Et bien, le temps passe. Je me suis connectée sur le Stop, en me rappelant que nous étions le 15. Je me demandais combien de temps cela pouvait faire maintenant.
42 mois.
Merci à Gomette qui a fêté les rouges de ce jour, à Lain qui n'a pas oublié mon jumeau, à Momo que je croise toujours avec plaisir, elle est son sourire et sa gentillesse vis à vis de tous. Merci à celles et ceux qui ne sont pas là aujourd'hui, mais qui l'ont été avant, et que je n'oublie pas.
Merci à Hervé, parce que tu m'as fait un beau cadeau en arrêtant ce 15 février 2004 et en m'encourageant chaque fois que j'en ai eu besoin, sans me juger ni m'excuser. Tu m'as accompagné dans mon sevrage avec respect, entre autre.
Je n'ai pas eu l'occasion de revenir poster sur le Stop dernièrement. C'est vrai qu'il est difficile de parler tabac, si ce n'est en parler à l'imparfait, ce qui le qualifie plutôt bien, non ?
Que dire ?
On parle beaucoup les premières semaines

, on ne vit que pour son sevrage. On maudit ses envies

, on hurle ses faux pas

, on hait les fumeurs qui nous entourent

, on grossit nos maux à travers la lorgnette du sevrage

.
Les semaines deviennent des mois. On ne tourne pas la page, mais on prend de la distance. On a appris, compris qu'arrêter bien c'est arrêter définitivement. Que le meilleur cadeau à se faire quand on ne veut plus fumer est de tenir tête à ces envies que nous croisons parfois les premières semaines, ou les premiers mois. Elles dérangent, elles nous piquent parce que nous n'avions pas connaissance de notre faiblesse, pas conscience de ce qu'est la dépendance. Les envies sont un rappel de ce que nous avions voulu ignorer pendant tant d'années. 17 ans pour moi.
Alors je me suis dit que face à 17 ans d'enfumage, il était normal de ne pas pouvoir tourner la page si "aisément".
J'ai accepté que cela ne soit pas facile.
J'ai refusé de revenir en arrière.
Au bout de 6 mois, on se sent mieux, au moins a t on appris que cela était possible, mais aussi que l'on pouvait vivre aussi sans.
L'année avait été une belle page pour moi. A partir de là, je me suis sentie à l'aise.
Maintenant je suis incapable de dire ce que je ressent vis à vis de la cigarette. Si, je n'ai plus envie de ça

. Mais sincèrement, c'est devenu quelque chose qui m'est étranger. Elle est sortie de ma vie. Doucement, avec le temps qu'il a fallu, mais elle est partie. Je n'oublie pas qu'elle a su y entrer un jour, je ferais toujours en sorte qu'elle n'y rentre jamais plus.
C'est aussi pour cela que je poste peu sur les forums.
Parce que je ne suis pas dedans.
Je ne peux en parler qu'au passé.
Je n'ai pas envie de répondre une banalité à qui aurait besoin d'aide.
Je ne souhaite pas mal choisir mes mots à qui vivrait mal le manque.
J'écris sur mon blog, parce que c'est plus simple, je laisse le choix à qui le veut de me lire. De se retrouver ou pas dans ce que j'écris.
On ne se ressemble pas tous, c'est une richesse.
Mais c'est aussi ce qui fait qu'il n'y a pas de vérité en ce qui concerne l'humain. J'aimerai juste à travers ces quelques lignes vous rappeler qu'arrêter de fumer est possible. Qu'il faut croire que la dépendance n'est pas une fatalité contre laquelle on ne peut rien.