Je viens de moins en moins sur le site, comme quoi le sevrage ne dure pas éternellement, c'est plutôt bon signe

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Mais j'apprécie encore de venir ici, de lire quelques témoignages, pour ne pas oublier. Je ne veux pas devenir un ex fumeuse qui oublie, pour mettre toutes les chances de mon coté de ne pas me faire "piéger" un jour.
Je ne veux pas oublier ce qu'est un sevrage, que mon bien être actuel n'est pas le fruit du hasard.
En lisant les forums, et en relevant les posts qui me sont (encore) adressés je me suis rendu compte que j'avais pris cette décision il y a un peu plus de 1200 jours.
C'est étrange comme cela me parait être une autre vie cette vie de fumeuse. Je ne la regrette pas. Je ne l'aime plus et envie encore moins celles ou ceux qui n'ont encore pas franchi le pas.
Il y a 1300 jours, j'étais encore cette fumeuse, avec ce petit germe d'idée qui grandissait (lentement

) de devenir ex fumeuse... Peut être ? Un jour ? Bientôt ?
J'avais LES raisons pour arrêter de fumer. On les connaît tous, enfin de façon généraliste : la santé, l'argent gaspillé, l'impact sur notre environnement. voilà pour les plus basiques.
Ah, il y a aussi LES raisons pour ne pas le faire. Mauvaise période, difficultés affectives, professionnelles, stress, peur de la prise de poids, ... Ce sont en général les raisons que l'on donne pour se dédouaner et ne pas parler du problème qu'est le problème de la dépendance.
Mais un jour il faut faire un choix. Quand on a laissé grandir en soi cette envie de devenir ex fumeur, il faut un jour l'assumer et passer le pas.
J'ai fait ce pas là, le 15 février 2004.
Ma 1ère année a été un peu agitée, j'ai du avoir 3 ou 4 entorses.
Mais je crois que j'ai eu peur de devenir ex fumeuse, d'accepter cette idée que plus jamais je ne fumerai.
En 2005, j'ai eu un passage à vide, et pendant plusieurs semaines, j'ai refumé. Moins, bien moins que ce que je ne fumais avant, mais j'ai refumé. Je refumais de façon plutôt mécanique, un geste, un goût, une attitude que l'on "retrouve" et qui rassure ?J'ai "accepté" cette période de rechute qui m'a au final fourni le déclic.
Quelque chose au fond de moi refusait de redevenir cette fumeuse accroc que j'étais.
J'ai viré cette saleté de ma vie au terme de ces semaines au début de l'automne 2005. Je l'ai mise dehors de ma vie. Quand l'idée revenait me démanger, je me disais que cette idée passerait bien plus vite si je ne lui cédait plus jamais que si je m'accordais encore des "droits à l'erreur".
Je me suis appliquée à chaque jour analyser et reconnaître ce que ne plus fumer m'apportait de positif.
J'ai appris à vivre de nouvelles choses que mon sevrage me permettait.
Il faut prendre le temps de se re-découvrir quand on arrête de fumer. Je me suis rendu compte de ce que j'avais arrêté à cause de ma tabagie. C'est sournois ces petites choses que l'on fait moins, puis plus parce que le tabac à pris trop de place. Je parle aussi bien d'activités physiques sans être pour autant un grande sportive que de temps consacré à la famille. J'avais arrêté les randonnées parce que je manquais de plus en plus de souffle, ou du moins mettais-je beaucoup plus de temps pour le retrouver. Je programmais le temps passé avec mon fiston pour toujours en avoir pour aller fumer une cigarette dehors. J'avais adapté mon rythme de vie à ma dépendance tabagique. Et je crois que c'est cette prise de conscience là qui a été le moteur essentiel de mon sevrage. Parce que cela m'a semblé d'un coup devenir insupportable.
Pour être honnête, cela m'a demandé des efforts jusqu'au 3ième mois. S'en est suivi une période plus calme et un peu d'agitation et difficultés se sont à nouveau manifesté entre le 6ième et le 7ième mois.
Mais nourrie de rien, l'envie de fumer s'estompe.
Passée la 1ère année, je n'ai plus rencontré de difficultés majeures.
Oui, l'idée (je dis bien l'idée, et non pas l'envie) de fumer peut traverser l'esprit quelques secondes, mais cela est très furtif en ce qui me concerne.
Je ne parle que de mon vécu et de mon ressenti tous deux liés à mon histoire et la durée de ma tabagie. Je n'affirme rien et ne fait part que de mon expérience. Coté poids, je n'ai pas connu de problème majeur. J'ai fait attention à ma façon de "compenser" en période sevrage. Je n'ai pas laissé le "vide" s'installer à la place de ces cigarettes que je ne fumais plus. J'ai remplacé les moments d'ennuis par des moments de loisirs. Soit de ceux que j'avais déjà, soit de ceux que je (re)découvrais depuis mon arrêt. Actuellement mon IMC est de 20.82. Pour ceux qui ne savent pas où faire le test, vous pouvez le faire ici . Il faut être vigilant et ne pas tomber dans les excès. Il faut apprendre à être objectif aussi avec son image. Et accepter qu'il existe un phénomène de prise de poids quand on arrête de fumer. Mais si on le fait dans de bonnes conditions, en étant bien dans sa peau, entouré(e) et/ou aidé(e), je pense que cette prise de poids peut être raisonnable, en tout cas pour la majorité. Ensuite, il est vrai que chaque cas est unique est qu'il n'y a jamais de vérité absolue.
J'ai fait ce choix, parce que j'étais à un âge et dans un état de santé qui me permettait encore de choisir. Je n'avais pas envie d'attendre que la vie me l'impose. Je l'ai fait avant tout pour moi. Et j'ai appris à aimer ma vie sans aussi grace celui qui partage ma vie et a arrêté en même temps que moi. Grace également à mon fils de 7 ans et demi maintenant, qui encore aujourd'hui manifeste sa fierté de ne plus me voir fumer. J'ai pris le bonheur de mes proches à ne plus me voir fumer comme bouclier contre les doutes, les patchs eux m'ont servi contre le manque physique.
Je voudrais souhaiter à chacun de celles ou ceux qui passeront par ce site de vivre leur choix jusqu'au bout. De ne pas avoir peur des passages difficiles, parce qu'ils ne sont que des passages. De ne pas douter d'eux trop rapidement, au 1er faux pas. La tabagie n'est pas une fatalité. On devient fumeur. Il faut apprendre à ne plus l'être. Il faut du temps, peut être est ce que l'on a bien souvent le plus de mal à admettre. Mais il faut du temps pour chaque chose que l'on apprend. Et le temps passe plus vite quand on le remplit de bon moment.
Bonne route à chacun, en accord avec ses choix et ses envies