma mémoire un craquouillage ou deux, me suis revu triste, énervé, désespéré, tendu, en colère, stressé... Mais rien, pas une bouffée, pas un pétard. r.i.e.n.
J'ai revu, le 3 au soir, ce dernier pétard écrasé, confectionné sans joie avec la dernière clope retrouvée. "c'est demain le grand saut". Je me suis senti tomber des semaines, des mois entiers, et ce matin je vole.
Arrivé à Dinoland, y a une grosse boule qui monte à la gorge, la compil de tous tes efforts, la somme de tous les moments où t'as cru que t'y arriverais pas, l'émotion surtout de te dire que si, toi aussi t'as réussi.
Je suis à Dinoland, des pieds à la tête, j'y suis jusqu'au trognon, j'attends que le bambin se lève pour lui annoncer que son papa fume plus depuis 6 mois. Il s'en foutra un peu et me parlera d'autre chose. Quand j'avais son âge, mon père avait le mien. La clope a fait stoper son coeur un matin, sans que je puisse dire au revoir. J'me suis battu aussi pour épargner à mon bidou cette malédiction là, et sans que ce soit une vengeance, c'est déjà une petite victoire sur la vie.
Depuis quelques semaines, je réfléchissais au "défi d'après", tant cette barre des 6 mois galvanisait mon énergie, appelait chaque jour une nouvelle performance, imposait de tenir. Le nouveau défi, c'est justement de ne pas me précipiter sur un nouveau défi. C'est de prendre le temps de savourer une victoire avant de foncer vers une prochaine frustration, un combat de plus. Bien sûr je dois perdre mes kilos d'arrêt, bien sûr je vais péleriner pour porter témoignage contre le joint (une saleté) et la clope (de la merde). Non plus pour me convaincre, mais parce que j'en suis convaincu, et que la conviction - quand elle devient action - est la meilleure assurance anti-reprise du monde.
En arrivant sur le stop y a 4 mois, je l'avais dur. Vraiment. Ca m'a aidé de discuter le coup ici. Et je reste, pour tout ce que ça apporte, et en espérant pouvoir apporter ce témoignage si banal au fond et pourtant si incroyable : j'ai arrêté de fumer.
L'arrêt continue, mais la vie recommence. Estel, Frankoise, Magnio, Guy, et les autres, vous qui êtes à quelques jours, à quelques heures, ou à quelques mois de Dinoland, je vous attends. Je compte sur votre présence ici, le plus tôt possible, et vous remercie pour "vous savez quoi" ! (tous en coeur = mais de riiiIIiiennNNN DooOOOm"
Allez bisou !
Dom le Dino.
Yeeeeeeeeeeeees.
ps : j'ai mis ma tronche en illustration, parce que ce matin j'ai pas trop honte de moi (même si la photo a 8 mois
)))))
C'est dire si j'avance lol.
Posté le 4 juillet 2009, à 07:47
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Dupe de la clope ou de soi-même ?
10H30. Yeux ouverts. Silence dans la chambre. Je viens de faire une grasse matinée. Ca fait 20 ans que je n'ai pas dormi plus tard que 8H30. Explication : fais du vélo cette nuit, beaucoup. Couché tard. Je me pensais un lève tôt, c'était dans les instincts. Le jour passe. Courrier sympa, tout à l'heure. Sourire, petit bonheur. L'idée d'une présence, sans la présence d'une idée. On est là tout les deux, sans y être ni l'un ni l'autre. Amusant. Me voilà loin, me voilà ici. Je me pensais absolument isolé, "en quarantaine" dans tous les sens du terme. Le jour passe. Chèque dans la boîte aux lettres. Inattendu. Terrasse détendue. Soleil revenu. Je blague, m'amuse. Réfléchis à tout, à rien. De bonne humeur. Je me pensais déprimé. La liste est longue : c'est celle d'une seule journée. D'une journée où les convictions du matin sont à midi un doute, et le soir un regret. Une journée où les certitudes s'enfilent sans jamais se vérifier. Nous sommes, je suis, tu es, le pire des ennemis. "je me pensais fumeur", j'étais juste malheureux. "je me pensais fumeur", j'étais juste un ado attardé. "je me pensais fumeur", j'étais juste un drogué. "je me pensais fumeur", j'avais juste un chagrin à laver. La seule fatalité : ne jamais ouvrir les yeux. "tournage de page" : Ces jours derniers sur le stop, ça a craquouillé dans tous les sens. On se dirait dans les tranchées de Verdun, à voir tout autour les camarades se faire blesser, et repartir au combat. En chercher d'autres du regard, ne plus entendre leur voix. La guerre a la clope vient chercher son lot de victimes, mais la victoire est la seule possibilité. On sait la guerre injuste. On sait les audacieux qu'elle n'emporte pourtant jamais. On sait les planqués que la défaite vient chercher dans la meilleure cachette. Aujourd'hui je n'ai rien, pas une égratinure. Demain peut-être ce sera mon tour de tomber sur trop dur. J'attends les armes à la main, le fusil chargé de bonnes résolutions, la confiance absolue en la cause que je défends, que je défendrais. J'ai peur de tout, sauf de ne pas y arriver. Bonne journée à tous. Bon courage à chacun.
Posté le 2 juillet 2009, à 14:01
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La guerre d'après.
Depuis quelques semaines, c'était une prémonition.
Depuis quelques jours, une certitude.
Dans 3 jours, ce sera une réalité.
Voilà Dinoland. Voilà le répit, voilà le sommet de la montagne - du moins m'en suis-je convaincu : voilà les 6 mois passés sans un pétard, sans une cigarette. C'est dans 3 jours et rien, apparemment, ne peut plus m'empêcher d'y faire une entrée triomphante le matin du 4 juillet, jour de la fête de l'indépendance (drôle de hasard).
A l'heure où je pourrais me pourlécher du "repos du guerrier", du haut de ces petites envies qui ne m'égrattignent même plus, je dois me rendre à l'évidende : ce n'est qu'une étape, et la seule façon de rester non fumeur, au fond, est de devenir quelqu'un d'autre.
Problème de poids, problème de coeur, problème de problème, triste humeur de quelques fois, grandes questions de toujours, la voilà la vraie bataille qu'il va s'agir de mener. C'est tout l'objet des 6 prochains mois, c'est le défi que je m'adresse, le gant que je ramasse, c'est la suite logique de mon arrêt de la clope et du joint.
J'ai envie de faire la paix.
Avec les morts comme avec les vivants, avec mes erreurs comme avec mes succès, même avec les fumeurs... J'aimerais ne plus avoir cette haine au bord des lèvres, cette amertume que j'ai trop longtemps cru soigner à l'herbe et dont il est aujourd'hui question de me débarasser plutôt que de la planquer sous je ne sais quelle drogue, je ne sais quelle bouteille, je ne sais quelles apparences.
Pourquoi je raconte ça ?
Parce que derrière les apparences justement, c'est un grand pas en avant, et ce grand pas m'est permis par l'arrêt de la clope. C'est un succès (j'ose le mot) mais non une fin en soi.
Avoir "réussi" à prendre le dessus sur la clope, c'est faire germer l'idée que je peux très bien vaincre d'autres problèmes. C'est avoir pris le temps de m'étudier et d'étudier le soucis pour y apporter une réponse fiable, durable, construite.
Avoir "réussi" à prendre le dessus sur la clope n'a au fond de valeur que si cela débouche sur une remise en question d'un niveau plus noble, plus complet, plus sincère.
La clope n'étant, à mon sens, qu'un symptôme. Elle n'a que la force qu'on veut bien lui donner. Je sais que les nouveaux vont bondir à la lecture de cette affirmation, mais la vérité semble ailleurs, le problème semble ailleurs.
J'aurais aimé "me réformer" avant d'arrêter de fumer, ça aurait sans doute été plus facile, en plus, d'arrêter le joint et la cigarette une fois mieux dans mes pompes. Voilà le chemin fait à l'envers, et c'est tant mieux. C'est peut-être là que je voulais en venir :
la cigarette nous empêche de nous réaliser.
Bon c'est peut-être seulement vrai pour moi. Mais à bien y réfléchir, que valent nos discours sur la liberté, quand on ne peut faire 1 journée sans béquille ? Que valent notre amour des grands espaces, si c'est pour se mettre du goudron dans les poumons ? Que vaut notre digne indignation devant la world compagnie si c'est pour engraisser des marchands de m... qui peuvent se vanter d'avoir emmené au cimetière la moitié de notre famille, généralement ?
Arrêter la cigarette pour la santé, les sous, les dents, c'est bien. Mais il y a un bénéfice sous-jacent et peu perceptible qui vaut encore mieux que tous les autres. Celui de nous rétablir dans le libre arbitre, dans le respect de nous même, dans cette capacité que nous avons d'être adulte, de nous gérer, de prendre en main notre destiné. Autant de chose qu'on pense pouvoir faire en fumant, jusqu'à découvrir qu'on est, au fond, qu'un gamin grandi trop vite et qui suce comme il peut sa tétine cancérigène, "parce qu'il a peur de la mort".
Foin de paradoxe, l'heure est... A faire la paix avec tout ça. Avec un peu de patience, on peut devenir un non fumeur. Avec un fond d'optimisme, je me propose de devenir un non fumeur heureux !
ps : merci aux ceusses qui m'ont mis la main sur l'épaule, dans le cadre de "mon grand coup de blues mensuel". Ca fait du bien, et vous savez (déjà) que je me reléverai
Bonne défume à tous. Courage. Patience.
Posté le 30 juin 2009, à 15:03
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Faut voir ce que ça donne...
Chaque baton est une clope "non fumée" depuis mon arrêt.
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Chaque V est un joint non fumé depuis mon arrêt :
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Faites ce petit jeu : dessinez votre succès, dessinez surtout ce à quoi vous avez échapper, et savourer l'air
Posté le 29 juin 2009, à 10:17
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Ouf : on a aucune volonté !
Quand je repense à mes tentatives ratées, l'évidence me pend au nez comme la clope me pendait au bec : c'etait un problème de volonté. J'en avais trop. Volonté de fumer, terrible, implacable, volonté de me croire éternel, volonté de m'imaginer libre, volonté d'expérimenter, volonté (encore elle) de fumer, car fumer il faut vouloir, à la réflexion. faut vouloir s'étouffer, faut vouloir attraper des maladies même pas drôles, Faut vouloir claquer des fortunes, faut vouloir avoir envie de puer de la bouche (fumeur, je trahis le secret : tu pues sévèrement de la gueule mon ami !!!!!). ... et par dessus tout il faut vouloir être esclave d'un produit toxique. On dit souvent qu'il faut de la volonté. les tabacologues disent que c'est même pas vrai (ça doit faire longtemps qu'ils ont pas arrêté de fumer, entre nous, les tabacologues). J'ai tranché en décidant que la volonté était dans la clope, pas dans l'arrêt. Ca me semble tellement plus vrai ! Mettre la volonté du côté de la clope est du reste le meilleur service que je me suis rendu. Parce qu'en décidant que ma volonté était dans le camps de mon ennemie, j'ai fait la l'addiction un cadeau empoisonné, un allié pire que le pire des ennemis. Ma volonté, qui n'a jamais réussi à vaincre la clope, n'a pas plus de chance de me vaincre moi-même. Ma volonté de fumer n'a guère de la suite dans les idées. Elle perd son souffle à vue d'oeil. On l'entendait de loin les premiers jours, les premières semaines, elle portait encore beau après 3 ou 4 mois. Il faut la voir aujourd'hui, cette volonté de fumer. Elle vient parfois gratter à la porte de mes soirées, et je la sens agonisante, mourante, si faible... Que j'en aurais presque pitié. Elle qui hurlait, elle qui claquait les portes... Voilà qu'elle y gratte à peine, toute péteuse d'être encore là, nue de ses prérogatives et de ses vieilles vanités. Jeune 'arrêteur de cloper", la prochaine fois que tu croiseras ton impérieuse envie de cloper, rie d'elle. Comme tu rierais de la petite bombe qui te dédaignait au collège et que tu croises au supermarché 30 ans et 80 kilos plus tard. Comme tu rirais de tous ces mecs qui t'impressionnaient beaucoup avant que tu te sentes bien plus forts qu'eux. Comme tu rirais de tes profs sceptiques si d'aventure tu réussis ta vie malgré leur prédiction. Tu n'as pas de volonté ? Grand bien te fasse... Ca te permet de te rassurer : cette volonté servait surtout à la clope pour te pourrir la vie. Amuse-toi à lui voir baisser les bras et savoure, c'est assez méchant comme plaisir... Et alors ?
Posté le 22 juin 2009, à 09:32
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Autre façon de voir. Pourquoi pas ?
La question revient souvent, je la vois embêter les nouveaux, faire rire les dinos. C'est la seule vraie question que se pose l'arrêteur de cloper, la grande inconnue, la question qui empêche chaque jour des milliers de fumeurs de s'empoisonner : combien de temps je vais souffrir ? Et pourquoi ça dépend des gens ? Et pourquoi, bon sang, pourquoi les autres y arrivent et pas moi ? Je vous invite à considérer les choses ainsi : la "liberté" n'est pas devant vous. Elle est derrière. Vous n'avez donc aucune chance de l'appercevoir, même en regardant très loin. Oui, votre liberté est derrière vous. Cette liberté a normalement tendance à vouloir vous rattraper. C'est la cigarette qui la maintient à distance. La preuve : en arrêtant assez longtemps, vous êtes obligé de retrouver cette liberté, ce n'est pas une éventualité, c'est une certitude. A condition de vous poser assez longtemps. Le secret est (peut-être) là : il ne faut pas courir après la paix, il suffit de se laisser rattraper par elle. Se laisser rattraper par la liberté, c'est s'accorder une pause, une respiration. Et attendre patiemment en sachant que chaque jour sans fumer, la liberté vous rattrape. Imaginez-la courir vers vous, jour après jour. Imaginez sa joie lorsqu'elle voit grossir votre silhouette. Vous vous rapprochez d'elle. Même si elle est loin derrière, même si vous lui avez fait du mal, elle vient vers vous et rien, absolument rien ne peut l'empêcher de vous rejoindre. Elle gagne chaque jour du terrain. Vous en connaissez beaucoup des gens qui ont arrêté depuis 10 ans et qui mettent encore des patchs ? Non. Il n'y a donc pas de "course" à poursuivre derrière un objectif innaccessible, il suffit d'attendre, d'oser attendre. Ca ne réclame aucun effort, ca ne demande pas une course éfrennée, juste oser l'attendre, avoir confiance en sa venue, qui est inéductable. Se laisser rattraper par ce petit garçon, par cette petite fille que vous étiez. Qui vous dirait sûrement que fumer, c'est pas bien. Qui rirait un grand coup de vos petits ennuis et vous proposerait peut-être un bisou magique pour plus pleurer... "ne pas courir après la liberté, se laisser rattraper par elle". Voilà le conseil que je me prescris depuis un moment. Certes, nous ne marchons pas encore côte à côté, la liberté et moi, mais je l'entends, je la sens qui me rattrape, qui arrive, je sens sur le sol son pas faire vibrer la terre. Devant moi loin, très loin, il n'y a plus que cette envie qui court, court, court, sans que je ne cherche plus à courir à côté d'elle. Voilà pourquoi on risque toujours de la croiser au bord du chemin : on l'a laissé partir toute seule. Et ça n'a, au fond, aucune importance si on a appris à ne pas la poursuivre. Bonne journée à tous.
Posté le 11 juin 2009, à 09:20
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Canabis-city
(topo à la demande de quelqu'un qui me demandait...) Canabis-city est une jolie ville où l'on a peu de problèmes, peu de joies aussi... C'est une ville-dortoir, ville où l'on s'endort, ville enveloppée d'un léger brouillard et où rien n'est jamais vraiment grave. A canabis-city, il n'y a pas de prison. Il n'y a pas d'écoles, il y a peu de bureaux. Ici rien n'est grave. Ici tout est cool. Absolument tout est "cool". A canabis-city, on est jeunes, on est beaux, on est écolos. N'est-ce pas "de l'herbe" qu'on fume ? Bien sûr on sait que l'huile de vidange ça sert à couper le shit, bien sûr on sait que d'autres piles des tubes en néon pour couper l'herbe et la vendre un peu plus cher. Ca fait tousser, ça filera dans 10 ou 20 ans de sales maladies mais qu'importe ? Là encore, même si c'est pas "super cool", c'est quand même pas la fin du monde. Bien sûr ça inquiète à mort "les autres", ceux qui ne vivent pas à canabis-city, mais nous hein... "Coooool". Pourquoi tant d'agitation ? On est pas bien là ? Canabis-city a son drapeau. Avec des feuilles pointues : on en fait des bagues, des amulettes, ça décore de jolies boîtes. Canabis-city a sa musique vert-jaune-rouge, ses groupes de rock, elle a même ses parties politiques qui expliquent que le canabis, c'est bien, c'est propre, c'est coooooool. Le programme politique de canabis-city a de quoi plaire à tout le monde : être cool, rester cool, pas s'embêter, pas s'inquiéter, pas construire, pas détruire, rester là jusqu'à demain. Canabis-city est une sorte de ville de vacances. On y part en week-end vers 15, 16 ans. Des copains s'y retrouvent. On en rencontre d'autres. Et on s'amuse, on se sent bien malins, on visite tout. Le quartier rouge, les balades en bagnole dès qu'y en a un qui a le permis. On visite les carnets de feuilles ocb, les 1.000 façons de fumer le truc, de bourrer une pipe, de faire son malin. C'est vraiment une chouette ville pour passer un week-end : les parents n'y vont jamais, les profs savent même pas que ça existe, les autres, tous les autres, s'en foutent. Et pour certains, pour certaines, un jour arrive où on veut s'en aller de Canabis-city. Histoire de faire un peu de sport, histoire d'avancer dans le boulot, histoire de vivre soi-même, au lieu d'en regarder d'autres vivre dans la télé. Ou juste histoire de rigoler car les fêtes à canabis city, c'est un peu chiant : personne ne danse, on est là, scotché, comme des cons, et point. "Youpi". Le jour où on veut partir, c'est là qu'on comprend que c'est très difficile. Plein de routes mènent à canabis city, mais peu en repartent. Quelques unes vont dans des prisons, dans des centres de soins psychiatriques, chez des médecins... l'énorme majorité amènent devant un bureau du chomage ou une caisse d'allocation familiale. Ah oui parce qu'il faut dire : peu de gens travaillent à canabis city. Ou des petits boulots. Des boulots de merde en fait, dont personne ne veut, et qu'on met au chaud pour les habitants de canabis city qui, eux, les trouveront sans doute "cool". Certains, plus aidés, plus brillants, arrivent bien sûr à sortir du lot. Il leur manque quand même quelque chose : pendant qu'ils trainaient à canabis city, les autres avancaient, avancaient, avancaient... Ils devenaient adultes, ils devenaient responsables, ils prenaient bien sûr leur vie en pleine gueule, mais du coup ils apprenaient à faire avec.A canabis city, tu te prends rien en pleine gueule. Et tu en sors - si tu en sors - exactement dans le même état que tu y es rentré. La confiance en soi en moins, souvent. Y a aucun miracle. Faut le savoir : tout ce qu'on te donne à canabis city, tu le paies à la sortie. Tu as été détendu ? Tu seras stressé. Tu as rigolé ? Tu pleureras. Tu as eu du courage ? Tu auras peur. Oeil pour oeil... Alors à ta sortie de canabis city, tu as le choix. Te prendre dans la tronche le temps perdu, l'accepter, te le prendre comme une baffe, comme une injure, comme une humiliation. Comprendre que quel que soit ce que tu fais, tu ferais mieux si t'avais pas croisé le joint. comprendre que quelle que soit ta santé, elle ne sera jamais comme elle aurait dû être. Comprendre que t'as plus de nerfs pour résister, te battre, défendre ta place, ton bout de steak. Et souvent, très souvent, tu fais demi tour, te retournes à canabis city, pour trouver ça "cool". Pour pas devenir fou. Parce que voilà, tu as laissé dans des feuilles collées ta volonté, ta fougue, ton courage, ta jeunesse. Voici 5 mois que j'ai quitté canabis-city, et après 10 ou 15 ans passé là bas, je comprends seulement maintenant quelle putain de merde de ville c'est. Je revois mon frère, réveillé au petit matin par les flics, menottes aux poignets. Je revois ce copain d'école qui, pour avoir fait pousser chez lui, est parti 2 ans en prison en laissant chez lui sa petite fille qu'il ne verra pas grandir. Je me revois en train de croire que je vivais malgré cette consommation, alors que je ne vivais qu'à moitié. Je recompte les sous, des milliers d'euros, ces week-ends pourris à attendre "le plan", les déceptions, cette envie toujours plus forte, que même le pétard n'apaise plus. Je repense à tout ce que j'ai accepté : des amis pas terrible, un couple à la dérive, des affaires moyennes, plein de choses que je n'accepterais plus aujourd'hui, contre lesquelles je me battrais, et que j'ai laissé perdurer des mois, des années... sans réagir ou si mal. Je me revois à 35 ans passé, en train de zoner au pied de hlm sordides, en train d'aborder ces bandes de mecs à peine majeurs "et encore", en train d'encourager un trafic qui maintient dans la préarité et la honte de plus en plus de jeunes qui gênent trop de monde... En train de les voir se marrer sans se surprendre, devant ce "vieux mecs" accrocs à leur truc. "On s'enfuit du tabac. On se sauve du canabis." J'espère être sauvé. Je suis sauvé. Les années passées, elles, se sont sauvées depuis longtemps et pour toujours. Me reste celles qui restent. S'ils en restent ! Bonne chance à tout ceux qui tentent l'évasion.
Posté le 10 juin 2009, à 19:16
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Etre son pire ennemi, quelle chance !
Jules César, sinistre clown, même pas empereur, devenu une légende pour avoir battu moins fort que toi, pour avoir franchit un ruisseau en parlant latin. Je vais t'en foutre, de la gloire, de la postérité. Je vais t'en cueillir des lauriers à se poser sur la tête pour rendre verts de jalousie les petits copains. Risible que tu es. Je vais t'en creuser des via deus et des arc de triomphe... Ecoute la mienne, d'histoire ! "tu clopes filis ?" * Mon ennemi est aussi fort que moi. Exactement aussi fort que moi. Suis-je persévérant : il est persévérant. Suis-je hargneux, agressif, fou de rage : il l'est tout autant. Suis-je rusé, condescendant, gentil, attentionné : il m'offre en retour la même chose. C'est toute la gloire et tout le drame de se battre contre soi-même : avoir un ennemi à son exacte mesure. Se battre contre son envie de clope, c'est se battre contre soi-même et en même temps se battre POUR soi-même. D'où cette impression insupportable qu'on y arrivera jamais. D'où cette certitude que quelle que soit la force de nos coups, on en reçoit de tout aussi violents. Il suffit d'observer : ceux qui arrêtent en douceur et avec le sourire, les "positifs", disent que tout va bien, et reprennent dans une occasion sympa "pour la convivialité". Au contraire, les fous-furieux-qui-souffrent se font violence dès le départ, et reçoivent en échange de violentes envies de cloper et "craquent" dans les pires moments. On dit qu'il y a autant de forme d'envies qu'il y a de gens qui arrêtent de cloper : et pour cause. Heureusement pour moi (pour vous aussi si vous lisez jusque là), heureusement donc, si nous sommes faibles parfois, notre envie l'est aussi. Elle l'est même exactement autant que nous. Vaincre son envie, c'est donc s'étonner. Se dépasser. Pas forcément beaucoup, un millimètre suffit. Parce qu'on a été plus persévérant qu'on pensait l'être. Parce qu'on a été plus positif, heureux, courageux qu'on pensait l'être. Parce que l'arrêt de la clope nous a donné ce petit surcroit de volonté qu'on avait pas en commençant. Vaincre son envie, vaincre ce vilain côté qu'on nourrit malgré nous, vaincre ce fumeur invétéré qu'on refuse de tuer parce qu'il a notre visage, c'est possible. Manquez-vous de patience ? Travaillez la patience. Manquez-vous de volonté ? Laissez l'ennemi croire que vous en manquez. Etre général d'une armée de sentiments, être soldat dans la bataille, gagner la partie, se battre jusqu'à la dernière cartouche. Je ne sais pas bien l'expliquer, même si j'en ai parlé pas mal sur le tchat ces temps derniers. J'avais appelé ça "le cap des 4 mois" : quand tu touches le fond, et seulement à ce moment là, tu remontes. A tête reposée et aux vues de ce nouvel éclairage, je dirais plutôt aujourd'hui "quand tu es au bout de toi même, quand tu n'en peux vraiment plus, alors, si tu tiens encore 2 jours, tu as gagné la partie". Ca parait con, c'est pourtant une expérience vécue et que je recommande à qui en doute. La prochaine fois que vous serez au bout de vous-même, la prochaine fois que vous vous sentirez minable d'envie, la prochaine fois que vous vous mentirez sans être dupe de vous même, tenez encore 2 jours. Si vous êtes à bout, n'oubliez pas : c'est qu'alors, votre envie l'est aussi. Savourez votre ras-le-bol : c'est le ras-le-bol de votre dépendance, de votre "côté obscure", de votre addiction. La vaincre à ce moment là, c'est la vaincre pour toujours. * Jeu de mot à 2 balles : "tu quoques filis/toi aussi mon fils !" = derniers mots de JC à son fils.
Posté le 10 juin 2009, à 10:11
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On est tous des femmes enceintes !
C'est ce week-end que j'ai compris que tout ex-fumeur, dans sa phase d'arrêt, est une sorte de femme enceinte. Parce que l'humeur une fois ça va, l'autre pas. Parce qu'on voudrait un docteur, qui dirait que tout va bien. Parce qu'on dit qu'on est content, pi on a l'air malade. Parce qu'on croit que ça ne finira jamais, et faut qu'on parle à quelqu'un. Parce qu'on prétend avoir trouvé l'équilibre, et la balance ajoute 10 kilos. Parce qu'on voudrait VRAIMENT un docteur, et vite. Parce qu'on parle de notre cas à plein de gens qui parlent du leur, les cons ! Parce que la moindre consultation devient un sujet de conversation pour 15 jours. Parce qu'on dit qu'on est plein de santé, à en vomir. Parce qu'on se dit qu'on est pas pareil que les autres, qui se disent la même chose. Parce qu'on admire ceux qui ont l'expérience, qui ont "trouvé le truc". Parce qu'on se dit que nous on est pas capable, c'est comme ça. Parce qu'on a peur de l'échec même quand rien n'indique qu'échec il y aura. Parce qu'on achète plein de conneries super chères pour se rassurer. Parce qu'on lit Allen Caar comme d'autres lisent Laurence Pernoud Parce qu'on se tape des insomnies sur internet à lire des horreurs pour s'encourager. Parce qu'on se tape des journées sur internet à chercher du soutien quand on se décourage. Parce qu'on a l'impression d'être mis de côté, de toute notre innocence. Parce qu'on fait chier tout le monde avec nos histoires et notre nombril. Parce qu'on se pardonne tout, au nom de la vie. Parce qu'on ne pardonne plus rien, au nom de la vie. Etc, etc. Pourquoi je dis ça ? En quoi ça aide à arrêter de fumer ? Il en va d'un arrêt de la clope comme d'une grossesse. Sur le coup y a "que" ça qui compte, avec le temps, ça ne compte plus du tout. On s'amuse de ses délires, on se moque de soi-même, quand on croit que "ça ne s'arrêtera jamais". On a presque envie de demander pardon à tout le monde, tant ce n'était, au fond, pas si important que ça. La prochaine fois qu'une grosse envie vous prend, demandez-vous ce qu'il en restera dans 1 an. La prochaine fois que vous aurez l'impression de traverser le pacifique à la rame, imaginez-vous, dans 10 ans, en train de raconter à quelques fumeurs "ah oui quand j'ai arrêté bha 6 mois difficiles je crois, j'me souviens plus". Gageons qu'avec le temps, à force de raconter l'histoire, vous serez encore beaucoup, beaucoup beaucoup plus courageux que maintenant. S'imaginer Dino, c'est la meilleure façon de le devenir !
Posté le 8 juin 2009, à 09:34
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Homéopathie mentale : mon invention pour gagner contre l'envie.
En bon coach, j'allais inonder la boîte mail d'un disciple quand m'est venu l'idée d'en faire profiter tout le monde.
Voilà : j'ai mis au point une technique contre le manque, qui vaut ce qu'elle vaut mais "ça ne coûte rien d'essayer" et elle m'a permis de passer des caps vraiment difficiles. Je vous la livre, après on dira pas que je fais "le négatif casseur de moral".
A noter : cette technique s'adresse à ceux qui ont plus de 15 jours d'abstinence dans les lattes. Toutes les expériences sont bonnes à faire ceci dit. J'lui ai trouvé un nom rigolo : l'homéopathie mentale.
Constat : la peur de craquer est obsédante. Le passage à l'acte destructeur. On sait que si on craque sur une clope, il faut une volonté terrible pour se remettre en selle directement, et les effets sur le moral sont tellement tristes qu'on peut se trouver décourager, honteux, déprimé. Sans parler de la nicotine qui fait son grand retour dans l'organisme en réveillant de bien vilaines envies.
Principe de la méthode : dissocier l'envie de la clope de la clope. Fixer son attention sur un autre manque, plus gérable, plus acceptable, et surtout moins dangereux en cas de faiblesse. Ca peut être le chocolat, la course à pied, moi j'ai choisi le chewing gum.
Explication : au lieu de me dire "j'arrête de fumer", je me dis "j'arrête de prendre du chewing gum pour passer mon envie de fumer". Mon but est de faire de cette idée une obsession. Et je tiens bon. Je tourne autour du paquet de chewing gum. Je tiens 1H, 2 H... Parfois toute une journée. Il m'arrive de fantasmer carrément sur l'effet qu'il produirait. En le rendant précieux, je lui confère des pouvoirs magiques, la force de soulager l'envie, etc, etc. En m'en privant un max, j'économise ce pouvoir. Et étrangement avec l'entrainement, pendant que je pense à mon manque de chewing gum, je ne pense pas vraiment à mon manque de clope. J'ai même fini par l'oublier pour m'inventer cette dépendance rigolote au chewing gum, qui est quand même un peu plus rigolote. Il m'a fallu environ 3 jours pour me convaincre que j'étais addict au chewing et ce jeu m'a amusé plus d'un mois. Un mois sans fumer et sans trop penser à la clope, à lutter contre une envie dont vous savez à l'avance que vous êtes plus fort qu'elle... C'est toujours bon à prendre non ? Et imaginez l'effet sur la confiance en soi...
Résultat : je peux craquer, j'ai le droit de craquer et de prendre un chewing gum. Dans ce cas, je suis super content, car je me libère d'une frustration dont vous savez qu'elle est fatiguante. Je m'offre le luxe de ne pas avoir à "tenir" indéfiniement. C'est la chute, je m'en veux, j'suis nul-sans volonté-minable : j'ai pris un chewing gum !
Autre avantage trouvé au hasar de l'expérimentation : je sais exactement quelles sont les situations à risque, comment résister à la dépendance, et comment être sûr de craquer. Hors, ça en apprend beaucoup sur le mental.
C'est comme mettre un filet pour essayer d'autres façons de s'en sortir, vous prenez confiance, vous essayez des choses que vous n'oseriez pas tenter sans filet. Le chewing gum dont je me prive est devenu ce filet : si je lache prise, ce qui peut arriver à tout le monde, je ne retombe pas dans la clope, juste dans le chewing gum. Et ca me met de super mauvaise humeur, "comme pour de vrai".
Voilà... C'était pour partager un "petit truc".
Ce matin mon compteur indique 4500 clopes "pas fumées". Je préfère réussir à arrêter avec des méthodes à la con que continuer à fumer malgré des moyens intelligents, les uns n'empéchant pas les autres.
Espère vous avoir donné une idée.
ps : la photo c'est un voilier radio commandé de ma fabrication. Le modélisme pour s'occuper les doigts, le premier mois, voyez que ça fait des jolis trucs
Posté le 3 juin 2009, à 10:47
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compteur menteur
"miroir mon beau miroir". Vous je sais pas, moi je suis pris de passion pour mon petit compteur de gains du stop. C'est un peu la plante verte de l'auto-satisfaction que j'arrose chaque jour d'une pluie d'amour-propre. D'abord, y a mon prénom, le vrai, pas le pseudo débile que je me suis collé avec la peur d'être le 309049ème dominique du forum. Ensuite parce qu'y a le petit chiffre en face du panneau "stop". 149 jours. Je ne les compte plus, je ne les compte pas, mais j'apprécie qu'on les compte pour moi. Pour les plus de 1.000 euros, on va faire simple, je m'en contre-fous. M'en suis contre foutu des années, ca va pas changer aujourd'hui. Surtout que si je devais calculer combien j'ai vraiment économisé, en y intégrant "l'herbe qui rend bête", on pourrait allégrement multiplier le chiffre par 3. Pour les 34 jours de gain de vie, c'est pur statistique, je m'imagine comme un vieux dans un hospice à devoir patienter 34 jours de plus... Enfin, pas encore bien au point avec "ça". Ce compteur semble ignorer que je mourrais jamais ! J'en arrive au dessert, au chiffre à la fois dégueulasse et formidable, que j'ose pas regarder, mais que je matte quand même : 4470 clopes "pas fumées". J'en ai quasi la nausée. Je vois, j'imagine toutes ces tiges sur une table. Je les imagine prenant feu, et me sens en train d'avaler toute cette fumée, d'un coup, jusqu'au plus profond des poumons. 4470 clopes. C'est une abberation ! Je viens de faire le calcul "pour rigoler" : à 2 minutes par cigarette et sans jamais dormir ni manger, il me faudrait plus de 6 jours pour m'envoyer ces saletés. Mais j'écris cet article pour tout ce qui ne se trouve pas sur ce compteur. J'ai mon compteur à moi, qui ne compte pas les cigarettes ou l'espérance de vie. Mon compteur est un compteur à chagrins et à bonheur. C'est le grand comptable de la vie qui vient me mettre sous le nez l'implacable bilan de chacun de mes faits et gestes. Un horrible compteur qui mesure la lassitude, les engueulades, l'isolement, le désespoir, l'impatience, les insomnies. Un horrible compteur qui sait quand même compter également ces petits instants de grâce, ces heures où je n'y pense plus, ces encouragements inattendus, comme celui de mon gamin la semaine dernière qui a fini par s'apercevoir que "papa avait dit vrai et qu'il refumait pas" (ton papa c'est un king mon bonhomme). Compteur de mon stop à moi : rupture : 01 crise de nerf de sevrage : 3. Perte d'amis : 5 impression que j'y arriverai pas : 43. Envie de clope : 3000 environ. Sensation qu'avec l'herbe ça allait mieux à vivre : 30. Motivation : 100% kilos gagnés : 20 Honte de m'être fait avoir si longtemps : 39% personne convertie dans l'entourage : 3 Compteur de la vie qui change, des mauvaises habitudes qui allaient avec la clope, qui allaient avec le joint. Compteur de toutes mes faiblesses et d'une bonne part de mes désillusions. Compteur qui s'affole à bientôt 40 ans, pour me dire que j'étais pas si heureux que ça, et qu'il n'y a pas de meilleur moment pour me réformer, pour relever la tête, pour retrouver la joie de vivre "en grand" perdue au fond de je ne sais quel cendrier, dans je ne sais quel couloir d'hopital, dans je ne sais plus quels draps défaits. Arrêter la clope n'est rien. Le compteur tourne tout seul, suffit de le laisser faire, il connait bien la route. Pour le reste il faut la trouver soi-même, la route. C'est d'ailleurs le thème que je me réserve pour le cap des 6 mois, car "une chose à la fois". D'abord, me laver, ensuite mettre des vêtements propres. De ces vêtements qui sont à notre taille, et aller me promener un peu dans la vie au lieu d'y tourner en rond, la clope au bec.
Posté le 2 juin 2009, à 08:56
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quand les qualités suffisent pas... Les défauts sont là !
Courage, persévérance, amour, ténacité, intelligence... Comme il serait facile d'arrêter de cloper avec tout ça comme qualités. Personnellement, ça m'a permis de tenir 2 jours. Au bout de 48 heures, mon courage s'était barré, ma persévérance avait fait le tour de la question, mon amour de moi-même s'était étendu jusqu'à m'accorder toutes les circonstances atténuantes, à bout de ténacité, je me demandais au fond ce qu'il y avait d'intelligent à se faire tant de mal ?
Heureusement, heuuuureuuUUuuUUUusement, j'avais encore en moi de petites pépites, que dis-je, des trésors inépuisables de défauts sur lesquels je pouvais compter. Car qu'on se le dise : on a ses limites dans l'excellence, mais dans la médiocrité, à condition de le vouloir vraiment, on peut tous faire des miracles.
Petit inventaire des défauts que je vous conseille de développer pour gagner la bataille.
La vanité.
La vanité, c'est ma copine. J'aime bien être le centre du monde et j'aime pas trop mon prochain, en moyenne, enfin rarement à-priori disons. Je l'aime bien, mais moins que moi même. La vanité a ceci d'extra qu'elle ne connait pas de frontières, j'en connais même qui sont modestes par vanité, pour qu'on les trouve encore mieux. Aussi, je demande régulièrement à la vanité de m'aider dans l'épreuve. Comment puis-je expliquer à mes potes qu'ils ne sont que de pauvres drogués addicts à de la merde, si je fume ? Comment me trouver mieux que mes frangins, ou que ces connards qui sourient en fumant une clope avec insolence en étant plus beaux, plus jeunes, plus riches, plus heureux que moi ? Grâce à la vanité, inépuisable secours, j'ai en permanence sous la main de quoi tenir tête à l'envie.
L'égoisme.
J'en ai rien à foutre d'être de mauvaise humeur. J'en ai rien à foutre de rater une réunion de boulot. J'en ai rien à foutre qu'on me trouve sympa. "Ma gueule d'abord", c'est le b-a ba de l'arrêteur de cloper. On est 10 dans la salle et je suis le seul non fumeur : ben on fume pas. J'ai envie d'aller prendre l'air, ben je vais prendre l'air, et les autres ont qu'à m'attendre. Dans mon bureau, personne fume, sinon c'est coup de pompe dans le cul. Bien sûr, je perds un par un mes copains. Mais chaque fois que je les croise, je ne manque pas de les inviter à arrêter de fumer. Entre nous, ça m'emmerderait bien qu'ils acceptent, j'aime tellement ce petit truc supérieur que ça confère, d'avoir pas fumé depuis 5 mois (cf "la vanité"
.
La pusilanimité.
Pour les pas intellos du tout, la pusilanimité, c'est la trouille, la peur, les foies, les jetons en somme. J'ai bien peur. L'an passé j'ai vécu 1 an dans un service pour les cancéreux, et franchement, ça m'a fait peur. Quand j'ai un petit surcroit de courage, je me tape une diffusion des images du site, ceux de la rubrique "maladie" et franchement c'est affreux, j'ai vraiment peur d'en arriver là, de souffrir comme ça. Les malades ont un courage que j'ai probablement pas. La peur, ca m'a déjà empéché plein de fois de vivre. La lacheté m'aide au quotidien à subir des trucs que j'ai pas envie de subir, je sais que je peux compter sur elle 24H/24... Pourquoi ne m'aiderait-elle pas à vivre, de temps en temps ?
La méchanceté.
C'est nul, je sais, mais j'aime bien dire du mal. Mon sport du moment, c'est de dire du mal des fumeurs. Ca me fait plaisir et étrangement j'ai toujours une vâcherie en stock pour qualifier un mec qui fume devant son bureau, ou une gonzesse qui se jaunit les dents en public en se trouvant super sexy... C'est devenu un petit hobby, pas un sport non, plutôt une sorte de gymnastique qui m'entretient, chaque jour, dans le monde d'en face : celui des petits malins qui s'en sortent. Si pendant une seconde, vous vous êtes dit en lisant ça "quel con ça s'ra bien fait s'il se casse la gueule", vous avez, vous aussi, les qualités qu'il faut pour vous en tirer !
Posté le 1 juin 2009, à 21:17
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Tu seras un non fumeur, mon fils !
Si tu peux profiter de la vie,
sans lui donner le goût de la mort.
Si tu peux tenir encore 1 heure,
quand tu es à bout d'effort.
Si tu peux voir l'ami tirer sur son bédot,
et avoir pitié de lui plutot qu'envie de son mégot,
Si tu peux trouver des amis de défume,
comme tu avais su trouver d'ineptes inspirateurs,
Si tu peux souffler un coup,
sans avoir besoin de fumée,
Si tu peux accepter le manque quelques semaines,
si tu peux lui faire une place dans ta vie quelques mois,
Si tu peux trouver dans le regard de tes mômes
la force de rester plus longtemps avec eux,
Si tu peux respirer l'haleine d'un fumeur
et te souvenir que c'était la tienne
Si tu peux voir derrière le bel emballage
le produit maudit qu'on cherche à te fourguer
si tu peux une fois de plus tenir le coup,
quand ça fait déjà mille fois que tu tiens bon
si tu peux te relever sans attendre
quand l'envie te met le genoux à terre,
si tu peux mater les statistiques
et être fiers d'être parmis ceux qui gagneront
si tu peux finir par croire
qu'on vit beaucoup mieux sans
tu seras non fumeur, lecteur
(à Zaza avec mes encouragements)
Posté le 1 juin 2009, à 18:20
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Histoire d'amour, mon cul !
Et d'un coup je lis "n'oubliez pas que ces blogs sont là pour encourager". Je vais vous en foutre, des encouragements. Mais à l'heure de m'inquiéter de votre motivation je n'ai pas envie de devenir le 39389478 ème ex-fumeur à vous expliquer que cela vaut le coup, que vous allez changer de vie, que tout va changer en tout rose. Entre nous, je n'y crois pas trop.
En lisant le stop, j'hallucine des rapports qu'on entretien avec le tabac. Une copine d'adolescence, un amour, littérallement, qu'on veut quitter pour la raison mais que le coeur nous commande d'embrasser encore et toujours.
Comme si on avait pas sur le coeur assez de ces pauvres amours pourris qui nous ont ruiné la santé et collé au fond de la gorge et pour un moment le goût amer de la défaite.
Alors bon, à moi le sale boulot du copain qui va vous casser un mythe, "pour votre bien", la clope ne vous aime pas.Et vous ne l'aimez pas non plus.
Notez que vous ne lui manquez pas du tout, elle peut bien se faire sucer par le premier ou la première venu, sans étât d'âme. Même en allant dans le sens de votre fantasme qui voudrait personnifier le tabac, la clope est une maitresse exigente, pas une femme soumise. Vous ne la ferez pas partir en lui demandant gentiment.
Pour me la dire, pour vous la dire aussi, voici une vérité que je nous invite tous à ruminer : on est drogué.
Là je peux en parler parce que des pétards fiuuuuuuuuuuuuu je m'en suis envoyé et des bien minables encore. Honte ? Non, à quoi bon, pas plus que du reste. A ma place, vous auriez un peu honte aussi. C'est tellement plus facile de dire "j'aime la clope, j'aime fumer", c'est tellement plus chevalersque, magnifique, libre-penseur... Sauf que ça n'a rien de vrai. Vous êtes, je suis, nous sommes intoxiqués jusqu'au trognon par un produit plus stupide encore que stupéfiant.
Drogué, devant votre enfant qui vous prend pour un dieu.
Drogué, du haut de votre opinion sur les d'jeunes à casquette et autres vendeurs de shit.
Drogué, dans votre jolie bagnole et du haut de votre belle réussite sociale à la con.
Drogué, droguée, et même pas drôle, même pas artiste, même pas formidable...
Pas drogué comme une star de rock, drogué comme un ouvrier au fond de la mine, comme le gars qui s'assomme, comme la nana qui ne se sent déjà plus personne.
J'vous laisse ruminer cette vérité première, il me semble qu'elle est le préalable à tout combat.
Car lutter contre un amour, tout persuadé qu'on soit du bien fondé de la chose, c'est très con.
Lutter contre la drogue, c'est autrement plus logique. Et autrement plus viable.
J'ai dit dans le précédent article que 80% des arrêteurs de clopes reprendront, je te veux avec moi, dans les finalistes.
Car j'arrête plus que la clope : j'arrête de me mentir.
La photo ? Une photo ratée. Si vous êtes sage j'en referais une avec ma tête dessus, que vous puissiez fantasmer un peu
Posté le 1 juin 2009, à 12:40
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Les blogs de Stop-Tabac.ch
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Profil de
dominitabacnijoint
Age : 40
Ville : lille
Expérience avec le tabac : 23 ans de consommation : 1,5 paquet de blondes par jour et 10 pétards d'herbe en moyenne.
4 tentatives d'arrêt.
stop total depuis... 3,5 ans (Août. 2012)
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