Et bien, me voilà le temps de quelques lignes.
Je ne suis plus dans l'Action depuis bien longtemps, me voilà même bien embêtée pour dire depuis combien de temps j'ai arrêté.
Oh, je sais bien combien de temps cela fait "environ".
Mais précisément, non.
Je sais la date de mon arrêt initial : 15/02/04

. Et je n'ai pas retouché une seule cigarette depuis bien 3 ans.
Mais je ne compte plus les jours, ni même les mois. Ma vie se déroule tranquillement, sans clope, tout simplement.
J'ai repensé à l'arrêt parce qu'une de mes copines envisage de passer le pas. Elle ne me connaissait pas quand je fumais, et ne pensais pas que j'ai pu fumer un jour.
Nous avons parlé longuement devant un café il y a quelques jours.
Elle voudrait, mais ne se sent pas prête.
Nous avons tous connu cela.
La peur de l'échec, ou peut être même simplement pas encore assez envie d'arrêter.
Il y a les "bonnes" raisons pour lesquelles on doit arrêter.
Il y a "nos" raisons pour lesquelles on s'arrête.
Un fumeur n'est pas idiot : il "sait" le cout de la cigarette, tant financièrement que sur la santé

.
Par contre le fumeur est un drogué, dont le regard sur le tabac est souvent voilé. Je n'avais pas de scrupules à acheter mes cigarettes, ne me posant même pas la question du cout alors que mon budget était serré. Trop essoufflée quand je faisais quelques efforts ? Je ralentissais le rythme. Au final, je faisais tout pour que ma tabagie ne me donne aucun malaise...
Je trichais.
Avec moi même.
Et avec les autres.
J'ai arrêté en février 2004. Motivée mais imprudente.
J'ai pensé, durant l'été 2005, que j'avais pris assez de recul pour pouvoir en fumer une de temps en temps.
Tout faux.
Au début de cet incident de parcours je fumais en effet une cigarette de temps en temps.
De temps en temps chaque semaine...
Puis chaque jour...
Puis chaque heure.
Automne 2005, j'ai eu un vrai ras le bol. De fumer. Je ruminais depuis plusieurs semaines l'idée d'arrêter. Je n'avais pas déterminé de date, je l'ai fait le jour où je me suis sentie assez forte pour décider de le faire.
Je me suis installée dans cet arrêt avec un seul leitmotiv : si mon souhait était l'arrêt, il devait être absolue.
Pas une clope, pas une bouffée : RIEN.
Les 3 premiers mois n'ont pas été faciles, mais pas insurmontables non plus.
Je n'ai rien lâché, et je ne souhaitais qu'une chose : ne plus fumer.
Au bout de 6 mois, il y a eu un peu de ras le bol.
Parce ce n'est jamais facile d'admettre que l'on puisse encore être fragile face au tabac. Mais la motivation était toujours là.
Il m'a fallu un an environ pour que tout cela devienne léger.
Sans doute que lu comme cela, une année cela semble très long. Mais il faut relativiser. On ne ressent pas les choses de la même façon au bout de 11 mois que au bout d'1 jour. Le combat n'est plus le même.
Au début, je définirais plus cela comme un face à face. On sait où est l'ennemi. On est dans le "combat" contre la clope.
Après quelques mois, on se pose un peu. Le sevrage est là sans être là.
Il ne faut pas oublier le sniper "cigarette" planqué quelque part.
Garder sa vigilance. C'est plus cela le travail du second semestre.
Passée l'année sans la moindre cigarette, on prend doucement pied dans sa nouvelle vie, plus sereinement.
Voilà, depuis le temps passe tranquillement. Je côtoie des fumeurs, j'accompagne mes collègues à l'extérieur lors des pauses (sauf en cas de conditions météo indécentes

)). Je ne suis pas et ne serais jamais en guère contre les fumeurs.
Ils sont ce que j'étais.
3 ans après, je ne peux guère parler de l'arrêt.
J'ai arrêté de "vivre" mon arrêt.
J'ai juste voulu laisser un mot parce que l'on écrit beaucoup sur les premiers mois de sevrage, et ensuite nous avons tendance à disparaitre.
Logique puisque l'on tourne la page. Si je vous parlais de ma vie aujourd'hui, je vous en dirais peu sur le tabac.
Mais en même temps je crois que pour celles et ceux qui commencent il est bon de savoir que oui, il y a un après.
Qu'arrêter est possible.
Que beaucoup l'on fait.
Et que vous le ferez aussi...
Et qu'il faut continuer de le dire, même après quelques années.
Pour que d'autres aient envie d'essayer.
Pour que cette copine franchisse le pas